Ronaldo Serruya

[caption id="attachment_17654" align="alignnone" width="1070"] Ronaldo Serruya, acteur et dramaturge / Photo DR[/caption]

Ronaldo Serruya, acteur et dramaturge, a commencé à faire du théâtre dans les années 1990. Résidant à São Paulo depuis près de 15 ans, il a fondé en 2009 le Teatro Kunyn, un collectif spécialisé dans les questions de genre, en se concentrant sur la sexualité masculine.

Normalisation des LGBTI

« Le conservatisme et l'oppression sont une réponse aux identités dissidentes que sont les LGBT+, les personnes quittant la structure hétéronormative. Ce modèle de fausse représentation est lié à l'imposition de souffrances et de conflits, comme si le fait d’être LGBT+ conduisait à une vie de souffrances et de conflits. La peur est imposée aux personnes et la peur est la plus grande des formes d’oppression. Pour le candidat Bolsonaro, qui est sur le point de devenir président du pays, nous savons que son discours est basé sur la peur, son arme principale. »
« Je ne dors pas bien depuis des semaines et mon inquiétude est permanente. »

La « nécropolitique » annoncée

« Sa politique est une « nécropolitique ». C'est une politique d'extermination, de mort. Ce terme a été inventé par Achille Mbembe, un philosophe camerounais, qui dit que le corps souverain est le corps qui décide qui mourra et qui vivra. Cette « nécropolitique » représentée par la figure de Bolsonaro est la politique qu'il veut instaurer dans le pays, et nous savons déjà quel corps doit mourir. J'ai peur. J'ai peur de sortir dans la rue, de porter un vêtement plus tendance, de marcher main dans la main avec mon petit ami, peur de faire un geste d'affection. Nous vivons déjà les signes du fascisme, je ne dors pas bien depuis des semaines et mon inquiétude est permanente. C'est une mort symbolique. »

Coup d’état militaire et risque de lutte armée

« L’activisme ne prendra certainement pas fin, bien sûr. À partir du moment où il se manifeste, il ne fait que grandir et se subdiviser en différentes façons de défendre les minorités. Mais, oui, le risque est plus qu’imminent. Bolsonaro a une tolérance zéro pour l’activisme et il va encourager ceux et celles qui voteront pour lui dans la violence. La violence viendra de la population contre la population, ce qui est une stratégie perverse et un défi de résistance pour le militantisme. »

Maira Reis

[caption id="attachment_17652" align="alignnone" width="406"] Maria Reis, journaliste et chef d'entreprise / Photo DR[/caption]

Maira Reis est journaliste, fondatrice de la plate-forme de recherche d'emploi Camaleao.co pour les personnes LGBT+.

Menaces sur l'intégrité physique

« Quand vous avez un gouvernement fasciste, il n'y a pas de dialogue. C'est une imposition de règles et de comportements, comme si tout le monde devait suivre le même schéma, en oubliant que nous sommes différents par nature. Le possible futur président du Brésil se vante d'être LGBTphobe et a déjà dit qu'avec son gouvernement, nous n'aurons pas la paix. c'est-à-dire qu'il oublie « complètement » l'existence des droits humains. »
 « Nous avons absolument besoin de prévoir quels chemins nous allons suivre pour littéralement survivre. »

L'avenir, ce qui nous attend et la façon de nous battre

« Je veux croire que lorsqu'il sera au pouvoir, Bolsonaro aura tellement de difficultés à résoudre que la question LGBT+ sera sa dernière préoccupation. Nous pouvons nous attendre à une censure. Ce qui m'inquiète le plus, c'est de ne pas savoir ce qui va se passer. Va-t-il diriger le pays avec un gouvernement démocratique ou le faire de manière dictatoriale ? Nous avons absolument besoin de prévoir quels chemins nous allons suivre pour littéralement survivre. »

Menaces contre l'activisme lesbien et le féminisme

« Je vois qu'il y aura une forte augmentation de toutes les formes de violence, qui peuvent aller de la discrimination sociale jusqu'au viol pour « devenir » hétérosexuelle. Il est intéressant d'analyser certaines données statistiques qui parlent de la mort de lesbiennes en relation avec le profil de leurs meurtriers. Ces derniers sont des hommes, cisgenres et hétérosexuels. En outre, nous avons une petite part de femmes lesbiennes qui préfèrent se suicider pour faire face à une société macho et patriarcale. »

Alisson Prando

[caption id="attachment_17651" align="alignnone" width="1070"] Alisson Prando, blogueur et chercheur / Photo DR[/caption]

Alisson Prando est blogueur et journaliste. Sur les sites DiscoPunisher et WhatElseMag, il a interviewé plus de deux cent icônes pop. Il est chercheur au CNPq (Conseil national de développement scientifique et technologique), sur les thématiques du genre, de la sexualité et du féminisme.

