Une histoire qui ne date pas d'hier

Le désamour entre les équipes pluridisciplinaires de la Sofect et les militant.e.s, les associations ou les personnes trans, ne remonte pas à hier. Dès le début, la prétendue spécialité médicale créée autour de la transition s’est construite in-vitro, sans collaboration avec les principaux et principales concerné.e.s. « Depuis le début, la Sofect ne s’est jamais posée comme un interlocuteur respectueux des associations sauf si elles leur étaient acquises » explique la sociologue et co-fondatrice de l’Observatoire des transidentités Karine Espineira, qui avait consacré un long article à la Sofect. « Elle oppose les usagers aux militants qui ne seraient pas de vrais trans car ils ne souffrent pas ». La militante trans-féministe Maud-Yeuse Thomas le dit, « la SOFECT a privatisé les questions trans et se place comme un service public au service de la vérité médicale. J'ai rencontré des membres de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2010, qui ont l'habitude de traiter avec des associations de patients, ils étaient effarés de la situation d'OPA de la Sofect sur la prise en charge ».
« On a créé les équipes spécialisées dans un but syndical, pour la représentativité »
En 1992, la France autorise le changement d’état-civil pour les personnes ayant eu recours à la réassignation génitale avec stérilisation forcée. En 2000, le ministère de la santé souhaite une meilleure organisation de l’accompagnement médical des personnes trans au sein de l’hôpital public : c’est là que le rendez-vous entre praticien.ne.s et concerné.e.s est manqué. « A l'époque, le ministère de la Santé n'avait invité que les associations militantes, mais les médecins pas question », se souvient Marc Revol. « On les a juste conviés en disant “ tiens je vais prendre tel gynéco et lui dire comment faire" donc en réaction on a créé les équipes spécialisées dans un but syndical, pour la représentativité ». Ces équipes spécialisées deviennent « Société Française d’Études et de prise en Charge de la transsexualité », en 2010, et au fur-et-à-mesure, se crée un véritable monopole au sein de l'hôpital public, devenant le seul interlocuteur, ou presque, face à la CPAM, face aux institutions, face aux médias. Conséquences : pour que sa transition soit prise en charge et remboursée par l'Etat, une personne finit presque toujours par passer entre les bras des équipes de la Sofect. Sinon, il ou elle doit se tourner vers le privé, acheter des hormones sur internet, ou se faire opérer à l'étranger. Car peu de personnes connaissent les nouvelles structures associatives, encore trop peu visibles. Parmi les fondateurs et fondatrices de la société savante, des personnalités controversées voire perçues comme transphobes dans leurs prises de paroles médiatiques ou leurs parutions médicales. L’exemple le plus criant : la psychiatre Colette Chiland, décédée en  2016. La présidente d’honneur de la Sofect, était par exemple très attachée à une vision binaire du monde, utilisant l’expression de « la boussole du sexe » pour la qualifier. Une vision qui lui avait valu, en 2006, d’écrire une diatribe contre ce qu’elle appelle le « mouvement transgenre » (dans l’article « D’un sexe à l’autre », paru dans la revue Pour la science n°350) :  « Depuis quelques années s’est développé un mouvement transgenre ou trans qui se définit comme n’ayant plus rien à voir avec le transsexualisme calme, bien élevé et caché, attendant poliment que les juges et les professionnels médicaux leur donnent le traitement bienfaisant dont ils avaient besoin pour poursuivre leur vie dans l’ombre de la société normale ». [caption id="attachment_5199" align="aligncenter" width="561"] Extrait du cours « Le transsexualisme - Psychiatrie 2 - Aspects éthiques » / Sofect[/caption] Cette vision archaïque du monde est retranscrite noir sur blanc dans la Charte de la Sofect, que doit signer tout.e membre à son entrée. Dans la version de 2010, les psychiatres et les psychologues  doivent confirmer un diagnostic de « trouble de l’identité de genre » des personnes et peuvent par exemple mettre en évidence des « diagnostics différentiels ». Parmi ces « troubles » empêchant la « réassignation sexuelle hormono-chirurgicale du transsexualisme » : le « transvestisme fétichiste », « l’ambiguïtié sexuelle » ou… « l’homosexualité » (pour rappel l’OMS a retiré le dit diagnostic d’homosexualité en 1992). Les méthodes et parcours issus de cette chartes sont clairs, nets, précis : les personnes qui souhaitent recourir à un traitement hormonal ou celles et ceux qui veulent être physiquement conformes à leur identité de genre, doivent accumuler les examens psychiatriques. Avant toute prise d'hormones, ils et elles doivent alors vivre deux ans de vie réelle dans leur « genre de destination ». Après le traitement hormonal, ils et elles doivent attendre de longs mois avant d'entrer au bloc. Beaucoup rapportent les souffrances éprouvées pendant cet intervalle, vécu comme une épreuve, voire comme une humiliation médicalisée : « imaginez ce que c'est d'être une femme trans non hormonée qui doive s'habiller "en femme" dans la rue afin que le médecin approuve votre dossier, tout en vous appelant "monsieur" dans la salle d'attente », nous raconte Andrea*, une ex-patiente de la Sofect Bordeaux de 52 ans.
« Tout le monde évolue (...) Au début je ne savais pas s'il fallait dire bonjour monsieur ou madame... »
Cette vérité là, Marc Revol en est tout a fait conscient et il l'affirme : La Sofect a changé avec la société. A la machine à café de l'Université, il rappelle que le T de « transsexualisme » a été changé par « transidentité » en 2017 : « Tout le monde évolue, je ne suis plus du tout le même qu'il y a 20 ans. Au début je ne savais pas s'il fallait dire bonjour monsieur ou madame... j'opérais comme on m'avait montré et c'était très mauvais. J'ai lu des études,  je suis allé voir ce qui se faisait en Belgique, au Canada, et ce que j'enseigne c'est un mix de tout cela et que je transmets à la troisième génération... ». [caption id="attachment_2853" align="aligncenter" width="1300"] Manifestations sur les maltraitances médicales contre les personnes trans et intersexes, 2009, Barcelone - Christian Bertrand / Shutterstock[/caption]

