Lesbophobie et transphobie ordinaires en milieu gynécologique : « ce qu'il s'est passé n'était pas normal »

Publié le

Comment se passe le suivi gynécologique des lesbiennes et des personnes trans ? Entre manque de formation, inégalité de l’accès aux soins, et remarques inappropriées, le bilan est glaçant. Mais sur le terrain, des gens se battent pour faire changer les choses.

gynécologie transphobie lesbophobie accès aux soins
Des violences gynécologiques sont courantes pour les personnes lesbiennes et trans - Shutterstock par Kichigin
Article Prémium

Le 29 juin, était remis le rapport du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) consacré aux actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. Quelques jours avant, la sortie du documentaire Paye (pas) ton gynéco avait fait grand bruit. La parole des femmes dénonçant de tels actes, au cours de leurs consultations en gynécologie ou lors de leur accouchement, a émergé depuis quelques années, d’abord sur les réseaux sociaux (Lancé sur Twitter le 19 novembre 2014, le hashtag #PayeTonUtérus a fait émerger plus de 7000 témoignages de femmes en 24h), avant d’être reprise plus largement.

Margaux Collet, co-rapporteure pour le HCE, raconte : « On a constaté en faisant l’état des lieux de toutes les recommandations de bonnes pratiques qui existent, notamment de la part de la Haute Autorité de Santé, qu’il y en avait assez peu sur le suivi gynéco, et aucune sur comment devrait se passer un examen gynécologique de routine. » Peu d’encadrement donc et des personnes qui sortent parfois traumatisées du cabinet de gynécologie.

Des rapports sur la question ? Il n'y en a pas

Se concentrer sur les actes sexistes permet de mettre en avant la dimension genrée de ces violences, à la fois au niveau individuel et institutionnel. Mais cela efface en même temps d’autres types de violences, comme les discriminations lesbophobes ou transphobes. Dans le rapport, le premier à s’intéresser à ces questions, un seul paragraphe vient questionner l’expérience des lesbiennes chez les gynécologues. Quant aux personnes trans, ce sont carrément les grandes absentes de ce débat.

« Il est resté plein de sujets en suspens, qui mériteraient un rapport en eux-mêmes »

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?

Identifiez-vous