Luttes et militantisme en danger

« Si vous êtes neutre dans des situations d'injustice, vous choisissez le côté de l'oppresseur. En dépit de la vague de désespoir, vous devez faire preuve de lucidité et mettre en perspective le fait que les présidents venus de mouvements progressistes n'ont pas non plus explicitement soutenu les personnes LGBT. Aujourd’hui, nous avons un candidat qui soutient explicitement les pratiques de violence contre les enfants trans, contre les Noir.e.s et contre les LGBTQIA. Par conséquent, il semble raisonnable de penser qu’à travers cette « icône » Bolsonaro, qui représente l'hégémonie de l'homme, blanc, hétérosexuel, cisgenre et masculiniste, d’autres se sentiront encore plus légitimes lorsqu’ils commettront des actes de violence symbolique et physique contre des minorités. »

L’activisme affaibli et le manque d’informations

« Les médias hégémoniques ont créé un discours anti-parti qui a rendu tout débat impossible. Il existe aussi un désir d'appartenance, et en ce sens, ces personnes [qui soutiennent Bolsonaro] sont encouragées par des discours de « bon sens », par de gros investissements dans la création de fausses nouvelles - même si ce concept doit être considéré comme obsolète : en ce sens, il est nécessaire de rappeler le concept nietzschéen de « vérité », qui, pour le philosophe allemand, n’est pas un discours entièrement vrai, mais qui, rendu obligatoire et se répétant, cristallise une "vérité" »
« Si Bolsonaro est élu, les investissements dans la recherche sur le VIH/sida pourraient être gelés ou diminués »

Traitement contre le VIH et le sida, le scénario du doute

« La PrEP et le TPE sont révolutionnaires parce qu'ils procurent de la dignité, de l’autonomie, de l’autodétermination, ainsi qu’une qualité de vie et une humanité aux personnes concernées. Si Bolsonaro est élu, les investissements dans la recherche sur le VIH/sida pourraient être gelés ou diminués, mais ils ne s'arrêteront pas ; ce serait un scandale international qui n’aurait pas le soutien des Nations Unies, ni même de Donald Trump, connu pour être réactionnaire, mais qui maintient toujours des moyens financiers pour soigner les patients séropositifs. Un arrêt des médicaments reviendrait à décréter la mort biopolitique de 0,5 % de la population brésilienne, soit un million de personnes. »

Nicoly Verywell

[caption id="attachment_17653" align="alignnone" width="1021"] Nicoly Verywell, drag queen et DJ / Photo DR[/caption]

Nicoly Verywell est une actrice, drag queen et DJ. Elle se définit comme une diva rétro classique. Dans son travail, elle explore l’art sous toutes ses formes.

Être une drag queen dans le monde hétéro

« Je fais des spectacles de drag depuis 25 ans. Le plus souvent, des événements sociaux hétérosexuels ou dans les entreprises. Les années 1990 étaient libertaires et très démocratiques, et les entreprises ont accepté et essayé de comprendre mon travail. J'ai joué dans tous les types d’entreprises. C'était moderne, il y avait une naïveté et une curiosité. J’ai fais des spectacles pour des personnes de 90 ans, pour des anniversaires d’enfants et, croyez-moi, même pour des prêtres. Aujourd’hui, je sens une barrière dans mon travail, la discrimination est plus présente. »
« Pour une personne peu éduquée, le discours de Bolsonaro s’apparente à "Brûlons des sorcières sur la place" ».

Combat, sang et humiliation

« Je me suis toujours battue, parfois jusqu'au sang et mes réussites sont souvent le résultat d’une grande humiliation. Les religieux et ces politiciens ont comme arme la haine, l'ignorance, les mensonges et les réseaux sociaux. Pour une personne peu éduquée, le discours de Bolsonaro s’apparente à "brûlons des sorcières sur la place" ».

Sandro Souza

[caption id="attachment_17655" align="alignnone" width="856"] Sandro Souza, créateur de « Blogueiro Positivo » / Photo DR[/caption]

Sandro Souza est le responsable du blog Blogueiro Positivo dans lequel il raconte son expérience en tant que séropositif et aide les personnes nouvellement infectées à se soigner, à s’accepter et à vivre avec le VIH.

Menace d’un gouvernement fasciste ?