Nouvelle génération

Agnès Condat fait partie de cette génération. La pédopsychiatre de l'hôpital de la Pitié Salpétrière a même refusé de signer la Charte, quand elle a contacté la Sofect Paris il y a quatre ans. « Si elle n'était pas modifiée, je n'entrais pas, il était hors de question que je l'applique. Je me suis approchée d'eux parce que je tiens au service public, je souhaite que toutes les personnes soient accompagnées au sein de l'hôpital», nous a-t-elle confié. La praticienne est très ouverte, en particulier sur la non-binarité, admet Karine Espineira. « Agnès Condat, c'est la nouvelle génération, une progressiste. Mais l'ancienne garde est toujours là, ceux qui utilisaient l'expression "corps chimère" dans les années 90 pour parler de nous comme des monstres. La Sofect veut faire évoluer son image et, comme pour une entreprise, elle vend son image avec une exaltation managériale. Dans le fond, on a changé la devanture, mais pas ce qu'il y a dedans »
Dans l'indifférence quasi générale, le « spécialiste » utilise l'expression « homme normal » (pour les hommes cisgenres)
Pourtant, dans le cursus de son diplôme inter-universitaire, beaucoup de cours reprennent encore les thèses de Colette Chiland, ponctués de mégenrages ou d'illustrations suspectes. Tous les supports de cours - certains datés, d'autre erronés, d'autres scandaleux - sont téléchargeables sur le site. Nous avons pu assister à un cours sur un cours sur la « phallopoïese » (la création d’un pénis). La leçon est dispensée par l'un des spécialistes de la très délicate opération en France, le bien nommé docteur Jean-Philippe Binder (l'ironie veut qu'un binder soit le nom donné au bandeau utilisé par certains hommes trans pour masquer leur poitrine). Dans une odeur de café, le professeur explique avec diapos, photos et vidéos les différents protocoles chirurgicaux dont il dispose pour réaliser ce qu’il nomme des « moments magiques ». Dans l'indifférence quasi générale, le « spécialiste » utilise l'expression « homme normal » (pour les hommes cisgenres), « patient coloré » (pour un patient racisé) et est vite repris par l'omniprésent professeur Revol, quand il indique que le changement d'état civil intervient chronologiquement après l'hystérectomie (la stérilisation obligatoire étant terminée depuis 2016). L'histoire ne dit pas si notre seule présence a motivé la correction. [caption id="attachment_5200" align="aligncenter" width="582"] Extrait du cours « Le transsexualisme - Psychiatrie 2 - Aspects éthiques » / Sofect[/caption]

Une approche encore et toujours pathologisante et misérabiliste

« Quand on arrive devant les psys de la Sofect, il faut avoir envie de mourir, mais pas trop ». Noah est un jeune étudiant lillois de 19 ans qui a vécu ce qu'il décrit comme un enfer, auprès de praticien.ne.s attaché.e.s à la Sofect de Bordeaux. Il a 18 ans quand il annonce à sa mère qu'il ne supporte pas l'idée d'avoir ses règles à nouveau. « A Niort (sa ville de naissance, ndlr), la gynéco a dit qu'elle ne pouvait pas prescrire d'hormones sans passer par la Sofect et elle a dit à ma mère que sans leur aide, je mourrais ». Les entretiens psychiatriques sont vécus comme une humiliation par celui qui est encore un adolescent : « j'étais hyper timide à l'époque et on me demandait comment je me douchais, comment je me masturbais... ».
« Il n'y a besoin de diagnostic, car ce n'est pas une maladie »
Le cas de Noah n'est pas rare. Lors de notre enquête, les associations que nous avons contactées, Outrans, C pas mon genre, SOS transphobie, Acthe, rapportent des situations similaires, où la psychiatrie misérabiliste est de mise. « Ils mettent "transidentité" sur leurs matériels, mais rien n'a changé : la psychiatrie reste la pièce maîtresse de leur approche », analyse Karine Espineira. Marie de la Chenelière, femme trans de 66 ans, abonde aussi dans ce sens : « ils n'ont pas changé pour un sou : les médecins décident toujours de notre sort en Réunions de Concertation Pluridisciplinaire (RCP), ce qui se fait d'habitude pour les cancers et les maladies rares : cela veut dire que la personne n'est pas apte à prendre des décisions. C'est dans cette foi là qu'on entre à la Sofect ». Aujourd'hui, Noah est suivi à la Maison dispersée de Santé de Lille. Le Docteur Bertrand Riff a créé la structure en 1986. Dans une politique de «co-construction avec l'usager et l'usagère», il s'est approché du centre LGBT et de l'association C pas mon genre pour créer le Collectif santé trans. « Contrairement à la Sofect notre objectif, c'est vraiment de dépsychiatriser, nos psychologues accompagnent, mais ne traitent pas, ne diagnostiquent pas : il n'y a besoin de diagnostic, car ce n'est pas une maladie » nous rappelle le médecin, qui dénonce le fait que la psychiatrie soit centrale dans les protocoles de la Sofect. https://www.youtube.com/watch?v=MUCYQ-kqYLs

(Thierry Gallarda est membre de la Sofect Paris, et évoque des comorbidités à la dysphorie de genre)

En effet, le 6 mai 2009, le Ministère de la santé fait une annonce : « la transsexualité ne sera plus considérée comme une affection psychiatrique en France ». En février 2010, par décret, la sortie de la catégorie psychiatrique est actée au niveau des ALD (affection longue durée) : les remboursements médicaux passent de la catégorie relative à une « affection psychiatrique », à une ALD classifiée «hors liste ». Levée de bouclier du monde psychiatrique et de la Sofect en particulier. Lors d'une journée d'étude à Bordeaux, sa fondatrice Mireille Bonierbale se pose une question fermée et oratoire, quant à cette évolution : « est-ce que c'est une mesure prématurée ou (...) une mesure démagogique vis-à-vis d’une présupposée stigmatisation du mot "trouble" ?».
« C'est inconcevable pour eux qu'une femme trans tienne à garder des érections. »
Cette pathologisation ne touche pas que la psychiatrie. Nous l'avons constaté lors de nos entretiens avec les principaux et principales concernées. Noah se souvient encore des traitements qu'il a du suivre après avoir rencontré un endocrinologue de la Sofect Bordeaux. « On m'a prescrit des bloqueurs mais c'était horrible, parce qu'on ne me donnait pas de testo. Donc je n'avais aucune hormone, en fait. Pendant 15 jours, j'étais incapable d'aligner trois phrases cohérentes, j'étais déprimé et je dormais tout le temps, j'ai fait 4 TS (tentatives de suicides, ndlr). Pour les MtF (femmes trans, ndlr), ils leur prescrivent des castrations chimiques, comme pour les violeurs ou les pédophiles ». Un cas qui n'est pas rare pour le docteur Bertrand Riff, qui attache une importance particulière aux traitements hormonaux choisis par certains de ses collègues de la Sofect : « pour les MtF, ils utilisent l'androcure, qui est castratrice quand nous utilisons la progestérone. C'est une écriture violente : pour eux il est évident qu'une femme trans demandera une castration pleine et entière, avant de subir une réassignation complète. C'est inconcevable pour eux qu'une femme trans tienne à garder des érections. »

« Il faut choisir d'un côté ou de l'autre, il y a une binarité, c'est comme ça que fonctionne le monde végétal, animal et compagnie »

