« Nos enfants vont très bien » : le coup de gueule de la journaliste Marie Labory et sa femme Sophie Barbaroux en faveur de la PMA pour toutes

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Dans une vidéo pour Konbini News, le couple lesbien, qui a eu recours à une PMA à l'étranger, a notamment répondu aux arguments des opposant.e.s à l'ouverture de la procréation médicalement assistée à tou.te.s.

La journaliste d'Arte Marie Labory et son épouse Sophie Barbaroux, interrogée par Konbini News
La journaliste d'Arte Marie Labory et son épouse Sophie Barbaroux, interrogée par Konbini News - Capture d'écran Konbini / YouTube

« On va vous expliquer pourquoi il faut que cette loi sur l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes passe très vite maintenant en France ». Le message ne pouvait pas être plus clair : dans une vidéo pour Konbini News, la journaliste d’Arte Marie Labory et Sophie Barbaroux, son épouse, se sont engagées en faveur de la PMA pour tou.te.s et n’ont pas manqué de discréditer les arguments des anti.

Les deux femmes sont passées par un parcours de procréation médicalement assistée en Espagne, Marie Labory ayant été celle qui a porté leurs jumeaux. Directement concerné, le couple a insisté sur la nécessité de passer à la vitesse supérieure pour enfin légaliser l’accès à la PMA pour les femmes lesbiennes, bisexuelles et célibataires. « Ça fait trop longtemps que ça dure (…) c’est une question d’égalité et de progression de nos droits », a souligné Marie Labory.


Interrogées par le journaliste Hugo Clément sur leur réaction face aux arguments des anti-PMA, notamment le fameux « un papa, une maman », le couple n’y est pas allé par quatre chemins : « Je trouve que c’est très triste même pour les hétéros », a avancé Marie Labory. « Cette idée que l’homme et la femme, le papa et la maman, sont dans des cases… Alors ça veut dire quoi ? C’est : « papa c’est l’autorité, c’est celui qui punit, qui ramène l’argent à la maison, et maman c’est la douceur, c’est la sécurité. » Bon ben ça c’était il y a 50 ans. Donc déjà c’est complètement rétrograde. Et puis, ces gens-là font un peu semblant de ne pas comprendre exactement ce que dit la psychanalyse. Elle dit qu’il y a besoin de figures. Et les figures paternelles, d’autorité par exemple si on va par là, ça peut être une femme tout à fait. Et ça, tous les psys le disent », a poursuivi la journaliste.

« Je suis contente, pour l’instant, nos enfants ne savent pas lire »

Dans un contexte où la parole contestataire ne cesse de renvoyer aux lesbiennes une image de femmes qui feraient passer leur désir avant « l’intérêt supérieur des enfants », Marie Labory et Sophie Barbaroux n’ont pas caché la violence causée par de tels propos : « Le vrai souci dans tout ça, c’est ce que ces gens-là renvoient à nos enfants. S’il y a du mal qui peut être fait, c’est bien celui-là. Je suis contente, pour l’instant, ils ne savent pas lire. Quand je vois les affiches de la Manif pour tous, de Civitas et compagnie, c’est ça qui me fait très peur. Parfois je suis hyper énervée. »

«  Je ne supporte plus qu’on nous dissèque »

« Et c’est vrai que je refuse d’entendre « je suis contre le mariage pour tous, mais je ne suis pas homophobe. Je suis contre la PMA aux couples de femmes, mais je ne suis pas lesbophobe »… Si coco. Je suis désolée. Si on va au fond des choses, c’est ça l’homophobie, c’est ça la lesbophobie. Je ne supporte plus qu’on nous dissèque, d’entendre parler de nous le matin à la radio. C’est horrible ça, mais qui vit ça ? À qui on dit : « vous êtes toute une catégorie là, on va quand même vérifier si vous êtes capables d’avoir des enfants ». »

Et Marie Labory et son épouse de conclure par un message directement adressé aux opposants et opposantes à la PMA pour toutes : « Qu’ils ne s’inquiètent pas pour nos enfants, ils vont très bien. On ne va pas détruire leur société, ils s’en rendront compte une fois que ça sera fait, ils se diront « tout ça pour ça ». »