« Ce qui m'inquiète le plus, ce sont les propos tenus par le candidat Bolsonaro. Je ne crois pas que le Brésil va abandonner la démocratie et encore moins voir un scénario militaire en 2019. Ce qui est le plus notoire dans son discours de haine, c'est le fait qu'il a donné la parole à des gens qui pensent exactement comme lui. Ces gens, ses électeurs, sont dispersés dans la rue, ils me font peur. »
« Parce que je suis un militant gay et séropositif, je fais partie d’une minorité qu'il déteste »

Haine des personnes LGBT+

« La mauvaise gestion du parti au pouvoir (Mouvement démocratique brésilien, centre droit, ndlr) est en partie responsable de ce résultat. Je ne vote tout simplement pas Bolsonaro car il dit beaucoup de conneries mais je suis totalement opposé au parti au pouvoir. Je me trouve sans issue et je vais maintenir mon vote d'opposition au candidat "fasciste" - je ne crois pas qu'il est ce monstre total mais plutôt un monstre imbécile. Parce que je suis un militant gay et séropositif, je fais partie d’une minorité qu'il déteste. Alors, nous utiliserons les réseaux et nous manifesterons si nous le devons, comme nous l'avons fait auparavant. »

Pas de changement pour le traitement du VIH

« Honnêtement, je ne crois pas que Bolsonaro fera quoi que ce soit contre le programme brésilien de traitement du VIH-sida. C'est une question de santé publique. Nous savons aujourd'hui que le virus du VIH affecte les HSH*, les gays, les bisexuel.le.s, les femmes et surtout toutes les personnes sexuellement actives. Ce serait un génocide qui ne tuerait "pas que" des personnes LGBT+. »   *Hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes" ["post_title"]=> string(112) "« Je ne dors pas bien depuis des semaines » : cinq personnalités LGBT+ brésiliennes face au danger Bolsonaro" ["post_excerpt"]=> string(290) "Deux jours avant le second tour de la présidentielle au Brésil, qui pourrait voir la victoire du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, Komitid donne la parole à cinq personnalités LGBT+. Certaines sont plus inquiètes que d'autres, mais aucune n'envisage l'avenir avec sérénité." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(101) "je-ne-dors-pas-bien-depuis-des-semaines-cinq-personnalites-lgbt-bresiliennes-face-au-danger-bolsonaro" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-01-25 11:37:31" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-01-25 10:37:31" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=17685" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15292 (24) { ["ID"]=> int(146) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-02-13 18:46:20" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-02-13 17:46:20" ["post_content"]=> string(2041) "« Si j’étais une femme, je trouverais inacceptable que quelqu’un me touche sans mon consentement. Mais je suis un homme. Je sors dans les lieux gays. Et j’ai vite compris qu’ici, ça n’avait rien de choquant », voilà la citation par laquelle commence l'enquête de Libération sur le mouvement #MeToo chez les hommes gays et bisexuels. Le ton est donné. Visibilisé par l'affaire Harvey Weinstein et Rose McGowan, « moi aussi » (et sa déclinaison française « balance ton porc »), a en fait été lancé par la militante féministe et anti-raciste Tarana Burke dès 2007, bien avant les mots-dièse. Mais qu'en est-il de la question du consentement chez les hommes, dans le milieu LGBT+ ? « Ça m’est arrivé d’avoir à faire à des gros lourds, le plus souvent ivres, qui me touchaient avant de me parler. J’ai dû le faire aussi. Mais je n’ai jamais eu le sentiment que je bravais un interdit. Ça fait partie des codes des endroits dans lesquels je me rends », a confié un des autres hommes à témoigner sous un faux nom pour Libération.

La question du consentement

S'il est vrai qu'entre deux hommes, le contexte de domination patriarcale qui s'exerce dans les relations hétérosexuelles avec plus ou moins de violence est absent, le consentement reste une nécessité pour tous aussi bien que toutes. Mais comment libérer la parole dans les milieux communautaires à ce sujet ? La grande enquête Virage sur les violences et les rapports de genre, actuellement en cours, intègre pour la première fois les questions LGBT+ dans ses recherches. Les résultats, qui devraient apporter quelques éléments de réponse à cette épineuse question, devraient être publiés courant 2019." ["post_title"]=> string(37) "#MeToo : qu'en est-il chez les gays ?" ["post_excerpt"]=> string(335) "Le mouvement lancé par Tarana Burke afin de dénoncer harcèlement sexuel, agressions sexuelles et viols ne concerne en vérité pas que les femmes. Mais contrairement aux États-Unis, les hommes gays et bisexuels ne semblent pas s'en être saisis. "Libération" a réalisé une enquête qui en dit long sur les raisons de ce silence." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(31) "metoo-quen-est-il-chez-les-gays" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-12 17:42:50" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-12 15:42:50" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(34) "http://92.243.1.111/infogay/?p=146" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15268 (24) { ["ID"]=> int(5771) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-06 13:00:38" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-06 11:00:38" ["post_content"]=> string(3579) "Pendant tout son lycée, Benjamin a vécu l'enfer. Jugé trop efféminé par ses camarades, sans cesse fourré avec les filles dans la cour de récré, le jeune homme est très rapidement victime d'isolement, d'insultes et de coups parce qu'identifié comme homosexuel. « Au départ je n'avais pas le mot de "harcèlement scolaire" dans le sens où je pensais ça ne pouvait pas m'arriver. Plus ça allait plus ça devenait persistant », a raconté Benjamin dans l'émission Salut les Terriens* sur C8, samedi 5 mai. « J'étais déjà très mal dans ma peau, assumer ce que j'étais était impossible », a-t-il expliqué. Les choses ont dégénéré lorsqu'un garçon lui a avoué ses sentiments. Benjamin n'a échangé que quelques baisers et s'est laissé prendre en photo avec lui. Assez pour nourrir le piège que lui avait tendu son camarade qui n'avait fait que lui mentir. « La photo a très vite fait le tour de la classe... (...) Ils étaient tous en train de se moquer de moi. ». Face à cela, Benjamin a nié en bloc son homosexualité et s'est fait ensuite taxer de menteur. Le cauchemar s'est amplifié. Son portable a été saturé de messages de haines : « va te pendre », « tu es une erreur de la nature ».