La binarité, voilà le noeud du problème. La Sofect a du mal à sortir des cases « femmes » et « hommes », dans un monde où les identités et les expressions de genre se détachent de plus en plus des corps, grâce aux luttes des concerné.e.s. Patricia, de SOS transphobie, parle de « sexisme binaire » : « pour eux, il faut que les gens changent de sexe, il faut le corps adéquat et l'attitude qui va avec, il faut que le passing passe bien. Si une personne non binaire annonce la couleur, pas de prise en charge ». Le sociologue Sam Bourcier, lors d'une émission sur la chaîne LCP explique que « la non binarité, c'est ce que n'ont pas su voir les psychiatres, qui ont eu la main mise sur les corps trans depuis les années 50 et qui ont été tellement cons qu'ils pensaient qu'il fallait passer de l'un à l'autre , qu'il y avait deux sexes, qu'il y avait deux genres... ». S'il salue le progrès sociétal de la déclassification de 2013 et de l'état-civil de 2016, le docteur Marc Revol assume tout à fait son positionnement, et celui de son protocole, vis à vis de la binarité. Il nous l'a longuement expliqué après une séance de son DIU : « Moi je suis médecin chirurgien et les trans, depuis 30 ans, je suis convaincu que je leur rends service : ils sont sur une berge et je les aide à passer de l'autre côté », explique-t-il. « Après, il y en a d'autres, ils sont au milieu de la rivière ou genderfluide machin ou ils disent "je suis trans et c'est mon métier, mon état". Non, ce n'est pas un état par définition, c'est une transition. Il faut choisir d'un côté ou de l'autre, y a une binarité, c'est comme ça que fonctionne le monde végétal, animal et compagnie ».
« Le chirurgien lui a dit qu'il en profiterait pour retirer le vagin car "un homme n'a pas de vagin" »
Dans la réalité, cette vision rétrograde a des conséquences, en particulier dans le processus diagnostic. Même Léa Dumont d'Arc-en-ciel Toulouse et qui participe au diplôme, le dit : « la Sofect gagnerait à être ouverte aux personnes non-binaires. » Noah a beaucoup d'ami.e.s qui ont dû surjouer une féminité ou une masculinité pour entrer dans la prise en charge. « Pendant deux ans, tu dois te conduire comme un homme ou comme une femme, ça veut dire qu'en tant qu'homme trans, le simple fait d'avoir des cheveux colorés est un problème. Il faut que tu sois hétéro, que tu veuilles pas d'enfant : tu fais tes démarches pour les hormones et on te parle d’hystérectomie », souligne Noah. Oscar est président de l'association C pas mon genre, et des exemples comme celui-ci, il en a à la pelle : « Malgré ce qu'ils racontent, il y a un profil idéal : il faut avoir un travail fixe, pas de relations, pas d'enfant, être binaire et hétéro si on veut entrer dans leurs cases. À l'asso, on a un homme trans qui souhaitait une hystérectomie et le chirurgien lui a dit qu'il en profiterait pour retirer le vagin car "un homme n'a pas de vagin". Lui, il a claqué la porte mais d'autres auraient peut être cédés ! ».
« La Sofect Bordeaux, le seul moment ou ils traitent une femme trans comme une femme cis pleine et entière, c'est lorsqu'elle demande des implants »
Même son de cloche chez Jules, co-président de Outrans : « Il y a quelques mois un garçon a été exclu du protocole Sofect parce qu'il a tout de suite dit qu'il souhaitait un parcours hormonal et une mastéctomie mais pas de réassignation génitale ». L'association a reçu un grand nombre de plaintes et a créé un réseau informel parisien hors Sofect, pour ses membres. Les maltraitances iraient du mauvais accueil (avec utilisation de l'ancien prénom, ou des mauvais pronoms), au refus de soin, aux discriminations, sans compter les opérations ratées. Le docteur Bertrand Riff lui même connait nombre de ces histoires et confirme la vision ultra binaire de la société savante : « une des personnes que j'accompagne avait consulté un chirurgien de la Sofect, on lui a répondu qu'elle avait plus de 50 ans, que c'était pas urgent d'avoir un vagin et que comme elle était lesbienne encore moins... La Sofect Bordeaux, le seul moment où ils traitent une femme trans comme une femme cis pleine et entière, c'est lorsqu'elle demande des implants ». [embed]https://twitter.com/AcceptessT/status/978789901998153728[/embed] (Face au sociologue Sam Bourcier, le pédopsychiatre de la Sofect Jean Chambry, qui aborde la non-binarité de patient.e.s)

L'espoir avec ou sans Sofect

« J'ai bénéficié d'une autre expérience professionnelle que mes collègues plus âgés, et surtout d'une autre vision du monde »
A l’Université Paris Diderot, les participant.e.s du DIU de la Sofect font une pause entre deux sessions. Parmi eux, deux jeunes médecins nous servent le même discours : oui, la Sofect mérite sa mauvaise réputation, mais elle va changer car la nouvelle garde est plus ouverte que ses aînés. De l'autre côté du téléphone, Agnès Condat est consciente de représenter cette nouvelle garde. Elle souligne l'accompagnement qu'elle a mis en place dans son service, un service ouvert sur toutes les identités de genre : « c'est évident que les gens que l'on reçoit ne sont pas dans la binarité. On ne veut pas faire entrer les personnes dans des cases, mais de construire avec elles les accompagnements adéquats, et surtout avec les adolescents ». La jeune praticienne a beaucoup de confiance en sa génération, « un autre point qui fait que les choses vont changer, en dehors des autorités médicales internationales, c'est le fait que ma génération lit l'anglais, donc la littérature médicale anglo-saxonne. J'ai bénéficié d'une autre expérience professionnelle que mes collègues plus âgés, et surtout d'une autre vision du monde ». La pédopsychiatre, spécialisée dans les relations parents-enfants, en profite pour redonner à l'engagement associatif ses lettres de noblesse : « le changement principal arrive toujours par le biais des assos de concerné.e.s, il faut rendre à César ce qui est à César. Ce qui fait évoluer la société et nos pratiques, c'est le mouvement LGBT ».
« Le problème de la Sofect, c'est le problème de la médecine en France : c'est la grande tradition du médecin qui sait »
La Sofect devrait-elle alors changer de nom, pour laisser son lourd passé derrière elle ? « Nous on est pour la dissolution des équipes hospitalières en général», ajoute Jules, de l'association Outrans. Maud-Yeuse Thomas abonde dans son sens : « Nous n'avons pas besoin d'équipes médicales qui se posent en entrepreneurs de morale ». De son côté, le docteur Revol ne comprend pas ce qu'il nomme le « soviétisme des militants » : « il n'y a pas d'ancienne et de nouvelle Sofect, on est toujours les mêmes, ce qu'ils disent [les militants, ndlr] c'est "je suis en train de me noyer et le mec qui me tire de l'eau parce que c'est le seul, je lui crache à la gueule et j'en veux pas"». Regrettant que les associations ne remarquent pas combien la Sofect a changé  et maintiennent leurs positions vis-à-vis d'elle, Marc Revol nous indique qu'il a invité les associations opposantes à participer au DIU, de la même manière qu'il avait invité Trans-Europe. Pourtant, aucune des personnes que nous avons interrogées n'a été contactée en ce sens En attendant que la Sofect ait vraiment changé, des réseaux informels se sont créés dans les grandes villes. Un site internet permet à chacun et chacune d'accéder à une base de données trans-friendly. « Nous conseillons aux gens de se renseigner sur la base de données trans, qui est collaborative », nous explique la Présidente d'Acthe Sun Hee Yoon. À Lille, la maison de Santé et le parcours trans reçoivent de plus en plus de personnes arrivant grâce au bouche-à-oreilles. « Le problème de la Sofect, c'est le problème de la médecine en France, soutient Bertrand Riff, c'est la grande tradition du médecin qui sait qu'il est le seul à détenir la vérité sur ce que vit une personne en son for intérieur. » En attendant que la Sofect se réinvente vraiment ou que les praticien.ne.s arrivent à penser la médecine sans spécialités, certain.e.s ont décidé d'aller voir ailleurs, comme Patricia, de la page SOS Transphobie : « à Boston, on a créé un centre de soin et de formation médicale par et pour les personnes trans. Ils acceptent tout le monde. J'irai. »" ["post_title"]=> string(145) "« Quand on arrive devant les psys de la Sofect, il faut avoir envie de mourir » : enquête sur les équipes « officielles » du parcours trans" ["post_excerpt"]=> string(370) "Depuis sa création, la Société Française d’Études et de prise en Charge de la Transidentité (Sofect) s’est arrangée pour devenir incontournable pour la prise en charge des personnes trans. Après des années à traîner une réputation déplorable auprès des concerné.e.s, elle tente aujourd'hui de redorer son image… en vain ? Komitid a mené l'enquête." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(21) "parcours-trans-sofect" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-02-13 12:33:01" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-02-13 11:33:01" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=2845" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "2" ["filter"]=> string(3) "raw" } [1]=> object(WP_Post)#15262 (24) { ["ID"]=> int(13060) ["post_author"]=> string(3) "836" ["post_date"]=> string(19) "2018-07-30 16:24:01" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-07-30 14:24:01" ["post_content"]=> string(19404) "

