Vous parlez d'un acte politique, pourquoi ?

Politique, car en tant que travailleur du sexe, je me positionne déjà politiquement. C'est pas juste un taf que je fais occasionnellement sans me poser trop de question, je m'intéresse à ce qu'il y a derrière, que ce soit en société, sur le plan juridique... Ce n'est pas anodin, c'est une véritable lutte pour obtenir une légitimité. Et c'est normal quand on voit à quel point le travail du sexe est mis de coté sous une bâche de honte. C'est pareil pour la transidentité selon moi : c'est une lutte quotidienne pour obtenir le droit de se sentir légitime de vivre comme on le ressent. À mes yeux, on ne peut pas juste être une personne trans et vivre "normalement", je n'ai jamais vu ça, hélas. En tant que personne trans ET travailleur du sexe, je trouve que j'ai un espèce de devoir de pas fermer ma gueule sur des choses que je vais subir, trouver violente, injuste, car il y en a beaucoup trop, et quotidiennement. Je ne peux pas juste fermer les yeux dessus.
« J'ai un espèce de devoir de pas fermer ma gueule »

Quand vous dites que votre ex l'a très mal vécu, cela veut dire que vous lui en avez parlé avant de vous exprimer sur Twitter ?

J'en ai parlé la veille et le lendemain, j'ai pris un rendez-vous au Planning Familial et ça c'est passé très vite. J'avais envie d'exprimer ça sur Twitter et de briser un peu cette image ultra féminine de Olly Plum qui commençait à me peser. Je voudrai juste rajouter que je sais que beaucoup pense que Usul (son ex, ndlr) m'a quitté à cause de ma transition. Je sais qu'il en prend plein la gueule en se faisant traiter de transphobe. La vérité c'est que je l'ai quitté car il avait du mal avec mon travail ET ma transition. Voilà, c'était l'instant gossip mais j'en ai marre du schéma de merde « Il a quitté sa meuf », comme si je n'étais rien.

Maintenant que vous avez fait votre coming out, dans quel état d'esprit êtes-vous pour les temps à venir ?

J'aimerai proposer du porn assez queer et me servir de ce merveilleux tag : #pussyboy. Mais ouais, proposer du porn FtoM, queer, non binaire. Je fais ma mammectomie dans quelques mois, je n'aurai plus de seins, je sais que c'était un élément qui me valait pas mal de reconnaissance (rires), mais je ne compte pas m'arrêter pour autant, au contraire." ["post_title"]=> string(96) "Le travailleur du sexe Olly Plum fait son coming out trans : « Je me sens tellement apaisé »" ["post_excerpt"]=> string(144) "C'est sur Twitter que Olly Plum a fait son coming out. Il a expliqué sa démarche à Komitid et raconte « devoir ne pas fermer [sa] gueule »." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(26) "olly-plum-coming-out-trans" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2020-01-30 11:59:53" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2020-01-30 10:59:53" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=5933" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15275 (24) { ["ID"]=> int(709) ["post_author"]=> string(1) "4" ["post_date"]=> string(19) "2018-02-22 12:02:07" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-02-22 11:02:07" ["post_content"]=> string(2925) "La loi asile-immigration, présentée le 21 février par le gouvernement, continue de susciter inquiétude et colère. Aujourd'hui, c'est au tour de la Fédération LGBTI de dénoncer le projet de loi, qui propose de réduire le délai de la procédure d'asile de 120 à 90 jours et de faire doubler la durée maximale de rétention à 90 jours, dans le but de faciliter les expulsions. Une manifestation, à l'appel du Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrant.e.s (BAAM), a d'ailleurs réuni quelques centaines de personnes à Paris dans la soirée de mercredi. La Fédération LGBTI est un réseau d'associations qui accompagnent les personnes réfugiées LGBT+ arrivées en France dans leurs démarches administratives. Celle-ci s'alarme des nombreux refus de la France d'octroyer l'asile à des personnes persécutées dans leur pays en raison de leur orientation sexuelle, ou leur identité de genre. En cause notamment, le règlement européen de Dublin, qui autorise un pays à renvoyer une personne demandant d'asile dans son pays d'entrée en Europe, sans étudier sa demande.

