Selon les dernières estimations relayées par les assos abolitionistes, entre 80 et 90 % des TDS qui exerceraient dans la rue seraient des migrant.e.s et 62 % du travail sexuel se ferait via internet. « On se cache derrière la rhétorique de la protection mais en fait, cette loi de pénalisation des clients impacte surtout les TDS les plus précaires. À savoir les personnes migrantes et sans papiers », poursuit Robin. « Il y a encore beaucoup de harcèlement policier », constate Mimi, des Roses d'Acier, collectif de TDS chinoises de Belleville. « Avant, avec la loi sur le racolage, la police observait en permanence les filles. Aujourd'hui, elle suit les clients et contrôle les papiers des travailleuses du sexe, ce qui les oblige à travailler la nuit plutôt qu'en journée. Affirmer le contraire montre une incompétence du Nid sur le terrain. » « J'invite le Nid à se rendre sur ce que l'on appelle le Darknet et regarder ce qu'il s'y passe », dit fermement Axelle de Sade. « Quand je vois qu'on propose une mineure, de 14 à 15 ans, on l'amène chez vous, pendant 15 jours à un tarif de 1500 euros, qu'on vient la rechercher et que si vous la gardez le mois entier, on vous fait une faveur à 2700 euros... Je pense que le Nid devrait d'abord se pencher sur ces cas de traite, extrêmes ».

Prostitution, proxénétisme, traite : chiffres pas très clairs et flou juridique

Le Mouvement du Nid assure rencontrer 5 000 à 6 000 personnes prostituées chaque année et être en lien avec environ 1 000 de celles-ci, sur les 37 000 à 40 000 travailleurs et travailleuses du sexe qui seraient en activité en France. Dans un article de Paris Match daté de février 2018, l’association abolitionniste affirme que 95 % des personnes qui se prostituent le feraient sous la contrainte. Aucune étude officielle ne semble corroborer ce chiffre vertigineux et les seuls qui s’en approchent parlent en fait de la proportion de personnes migrantes à se prostituer dans l’espace public. « Les chiffres sur la traite sont faux », martèle Thierry Schaffauser. « On a quand même des chiffres sur les condamnations sur la traite d'êtres humains en France, qui varient entre 0 et 33 par an. Officiellement, il y a environ 800 condamnations pour proxénétisme par an. Les communications contre la traite d'êtres humains ou l'exploitation sexuelle mélangent les deux ». Face à ces estimations qui suscitent le doute, Sandrine Goldschmidt donne une explication très claire sur la position du Mouvement du Nid, association très impliquée dans la promulgation et l’application de la loi de pénalisation des clients : « On considère que même lorsque la prostitution est choisie, il y a un certain nombre de facteurs déterminants dans le parcours de la personne qui peuvent expliquer ce choix… qui est un choix contraint, en général ». Un positionnement qu’elle continue d’expliciter ainsi : « Pour nous, il n'y a pas de sens à distinguer proxénétisme et traite. Il y a des traites à des fins d'exploitation sexuelle, ça revient à du proxénétisme. Pour nous, la prostitution sans proxénétisme est rarissime ».
« Tout le monde est votre proxénète. Vos chats, vos enfants, votre compagnon, votre propriétaire, votre boulanger »
Il faut dire que la définition du proxénétisme est extrêmement large, en France. « Tout le monde est votre proxénète », ironise Axelle de Sade. « Vos chats, vos enfants, votre compagnon, votre propriétaire, votre boulanger... tous ceux qui ont conscience de votre activité. La définition du proxénétisme se limite à « bénéficier de l'argent du travail du sexe ». Il y a aussi l'interdiction de s'associer, de prodiguer des conseils, alors que c'est vital dans ce métier ». Le problème que posent ces définitions juridiques très ouvertes et l’utilisation de chiffres inexacts, c’est que c’est précisément là dessus que la loi de pénalisation des clients est basée. Et ce, avec une emphase particulière sur le statut de victime des TDS et l’impact de leur métier sur leur santé mentale. La méthodologie des études officielles est remise en cause depuis des années par de nombreuses associations de TDS et de santé communautaire, sans que les pourcentages sensationnalistes ne soient remis en question par l’opinion publique. On peut toutefois noter que l’étude Prost Cost de mai 2015 sur « Le coût économique et social de la prostitution », commandée par le Nid en amont des discussions préparatoires à la loi de pénalisation, a été critiquée par une autre association abolitionniste, pourtant membre elle aussi du collectif Abolition 2012. L’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT) a en effet émis des réserves sur la « lecture superficielle » des faits par l’étude, dans une lettre ouverte datée du 28 septembre 2015. Il existe des études indépendantes qui pourraient changer la donne. Notamment celle réalisée par Nicola Mai auprès de 500 personnes prostituées entre mars 2014 et mars 2015. Ses conclusions sont à des années lumières de celles qui sont habituellement relayées : 93 % des interrogé.e.s ont déclaré exercer ce métier de leur plein gré. Parmi les migrant.e.s qui ont répondu, 11 % ont effectivement dit avoir été contraint.e.s au travail du sexe. Quant aux données sur la santé mentale des TDS, il existe aussi une étude qui détaille la manière dont elles sont instrumentalisées dans le débat public. On la doit à la sociologue, diplômée de sciences politiques et sociales Marion David, qui en a fait sa thèse de doctorat en 2008. Alors, pourquoi si peu de visibilité médiatique pour ces études ? Plusieurs des travailleurs et travailleuses du sexe interrogé.e.s par Komitid dans le cadre de cette enquête sont formel.le.s : tout ce qui va à l’encontre du positionnement abolitionniste de l’État français n’est « pas entendable », faisant immédiatement d’elles et d’eux de « méchants proxénètes » et des « négationnistes ». [caption id="attachment_4681" align="alignnone" width="653"]Rapport de l'Amicale du Nid de 2016 sur l'activité 2015 - L'Amicale du Nid Rapport de l'Amicale du Nid de 2016 sur l'activité 2015 - L'Amicale du Nid[/caption] Dans le rapport d'activité de l'Amicale du Nid de 2016, l'association évoque en fait 17% de victimes de traite, sur les 5147 personnes rencontrées en 2015 par l'asso. Mais ce chiffre, lui, n'apparait jamais dans les rapports et articles de l'époque consultés par Komitid. Quant à l'étude inter-associative révélée par Médecins du Monde le 12 avril 2018, aux chiffres catastrophiques semblant confirmer toutes les craintes des associations de soutien aux TDS, le Mouvement du Nid se contente d'un thread Twitter pour en balayer les conclusions d'un revers de la main... en critiquant la méthodologie employée, car biaisée. « Toute forme d'auto-organisation est violemment attaquée de toutes parts », précise Maîtresse Gilda, co-fondatrice (et ancienne membre) du Strass, travailleuse du sexe depuis plus de 25 ans qui se définit comme « travpédépute ». Contacté par Komitid pour parler de ce bilan alarmant porté par Médecins du Monde, le cabinet de Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, n'a pas donné suite.