Le 29 juin, était remis le rapport du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) consacré aux actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. Quelques jours avant, la sortie du documentaire Paye (pas) ton gynéco avait fait grand bruit. La parole des femmes dénonçant de tels actes, au cours de leurs consultations en gynécologie ou lors de leur accouchement, a émergé depuis quelques années, d’abord sur les réseaux sociaux (Lancé sur Twitter le 19 novembre 2014, le hashtag #PayeTonUtérus a fait émerger plus de 7000 témoignages de femmes en 24h), avant d’être reprise plus largement.

Margaux Collet, co-rapporteure pour le HCE, raconte : « On a constaté en faisant l’état des lieux de toutes les recommandations de bonnes pratiques qui existent, notamment de la part de la Haute Autorité de Santé, qu’il y en avait assez peu sur le suivi gynéco, et aucune sur comment devrait se passer un examen gynécologique de routine. » Peu d’encadrement donc et des personnes qui sortent parfois traumatisées du cabinet de gynécologie.

Des rapports sur la question ? Il n'y en a pas

Se concentrer sur les actes sexistes permet de mettre en avant la dimension genrée de ces violences, à la fois au niveau individuel et institutionnel. Mais cela efface en même temps d’autres types de violences, comme les discriminations lesbophobes ou transphobes. Dans le rapport, le premier à s’intéresser à ces questions, un seul paragraphe vient questionner l’expérience des lesbiennes chez les gynécologues. Quant aux personnes trans, ce sont carrément les grandes absentes de ce débat.

« Il est resté plein de sujets en suspens, qui mériteraient un rapport en eux-mêmes »

« On a bien perçu qu’il y avait un sujet », reconnait Margaux Collet. « C’est pour ça qu’on a fait des encarts sur la question des femmes lesbiennes et du refus de soins, ou mentionné la question des lesbiennes dans les remarques porteuses de jugement qui étaient rapportées dans les témoignages. Mais nous n’avons tout simplement pas eu le temps de développer des approches sur des personnes qui étaient exposées à des violences spécifiques. Il est resté plein de sujets en suspens, qui mériteraient un rapport en eux-mêmes ». 

Sauf que des rapports sur la question, il n’y en a pas. Nathalie Bajos est directrice de recherche à L’INSERM. En 2008, elle publie l'Enquête sur la sexualité en France. Pratiques, genre et sante, avec Michel Bozon. On y apprend que les femmes déclarant des pratiques homosexuelles ont une prévalence plus élevée d 'IST : elles sont 12% ( versus 3% des femmes hétérosexuelles) à rapporter avoir eu une infection sexuellement transmissible dans les cinq dernières années. Et pourtant.

« Il y a très peu de recherches spécifiques sur les lesbiennes, et en particulier dans le champ de la santé sexuelle et reproductive », affirme la chercheuse. Elle explique : « il y a deux facteurs principaux à cela. D’une part, la sexualité lesbienne est une transgression à la norme reproductive, et puis il y a "l’effet sida" qui a entrainé un développement spectaculaire des recherches sur les gays et dans le même temps rien sur les lesbiennes, d’où une connaissance scientifique extrêmement limitée dans le domaine ».

10 % de manifestations lesbophobes dans le milieu médical

De fait, sans formation sur le sujet pendant leurs études et avec peu de ressources scientifiques vers lesquels se tourner, certain.es gynécologues se trouvent totalement démunis en consultation. Ainsi, l’enquête sur la lesbophobie menée par SOS homophobie, toujours en 2008, auprès de 1793 lesbiennes françaises, fait état de 10 % de manifestations lesbophobes dans le milieu médical : l'acteur le plus fréquemment incriminé est le gynécologue avec 4% de l’ensemble des répondantes, soit 44% de celles évoquant de la lesbophobie médicale.

« Quand j’ai voulu me renseigner sur la façon dont je pouvais me protéger, on m’a répondunon mais pour vous il n’y a pas de risques. »

Lisa a 27 ans, et des anecdotes sur la maladresse et l’ignorance de certain.es gynécos, elle en a un paquet :

« J’ai beaucoup bougé, donc j’ai vu pas mal de gynécos différent.es. D’abord, ils supposaient systématiquement que j’étais hétéro. À 16 ans, on m’a mise sous pilule d’office, alors que je n’en avais pas du tout besoin. Je me souviens, l’un d’eux m’a demandé si j’avais quelqu’un, je lui explique que je suis avec une femme, et il me répond immédiatement "ah oui donc pas de pénétrations", comme si il pensait qu’on cueillait des fleurs toute la journée. Il y a quand même une grosse méconnaissance des pratiques. Quand j’ai voulu me renseigner sur la façon dont je pouvais me protéger, on m’a répondu "non mais pour vous il n’y a pas de risques ". Aujourd’hui c’est clair que si j’ai des questions, je ne les poserai pas à un ou une gynécologue, je me renseignerai sur internet, ou auprès de mes amis ».

Sonia Eguavoen est sage-femme, et exerce à Paris et à Pantin. En 2015, elle rend son mémoire Femme et lesbienne : quels enjeux ? Vers une pratique inclusive en consultation gynécologique. Aujourd’hui encore, il reste une des rares ressources disponibles en français sur le sujet. « Mais c’est juste un travail d’étudiant, c’est fou ! », se marre Sonia. Elle raconte « j’ai été étonné, le sujet a été relativement facilement accepté par la fac. Par contre, au moment des entretiens avec des gynécologues, l’un d’eux s’est carrément barré quand il a compris qu’on allait parler des gouines ».