« C'est un combat que je ne lâcherai pas »

Après une première tentative de suicide, Benjamin retourne au lycée, mais le calvaire continue. Montages photos abjectes, moqueries, isolement total... « J'avais l'impression que la seule façon de m'en sortir était de disparaître ». Mars 2016 : le lycéen, qui ne sait pas nager, décide d'en finir et saute d'un pont au dessus d'une rivière du Mans, sa ville de résidence. « Pour moi personne n'allait me secourir », se souvient-il. Mais c'était sans compter sur les gendarmes qui, alerté.e.s par ses messages d'adieu publiés sur les réseaux sociaux, sont parvenu.e.s à localiser son téléphone. Alors qu'il était en train de se noyer, Benjamin a été sauvé. Ce terrible événement a sonné comme un coup d'arrêt pour le jeune garçon qui a ensuite décidé de relever la tête. Il souhaite aujourd'hui intervenir dans les lycées pour sensibiliser les élèves au harcèlement scolaire des élèves LGBT+. « C'est un combat que je ne lâcherai pas ». Il est aujourd'hui serveur en CDI dans l'hôtellerie-restauration et a créé la page Facebook Harcèlement Scolaire, On peut tous s'en sortir. *L'émission présentée par Thierry Ardisson a à de nombreuses reprises été épinglée pour avoir véhiculé des propos LGBTphobes. Consultez notamment l'étude réalisée par l'Association des journalistes LGBT (AJL) à ce sujet. Pour autant, la rédaction de Komitid a préféré ne pas occulter ce témoignage très important pour les personnes qui seraient concernées par de tels agissements." ["post_title"]=> string(111) "Harcèlement scolaire : le témoignage bouleversant de Benjamin, jeune homosexuel sauvé in extremis du suicide" ["post_excerpt"]=> string(153) "Invité de « Salut les Terriens » samedi 5 mai, le jeune homme entend désormais s'engager dans la sensibilisation au harcèlement des élèves LGBT+. " ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(40) "harcelement-scolaire-temoignage-benjamin" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-06 17:41:00" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-06 15:41:00" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=5771" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [4]=> object(WP_Post)#15270 (24) { ["ID"]=> int(883) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-06-18 16:31:27" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-06-18 14:31:27" ["post_content"]=> string(17182) "« Pédé », « tarlouze », « tapette ». Clément, un Angevin de 18 ans, s'en est pris plein la tête quand il était au collège : « On me traitait de "pédé". On a refusé de boire après moi par "peur de devenir pédé". On a menacé de me frapper à plusieurs reprises. Il m'arrivait de trouver dans mon casier des papiers avec écrit des trucs du genre "tu suces pour combien ?" ». Du harcèlement scolaire homophobe que le jeune homme dit avoir signalé à plusieurs reprises, mais sans résultat : « Disons que les insultes et les humiliations se faisaient de façon plus fourbe », explique Clément. « À un moment, j'ai compris par moi-même qu'il ne fallait pas que je me laisse abattre. » Pour Christophe, 26 ans, le collège a aussi été un véritable enfer. « Tu devrais te suicider, de toute façon tu finiras comme ça », « Tu ne pourras jamais changer, c'est une maladie », « Tu n'es pas normal » : lorsqu'il était collégien dans les Hauts-de-Seine, Christophe s'est vu reprocher pendant toute sa scolarité son comportement jugé « trop efféminé ».
« Tu n'es pas normal »
Empêché sans cesse de rentrer dans les vestiaires des mecs, insulté, humilié, il a été jusqu'à tenter de mettre fin à ses jours en prenant des anxiolytiques. « Ma mère m'a aidé à les recracher, nous a-t-il confié. J'ai réussi à être dispensé parce que c'était trop dur à supporter ». À coups de séances chez le psychiatre et d'antidépresseurs, Christophe a encaissé. Fin du collège, il a décidé de s'orienter vers une école de coiffure. « Non pas par passion, précise-t-il. C'était une sortie de secours. Moi, je voulais faire un bac littéraire ».