Un parcours de sortie qui ne s’en sort pas

La loi de pénalisation des clients de la prostitution dispose d’un volet répressif, à destination de la clientèle, mais également d’un volet social, à destination des TDS. Il s’agit du parcours de sortie de la prostitution. Au programme, une allocation de 330 euros par mois (légèrement augmentée s'il y a un ou des enfants à charge) versée aux personnes souhaitant sortir de la prostitution sur une durée de six mois, renouvelable trois fois. Et la promesse d’une autorisation de séjour de six mois, renouvelable jusqu’à deux ans, pour les personnes en situation de migration ou sans papiers. Mais si ce parcours est porté par les associations, abolitionnistes, agréées, y rentrer est déjà un parcours en soi.
« Je ne connais personne qui ait entamé ce parcours de sortie »
La commission départementale de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle est composée de travailleurs sociaux et travailleuses sociales, de représentant.e.s de Pôle Emploi et de l’Éducation Nationale. Mais aussi de fonctionnaires de police, de gendarmes et du préfet. C’est une « mise en commun de tous les acteurs qui peuvent aider et soutenir la personne dans l'insertion économique et sociale », affirme Sandrine Goldschmidt du Nid. Mais les critères de sélection pour entrer, et surtout rester, dans le parcours sont très stricts. La notice d’information sur le formulaire de demande pour l’Afis (Aide financière à l’insertion sociale et professionnelle) stipule, en guise de première condition, que l’on doit déjà « être engagé.e dans le parcours de sortie de la prostitution » pour y prétendre. Et s’il y a rechute du ou de la bénéficiaire dans la prostitution, cette aide est interrompue. « Je ne connais personne qui ait entamé ce parcours de sortie », lâche Axelle de Sade, qui fustige l’idée de cette « aumône de 330 euros ». Les associations agréées pour le parcours de sortie trouvent également que ce n’est pas assez. Pour Sandrine Goldschmidt « ce sont de petites sommes, on préfèrerait que ce soit plus ». La responsable de la communication du Mouvement du Nid poursuit « Pour l'instant, celles qui rentrent dans ce parcours, sont vraiment prêtes à sortir de la prostitution, ça ne veut pas dire qu'elles ont d'autres ressources, mais ça veut dire qu'à un moment donné, elles peuvent se débrouiller avec cette somme-là et l'aide des assos, avec l'État de leur côté ». La somme n’est pas cumulable avec les minima sociaux (RSA, ADA, ATA) et ne peut pas être attribuée si la personne justifie de ressources mensuelles supérieures au niveau du RSA. « Dans l'esprit des gens il vaut mieux se faire exploiter que d'être dans le travail du sexe : tout est mieux que de faire la pute », commente Thierry Schaffauser. Depuis la mise en place du parcours de sortie de la prostitution, les associations agréées dénombrent 55 personnes à s’y être engagées. Le gouvernement prévoit 600 personnes en tout d’ici la fin de l’année. Mais les budgets alloués à ce dispositif posent question. En 2017, 3,8 millions d’euros ont été dédiés à l’Afis (sur 6,6 millions au total pour la lutte contre la prostitution) et en 2018, 2,4 millions (sur 5 millions). Que se passe-t-il pour les sommes restantes ? « Ces sommes sont pour les 55 personnes dans le parcours de sortie mais aussi pour toutes les autres personnes que l'on suit, aussi, et qui sont beaucoup plus nombreuses », explique Sandrine Goldschmidt,« On est là dans l'intégralité du processus. Les moyens sont, seraient pour ça. Mais dans la réalité, les 80 % du budget sont pour l'Afis. Ce qui n'est pas utilisé, est en attente pour les prochaines personnes à entrer dans le parcours de sortie ». Les associations de TDS et de santé communautaire non-abolitionnistes dénoncent régulièrement un manque de transparence quant à l’utilisation de ce budget depuis deux ans, ainsi que « la mainmise du Nid » sur la question. Sandrine Goldschmidt répond « Ce parcours repose vraiment sur les épaules des associations : on accompagne des personnes vers la sortie de la prostitution de manière non-officielle depuis des années, en essayant de mobiliser tous les soutiens possibles autour. On aurait besoin de plus de moyens encore, c'est certain. » Mais le discours ne convainc pas. « J'aimerais qu'un jour Élise Lucet enquête sur le business abolitionniste », annonce Maîtresse Gilda, « parce qu'il s'agit de millions d'euros d'argent public chaque année ».