Elle poursuit : « les autres se sont prêtés au jeu, mais leurs réponses étaient souvent maladroites ou à côté de la plaque. Ils m’ont répétés qu’ils voulaient traiter tout le monde de la même manière. Mais dans une consultation, tu t’adaptes à la personne en face de toi, à ses pratiques, à ses besoins, à son mode de vie. Quand la personne est hétéro, on n’hésite pas à se renseigner sur son parcours, mais dans le cas contraire tout d’un coup c’est "ah ça ne me regarde pas, c’est privé !".

La gynécologie ne sort (pas non plus) de la norme

De fait, dans une société où la norme imposée est hétéro et cisgenre, il n’y a aucune raison que la lesbophobie et la transphobie s’arrêtent à la porte des cabinets. Martin Winckler est médecin, spécialisé dans la gynécologie et observateur de la situation du système médical français. Il est notamment l’auteur des livres Le chœur des femmes et Les brutes en blanc. Il constate : « La médecine est très normative, les médecins reproduisent les normes en vigueur dans la société dont ils sont issus. Ils font partis des franges les plus traditionnelles et traditionalistes de la société. Les médecins sont objectivement des privilégiés, et ils reflètent donc les préjugés et les normes des privilégiés ».

« Il ne faut pas oublier que les origines de la médecine gynécologique sont sexistes et racistes », rappelle Mounia El Kotni, docteure en anthropologie médicale et culturelle dont les travaux portent sur l’accès aux soins, la justice reproductive, les discriminations de genre et l’évaluation des politiques publiques. « L’histoire de la gynécologie, c’est l’histoire du contrôle du corps des femmes par les hommes ». De fait, considéré comme « le père de la gynécologie moderne », le Dr James Marion Sims, l’inventeur du spéculum, pratiquait de force des expériences sur des femmes noires. Mounia ajoute : « La gynécologie n’est pas pensée pour des personnes qui ne rentreraient pas dans un cadre hétéro cis. Donc il y a d’autant plus de risques qu’il y ait des violences qui existent parce que quand on essaye de se soustraire au pouvoir de la norme, on est châtiés ».

Maël, un homme trans de 24 ans, raconte son expérience : « L’été dernier j’ai dû voir un.e gynéco en urgence, la mienne n’étant pas disponible j’en ai trouvé une au hasard sur Doctolib. À ce moment-là de ma transition j’étais perçu quand même assez souvent au masculin, même si ce n’était pas toujours le cas, et c’était une grosse source de stress d’aller voir une gynéco que je ne connaissais pas et de devoir m’outer pour être genré correctement. Je n’y allais pas sereinement quoi. Je m’installe, explique très rapidement que j’ai des boutons sur la vulve et que ça pique grave. Elle me demande si j’ai des antécédents médicaux ou un traitement, je lui réponds que je prends un traitement hormonal, de la testostérone. "Ah vous êtes lesbienne ?", elle me demande. 

« Pardon ? »

« Pardon ? Je lui explique plusieurs fois que je suis trans. Oui un homme trans. Non je n’ai pas un pénis, j’ai une vulve, c’est pour ça que je suis là. Est-ce qu’on peut s’occuper de mes boutons maintenant ? », poursuit Maël. « Après quelques questions intrusives, elle me demande si j’ai eu des rapports non protégés et si je suis en couple. Je lui réponds que j’utilise toujours des capotes et que j’ai plusieurs partenaires. Elle me renvoie le "Ah." le plus froid que j’ai jamais entendu et me pointe le fauteuil à étriers sans un mot. »

Le jeune homme explique s''être senti mal et avoir voulu « se barrer ». Mais il décide de rester. « Je me retrouve les fesses à l’air, avec un t-shirt et mon binder en dessous, et je commence à m’installer. Elle me demande d’enlever le haut, je refuse, elle insiste, je refuse. Elle marmonne quelque chose, je m’installe. »

« J’essaye de me défendre, de lui dire que je me protège, mais je bafouille, je ne suis pas bien »

L’examen se passe mal. Très mal. « Elle ne dit rien et observe ma vulve puis se met à la toucher, ça pique, je le lui dis. Toujours sans un mot elle se lève et reviens avec ce que j’imagine être un spéculum puisque je me retrouve brutalement pénétré. Elle me dit que j’ai de l’herpès, et tout en continuant de me triturer et de me palper le ventre elle m’explique en long et en large que je n’ai pas pu attraper de l’herpès si j’utilise effectivement des préservatifs, que c’est "important de se protéger mademoiselle", qu’elle va me prescrire des analyses pour vérifier que c’est bien de l’herpès et puis un dépistage total au passage parce que quand même c’est pas sérieux cette vie sexuelle. J’essaye de me défendre, de lui dire que je me protège, mais je bafouille, je ne suis pas bien. Elle me demande de soulever mon t-shirt "et ma brassière" pour qu’elle ausculte mes seins. Je n’en ai pas envie mais je m’exécute. » Maël ressortira de son rendez-vous meurtris.

Une forme d'auto-exclusion de l’accès aux soins

Cette expérience ne surprends pas Max, co-secrétaire d’OUTrans, association d’autosupport trans, investie dans les enjeux d’accès aux soins. Il m’explique : « il n’y a aucune formation à l’accueil des personnes trans pendant les études de médecine. Dans l'hôpital public, on trouve bien des équipes protocolaires qui prennent en charge les personnes trans, mais elles sont très axées autour de la transition et elles posent déjà leurs propres problèmes d’accueil approprié et de transphobie institutionnalisée. Le souci, c’est qu’en termes de suivi, c’est des besoins qu’on a tout au long de la vie, et ça c’est un problème récurrent pour les personnes trans dans leur contact avec le monde médical, tout est focalisé autour de la transition et le domaine de la santé se représente mal que des personnes trans puissent avoir des besoins spécifiques qui vont être liés à leurs corps et à leurs parcours. »

s’auto-exclure de l’accès aux soins, se censurer d’une certaine façon dans leur projet de recherche de soins parce qu’elles ont peur de faire l’objet de violences et du coup elles vont parfois prendre des risques en n’allant pas chez le médecin ». Une réalité difficile à quantifier selon Max, puisqu'il « n’y a pas vraiment d’études qui sont réalisées sur le sujet ». Et d'ajouter : « il y a en parallèle le problème des refus de soins venant des professionnels de santé (réactions de type "ah non moi je ne fais pas ça, allez voir un spécialiste..."), illégaux mais pas si rares. » Pour rappel, « l'article L.1110-3 du Code de la santé publique qui prévoit qu’ "aucune personne ne peut faire l'objet de discriminations dans l'accès à la prévention ou aux soins" ».

Il poursuit : « Concernant les personnes transmasculines, outre les dossiers automatiquement assignés en "Madame" pour les résultats de FCU, se pose le problème de la sortie du cadre institutionnel après changement d'état civil (numéro de Sécurité sociale en 1, pas de courriers de rappel de dépistage, prise en charge des actes codés comme "gynécologiques" parfois refusée par les CPAM…) Concernant les personnes transféminines, se pose la question du suivi des personnes qui auraient effectué des opérations génitales : refus de soins, grosses difficultés pour trouver un suivi post-opératoire en cas d'interventions effectuées à l'étranger, ou hors équipes protocolaires de la SoFECT. Certaines personnes développent des complications graves faute d'accès aux soins ».