« L'exil n'est pas un délit »

L'association accuse Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, « d'appliquer une politique du chiffre » et dit « constater chaque jour la fragilité supplémentaire des réfugié.e.s LGBTI » résidant en France. De plus, explique la Fédération dans un communiqué, l'Union Européenne n'est « pas homogène quant à la législation vis-à-vis des droits des personnes LGBTI ». Renvoyer des réfugié.e.s dans un pays peu ouvert sur ces questions reviendrait donc à « les priver du soutien communautaire qui leur est indispensable et à les exposer au risque de nouvelles violences ». Pour faire passer son message, la Fédération LGBTI a créé 3 affiches très parlantes. Ces témoignages forts sont l'occasion de rappeler que la France ne possède pas de politique homogène quant à l’accueil des réfugié.e.s LGBT+. Ils et elles sont en effet régulièrement confronté.e.s à des situations absurdes ou humiliantes lors de leur demande d'asile." 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La loi aurait pour but de renforcer les conditions du droit d'asile en France, en allongeant les périodes de rétention tout en raccourcissant les délais d’examen des demandes d’asile, mais aussi les délais de recours pour les personnes dont les dossiers ont été rejetés. Craignant que des personnes en danger n'aient pas les moyens de se défendre, et soient reconduites à la frontière, de nombreuses et nombreux citoyen.ne.s étaient descendu.e.s dans la rue en février dernier, à l'appel du BAAM. Des personnalités politiques, de gauche comme de droites, s'étaient inquiétées du signal lancé par cette loi quant au respect des droits humains. Parmi elles, le Défenseur des droits Jacques Toubon avait confié son inquiétude face à la mise en place d'une politique de traitement des demandes d'asile jugée trop « expéditive ». Adeline Hazan, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté avait également appelé, dans son rapport annuel publié à l'automne, à ne pas augmenter la durée de rétention ni à réduire les délais de recours. Les associations de défense des droits humains, et les associations LGBT+ se sont particulièrement inquiétées de l'application d'une telle loi sur les personnes menacées dans leurs pays d'origine en raison de leurs orientation sexuelles ou de leur identité de genre. Il en va de même pour les personnes atteintes du VIH. [embed]https://twitter.com/MBrancourt/status/981574449236467713[/embed] L'association Le Refuge a par exemple proposé d'ajouter un amendement concernant spécifiquement les demandeurs et demandeuses d'asiles LGBT+. Il dispose que « les associations reconnues d'utilité publique dans le domaine de la protection des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, seront systématiquement consultées et habilitées à délivrer des attestations » à faire valoir devant l'OFPRA. https://twitter.com/lerefuge/status/981507291441696768 Le projet de loi est donc passé au grill de la commission des lois, depuis 21 heures, le mardi 3 avril. Les ailes gauche et droite de la majorité présidentielle se sont retrouvées en opposition, de façon très visible, sur plusieurs amendements. En particulier sur l'article 6, qui propose de porter le délais de recours des demandeurs d'asile devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) à 15 jours au lieu de 30 actuellement. Au final, 26 député.e.s de la majorité ont défendu un amendement proposant de supprimer cette disposition, qui a tout de même été adoptée. Plusieurs député.e.s ont également évoqué les situations vécues par les personnes LGBT+, dans un contexte tendu. https://twitter.com/MathildeHuchot/status/981777853695086592 La commission a tout de même adopté un amendement de la rapporteure Elise Fajgeles, qui exclut de la liste des pays dits sûrs, les États dans lesquels l'homosexualité « fait l'objet de mauvais traitements ou de sanctions pénales ». https://twitter.com/LCP/status/981569422044385281 Plus de 900 amendements auront été examinés en deux jours, et si la loi est adoptée par la commission, elle sera ensuite inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée où elle sera discutée dans les prochains mois. https://twitter.com/BAAMasso/status/981317440167694336" ["post_title"]=> string(63) "Loi asile-immigration : qu'en est-il pour les personnes LGBT+ ?" 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Le combat pour « prouver » son homosexualité