Abolir l’abolitionnisme

« Avec la loi de pénalisation des clients, on a inversé le dispositif : on peut faire de la pub mais on ne peut plus venir nous voir. Il y a un paradoxe qui nous échappe ! », soulève Axelle de Sade. « Maintenant, on devient victimes, alors qu'avant nous étions coupables d'inciter à la débauche. Nettoyer la rue de cette tache prostitutionnelle : c'est l'intention politique que je vois derrière cette loi. On cherche à isoler au maximum le travail du sexe, alors que la loi ne l'interdit pas directement ».
« Maintenant, on devient victimes, alors qu'avant nous étions coupables d'inciter à la débauche »
Ce que de nombreux et nombreuses TDS reprochent aujourd’hui à la politique de l’État vis-à-vis de la prostitution va en fait bien au-delà de la loi de pénalisation des clients. « À vrai dire, pour moi comme pour mes camarades, la pente glissante de la dégradation des conditions de travail avait déjà été amorcée depuis longtemps », regrette Maîtresse Gilda. « La loi d'avril 2016 n'aura été qu'un accélérateur mortifère ». « Parmi les gens qui ont voté le texte, il y avait une minorité d'abolitionnistes sérieux, et d'autres, qui cherchaient une autre solution après la fin du délit de racolage, pour continuer à nettoyer les rues, ce qui n'a rien à voir avec le féminisme », analyse Thierry SchaffauserDepuis longtemps, les TDS qui s’organisent entre elles et eux dénoncent une instrumentalisation du féminisme et d’une certaine idéologie chrétienne, par un « clientélisme électoral » au service de la gentrification, comme le décrit Maîtresse Gilda. « Pour un.e élu.e, il faut rassurer les riverains qui se plaignent des nuisances ou s'inquiètent de la morale, mener une politique prohibitionniste, rebaptiser ça « abolitionnisme » et se draper dans sa vertu faussement humaniste, ça paie ». Face à un abolitionnisme d’État qui flirte avec le modèle Suédois, les travailleurs et travailleuses du sexe ont, depuis de nombreuses années, des revendications très simples : l’application du droit commun et la reconnaissance des métiers du travail du sexe. Des mesures qui, selon les associations, permettraient de fait de lutter contre la traite des êtres humains et la prostitution forcée et de garantir un vrai statut pour les TDS. « Il ne s'agit pas non plus de laisser ce statut complètement libre non plus », précise Axelle de Sade. « Il faut quand même mettre des garde-fous, car ce n'est pas tout à fait un métier comme les autres. Ce cadre pourrait s'exprimer par l'autorisation de s'associer, de créer des coopératives, ce qui permettrait de s'assurer que personne ne soit sous le joug de quelqu'un d'autre. En tant qu'individus responsables, on pourrait s'associer pour proposer une offre de service et des conditions d'exercice du métier qui soient bénéfiques à tou.te.s ».
« Le préjugé qui veut que les TDS mentent est encore très persistant »
Ce qui est reproché à l’approche abolitionniste du travail du sexe, c’est aussi une forme de paternalisme. Dans les comptes rendus d’activité du Mouvement du Nid, on trouve en effet 77 fois le mot « victime » sur 96 pages en 2015, en amont de la loi, et 44 fois sur 86 pages en 2016. Pour Axelle de Sade, « C'est ça le défi. Changer cette représentation misérabiliste qui fait de nous des victimes, des personnes simples d'esprit qui se retrouvent à faire ça car on n'a pas d'autre choix ». Un combat loin d’être gagné car, comme le souligne Thierry Schaffauser, « Le préjugé qui veut que les TDS mentent est encore très persistant. On ment quand on dit que tout va bien parce qu'on a des intérêts directs économique qu'on est amoureuses de notre proxénète, qu'on est manipulé.e.s... » Comme en 2017, le Strass, les Amis du Bus des Femmes, Les Roses d’Acier, Acceptess Transgenres, Act Up-Paris et de nombreuses associations ont manifesté dans les rues de Paris, pour le second anniversaire de la loi de pénalisation. L’intitulé de l’évènement du 14 avril dernier ? « Bilan Post-loi: les Travailleuses du sexe sacrifiées ». Malgré le soutien et la présence de nombreux collectifs, de nombreuses assos et de militant.e.s de divers horizons, les évènements en soutien aux TDS restent assez peu visibles. « Ce que je déplore, c'est qu'une partie de la communauté LGBT, trop soucieuse de vouloir plaire aux hétérocis et de "donner une bonne image de l'homosexualité" ne veut pas paraître à nos côtés, considère que la question des TDS n'est pas leur combat », pose Maîtresse Gilda. « À croire qu'iels n'aspirent à rien d'autre qu'à se marier, procréer, vivre bourgeoisement et devenir aussi chiantissimes que les hétéros. Alors même qu'au Stonewall Inn c'était une majorité de folles, de tapins, de trans et de travs noir.e.s et latinos qui vivaient dans la rue qui se sont révolté.e.s contre la police corrompue et la mafia qui les exploitaient et les réprimaient. 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Les travailleurs et travailleuses du sexe pointent un désengagement des pouvoirs publics