Absence de données

Selon les données ministérielles, 700 000 élèves sont ou ont été victimes de harcèlement scolaire, dont la moitié de façon très « sévère », pour reprendre la formule employée par le ministère de l'Éducation nationale. Mais aucune statistique n'est disponible quant aux élèves LGBT+. « Concernant les violences à l'école en général, il y a toujours un hiatus entre ce que l'institution scolaire déclare et la réalité des faits, en raison notamment de la réputation des établissements scolaires », explique à Komitid Johanna Dagorn, sociologue et chercheuse à l'Observatoire international des violences à l'école. « Mais il y a aussi évidemment une méconnaissance et un embarras autour de toutes les questions LGBT+. La lutte contre l’homophobie et la question du sexisme ont émergé il y a à peine dix ans ». Clip réalisé par des élèves dans le cadre du concours « Non au harcèlement » organisé par le ministère de l'Education nationale :

Un, deux, trois, Roi du silence

Outre les données officielles, le harcèlement scolaire en raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre est un phénomène étayé par de nombreuses associations et syndicats d'enseignants. C'est le cas par exemple de SOS homophobie qui, dans son rapport 2017, a relevé une augmentation de 7 % des LGBTphobies en milieu scolaire. Des chiffres à nuancer, avertit Joël Deumier, président de l'association, interrogé par Komitid : « On a que très peu de témoignages. Cela montre bien qu'il y a une loi du silence qui persiste sur les LGBTphobies à l'école. Le harcèlement en général est tabou, d'autant plus lorsqu'il est lié à l'orientation sexuelle ».
« Les filles ne voulaient plus me faire la bise le matin »
Cette « loi du silence » transpire dans le témoignage de Marion*, harcelée pendant deux ans au collège. Insultes et moqueries lesbophobes, menaces, violences physiques… À partir du moment où la jeune fille s'est montrée une fois main dans la main avec sa copine en 4ème, les conséquences ont été immédiates et graves. « Les filles ne voulaient plus me faire la bise le matin, je me faisais traiter de sale lesbienne, de sale gouine », raconte-t-elle. « Je me faisais bousculer si je frôlais quelqu'un ou frapper dans les vestiaires quand les autres filles pensaient que je les regardais se changer. » Marion n'a signalé qu'une seule fois, à son prof de SVT, ce qu'il se passait. « Il a engueulé tout le monde au début d'un cours, mais du coup c'était encore pire après. Il m'avait dit de revenir le voir si ça ne s'arrangeait pas, mais je ne l'ai pas fait donc il a dû penser que c'était réglé ». Pourquoi ne pas l'avoir fait ? « J'avais l'impression que je méritais tout ça », confie la jeune fille aujourd'hui âgée de 23 ans. Plutôt que de dénoncer, Marion a voulu fuir en demandant d'intégrer un lycée en dehors de son secteur.

Une violence qui vient des autres et qui s'intériorise

Ces témoignages frappent par la violence avec laquelle s'exprime les LGBTphobies en milieux scolaires. Si les motifs de harcèlement sont multiples, il apparaît que les élèves LGBT+ y seraient nettement plus exposé.e.s. Une analyse développée par la sociologue Johanna Dagorn : « Ce n'est pas une ou deux fois dans l’année, c’est régulier et récurrent ». Comment expliquer ce phénomène ? Pour l'universitaire, de l’école primaire au collège, derrière l'homophobie, « c'est quasiment à 100% le sexisme qui est à l'œuvre. C'est ensuite au niveau du lycée que l’on a la question de l'orientation sexuelle qui entre en compte. Là, on va être à la fois sur la péjoration du féminin et la question de l'identité ». Des élèves garçons jugés « trop efféminés », des filles « trop masculines » : la cour de récré ou la salle de classe s'inscrivent encore comme le théâtre privilégié d'une véritable police du genre. « Pour que la prévention de l'homophobie soit efficace, il faut une véritable politique publique qui permet de déconstruire les stéréotypes de genre qui sont à la source du sexisme et de l'homophobie », estime le président de SOS homophobie.
« On m'appelait "bonhomme", "Quasimodo", "camionneur" »
Cette pression normative liée au genre, Lazare, jeune garçon trans âgé de 28 ans aujourd'hui, en a fait les frais du CM1 jusqu'à la 3ème, et ce malgré un changement d'établissement quasi annuel : « J'avais la gueule de l'emploi, je suppose », lâche-t-il. « C'était sûrement à cause de mon apparence très masculine : j'ai toujours eu les cheveux très courts et une mâchoire très carré... », tente-t-il d'analyser. Résultat : des humiliations en série, des brimades au quotidien et tellement d'insultes que les élèves le connaissaient mieux par ses surnoms que par son prénom : « On m'appelait "bonhomme", "Quasimodo", "camionneur"… Les élèves cherchaient par tous les moyens à savoir si j'avais quelque chose entre les jambes. À l'internat, j'étais obligé de me doucher le matin pour que les filles ne m'espionnent pas. J'ai demandé plusieurs fois à changer de chambre, mais les surveillants refusaient systématiquement. Ils disaient que c'était en raison de mes habits, de ma façon d'être. » Pour Lazare, le harcèlement semble avoir été des plus sévères en raison du fait qu'il ne correspondait pas au genre que lui avaient assigné ses camarades. Dans son cas, ce côté « très masculin » a provoqué des réactions épidermiques. « Les personnes trans et intersexes sont beaucoup plus victimes de harcèlement dans la fréquence que toutes les autres populations. », confirme Johanna Dagorn.
« J'avais l'impression de mériter tout ça »
Dans chacun des témoignages recueillis par Komitid, des aspects reviennent inlassablement. D'une part, le silence, parfois total, de la part des victimes. D'autre part, les raisons qui les contraignent à rester silencieuses : « J'avais l'impression de mériter tout ça », nous dit Marion. « Je me disais que j'avais un problème », observe Clément. Et ainsi de suite. « C'est de l'homophobie intériorisée et c'est à nos yeux le plus grave car la haine de soi peut conduire au suicide, même en l'absence de harcèlement. », témoigne auprès de Komitid Cécile Ropiteaux, coordinatrice du Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire, réseau qui regroupe un peu plus d'une dizaine de syndicats enseignants.