« Ce qu'il s'est passé avec la gynéco n'était pas normal »

« Il n’y a pourtant pas besoin d’être un grand ponte, un spécialiste, pour traiter les gens avec respect », s’emporte Sonia. La suite de l’histoire de Maël en est la preuve : « Sur le chemin du retour je passe au labo en bas de chez moi pour faire les analyses. C’est un homme un peu âgé qui me reçoit. Il m’appelle Monsieur dans la salle d’attente et commence à corriger par Madame en regardant sa feuille, je lui dis "Monsieur c’est bien", il sourit, me fait la prise de sang. Il s’excuse et m’annonce qu’il doit faire un prélèvement génital pour l’herpès. Je me retrouve à nouveau les fesses à l’air, mal à l’aise. Il me rassure, m’installe, m’explique qu’il va devoir toucher les boutons, s’excuse que ça fasse mal, me dit que j’ai été courageux et me laisse me rhabiller. Il a été rapide, efficace, prévenant et doux. Il me laisse partir avec un sourire et un "Bonne journée jeune homme". J’ai les larmes aux yeux, c’est à ce moment-là que je percute que ce qui s’était passé avec la gynéco n’était pas normal ».

« Il n’y a pourtant pas besoin d’être un grand ponte, un spécialiste, pour traiter les gens avec respect »

« C’est du temps, déjà, de guérir d’une blessure qu’on aurait pu subir, de reprendre confiance, de faire des réseaux, de demander, de se renseigner, on ne devrait pas avoir à faire tout ce travail mental, on devrait pouvoir aller se faire soigner n’importe où et être bien traiter.  Quand on est une femme lesbienne, une personne trans, on a ce travail supplémentaire à faire avant de prendre rdv et ce n’est pas normal. C’est du temps qu’on ne passe pas à faire autre chose », regrette Mounia El Kotni. « Or, quand on a l’habitude de voir sa parole dévalorisée, d’être silencié, c’est très difficile de faire entendre sa voix. Prendre conscience qu’on connait son corps et que notre savoir est légitime, c’est une étape qui se fait rarement seul.e », constate t ’elle. « Il y a une sorte de surdité des instances, mais une nouvelle génération de gynécos arrive, et sur le terrain des collectifs et des associations se battent ». Et de conclure : « les institutions ne changeront pas sans lutte, ça c’est sûr ». Au travail, donc.

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« Amalgame »

Basée à Marseille, l'association T-Time juge elle aussi cette avancée bien insuffisante et dénonce « le choix de l’OMS de continuer à classifier la transidentité dans la rubrique liée à la sexualité » : « Cette classification d’un autre temps entretient l’amalgame pourtant dénoncé depuis des années entre genre et sexualité, ne prend pas en compte la diversité, la multiplicité et l’unicité des trajectoires trans, et réduit une fois de plus la transidentité à un simple changement de sexe. » Au-delà de cette décision, l'association souhaite elle aussi voir un changement en profondeur dans les pratiques des médecins : « Nous ne sommes pas dupes, et encourageons plutôt l'ensemble du corps médical français à écouter et à dialoguer avec le tissus associatif trans/intersexes en France qui, fort de son expertise de terrain et de sa représentativité, saura apporter l’éclairage, les revendications des usagers et les retours quant aux bonnes pratiques que ceux-ci pourront mettre en place pour améliorer la prise en charge des personnes trans. » De son côté, l'Association nationale transgenre fait part d'une même attente : « Restons vigilant.e.s de la manière dont cela sera interprété par le système de santé en France. Le démantèlement des équipes pluridisciplinaires reste donc une priorité pour que la santé des personnes transgenres soit réellement prise en compte. »
« ne pas souligner une avancée serait une erreur, mais tomber dans l'euphorie en serait une autre encore plus grande »
Si l'association lilloise C'est Pas Mon Genre se satisfait de la nouvelle, elle n'en reste pas moins très critique : « Nous sommes encore choqué.e.s de voir que nous sommes dans la rubrique sexualité, mélangeant les concepts d'orientation sexuelle et d'identité de genre. Nous sommes aussi profondément outré.e.s de l'existence d'un diagnostic long pour les enfants prépubères alors qu'il est primordial de pouvoir leur faire commencer le plus rapidement possible les bloqueurs de pubertés qui ont un effet non permanent. » La sociologue Karine Espineira s'est quant à elle fendue d'une tweet pour faire part de son scepticisme. Elle estime que « ne pas souligner une avancée serait une erreur, mais tomber dans l'euphorie en serait une autre encore plus grande » : « Si on change le nom d'une structure ou son logo mais sans changer la pratique, c'est problématique, a-t-elle expliqué auprès de Komitid. C'est cela ma plus grande crainte, changer l'enseigne d'une boutique sans changer les produits vendus ni les "services", c'est limite de la poudre aux yeux. Ces annonces, comme les déplacements techniques des nomenclatures, voire une évolution du vocabulaire, ne défont pas la psychiatrisation et la pathologisation des identités trans. Quand ces mêmes nomenclatures seront en mesure d'envisager une santé trans plutôt que du trouble, des expériences de vies trans et non des incongruences par rapport à une norme dominante, peut-être commencera-t-on à repenser les termes et le rôle de l'accompagnement, comme de la place de la psychiatrie. » " ["post_title"]=> string(80) "Décision de l'OMS : pour les associations trans, pas question de crier victoire" ["post_excerpt"]=> string(207) "Au lendemain de la décision de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les associations trans françaises appellent à la prudence et expliquent pourquoi la nouvelle n'est pas pleinement satisfaisante. " ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(30) "oms-associations-transidentite" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-06-19 13:29:03" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-06-19 11:29:03" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=9754" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15261 (24) { ["ID"]=> int(15679) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-09-11 15:46:53" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-09-11 13:46:53" ["post_content"]=> string(4491) "Voilà des années que les personnes intersexuées dénoncent, sans relâche, les violences médicales qu'elles subissent. Des opérations de réassignation sexuelle leur sont en effet imposées dans l'enfance ou l'adolescence, parfois même les deux, sans se soucier de leur consentement (certain.e.s sont également contraintes de suivre des traitements hormonaux). En 2016, l'ONU a qualifié ces pratiques mutilantes comme de la torture, pourtant, en France comme dans encore de nombreux pays, le corps médical continue d'imposer des opérations aux patient.e.s intersexes. Face à la toute puissance des médecins et chirurgien.ne.s, et au silence des grandes instances françaises, le Collectif Intersexes et Allié.e.s passe à l'offensive. Le lundi 10 septembre, les activistes de ce mouvement ont lancé une pétition contre les mutilations faites aux enfants intersexués sur un site de sensibilisation dédié : Stop Mutilations Intersexes. Accompagnée du hashtag #ceserasonchoix, la pétition appelle à laisser les personnes concernées décider pour elles-même de quoi faire avec leurs corps, leurs vies... et donc de laisser aux enfants intersexes le temps de décider.