Mylène Juste, secrétaire générale du Strass, a partagé la scène en vidéo, dénonçant la « langue de bois » de ses réponses, et le fait qu'aucun rendez-vous officiel n'ait finalement été acté. Agnès Buzyn n'a absolument pas évoqué cet échange sur ses réseaux sociaux, bien qu'elle ait pris soin de mentionner son passage à la Conférence internationale sur le sida pour confirmer « la mobilisation » de la France dans la lutte contre le sida. Sur Twitter, l'ancien président d'Act Up Paris et militant LGBTQI Jérôme Martin a pris soin de rappeler qu'en 2017, la ministre de la Santé avait déjà été zappée par les militant.e.s présent.e.s à la Conférence quant au manque de moyens mis à disposition par la France pour la lutte contre le sida et l'absence, criante, d'Emmanuel Macron à un tel événement. D'ailleurs, il ne s'y est pas rendu non plus en 2018. Ce même jour, travailleurs et travailleuses du sexe ont marché dans les rues d'Amsterdam, jusque dans le quartier rouge d'Amsterdam, afin de porter haut et fort les revendications pour leurs droit d'exercer leurs professions dans la dignité et le respect. " ["post_title"]=> string(111) "Agnès Buzyn zappée par les travailleurs et travailleuses du sexe à la Conférence internationale sur le sida" ["post_excerpt"]=> string(235) "Sous leurs parapluies rouges, les travailleurs et travailleuses du sexe présent.e.s à la Conférence internationale sur le sida à Amsterdam ont accueilli la Ministre des Solidarités et de la Santé avec une pluie de revendications." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(107) "agnes-buzyn-zappee-par-les-travailleurs-et-travailleuses-du-sexe-a-la-conference-internationale-sur-le-sida" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-07-25 16:03:05" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-07-25 14:03:05" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=12644" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15258 (24) { ["ID"]=> int(18224) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-11-03 15:14:30" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-11-03 14:14:30" ["post_content"]=> string(4189) "Ce premier week-end de novembre 2018 à Paris, le Salon BD & Images LGBT Paris installé à la Marie du IVe arrondissement n'est pas le seule rendez vous queer. Non loin de là, au Point Éphémère, a lieu la première édition du SNAP ! (Sex Workers Narratives Arts & Politics) Festival, autour du travail du sexe. Ce n'est bien sûr pas la ville de Paris qui est à l'origine de cette initiative... Deux mois et demi après le meurtre de Vanesa Campos, travailleuse du sexe trans et migrante et quelques jours après une nouvelle agression de TDS trans au bois de Boulogne : le SNAP ! est organisé par et pour les travailleurs et travailleuses du sexe. Le but de cet événement monté par le collectif Art Whore Connection, le Strass (syndicat du travail sexuel) et soutenu par l’Open Society Foundations ? Laisser les travailleurs et travailleuses du sexe raconter leurs propres histoires à travers des expositions, des concerts, des prises de parole et la diffusion de documentaires. Des auto-représentations nécessaires à l'heure où les TDS dénoncent les effets néfastes de la loi de pénalisation des client.e.s de la prostitution d'avril 2016 sur leurs conditions de travail : isolement, précarisation, violences et exposition accrue aux infections sexuellement transmissibles.

