Joël Deumier, président de SOS homophobie, a rappelé certaines de ces demandes dans son intervention, la première d'une longue série. Il a insisté en particulier sur la demande d'une campagne nationale de sensibilisation sur les LGBTphobies urgent : on ne peut pas compter sur les associations, l’état doit conduire ses propres politiques publiques. Puis il s'est livré à un exercice de Name and Shame pour dénoncer la persistance dans le débat public du discours LGBTphobe : « Des gens contribuent à diffuser la parole homophobe : je pense au pape, à l’église catholique, à la conférence des évêques de France, à Marcel Campion, à La Manif pour tous, à Alliance Vita, qui contribuent à nourrir l’homophobe. Nous demandons une condamnation plus systématique en particulier quand le discours vient de l’église, qui est entendue et qui a un poids. » Une phrase particulièrement applaudie. Il a conclu son discours en rappelant l'assassinat, en août dernier, de Vanesa Campos, une travailleuse du sexe trans, « morte en raison de son identité de genre ».  https://twitter.com/komitid_fr/status/1054031302578573312 Une des prises de parole les plus fortes a été celle de Pierrette Pyram, fondatrice de l'association Diivineslgbtqi+. Une jeune asso qui à pour vocation de donner de la visibilité et de la représentativité pour les personnes afro-caribéennes, afrodescendantes et racisées LGBTQI+, principalement lesbiennes. Au début de son intervention, elle a demandé à ce que la banderole de l'association soit mise en avant devant le podium. « Je porte témoignage et soutien aux victimes notamment des femmes afro-caribéennes LGBTQI+ qui ont un sentiment de subir en étant noire femme et lesbienne. Je veux aussi parler des luttes intersectionnelles. »
« Pani honte à avoir »
Elle poursuit: « À la suite d’une agression, on peut avoir un fort sentiment de honte et culpabilité. Pani honte à avoir », soulignant que cette dernière phrase est en créole, qui tient une place très importante dans la culture afro-caribéenne.  De son côté, l'avocate Caroline Mecary a voulu rendre hommage à Zacharias Kostopoulos, un militant LGBT+ assassiné à Athènes en septembre dernier. « Zackie rêvait d’un monde avec de l’amour, avec le respect de chacune des différences. Notre société est riche de ses différences. […] Zackie voulait être un homme libre […] je me lève à sa mémoire et à celle de tous ces hommes et toutes ces femmes morts de la haine de l’autre. » Ce grand rassemblement a aussi permis les prises des parole d'associations moins médiatisées. Pour Handi-Queer, son porte parole, Maxence Lebret, a expliqué que les personnes en situation de handicap subissaient de nombreux traumatismes de la part des médecins, des médias, des gens dans la rue. « Quand les gens vont-ils cesser de penser que nos vies ont moins de valeurs quand on est handicapé.e et LGBT ? », a-t-il conclu. https://twitter.com/komitid_fr/status/1054045792225411072 Act Up-Paris n'avait pas signé l'appel au rassemblent mais les militant.e.s sont venu.e.s en nombre. À la tribune, le co-président de l'association Marc-Antoine Bartoli a expliqué pourquoi elle ne signait pas l'appel : « Il est insupportable de lire dans l'appel lancé par les organisateur.e.s que « la haine LGBTphobe n'a pas sa place dans la République » alors que le gouvernement Macron tente de se servir de la PMA comme diversion face à des politiques antisociales, cristallisant un mécontentement populaire de plus en plus exacerbé. » Un discours applaudi par beaucoup... et hué par quelques-un.e.s. https://twitter.com/komitid_fr/status/1054040304154804224 Un autre moment de tensions s'est produit lors de l'intervention de Guillaume Mélanie, le président de Urgence Homophobie (anciennement Urgence Tchétchénie). Il a demandé le soutien des ministres de l'Intérieur et de la Justice, ce qui n'a pas été du goût de certain.e.s. S'en est suivi un échange difficilement compréhensible puisque seul Guillaume Mélanie avait le micro, mais il n'a pas hésité à qualifier ces interpellations de « seconde agression », ce qui a suscité l'indignation. Après d'autres interventions, dont celle de Bi'Cause, de Thierry Schaffauser et de la président d'Amnesty International ou encore de l'Autre Cercle, et une minute de silence pour Vanessa Campos, c’est Manuel Picaud, le co-président des Gay Games qui a conclu la série de discours avec un appel à la bienveillance et à la solidarité. Une des phrases fortes de ces prises de parole a été celle prononcée par Omar Didi, coprésident du Mag Jeunes LGBT. « Ce n'est pas normal que l’école et le système de santé, des lieux qui devraient par définition se faire accueillants des jeunes LGBTI soient au contraire ceux par lesquels se joue et se reconduit leur exclusion. » Le rassemblement a été suivi d'une confrontation entre quelques dizaines de manifestant.e.s et la police, suite à l'arrestation de trois personnes pour « outrage à agents », selon le commentaire de l'une d'elles sur Facebook. Elles ont toutes été relâchées au cours de la soirée.  " ["post_title"]=> string(120) "Rassemblement contre les LGBTphobies à Paris : des milliers de manifestant.e.s et des discours pas toujours consensuels" ["post_excerpt"]=> string(157) "Les associations LGBT+ étaient au rassemblement contre les LGBTphobies ce dimanche à Paris. Dans les prises de parole, les divergences étaient flagrantes." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(117) "rassemblement-contre-les-lgbtphobies-a-paris-des-milliers-de-manifestant-e-s-et-des-discours-pas-toujours-consensuels" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-07-03 18:02:30" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-07-03 16:02:30" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=17609" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Lutte contre le sexisme et les LGBTQIphobies, Grande Cause nationale 2019 ? La pétition de Jean-Luc Romero