« Le droit des enfants à l’intégrité physique et sexuelle est un droit inaliénable »

Dans la tribune que les militants et militantes ont publié ce même jour dans Libération, on peut lire : « Nous réaffirmons que les variations intersexes sont des variations saines du vivant, et dans leur immense majorité sans danger pour la vie de l’enfant. Elles ne devraient pas conduire à de la stigmatisation et à de la médicalisation inutile et néfaste. À l’instar de l’homosexualité, l’intersexuation n’a pas à être soignée : c’est à la société d’accepter sa propre diversité. Le soutien psychologique d’un.e enfant et de sa famille doit être librement choisi, et approcher la question de manière non stigmatisante et non pathologique. Le droit des enfants à l’intégrité physique et sexuelle est un droit inaliénable. ». Pour prolonger sa campagne, et toucher le plus grand nombre possible de personnes, le Collectif Intersexes et Allié.e.s a également publié une première vidéo explicative sur YouTube, intitulée « Enfants intersexes : l'urgence d'attendre ». D'autres suivront. " ["post_title"]=> string(104) "Le Collectif Intersexes et Allié.e.s lance une campagne contre les mutilations des enfants intersexués" ["post_excerpt"]=> string(271) "L'ONU, Amnesty International et Human Rights Watch ont beau avoir condamné ces violences médicales à l'encontre des enfants intersexes, le corps médical continue à les pratiquer sur près de 1,7 % de la population. Les personnes intersexuées passent à l'offensive." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(102) "le-collectif-intersexes-et-allie-e-s-lance-une-campagne-contre-les-mutilations-des-enfants-intersexues" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-09-11 16:00:13" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-09-11 14:00:13" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=15679" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [4]=> object(WP_Post)#15291 (24) { ["ID"]=> int(6430) ["post_author"]=> string(1) "2" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-15 11:14:26" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-15 09:14:26" ["post_content"]=> string(4990) "Après avoir publié un chapitre sur la procréation médicalement assistée (PMA) début 2018, l'Association des journalistes LGBT (AJL) présente aujourd'hui un nouveau volet de son kit « Informer sans discriminer » consacré aux personnes intersexes. https://twitter.com/ajlgbt/status/996296217687674885

Une couverture médiatique insuffisante

L'AJL a travaillé en collaboration avec le Collectif intersexes et allié.e.s pour réaliser ce texte qui vise à améliorer le traitement médiatique de l'intersexuation, qui laisse largement à désirer : « la couverture médiatique des questions intersexes demeure le plus souvent voyeuriste, exotisante et pathologisante, et ne permet pas aux personnes de pleinement s’exprimer. Au contraire, on constate de nombreuses contre-vérités relayées souvent par ignorance, voire par désintérêt pour le sujet. » À ce manque de rigueur, s'ajoute aussi un manque de représentations positives des personnes intersexes.

Un vocabulaire pathologisant

Le guide balaie plusieurs idées reçues et réflexes journalistiques, comme celui de systématiquement faire appel à l'expertise du corps médical, sans donner la parole aux premier.e.s concerné.e.s : « Le discours médical est trop souvent considéré comme scientifique, donc “objectif”, or il demeure idéologique dans le fait de continuer de concevoir l’intersexuation comme une “maladie”, un “dysfonctionnement” qui doit être réparé. » Autre observation : l'utilisation récurrente de termes comme « ni homme, ni femme », « troisième sexe », ou encore « hermaphrodite », termes qui relèvent d'une approche « erronée biologiquement », insiste le guide : « Les personnes ne présentent pas un double appareil génital fonctionnel, et leur identité de genre n’est de toute façon pas définie par leurs biologies. »

Opérations = mutilations

Le guide évoque aussi les opérations chirurgicales subies par une importante partie de la communauté intersexe. Des opérations souvent faites dès le plus jeune âge, dans le but de faire correspondre le corps de l'enfant à l'image d'un genre, et qui sont vivement dénoncées par les associations. En effet, elles s'apparentent à de véritables mutilations génitales qui ont des conséquences graves sur le bien-être et la santé des concerné.e.s : « Les organisations expliquent que le caractère quasi-systématique des opérations visant à normaliser les caractéristiques sexuelles et les hormonothérapies maintient les personnes intersexes dans une forme de tabou social qui tente de dissimuler à la société l’existence d’un groupe de personnes, et donc évite d’avoir à le respecter comme tel. » L'AJL et le CIA présenteront le guide ce samedi 19 mai 2018 à 11h dans les locaux d'Amnesty international France, dans le cadre de la toute première Rencontre nationale intersexe, organisée par le CIA à Paris." ["post_title"]=> string(68) "Pour en finir avec le traitement voyeuriste des personnes intersexes" ["post_excerpt"]=> string(194) "L'Association des journalistes LGBT et le Collectif intersexes et allié.e.s dévoilent aujourd'hui un guide destiné aux médias pour inciter à un meilleur traitement des questions intersexes." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(44) "traitement-mediatique-voyeuristes-intersexes" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(100) " https://collectifintersexesetalliees.org/2018/01/16/soutenez-la-1ere-rencontre-nationale-intersexe/" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-15 11:19:48" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-15 09:19:48" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=6430" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [5]=> object(WP_Post)#15292 (24) { ["ID"]=> int(11779) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-07-14 14:11:37" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-07-14 12:11:37" ["post_content"]=> string(3262) "Deuxième essai. Mi-avril 2018, une première version de ce texte d'un progressisme rare envers les personnes trans et intersexes avait essuyé le véto du président conservateur du portugal, Marcelo Rebelo de Sousa. Le projet de loi en question, validé à nouveau par la majorité parlementaire de gauche ce jeudi, devrait permettre aux personnes trans d'effectuer un changement d'état civil sans passer par la case médecin, dès l'âge de 16 ans. Il bannit également les opérations chirurgicales imposées aux enfants intersexes (reconnues comme des mutilations par plusieurs organisations internationales, et décrites comme telles par les concerné.e.s). Ce qui change pour cette seconde version du futur texte de loi ? La partie concernant les mineur.e.s a été amendée. Le corps médical remet un pied dans l'affaire pour les jeunes de 16 à 18 ans, qui devront obtenir un rapport qui « qui atteste exclusivement de la capacité de décision et d'une volonté informée, sans référence à un diagnostic d'identité de genre », précise l'AFP. Tous les regards sont désormais tournés vers le président portugais. Les militant.e.s trans et intersexes appellent à l'entrée en vigueur de cette loi au plus vite.