Demandez le programme !

Pour les parisien.ne.s de cœur, de sang ou de tourisme, ne manquez pas la seconde partie du SNAP ! Festival. Ce samedi soir, vous pourrez y découvrir les Perfs Put', travailleuses et travailleurs du sexe aux multiples horizons qui aborderont les questions de genre, de VIH, de migration, de travail corporel et du concept de norme. Ce dimanche 4 novembre, y seront diffusés les documentaires Empower-Perspective de travailleuses du sexe et Yes, we fuck à 14h (oui, il vous faudra trancher), suivis par Là où les putains n'existent pas, à 17h. L'occasion d'y rencontrer Ovidie, Giovanna Rincon et Sarah Marie Maffesoli pour échanger sur le travail du sexe. A 19H30, place aux projections puis au débat sur le thème des représentations et des conditions de travail dans le porno. Enfin, à 21h30, trois concerts de clôture seront le bouquet final de la première édition du SNAP ! Festival. Sur scène, vous pourrez retrouver Zelda Weinen, King Baxter et Martin Dust." ["post_title"]=> string(64) "Le travail du sexe à l'honneur à Paris avec le SNAP ! Festival" ["post_excerpt"]=> string(161) "Face à une politique de répression, travailleuses et travailleurs du sexe s'organisent pour changer les représentations de leurs professions et de leurs vies." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(59) "le-travail-du-sexe-a-lhonneur-a-paris-avec-le-snap-festival" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-11-03 15:14:30" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-11-03 14:14:30" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=18224" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [4]=> object(WP_Post)#15269 (24) { ["ID"]=> int(5933) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-07 18:22:49" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-07 16:22:49" ["post_content"]=> string(4284) "Travailleur du sexe connu pour ses vidéos pornographiques dans lesquelles il se masturbe en direct sur des sites dédiés, Olly Plum a fait son coming out trans sur Twitter dimanche 6 mai. L'activiste a posté plusieurs publications sur le réseau social pour prendre le temps de s'expliquer auprès de ses 10 000 fans. Contacté par Komitid, il a accepté d'en dire un peu plus sur sa démarche et la façon dont il appréhende l'avenir et sa transition. Interview.

Komitid : Vous venez de faire votre coming out trans sur Twitter, comment vous sentez-vous maintenant ?

Olly Plum : Je me sens tellement apaisé. Ça n’a pas été simple. Mon ex a très mal vécu que je l’annonce un peu du jour au lendemain et la plupart de ma « fan base porn » ne s’y attendait pas vu mon image très « féminine ». Mais à mes yeux, c’était un joli moyen de politiser ça. J’ai eu énormément de retours positifs de la part de personnes trans et non-binaires. Ça fait du bien de se sentir moins isolé vis à vis de cette transition.

Vous parlez d'un acte politique, pourquoi ?

Politique, car en tant que travailleur du sexe, je me positionne déjà politiquement. C'est pas juste un taf que je fais occasionnellement sans me poser trop de question, je m'intéresse à ce qu'il y a derrière, que ce soit en société, sur le plan juridique... Ce n'est pas anodin, c'est une véritable lutte pour obtenir une légitimité. Et c'est normal quand on voit à quel point le travail du sexe est mis de coté sous une bâche de honte. C'est pareil pour la transidentité selon moi : c'est une lutte quotidienne pour obtenir le droit de se sentir légitime de vivre comme on le ressent. À mes yeux, on ne peut pas juste être une personne trans et vivre "normalement", je n'ai jamais vu ça, hélas. En tant que personne trans ET travailleur du sexe, je trouve que j'ai un espèce de devoir de pas fermer ma gueule sur des choses que je vais subir, trouver violente, injuste, car il y en a beaucoup trop, et quotidiennement. Je ne peux pas juste fermer les yeux dessus.
« J'ai un espèce de devoir de pas fermer ma gueule »

Quand vous dites que votre ex l'a très mal vécu, cela veut dire que vous lui en avez parlé avant de vous exprimer sur Twitter ?

J'en ai parlé la veille et le lendemain, j'ai pris un rendez-vous au Planning Familial et ça c'est passé très vite. J'avais envie d'exprimer ça sur Twitter et de briser un peu cette image ultra féminine de Olly Plum qui commençait à me peser. Je voudrai juste rajouter que je sais que beaucoup pense que Usul (son ex, ndlr) m'a quitté à cause de ma transition. Je sais qu'il en prend plein la gueule en se faisant traiter de transphobe. La vérité c'est que je l'ai quitté car il avait du mal avec mon travail ET ma transition. Voilà, c'était l'instant gossip mais j'en ai marre du schéma de merde « Il a quitté sa meuf », comme si je n'étais rien.