Publié le

L'homme politique parisien engagé pour les personnes LGBT+, la lutte contre le sida et le droit de mourir dans la dignité souhaite interpeller le Premier ministre Édouard Philippe.

« Durant mes combats politiques, comme dans ma lutte individuelle et collective contre le Sida, je me suis toujours levé contre les LGBTQI-phobies, même dans les périodes les plus difficiles où l’homosexualité était bien moins acceptée qu’aujourd’hui. Je ne pensais pas à l’époque qu’en 2018, j’aurais encore à écrire pour dénoncer la haine de l’autre ». Face à la vague d’agressions lesbophobes, homophobes et transphobes de cette fin d’année 2018, Jean-Luc Romero, militant ouvertement gay et séropositif de longue date et adjoint à la Maire XIIe arrondissement de Paris chargé de la culture et du tourisme, a décidé de lancer une pétition sur la plateforme Change.org.

Le but de cette initiative de Jean-Luc Romero et les Elus Locaux Contre le Sida (ELCS) ? Interpeller le Premier ministre Édouard Philippe afin de faire de la lutte contre le sexisme et les LGBTQIphobies la Grande Cause nationale de l’année 2019. «  L’heure est donc à la mobilisation générale. Tout le monde doit être impliqué et, en première ligne, nos institutions car elles sont le miroir de notre société, une société qui pointe du doigt, qui raille, qui brutalise ». Par cette pétition l’homme politique et activiste entend aussi ouvrir une conversation nationale sur les sujets LGBTQIphobies.

 

Dans le texte d’appel, Jean-Luc Romero explique son inquiétude face à la manière dont le débat autour de la PMA est actuellement géré, laissant une fois de plus la parole aux sympathisant.e.s de La Manif pour tous, Alliance Vita et consorts, et ouvrant la porte à de nouvelles violences envers les personnes LGBT+. «  Être sexiste, homophobe ou transphobe, c’est trop souvent interprété comme une forme de liberté d’expression ! », martèle-t-il.

Insistant sur la nécessité de former les effectifs de police sur ces questions, il ne manque pas non plus de rappeler que bien avant la répression, l’éducation et la sensibilisation sont primordiales. «  L’école a un rôle important à jouer, car au-delà des différences qui peuvent nous distinguer les un.e.s des autres, l’institution scolaire reste le dénominateur commun de tous les Français.e.s. Aujourd’hui des associations comme SOS Homophobie, le MAG, Contact ou le CRIPS Ile-de-France font un travail remarquable sur la sensibilisation de nos jeunes. Ce genre de dispositifs doit être généralisé sur tout le territoire. »

A l’heure où nous écrivons ces lignes, la pétition a déjà récolté plus de 24 000 signatures.

  • phil86

    Ces grandes causes nationales ça me semble être plutôt l’occasion pour les gouvernements de se faire mousser à peu de frais et que ça débouche pas sur grand-chose de concret.