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« Je m'en suis voulu » : dans son mémoire, François Hollande déverse des larmes de crocodiles

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L'ancien président de la République est décidément plein de regrets... Mais pense que la PMA pour toutes finira par s'imposer.

François Hollande de dos
François Hollande s'éloigne - Thierry Leclercq / Flickr

Dans Les leçons du pouvoir (éd. Stock), qui sort le 11 avril 2018, notre ex-président revient sur son rocambolesque quinquennat, coincé entre Sarkozy et Macron. Un quinquennat marqué par le mariage pour tous et toutes, les attentats de Charlie, du Bataclan, de Nice, par l’affaire Leonarda, mais aussi le quinquennat de la déchéance de nationalité et de la guerre en Syrie.

Dans les bonnes feuilles du livre publiées par le Nouvel Obs, notre François Hollande national reste persuadé que sa présidence recevra des lauriers à posteriori. Mais il affirme que ce n’est pas l’effet recherché par l’ouvrage, écrit -il : « je ne m’attends pas à ce que l’on me rende justice ».

Le chapitre 11 est imbibé de larmes de crocodile. Son titre : «  Regretter ! ». « On regrette ce qu’on n’a pas fait » écrit-il. Est-ce une allusion à la PMA qui devait, rappelons-nous, suivre logiquement la réforme du mariage ? Avant une reculade rebondissante, il s’était prononcé en faveur de son accès pour tous les couples. Il s’en souvient : «  Je m’étais prononcé en sa faveur dans un entretien de presse. C’était à mes yeux le prolongement logique de l’égalité des droits pour les couples. »

«  C’était à mes yeux le prolongement logique de l’égalité des droits pour les couples »

Revenant sur son «  manque d’audace » de l’époque, François Hollande tente d’expliquer pourquoi il a reculé devant les marées bleues et roses. « Son ajout à la loi [bioéthique] aurait alimenté la propagande des opposants au mariage pour tous, qui auraient utilisé l’argument de « l’engrenage fatal », qui va de la reconnaissance des droits des homosexuels à la PMA et à la gestation pour autrui (GPA), laquelle pose des problèmes éthiques autrement plus délicats, avec la « marchandisation des corps » que je refuse. »

Tout en affirmant, sans doute un trait de son humour légendaire, qu’il aurait gagné face à Macron, le fanfaron se permet en plus de donner des leçons.« La réforme de la PMA se fera. […] Elle s’imposera tôt ou tard, tant elle est conforme aux droits élémentaires de la personne. » Il conviendra à l’ex-président de se souvenir d’un autre droit élémentaire (avant son prochain livre) : le droit à l’oubli.