Moussa est arrivé en France en 2015 : « Il est venu avec un visa de travail, car il est acrobate et travaillait avec une troupe pour un spectacle, explique à Komitid Élodie, qui est bénévole à AIDES et qui le connait bien. Quand son visa a expiré, il a fait une demande d'asile. Elle lui a été refusée il y a un an. » Dans sa demande d'asile, Moussa a fait entendre que sa vie était menacée en Guinée à cause de sa bisexualité. La stigmatisation de l'homosexualité dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest est très forte et le jeune homme y était persécuté. Selon Midi Libre, son compagnon a été brûlé vif sous ses yeux. Une expulsion signerait donc son arrêt de mort selon les associations.
« Il faut prouver qu'on est gay, c'est surréaliste »
Pour Sadeddine Derras, salarié à Aides, le refus de sa demande d'asile est difficilement compréhensible. « Il faut prouver qu'on est gay, c'est surréaliste », s'indigne-t-il auprès de Komitid. Pour appuyer les demandes d'asile de certain.e.s de ses bénévoles, l'association peut fournir des photos montrant le demandeur ou la demandeuse lors d'une action bénévole afin d'attester de son engagement. « Cela a fonctionné pour d'autres personnes d'Aides », confirme-t-il. Malheureusement dans le cas de Moussa, sa présence à Aides est trop récente pour avoir pu être ajoutée à son dossier, et son témoignage accablant de son vécu en Guinée n'a, semble-t-il, pas suffisamment peser dans la balance.

Comme en prison

Arrêté à la gare de Nîmes il y a un peu plus d'un mois, Moussa est depuis retenu au centre de rétention administratif de Nîmes. Élodie, bénévole à Aides, a pu lui rendre visite plusieurs fois. Elle fait état d'une situation très préoccupante : « Moussa ne dort plus. Il sait qu'à tout moment, on peut venir le chercher et l'emmener. Il faut vivre avec l'agitation qui règne tout autour, se lier d'amitié avec d'autres gens dont on sait qu'ils peuvent aussi être emmenés d'un moment à l'autre. » Il n'y a qu'un seul parloir, alors les rencontres sont chronométrées à 20 minutes. La bénévole est très claire : Le centre de rétention s'apparente « à une prison » : « Il n'y a aucune activité, les gens tournent en rond. Ce n'est pas un endroit conçu pour que les gens y restent si longtemps. »
« Moussa ne dort plus. Il sait qu'à tout moment, on peut venir le chercher à l'emmener. »

Sauvé in extremis… mais jusqu'à quand ?

Dans la nuit de samedi à dimanche, Moussa a manqué être expulsé. « Il a été emmené à l'aéroport, explique Élodie, mais il semble que l'avion était plein. Peut-être était-ce un geste de solidarité de la part du pilote ? » Geste de solidarité ou problème technique, Moussa a tout de même dû retourner au centre de rétention et attend toujours d'être fixé sur son sort. Ce lundi matin, le président de AIDES Aurélien Beaucamp a demandé qu'une nouvelle demande d'asile soit examinée : https://twitter.com/aurebeaucamp/status/990851023098011649 https://twitter.com/aurebeaucamp/status/990899738785480704 Quelques personnalités politiques ont posté un message d'indignation. https://twitter.com/CecileDuflot/status/990647811711619075 https://twitter.com/BernardJomier/status/990653550568108033 Selon Élodie, l'intervention du préfet pourrait aussi empêcher l'expulsion. Elle garde espoir pour que Moussa puisse être libéré le plus rapidement possible et être régularisé : « Il est acrobate, il pourra trouver du travail et rester en France. »" ["post_title"]=> string(86) "À Nîmes, la mobilisation s'organise pour sauver Moussa, bisexuel menacé d'expulsion" ["post_excerpt"]=> string(233) "Enfermé depuis plus d'un mois dans un centre de rétention, Moussa peut être expulsé à tout moment. Komitid a fait le point avec les bénévoles de AIDES qui se mobilisent pour aider le Guinéen de naissance, à rester en France." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(41) "mobilisation-moussa-expulsion-refugie-gay" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-03 12:09:40" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-03 10:09:40" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=5137" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [5]=> object(WP_Post)#15276 (24) { ["ID"]=> int(1628) ["post_author"]=> string(1) "5" ["post_date"]=> string(19) "2018-03-06 14:02:35" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-03-06 13:02:35" ["post_content"]=> string(4050) "La situation est devenue intenable pour les centaines de personnes LGBT+ qui chaque année quittent le Bangladesh, le Pakistan, la Syrie ou l'Irak pour se réfugier de l'autre côté de la Manche. En Angleterre, les demandeurs et demandeuses d'asile sont hébergé.e.s dans des centres d'accueil parfois publics, souvent privés. C'est la gestion de ces derniers que vise une enquête récente du quotidien The Guardian, et qui va remonter aux oreilles du gouvernement de Theresa May. Il était temps.