ABCD de l'égalité : terreur autour du genre à l'école

Cette forte imprégnation du sexisme dans les mentalités, dont les stéréotypes de genre font le lit, est un problème que le gouvernement précédent a tenté de prendre à bras le corps. Dans le cadre de la loi de refondation de l'École de la République en 2013, il y a eu une vraie volonté d'aller vers une école inclusive, de lutter contre les discriminations. « Mais devant une masse qui n'a pas respecté les valeurs de la République, on a reculé, et on recule encore », tempête Johanna Dagorn. Difficile en effet d'oublier le fiasco autour des éphémères ABCD de l'égalité, ces modules pensés pour déconstruire les idées reçues sur le genre en primaire. C'est à l'initiative de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, que ce programme expérimental a été lancé dans dix académies durant l'année scolaire 2013-2014. Un dispositif pédagogique associé aux critiques sur les études de genre - la fameuse et inexistante « théorie du genre » - par une frange réactionnaire. Sauf que face à cette forte opposition, les ABCD de l'égalité ont été rapidement enterrés.
« La question du genre, ça ne s’improvise pas »
« On regrette que les ABCD de l'égalité aient été supprimés », peste Joël Deumier, de SOS homophobie. Johanna Dagorn, qui a fait partie de la délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire, était au ministère lors de la polémique autour du sujet : « Ce sont les instructeurs et les instructrices d'académie qui ont d'abord été formé.e.s. Sauf que celles et ceux qui se sont retrouvé.e.s avec les questions légitimes des parents, c’est bien le corps enseignant. Et ils et elles étaient terrorisé.e.s car sans formation sur la question du genre, ça ne s’improvise pas. » Najat Vallaud-Belkacem, invitée d'On n'est pas couché le 25 octobre 2014, s'exprime sur les ABCD de l'égalité : Face à cet échec cuisant, amplifié par les réactionnaires de La Manif pour tous, l'Éducation nationale est sortie totalement figée, paralysée. « L’institution refuse la question du genre depuis les ABCD de l'égalité. Nous n'avons plus le droit de prononcer ce terme alors que c'est la voie royale pour parler des LGBTphobies. », s'agace Johanna Dagorn. « Il y a toute une polémique autour du mot "genre" qui a disparu de l'Éducation nationale », confirme Cécile Ropiteaux.