Sur les pas de la Suède, de l'Irlande, du Danemark, de la Norvège et de Malte

Si cette fois-ci, le texte est approuvé par Marcelo Rebelo de Sousa, le Portugal deviendra « le sixième pays d'Europe à accorder le droit à l'autodétermination de l'identité des personnes transgenres [...] sans la tutelle d'un tiers et sans un diagnostic de perturbation de l'identité », selon les propos de la députée du Bloc de gauche Sandra Cunha, rapportés par La Croix. La promulgation de cette loi ferait également du Portugal le second pays au monde, après le Chili, à bannir les opérations de réassignation sexuelle faites aux enfants intersexes sans leur consentement." ["post_title"]=> string(74) "Vers un changement d'état civil démédicalisé dès 16 ans au Portugal ?" ["post_excerpt"]=> string(211) "Seconde tentative de faire promulguer une loi historique pour les personnes trans et intersexes après un premier amendement. Tous les regards sont tournés vers le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(70) "le-portugal-autorise-le-changement-detat-civil-demedicalise-des-16-ans" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-07-14 14:11:37" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-07-14 12:11:37" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=11779" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [6]=> object(WP_Post)#15264 (24) { ["ID"]=> int(15099) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-08-30 14:12:34" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-08-30 12:12:34" ["post_content"]=> string(4726) "Une première, mais surtout, un premier pas. La législature de l'État de Californie a voté, mardi 28 août, une résolution condamnant les opérations de réassignation sexuelle imposées aux bébés et enfants intersexes sans le moindre égard pour leur consentement. « Cela signifie que pour la première fois, un corps législatif américain a officiellement reconnu que les enfants intersexes méritent la dignité et le droit de faire leurs propres choix quant à leurs corps, comme tous les autres », a déclaré Kimberly Zieselman, présidente de l'association interACT à USA Today.

Un message fort, mais pas une interdiction

La résolution SCR 110, qui condamne ces opérations qualifiées de torture par l'ONU, a été présentée par Scott Wiener, élu démocrate ouvertement gay représentant de San Francisco et d'une partie du comté de San Mateo au Sénat, soutenu par plusieurs organisations et militant.e.s LGBT+. Dans les colonnes de NBC News, le politique a déclaré à propos de cette résolution qu'elle « reconnaît que la communauté intersexe de Californie fait partie de la diversité de l'État et devrait être célébrée. Ces opérations devraient être réalisées uniquement avec le consentement de la personne qu'elles impacteront de manière permanente. Les bébés ne peuvent pas donner leur consentement ». Des propos qui mettent les personnes concerné.e.s d'accord. Pour Ki Foster, militant.e intersexe néo-zélandais.e interrogé.e par Teen Vogue : « Cela nous dit "Ce qu'il t'est arrivé est mal, et on prend les mesures pour faire en sorte que ça n'arrive pas à la génération suivante de personnes intersexuées" ».
« Cela n'a pas de pouvoir exécutif pour l'instant »
Irene Kuzembo, activiste intersexe russe également consultée par la publication américaine de Condé Nast précise que « En tant que militant.e.s intersexes nous voulons sauver les enfants du futur des choses que nous avons eu à traverser nous-mêmes, et ce sont des moments comme celui-là qui nous donnent de l'espoir. L'ONU condamne ces opérations non-nécessaires sur les enfants intersexué.e.s comme des violations des droits humains depuis des années, et c'est le moment d'écouter. J'espère que la résolution SCR 110 n'est que le début, et que dans le futur d'autres États suivront l'exemple californien en reconnaissant et protégeant les droits humains des intersexes ». Mais si les associations et individus intersexes applaudissent ce signal envoyé haut et fort par l'État de Californie, iels rappellent qu'il ne s'agit là que d'un appel, pas du bannissement souhaité de ces pratiques. « Cela n'a pas de pouvoir exécutif pour l'instant, mais cela envoie un message important », estime Hans Lindahl, directrice de la communication d'interACT interrogée par NBC. Forte de cette première marche gravie en Californie, et de plus en plus visible, la mobilisation jaune et violette continue." ["post_title"]=> string(71) "La Californie condamne les opérations imposées aux enfants intersexes" ["post_excerpt"]=> string(179) "Cette résolution ne serait qu'un premier pas vers l'interdiction des opérations de réassignation sexuelle réalisées sur les corps d'enfants intersexes sans leur consentement." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(69) "la-californie-condamne-les-operations-imposees-aux-enfants-intersexes" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-08-30 14:12:34" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-08-30 12:12:34" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=15099" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

L'association OUTrans dépose une plainte contre la SoFECT auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés

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Outrée par le questionnaire intrusif d'un médecin parisien de la SoFECT, l'asso OUTrans saisit la Commission nationale de l'informatique et des libertés.

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L'association OUTrans dépose une plainte contre la SoFECT auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés - OUTrans / Facebook

Ce mardi 18 septembre, l’association féministe d’auto-support trans OUTrans a saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés au sujet de la SoFECT. Déjà dénoncée depuis de nombreuses années par les militant.e.s et associations trans pour ses propos transphobes, ses violences médicales et sa main mise sur les parcours de transition en France, la Société Française d’Études et de prise en Charge de la Transidentité est cette fois-ci dénoncée pour un questionnaire jugé intrusif à l’attention de sa future patientèle.

Les membres d’OUTrans ont porté plainte auprès de la CNIL suite à la découverte d’un questionnaire utilisé par le docteur Sébastien Machefaux, psychiatre à l’hôpital Saint-Anne et membre de l’antenne parisienne de la SoFECT. Dans ce formulaire – «  obligatoire  » en vue d’obtenir un premier rendez-vous, précise OUTrans – se trouveraient en effet des questions sur « la religion, l’appartenance ethnique et l’orientation sexuelle de la personne en attente de rendez-vous, ainsi que des membres de sa famille ».

Dans leur communiqué de presse, les membres de l’association se disent indigné.e.s et soulignent le fait que ces questions intrusives imposées à des personnes en situation de grande vulnérabilité dépassent du cadre légal français. Citant l’article 8 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés qui interdit de « collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l’appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci », OUTrans souhaite une fois de plus dénoncer les « pratiques abusives » de la SoFECT.

Contacté par Komitid, le docteur Machevaux n’a pas souhaité donner suite.

En guise de conclusion, les activistes de l’association réclament la dissolution de la SoFECT et « la formation des médecins et chirurgien.ne.s français.es pour un suivi médical de qualité, respectueux et dépsychiatrisé pour les personnes trans ».

SoFECT : l’heure est à l’offensive pour les militant.e.s trans

À l’approche de l’Existrans 2018, les actions de personnes concernées se multiplient et se complètent à l’encontre de la SoFECT. Le collectif Sooooo Infect vient en effet de se constituer et ses membres appellent à un die-in devant l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le 13 octobre prochain au matin, juste avant la dite manifestation.

Ce die-in est organisé pendant l’Assemblée Générale de la SoFECT, qui sera en plein congrès durant les 12 et 13 octobre 2018 à Paris. Le texte d’appel annonce qu’il s’agit d’un « rassemblement pour exprimer notre révolte contre les équipes hospitalières de la SOFECT : SO Infect ! qui nous pathologise, nous infantilise, nous humilie, et impose des normes hétérosexistes sur nos corps et nos esprits […] Contre la pathologisation des personnes trans, contre les protocoles trop longs et humiliants de la SoFECT, contre les mutilations des personnes intersexes !  »

  • phil86

    SoINFECT