Fuir des persécutions... Pour en subir de nouvelles ?

Insultes, agressions physiques, viols, certain.e.s réfugié.e.s considèrent que la situation vécue dans les centres est similaire aux persécutions qu'ils et elles ont vécues dans leurs pays d'origine. Face à une impasse, certain.e.s doivent même choisir entre vivre avec la peur, ou vivre dans la rue, raconte le quotidien. Pire, les plaintes adressées à la direction des centres restent souvent lettre morte. Kate Hendickson, une femme originaire de Trinité et Tobago, avait filmé l'agression qu'elle avait subie avec son téléphone portable. L'un de ses colocataires de fortune s'était exposé devant elle et lui avait adressé des insultes lesbophobes. Après avoir montré la vidéo au tenancier de son centre, opéré par l'entreprise G4S, elle s'était vue refuser un replacement. « Nous sommes censé.e.s être protégé.e.s. Le suis-je ? Non» a-t-elle dit « Il est indiqué qu'il ne devrait pas y avoir de racisme, ni de sexisme [dans ces centres], je subis cela, je demande de l'aide et n'en reçois aucune. Je me dis qu'en fait, ils attendent juste un drame sanglant » a-t-elle raconté au grand quotidien britannique. Face aux questions des journalistes, l'office a bien été obligé de reloger cette femme, et de s'expliquer par la voix d'un porte-parole : « nous prenons les plaintes très sérieusement et disposons de procédures très rigoureuses pour inspecter, enquêter et résoudre ces faits quand ils nous arrivent, et quand des informations spécifiques nous sont données. »

Une situation qui ne date pas d'hier

Les demandeurs et demandeuses d'asile LGBT+ subissent depuis longtemps les conséquences de la politique migratoire anglaise. Le statut de réfugié.e doit en théorie être apporté aux personnes qui subissent dans leur pays d'origine des menaces de morts dues à leurs orientations sexuelles ou leurs identités de genre. Mais c'est loin d'être le cas. En 2016, le magazine Pink News a rempli une demande de droit à l'information auprès du Ministère de l'Intérieur anglais, pour accéder aux données sur les premières demandes des personnes LGBT+. Une demande qui aurait du recevoir une réponse sous 20 jours, mais qui vient seulement d'être acceptée, en janvier 2018. Les chiffre sont éloquents. Entre juillet 2015 et mars 2017, 3535 personnes ont rempli une demande d'asile avec le motif de l'orientation sexuelle (6 % des demandes). Les deux tiers ont été rejetés : 84 personnes ont été renvoyées en Iran, 268 au Nigeria, deux pays où l'homosexualité est condamnée à mort. L'enquête du Guardian, et le tollé qu'elle provoque, donnera peut-être à réfléchir à Theresa May, qui répondait l'année dernière à Pink News : « sur la scène mondiale, nous soutenons les droits LGBT et nous confrontons aux plus hauts niveaux de responsabilités, les gouvernements du Monde qui autorisent ou infligent discriminations et abus. »" ["post_title"]=> string(73) "Demandeurs et demandeuses d'asile LGBT+ au Royaume-Uni, l'heure est grave" ["post_excerpt"]=> string(182) "Après qu'une demandeuse d'asile ait filmé une agression lesbophobe dans un centre d'hébergement privé, le Royaume-Uni fait face à une grave urgence dans sa politique d'accueil. " ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(33) "demandeurs-asile-lgbt-royaume-uni" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-13 09:30:20" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-13 07:30:20" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(29) "http://www.komitid.fr/?p=1628" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Pénalisation des clients de la prostitution : deux ans ferme pour les travailleurs et travailleuses du sexe