Une campagne et puis s'en va

Pendant ce temps, les élèves LGBT+ continuent d'être en première ligne face aux stéréotypes de genre. Outre la campagne « L'homophobie n'a pas sa place à l'école » initiée en 2015 - et encore, on ne parle pas de LGBTphobies - pas grand chose à signaler. Pour Joël Deumier, l'Éducation nationale semble bien au fait de ces problématiques mais les outils pour lutter contre ne sont pas à la hauteur : « Il faut aller beaucoup plus loin », insiste-t-il. « Il faut sensibiliser et former beaucoup plus le personnel de l'Éducation nationale ». L'association qu'il préside s'occupe d'intervenir directement dans les collèges et les lycées. En 2016, 22 000 élèves ont été sensibilisé.e.s à la lutte contre LGBTphobies grâce aux bénévoles de la structure. Une action de sensibilisation rendue possible par l'agrément du ministère et qui se traduit par une aide financière notamment pour couvrir les déplacements des bénévoles. « Sur un an, SOS homophobie fait au moins une intervention en milieu scolaire par jour. En deux heures, on s'emploie à déconstruire les stéréotypes de genre et les idées reçues sur les orientations sexuelles », explique Joël Deumier. Mais pour Cécile Ropiteaux, du Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire, c'est dès la primaire qu'il faut intervenir : « On a facilement des débats sur les questions de société avec les enfants. Ils sont beaucoup plus ouverts d'esprit qu'à l'adolescence. » Le 12 mars dernier, après avoir été reçu par le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le Collectif a indiqué que la campagne « L'homophobie n'a pas sa place à l'école » sera renouvelée pour la prochaine année scolaire et que le groupe de travail sur les LGBTphobies à la direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO) sera réactivé. Seulement, le Collectif a indiqué ne pas avoir obtenu le moindre engagement concernant la lutte contre les discriminations dès l'école primaire. « Les attaques réactionnaires contre les ABCD de l’égalité continuent de produire leurs effets négatifs sur le ministère. », a déploré le Collectif dans un communiqué. Et d'ajouter : « Une campagne et quelques actions autour du 17 mai, si elles sont nécessaires, sont loin d'être suffisantes. (...) C’est bien en s’attaquant en profondeur au système de genre et aux stéréotypes qui lui sont associés qu’on pourra faire reculer les violences et discriminations sexistes et LGBTphobes. ».

« Les pouvoirs publics ne peuvent pas se décharger sur nous »

De toute évidence, si le travail des associations s'avère primordial, il ne peut se suffire à lui-même. « Notre travail est indispensable mais il ne peut pas remplacer une bonne formation des enseignants. Les pouvoirs publics ne peuvent pas se décharger sur nous. », alerte Joël Deumier. Formations, campagnes pour inciter les élèves à témoigner, le président de SOS homophobie attend des actes concrets. « Un.e jeune LGBT+ a 4 à 6 fois plus de risques de tenter de se suicider que le reste de la population. C'est donc une question de santé publique qui doit inciter les pouvoirs publics à prendre le sujet à bras le corps. Il faut montrer que l'État assure une présence physique et symbolique auprès des victimes. Il n'y a que comme ça qu'on pourra prévenir le harcèlement scolaire LGBTphobe », espère-t-il. On serait malhonnête de ne pas mentionner le kit contre l'homophobie à l'école mis à disposition des équipes pédagogiques récemment. « On l'avait fait en 2013 mais il a été gelé au cabinet pendant deux ans et demi, souligne Johanna Dagorn. Et il s'agit d'homophobie, je ne vous parle même pas de transphobie. » Pour la chercheuse à l'Observatoire international de la violence à l'école, il faut absolument sensibiliser et prévenir autour des LGBTphobies : « Il faut une véritable prise en charge, aussi bien des victimes que des auteur.e.s mais aussi et surtout des témoins. ». Pour elle, le constat est sans appel, la France est en retard « mais ce n'est même plus le mot ». Avec les conséquences que l'on connaît : moins l'école est inclusive et plus les minorités trinquent. *Le prénom a été changé" ["post_title"]=> string(103) "« Suicide-toi », « maladie »... Les élèves LGBT+ toujours confronté.e.s au harcèlement scolaire" ["post_excerpt"]=> string(275) "Depuis le fiasco des ABCD de l'égalité en 2013, les moyens mis en œuvre pour lutter contre les LGBTphobies en milieu scolaire se font rares. Pendant ce temps, les élèves LGBT+ restent nombreux et nombreuses à souffrir au quotidien de discriminations et de harcèlement." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(33) "harcelement-scolaire-lgbt-enquete" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-01-28 11:11:56" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-01-28 10:11:56" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(28) "http://www.komitid.fr/?p=883" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [5]=> object(WP_Post)#15267 (24) { ["ID"]=> int(15675) ["post_author"]=> string(1) "2" ["post_date"]=> string(19) "2018-09-11 11:24:35" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-09-11 09:24:35" ["post_content"]=> string(3138) "À l'occasion de la 15ème Journée mondiale de Prévention du Suicide le 10 septembre, le chanteur de Years & Years Olly Alexander est monté au créneau pour la protection des jeunes LGBT+. Les chiffres sont accablants : deux jeunes LGBT+ sur six ont déjà pensé au suicide, parce qu'ils et elles sont rejeté.e.s, stigmatisé.e.s, harcelé.e.s, en dépression. Pour symboliser cette donnée alarmante, le chanteur ouvertement gay et très engagé sur ces questions apparait dans une vidéo du site Gay Times portant un drapeau arc-en-ciel dont deux couleurs ont été déchirées : « Voilà le drapeau dont on ne devrait pas être fier.e.s » https://www.youtube.com/watch?v=ZfRO-0YN3QU Olly Alexander s'est déjà exprimé à plusieurs reprises au sujet de la santé mentale et sur le silence qui entoure ce problème : « Au travail, à l'école, même à la maison, ça peut être difficile d'exprimer ce qu'on traverse », a-t-il déclaré à Gay Times. « Mon conseil, c'est que tu n'es pas seul.e, et que tu ne mérites pas de traverser cette épreuve par toi-même. Tu as le droit de recevoir de l'aide et du soutien si tu en as besoin. Aller quelque part où on se sent capable de demander de l'aide est probablement la chose la plus dure au départ - et c'est différent en fonction de chacun.e - mais j'encourage à rejoindre et à utiliser les réseaux de soutien. Que ce soient des ami.e.s, de la famille, n'importe qui de proche, ou même une ligne d'écoute. »

Et en France ?