Maintenant que vous avez fait votre coming out, dans quel état d'esprit êtes-vous pour les temps à venir ?

J'aimerai proposer du porn assez queer et me servir de ce merveilleux tag : #pussyboy. Mais ouais, proposer du porn FtoM, queer, non binaire. Je fais ma mammectomie dans quelques mois, je n'aurai plus de seins, je sais que c'était un élément qui me valait pas mal de reconnaissance (rires), mais je ne compte pas m'arrêter pour autant, au contraire." ["post_title"]=> string(96) "Le travailleur du sexe Olly Plum fait son coming out trans : « Je me sens tellement apaisé »" ["post_excerpt"]=> string(144) "C'est sur Twitter que Olly Plum a fait son coming out. Il a expliqué sa démarche à Komitid et raconte « devoir ne pas fermer [sa] gueule »." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(26) "olly-plum-coming-out-trans" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2020-01-30 11:59:53" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2020-01-30 10:59:53" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=5933" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [5]=> object(WP_Post)#15259 (24) { ["ID"]=> int(14786) ["post_author"]=> string(1) "2" ["post_date"]=> string(19) "2018-08-25 10:52:45" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-08-25 08:52:45" ["post_content"]=> string(7396) "Il est 17h, métro porte Dauphine. Une petite vingtaine de personnes sont déjà là, la plupart vêtue de blanc et une rose blanche à la main, à la demande des organisatrices du rassemblement. La banderole est déjà déroulée et tenue par quelques femmes. Le visage souriant d'une femme et les mots « Justice pour Vanesa Campos assassinée au bois de Boulogne ». Le 17 août, cette femme trans migrante et travailleuse du sexe a été agressée et tuée.  Ce 24 août, ses amies, ses collègues sont là pour dire « plus jamais », pour dénoncer les violences, et aussi dénoncer l'indifférence dans laquelle se déroule les agressions transphobes dont elles sont victimes. Déjà assaillies par quelques journalistes, Diane Leriche et Giovanna Rincon de l'association Acceptess-T en profitent pour rappeler les fondamentaux. Elles ont en mémoire les articles qui mégenrent Vanesa ou mentionnent son deadname (prénom de naissance). Cette fois, elles ont la parole. Et pas question de porter atteinte une nouvelle fois à la mémoire de leur amie. « Ce n'était pas un “travesti”, c'était une femme transgenre” » martèle Giovanna Rincon.     Des associations sont présentes, comme le Strass, Aides, Sidaction. Et puis des personnes, seules ou en petits groupes, venues se joindre à la douleur des proches de Vanesa. Kouka Garcia, présidente de Pari-T, l'association qui a aidé Vanesa est aussi là. « Vanesa était venue en France seule, mais ici elle s'était créée comme une nouvelle famille, explique-t-elle émue. Elle avait passé Noël avec nous. » Sa voix se brise : « Vanesa, je lui dirais “merci d'avoir été avec nous ” », murmure-t-elle, les larmes aux yeux. Plusieurs associations organisent le 2 septembre une activité solidaire pour lever des fonds afin de faire rapatrier le corps de Vanesa dans sa famille au Pérou et pour lui offrir une sépulture.     Il est finalement presque 18h quand quelques centaines de personnes s'élancent en direction du bois de Boulogne. Les slogans fusent en tête de cortège : « Justicia Por Vanesa ! », « Trans assassinées, État complice ! ». De nombreuses pancartes ciblent directement la loi de pénalisation du client entrée en vigueur en 2016 et qui précarise et met en danger les travailleurs et travailleuses du sexe comme Vanesa.     Sur l'allée de Longchamp, des voitures longent le cortège qui a pris une belle ampleur. À travers les vitres, on distingue des regards curieux, ou parfois un dédain ostensible. À un croisement, se détachent au-dessus des arbres les voiles de verre de la fondation Louis Vuitton, un peu plus loin les grilles d'entrée de restaurants cossus. Le cortège poursuit son chemin, avec à sa tête des femmes trans migrantes qui ont perdu leur amie mais qui ne baisseront pas la tête. Du milieu de la foule s'élève régulièrement un cri, une plainte déchirante « VANESA ! ». Et la foule lui répond aussi fort en espagnol, avec la même douleur partagée « PRESENTE ! ».     Après une longue marche, les quelques centaines de personnes du cortège parviennent sur le lieu de rassemblement. C'est littéralement à quelques mètres de là que le corps de Vanesa a été retrouvé une semaine plus tôt.
« N'oubliez pas que c'est une femme, une personne comme nous toutes ! »