Publié le

Le 13 avril 2016, la loi de pénalisation des clients de la prostitution était adoptée. Deux ans plus tard, travailleurs et travailleuses du sexe déplorent une précarisation et des violences, sur lesquelles elles et ils n’avaient pas manqué de prévenir en amont du vote de cette mesure. Enquête.

Manifestation contre la pénalisation des clients de la prostitution en avril 2017 - Olga Volfson
Article Prémium

En avril dernier, à l'occasion du second anniversaire de la loi de pénalisation des clients de la prostitution, qui a aussi marqué la fin du délit de racolage instauré par Nicolas Sarkozy en 2013, les 62 associations du collectif Abolition 2012, saluaient « un essai à transformer ». Le Mouvement du Nid, l’Amicale du Nid, Osez le Féminisme et autres organisations membres vantaient alors les mérites d’une mesure que d’autres pays nous « envient ». Dans les médias, les discours des organisations abolitionnistes sont optimistes. Avec un relais médiatique bien moindre, les syndicats et assos de travailleuses et travailleurs de sexe (TDS), elles, déplorent les effets négatifs de cette loi sur les premièr.e.s concerné.e.s, qu’elles n’avaient eu de cesse de dénoncer avant l’adoption du texte de loi.

Précarisation, contaminations et violences : un scénario catastrophe qui se réalise

Pour Robin, acteur de santé communautaire dans la lutte contre le VIH et ancien travailleur du sexe résidant à Toulouse, le constat est simple : « Cette loi n’a absolument pas pris en compte l’avis des premier.e.s concerné.e.s, donc c’était un échec annoncé depuis le début. C’est pour ça que de nombreuses assos comme le Strass, Aides, Act Up et bien d’autres ne cessent de répéter que cette loi pénalise en fait bien plus les TDS que leur clientèle ».

« Allongement du temps de travail, négociation des tarifs et de l’usage du préservatif, création d’un climat de concurrence entre TDS, augmentation du harcèlement des policiers qui suivent les TDS sur leur lieu de travail pour interpeller les clients en flagrant délit, éloignement des TDS vers des zones non-riveraines les exposant aux agressions et aux vols, mobilité forcée pour trouver des clients forçant certain.e.s TDS séropos à interrompre le traitement durant plusieurs mois (et donc augmenter la charge virale)… » Telle est l’inquiétante liste de conséquences négatives que dresse June Charlot, de l’association toulousaine Grisélidis.

« On est amené.e.s à dire oui à des personnes que l’on n'aurait pas acceptées auparavant »

Ce sont principalement les personnes qui se prostituent dans la rue qui sont impactées par la loi de pénalisation des clients. Mais la raréfaction des clients, l’amoindrissement des revenus et le rapport de force bénéfique à la négociation des prix et pratiques à risque, elle, touche également les TDS en appartement. Axelle de Sade, membre du Strass, syndicat autogéré des TDS, confie : « On est amené.e.s à dire oui à des personnes que l’on n'aurait pas acceptées auparavant, car la loi a eu un effet dissuasif pour les clients qui ont une situation établie et dont la poursuite pour consommation de services sexuels pourrait ruiner ou carrière ou vie de famille. Certains clients ont disparu, ou préfèrent aller à l'étranger ».

