La Californie condamne les opérations imposées aux enfants intersexes

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Cette résolution ne serait qu'un premier pas vers l'interdiction des opérations de réassignation sexuelle réalisées sur les corps d'enfants intersexes sans leur consentement.

état de californie condamne opérations de réassignation sexuelle imposées aux enfants intersexe sans leur consentement mais ce n'est pas une interdiction
La Californie condamne les opérations imposées aux enfants intersexes - interACT / ER de Grey

Une première, mais surtout, un premier pas. La législature de l’État de Californie a voté, mardi 28 août, une résolution condamnant les opérations de réassignation sexuelle imposées aux bébés et enfants intersexes sans le moindre égard pour leur consentement. « Cela signifie que pour la première fois, un corps législatif américain a officiellement reconnu que les enfants intersexes méritent la dignité et le droit de faire leurs propres choix quant à leurs corps, comme tous les autres », a déclaré Kimberly Zieselman, présidente de l’association interACT à USA Today.

Un message fort, mais pas une interdiction

La résolution SCR 110, qui condamne ces opérations qualifiées de torture par l’ONU, a été présentée par Scott Wiener, élu démocrate ouvertement gay représentant de San Francisco et d’une partie du comté de San Mateo au Sénat, soutenu par plusieurs organisations et militant.e.s LGBT+. Dans les colonnes de NBC News, le politique a déclaré à propos de cette résolution qu’elle « reconnaît que la communauté intersexe de Californie fait partie de la diversité de l’État et devrait être célébrée. Ces opérations devraient être réalisées uniquement avec le consentement de la personne qu’elles impacteront de manière permanente. Les bébés ne peuvent pas donner leur consentement ».

Des propos qui mettent les personnes concerné.e.s d’accord. Pour Ki Foster, militant.e intersexe néo-zélandais.e interrogé.e par Teen Vogue : « Cela nous dit « Ce qu’il t’est arrivé est mal, et on prend les mesures pour faire en sorte que ça n’arrive pas à la génération suivante de personnes intersexuées » ».

« Cela n’a pas de pouvoir exécutif pour l’instant »

Irene Kuzembo, activiste intersexe russe également consultée par la publication américaine de Condé Nast précise que « En tant que militant.e.s intersexes nous voulons sauver les enfants du futur des choses que nous avons eu à traverser nous-mêmes, et ce sont des moments comme celui-là qui nous donnent de l’espoir. L’ONU condamne ces opérations non-nécessaires sur les enfants intersexué.e.s comme des violations des droits humains depuis des années, et c’est le moment d’écouter. J’espère que la résolution SCR 110 n’est que le début, et que dans le futur d’autres États suivront l’exemple californien en reconnaissant et protégeant les droits humains des intersexes ».

Mais si les associations et individus intersexes applaudissent ce signal envoyé haut et fort par l’État de Californie, iels rappellent qu’il ne s’agit là que d’un appel, pas du bannissement souhaité de ces pratiques. « Cela n’a pas de pouvoir exécutif pour l’instant, mais cela envoie un message important », estime Hans Lindahl, directrice de la communication d’interACT interrogée par NBC. Forte de cette première marche gravie en Californie, et de plus en plus visible, la mobilisation jaune et violette continue.