Ces amies et compañeras prennent la parole, chacune leur tour, émues, souvent en espagnol et tant pis pour ceux et celles qui ne comprennent pas. Ce rassemblement, il est pour elles, pour se soutenir entre elles. « Nada más ! » crie l'une d'elles. « Tout le monde parle de Vanesa comme d'une prostituée. N'oubliez pas que c'est une femme, une personne comme nous toutes ! »     Les associations sont invitées à prendre la parole. Chacune leur tour, Acceptess-T, le Strass, l'Association nationale transgenre, Pari-T, le Bus des femmes réclament la fin de l'indifférence face aux violences faites aux femmes trans et aux travailleuses du sexe, et surtout que justice soit faite. Au micro, une militante du Strass raconte qu'elle a été agressée il y a trois jours par un client. « Mon agresseur correspond à un signalement, pourtant il n'a pas été arrêté. Les assassins de Vanesa n'ont toujours pas été arrêtés. » Krishna, une jeune chanteuse d'opéra vient clore la cérémonie. Bouleversée, sa voix s'élève dans la clairière, tremble, chavire. Le silence se fait dans le bois. C'est ensuite Nancy Murillo qui chante en espagnol en mémoire de Vanesa. Après deux minutes de recueillement, chacun.e vient déposer sa rose devant le l'autel de fortune parsemé des bougies et des photos de Vanesa à proximité de là où était sa cabane.     Après ce meurtre intolérable, Giovanna Rincon veut croire à un changement : « On sent que les gens sont impactés par ce qui vient d'arriver. J'ai l'impression que malgré cette catastrophe qui nous arrive, cette violence qu'on aurait pu éviter, on a une fenêtre pour sensibiliser la société. En tout cas, je l'espère. » Le défi est considérable : « Nous devons continuer à mobiliser, à communiquer, mais pas seulement dans l'émotion et dans le drame. 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Une marche à l'initiative d'organisations militantes et de partis de gauche pour protester contre la politique actuelle du gouvernement Macron : contre la politique migratoire mise en place par la loi asile-immigration, contre la sélection à l'entrée des universités, ou encore contre la répression des actuels mouvements sociaux. Une marche forcément placée sous le signe de la convergence des luttes… mais seulement jusqu'à un certain point. En effet, l'appel à la mobilisation a été signé par une soixantaine d'associations et d'organisations mais l'une d'elle, malgré sa volonté d'être présente, a été exclue. Il s'agit du Strass, le syndicat du travail sexuel, qui défend les droits des travailleurs et des travailleurs du sexe. Thierry Schaffauser, travailleur du sexe et militant, a rapporté sur son blog que le 22 mai, l'association féministe et abolitionniste Les Effronté.e.s soutenue par plusieurs autres signataires s'était opposée à la présence du Strass dans le cortège. « Cet incident n’est pas très étonnant puisque c’est loin d’être le premier », constate Thierry Schaffauser. « Depuis environ 10 ans, le STRASS est régulièrement exclu de divers mouvements sociaux, en particulier de mouvements féministes, ou comme récemment lors d’un colloque sur les deux ans de la loi anti “prostitution” organisé au Sénat. » En solidarité avec le Strass, Act up Paris s'est retirée de la liste des signataires : À la veille de la marche, le Strass s'est exprimé et a affirmé qu'il serait bien présent dans le cortège, n'en déplaise aux associations qui s'opposent à leur présence : « Si on nous empêche de nous exprimer c'est très grave, surtout de la part d'organisations féministes ou/et de gauche soit disant solidaires. Nous allons donc venir dire notre colère en nous positionnant en cortège de tête et cela personne ne peut nous en empêcher. » Cet après-midi, le Strass était donc bien présent : " ["post_title"]=> string(84) "Quand la « Marée populaire » exclut les travailleurs et les travailleuses du sexe" ["post_excerpt"]=> string(124) "La présence du Strass lors de la « Marée populaire » de ce samedi 26 mai a été contestée par plusieurs associations. 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Dans la nuit du 17 au 18 septembre, soit un mois après le meurtre de Vanesa Campos, une autre travailleuse du sexe trans a été agressée dans le bois. Une nouvelle attaque qui n'a fait qu'alimenter l'argumentaire des travailleurs et travailleuses du sexe, qui pointent du doigt la responsabilité de la loi de pénalisation des client.e.s de la prostitution dans l'augmentation de la précarité et des violences subies, et leur colère.