Le fort pouvoir de négociation des clients face à des travailleurs et travailleuses du sexe qui voient leurs revenus baisser depuis la loi de pénalisation des clients présente un risque réel pour la transmission du VIH et d’autres IST. Déjà, à la fin de l’été 2017, l’association Acceptess Transgenres signalait une augmentation des contaminations parmi les TDS avec lesquel.le.s elle est en contact. Un retour qui semble étonnant pour le Mouvement du Nid. «c'est un petit peu surprenant d'entendre que, deux ans après cette loi, il y a des chiffres sur l'utilisation du préservatif. Ça fait plusieurs décennies qu'on rencontre des personnes qui se prostituent et la question du préservatif est problématique tout le temps », commente Sandrine Goldschmidt, chargée de communication de l'association. « Cette loi est du côté des personnes. Au moins, maintenant, plus elles la connaîtront, plus elles seront en mesure de savoir qu'elle est de leur côté. Elles pourront dire "je vous dénonce si vous ne voulez pas mettre de préservatif" ».

« Il y a une multiplication des demandes qu'on n'aurait pas acceptées auparavant, du type relations non protégées », poursuit Axelle, « Ce qu'on a aussi pu constater, c'est que sur les annonces, les mentions type « le seul objet de valeur dans cet appartement c'est moi, ne venez pas chercher mes fonds » se sont développées. Ce qui laisse présager qu'il y a plus de d'incidents en appartement. C'est très problématique ! ».

Pour ce retour de terrain, le Mouvement du Nid a une explication très simple. D’après Sandrine Goldschmidt : « Les témoignages qui font état de plus de pression et de violences, c'est aussi parce qu'aujourd'hui, c'est possible de le dire, d'en parler. Avant, ce n'était pas le cas, mais ces violences sont là depuis toujours ».

Un nettoyage des rues en marche ?

Dans un communiqué de presse, le collectif Abolition 2012 relaye les chiffres officiels de la préfecture de police : « Plus aucune personne prostituée n’a été arrêtée pour délit de racolage après le 13 avril 2016 et plus de 2000 clients prostitueurs ont déjà été arrêtés ». Mais les arrestations de TDS n’ont pas cessé pour autant, explique Thierry Schaffauser, travailleur du sexe, coordinateur de la Fédération Parapluie Rouge et co-fondateur du Strass. « Il y a eu des erreurs et on est encore arrêté.e.s sur d'autres motifs, notamment en raison de certains arrêtés municipaux. Mais pas que : les questions migratoires elles aussi rentrent énormément en jeu, mais le "travail dissimulé", l'outrage ou la rébellion sont encore invoqués. Nous avons lutté pendant des années contre le délit de racolage, qui aurait pu être levé bien plus tôt, dès 2013, avec la proposition d’Esther Benbassa... Mais il y a eu toute une campagne des abolitionnistes pour faire en sorte que cette mesure ne soit pas séparée de la loi de pénalisation des clients, trois ans de plus, pour s’assurer que ça passe mieux ! C'est très manipulateur de s'attribuer cette avancée ».

« C'est très manipulateur de s'attribuer cette avancée »

« Chez Grisélidis, nous suivons une personne qui habite dans une rue où s'exerce l’arrêté municipal anti-prostitution et qui travaille dans une rue où cette interdiction est levée », explique June Charlot. « Elle sort habillée pour aller sur son lieu de travail, les flics la connaissent et savent qu'elle ne travaille pas là, mais elle va quand même se prendre une amende. Leur réponse ? "Si t'es pas contente, t'as qu'à prendre un taxi" ». Mais là où le zèle policier se fait plus particulièrement sentir, c’est auprès des migrant.e.s. Pour Robin « Les rafles dans le bois de Boulogne attestent d’un climat très particulier, celui instauré par la loi asile-immigration. Le contexte est finalement encore plus xénophobe que putophobe dans ce cas-là, les contrôles aux faciès sont légitimés. »

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