Le phénomène n'est bien entendu pas circonscrit à la Grande-Bretagne. Les premières études sur la prévalence du suicide parmi la population LGBT+ datent du début des années 2000 aux États-Unis et au Canada. En France, les données sont encore maigres sur le sujet. Dans le Baromètre santé 2010, une enquête porte spécifiquement sur cet enjeu et permet de dégager une première analyse reprise dans le rapport Les minorités sexuelles face au risque suicidaire (2014) : « Les prévalences de tentatives de suicide atteignent plus de deux personnes sur dix chez les homo-/bisexuels masculins, tandis qu’elles se situent à 2,8 % chez les hommes hétérosexuels exclusifs. Parmi les femmes, elles concernent 17,1 % des homo-/bisexuelles, contre 7 % des femmes hétérosexuelles exclusives. » C'est en 2013 qu'une enquête menée par le docteur en psychologie Jean-Michel Pugnière auprès de 901 jeunes âgé.e.s entre 18 et 24 ans a permis de mettre en évidence le lien entre homophobie et sursuicidalité parmi les jeunes LGBT+." ["post_title"]=> string(105) "« Voilà le drapeau dont on ne devrait pas être fier.e.s » : Olly Alexander s'engage contre le suicide" ["post_excerpt"]=> string(120) "Pour combattre le suicide chez les jeunes LGBT+, le chanteur ouvertement gay Olly Alexander s'est associé à Gay Times." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(94) "voila-le-drapeau-dont-on-ne-devrait-pas-etre-fier-e-s-olly-alexander-sengage-contre-le-suicide" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-09-11 11:24:35" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-09-11 09:24:35" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=15675" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Royaume-Uni : plus de la moitié des personnes LGBT+ seraient en dépression

Publié le

La santé mentale des personnes LGBT+ en berne : l'inquiétante étude révèle que parmi elles, une sur huit aurait déjà fait une tentative de suicide.

Royaume-Uni : plus de la moitié des personnes LGBT+ seraient en dépression - LightField Studios / Shutterstock
Royaume-Uni : plus de la moitié des personnes LGBT+ seraient en dépression - LightField Studios / Shutterstock

De l’impact des LGBTphobies sur la santé mentale des concerné.e.s. D’après les résultats d’une étude réalisée par l’association britannique Stonewall, 52 % des personnes LGBT+ britanniques seraient en dépression, ou auraient traversé au moins un épisode dépressif au cours de la dernière année. Parmi les personnes sondées, une sur huit aurait également fait une tentative de suicide dans les douze derniers mois.

Santé mentale et LGBTphobies en milieu médical

Réalisée sur 5 375 personnes concernées, l’étude menée par Stonewall et YouGov nous apprend également que 61 % des personnes sur le spectre queer auraient éprouvé de l’anxiété, contre 17 % parmi le reste de la population.

Le rapport sur la santé mentale des personnes LGBT+ établit clairement le lien entre ces chiffres inquiétants et les LGBTphobies en les comparant à ceux des insultes et agressions, et précise qu’elles sont 14 % à se priver de soins par peur de tomber sur des soignant.e.s discriminant.e.s. Il faut dire que les répondant.e.s aux questions de l’étude ont été 23 % à voir cette crainte se confirmer en milieu médical.

Les personnes trans, les femmes bisexuelles et les personnes queers racisées particulièrement vulnérables

L’étude met également en lumière les personnes à la santé mentale la plus précaire au sein même de la communauté LGBT+. Parmi les plus touché.e.s par la dépression, l’anxiété et les troubles du comportement alimentaires, on retrouve les femmes bisexuelles, les personnes trans et non-binaires ainsi que les personnes LGBT+ racisées.

Des précisions que l’on ne pourrait sans doute pas obtenir de manière aussi précise en France, puisque les statistiques ethniques y sont en principe proscrites. Elles n’en seraient pas moins nécessaires, à l’heure où il reste encore difficile de faire reconnaître l’intersection de certaines oppressions comme le racisme et les LGBTphobies, et où les agressions à caractère LGBTphobe semblent se multiplier dans l’Hexagone. « Les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans se suicident en moyenne 4 fois plus que le reste de la population » : prévenait pourtant déjà l’Inter-LGBT dans une campagne en 2015.