« Nous ne pouvons pas en rester là » : mobilisation contre la putophobie et la transphobie

Dans son appel à la marche blanche parisienne organisée ce samedi 22 septembre à Paris en mémoire de Vanesa Campos, contre les violences putophobes et la loi de pénalisation des client.e.s de la prostitution d'avril 2016, Acceptess Transgenres reconnaît qu'il y a eu une avancée dans le traitement médiatique (malgré la persistance de certains médias à mégenrer les personnes trans) et judiciaire des agressions de travailleurs et travailleuses du sexe. Mais l'association martèle « nous ne pouvons pas en rester là », dénonçant le harcèlement continu des forces de l'ordre et la menace constante d'agresseurs et voleurs qui s'en prennent aux travailleuses et travailleurs du sexe au bois de Boulogne.

Des travailleuses du sexe absentes de l'université d'été du féminisme

Les militant.e.s du Strass mettent en cause la posture de Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes (dont le cabinet n'a pas souhaité répondre à notre enquête sur les deux ans de la loi de pénalisation des client.e. de la prostitution en avril dernier). Si la membre du gouvernement a exprimé son émotion suite à la mort de Vanesa Campos, les questions liées à la sécurité des femmes trans et des travailleurs et travailleuses du sexe ne semblent pas être au cœur de ses préoccupations. Lors de l'université d'été du féminisme les 13 et 14 septembre, aucune organisation les représentant n'a été conviée. Pour dénoncer cette absence, des activistes ont tenté de s'entretenir avec Marlène Schiappa, tentative qui s'est soldée par une évacuation manu militari par la police. Après la marche blanche parisienne de ce samedi 22 septembre, deux soirées de soutien auront lieu. La première, organisée par le syndicat du travail sexuel, le Strass, aura lieu aux Souffleurs, « en l'honneur des Putes ». La seconde, à l'initiative d'Acceptess Transgenres, du Strass et de la Fédération Trans et Intersexes se tiendra à La Mutinerie, en soutien à la famille de Vanesa Campos." ["post_title"]=> string(71) "Un mois après le meurtre de Vanesa Campos, la mobilisation se poursuit" ["post_excerpt"]=> string(179) "Un mois après le meurtre de Vanesa Campos, travailleuse du sexe trans, et après une nouvelle agression au Bois de Boulogne, les manifestations et soirées de soutien continuent." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(69) "un-mois-apres-le-meurtre-de-vanesa-campos-la-mobilisation-se-poursuit" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-09-21 13:08:38" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-09-21 11:08:38" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=16156" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Conseil constitutionnel : la loi de pénalisation des clients de la prostitution bientôt censurée ?

Publié le

C'est ce qu'espèrent les travailleuses et travailleurs du sexe qui ont alerté les plus hautes instances françaises sur les dégradations de leurs conditions de travail.

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Conseil constitutionnel : la loi de pénalisation des clients de la prostitution bientôt censurée ? - Strass / Facebook

La guerre n’est pas gagnée mais c’est une première bataille remportée par les travailleuses et travailleurs du sexe. Après plus de deux ans à alerter sur les conséquences désastreuses de la loi de pénalisation des client.e.s de la prostitution entrée en vigueur au mois d’avril 2016, et la sortie d’une enquête inter-associative confirmant ces craintes et des constats de terrain, les choses bougent. En effet, les requêtes des concerné.e.s auprès du Conseil d’État ont payé : la plus haute autorité administrative du pays a transmis ce lundi 12 novembre une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) au Conseil constitutionnel, qui a le pouvoir d’invalider ce texte de loi. Dans cette QPC, les neuf associations expliquaient que cette loi nuit  « gravement atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit », soulignant notamment « l’autonomie personnelle et la liberté sexuelle, le respect de la vie privée, la liberté contractuelle, la liberté d’entreprendre ainsi que le principe de nécessité et de proportionnalité des peines ».

Dans un communiqué signé par les associations Médecins du Monde, Fédération parapluie rouge, Strass (syndicat du travail sexuel), Les Amis du bus des femmes, Cabiria, Griselidis, Paloma, Aides, Acceptess-T, les travailleurs et travailleuses du sexe ainsi que leurs allié.e.s se félicitent de cette première étape encourageante vers une véritable écoute de leurs revendications.

«  Il est grand temps que les décideurs politiques se saisissent du sujet et luttent véritablement contre les violences, l’exploitation et la traite des êtres humains, sans sacrifier la santé et les conditions de vie et de travail des TDS », peut-on lire en conclusion du texte. Les activistes mobilisé.e.s contre la loi de pénalisation des client.e.s prennent là une fois de plus le temps d’expliquer que la lutte contre la prostitution forcée est loin d’être incompatible avec celle pour l’accès au droit commun pour les personnes qui ont choisi le travail du sexe. Un discours qui tranche nettement avec celui porté par les associations féministes et/ou chrétiennes abolitionnistes qui ont appuyé le vote de la loi en 2016 et qui continuent d’en vanter les mérites malgré des premiers bilans alarmants.

Le Conseil constitutionnel a désormais trois mois pour se prononcer sur la loi de pénalisation des client.e.s de la prostitution. D’ici là, les TDS continuent d’interpeller le Conseil constitutionnel sur les conditions d’exercice de leurs métiers, émaillées de violences à cause d’une politique de répression à leur égard.

  • phil86

    Les escorts gays sont hallucinants ils proposent des plans à 100€ de l’heure (!!!) Ce qui fait qu’en bossant une heure par jour ils encaissent 3000€ de salaire par mois et net d’impôts puisqu’ils bossent au black !!! Et ils chouinent !!!! Qu’ils reviennent dans la vraie vie et le vrai travail !!!