Je reçois des témoignages, principalement de femmes. Et j'entends que dans nos campagnes un gros est « un bon gros » et qu'il s'insère plus facilement dans la société qu'une grosse. Une grosse qui peut ne pas, comme j'en connais, oser sortir pour accompagner ses enfants à l'école. Une grosse peut avoir tellement honte de ce qu'elle est, être tellement discriminée ne serait-ce que par le regard, qu'elle n'ose pas aller aux réunions parents-élèves ni exister vis-à-vis de ses enfants... Il n'y a pas de citoyens de seconde zone ! Ça ne doit pas exister. Ni ici, ni ailleurs non plus. On ne parle même pas de la tolérance mais d'existence et de convivialité, dans ce qu'elle a de plus élémentaire avec son voisin, sa voisine. Et on ne dénonce ça que trop peu... il va falloir monter sur les barricades ! Je ne veux pas qu'on tire sur des enfants innocents qui essayent de récupérer un territoire que l'on a braqué à leurs grands parents, ou leurs parents, je ne veux pas non plus qu'on tire sur des soldats qui ne font que leur métier, je ne veux pas non plus que l'on viole des filles comme on le fait pour les punir en Inde, je ne veux pas qu'on insulte ma voisine parce qu'elle est grosse et qu'on ne la trouve pas jolie. Tout ça part du même postulat.

C'est vrai que le racisme et la grossophobie, entre autres discriminations, sont partout. Comment est-ce que cela se manifeste dans les milieux gays ?

Les gays ne sont pas tous tolérants... On a parfois envie de leur mettre de grosses fessées, pour calmer Polo ! On a aussi chez nous nos intolérants, nous ne sommes pas faits d'un seul bois. Je peux vous dire qu'il y a bel et bien un diktat de la minceur et de la beauté dans certaines de nos boîtes de nuit, dans certains de nos magazines aussi. Quand je vois les hommes chez Garçon Magazine par exemple, force est de constater qu'il n'y a pas vraiment de gros sur les couvertures hein... je vois plutôt des tablettes de chocolat à grignoter facilement… m'enfin bon, okay, très bien, quand y'en a plus, y'en a plus. (Rires)
« On a aussi chez nous nos intolérants, nous ne sommes pas faits d'un seul bois »
C'est plus insidieux, la grossophobie dans les cercles LGBT. C'est comme dans la mode. On ne va pas dire, ou plus dire, « ohlala la grosse ». Mais on ne va certainement pas non plus la mettre en couverture, ni la faire défiler. Et ça, c'est déjà une discrimination. C'est même la première, d'ailleurs. Donc poser ce voile sur une partie de la population parce qu'elle ne correspond pas aux critères, c'est discriminant. Vous savez, avant de faire le clown à la télévision, j'avais un vrai métier : la mode. Je n'en parle quasiment jamais, mais c'est grâce à ça que je vis, aussi. Et c'est vrai que nos créateurs et créatrices oublient d'habiller les gros et les grosses. Chez Lolita Lempicka, je ne suis même plus sûr qu'on allait jusqu'au 46, à l'époque. Et encore, le 44, vite fait, pour quelques prunes de province ! Je réalise seulement maintenant, en vous racontant tout ça. L'autre jour j'étais au Luxembourg - j'ai d'ailleurs passé une partie de ma vie non loin de là, à Thionville - et dans une boutique, de gens que j'adore par ailleurs, je regardais les tailles. Nan mais... si on ne fait pas un régime 40 toutes les trois semaines, on ne rentre dans rien ! C'est scandaleux.

Quels seraient les bons outils pour sensibiliser sur ces questions dans les milieux gays, voire LGBT+ plus généralement, où l'on est censé.e.s avoir une oreille un peu plus attentive aux personnes discriminées ?

Ce sera plus difficile de sensibiliser le milieu gay à la grossophobie parce qu'ils vont vous dire « Mais pas du tout, qu'est-ce que tu racontes enfin, pas du tout, pourquoi tu dis ça chouchou ? ». Alors que SI ! Pas de gros ou de grosses en couverture des magazines. C'est bien gentil les tablettes de chocolat. Mais alors Bidule avec son gros ventre ? Ça risque d'être encore plus compliqué, à cause du déni. Et vous savez, avec le déni, on peut ne pas savoir qu'on est enceinte.

Au téléphone, vous m'avez parlé d'un projet associatif et d'une expo avec la Mairie de Paris. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

J'ai des idées, mais je ne veux pas me lancer seul dans cette aventure. J'ai bossé longtemps avec une maman, qui était psychomotricienne dans des centres pour enfants en situation de handicap, trisomiques notamment, par le biais de l'association Geist 21 notamment. C'est une organisation qui a pour but, entre autres, de changer le regard sur la personne trisomique. Changer ce regard hyper pesant, que l'on a dès que l'on n'est pas pareil, hors de la norme. Et pour éviter ce regard bovin sur ces jeunes et moins jeunes trisomiques, il y a cette association qui existe toujours, pour ne pas devenir la bête curieuse quand on fait que monter dans le bus, et cette démarche m'inspire. Ça m'arrive encore, à Marseille notamment, de bosser avec eux. Parce que ce regard pesant, inquisiteur, ce regard réprobateur sur la personne humaine qui n'a comme tout forfait que d'être humaine... un regard peut tuer, à mon sens. Au moins moralement. Donc pour la grossophobie, je pense qu'il faut aussi une réflexion sur le regard. Cette non-acceptation de l'autre, ce refus, cette fermeture, que l'on a dès lors que l'on est « pas pareil », ça me dépasse. On est en 2018 et on a encore le regard du Néandertalien face aux Cro-Magnon qui se rencontrent. Nan mais bichon, oh, on est en 2018 et on en est encore là ?! Quand on pensait que les gens de couleur ne pouvaient être que des esclaves et que c'était tellement ancré, foutu dans la tête, sans autre moyen de penser... c'était d'une tristesse et d'une violence absolue. (Il a des larmes dans la voix)
« Ce regard pesant, inquisiteur, ce regard réprobateur sur la personne humaine qui n'a comme tout forfait que d'être humaine... un regard peut tuer, à mon sens »
Mais aujourd'hui on devrait avoir évolué... eh ben non ! Les cousins juifs et arabes qui se tapent dessus, la grosse dont la voisine mince qui bouffe une carotte tous les 15 jours la trouve insupportable à regarder car elle a peur de devenir comme elle... tout ça est affreux. On n'arrive pas à maîtriser nos bas instincts en société, encore de nos jours. On en est encore à vouloir se taper dessus dès lors qu'on est différents d'aspect, différents de vie, différents de sexualité... La différence est encore inacceptable encore aujourd'hui en 2018, c'est le constat qu'il faut faire et c'est absolument insensé ! Franchement, on le dirait à Rousseau que trois siècles plus tard on en est toujours au même point, toujours aussi cons… Autant arrêter d'écrire quoi, on stoppe tout, pourquoi on bosse ?... Nous, les Lumières, on les a éteintes.

Ce projet associatif qui vous occupe l'esprit, il serait axé spécifiquement autour de la grossophobie ?

Ce serait déjà autour de la question du regard et de l'acceptation. Ça parlerait, dans l'essence des choses, d'accepter l'autre quel qu'il ou elle soit. Mais je ne le ferai pas seul ! Je recherche des volontaires, les énergies, et sans doute aussi la participation de médecins de bonne volonté et intelligents. J'aime vraiment cette idée de changer le regard des gens. De ma récente expérience à ce sujet, la lutte contre la grossophobie reçoit des échos très mitigés dans les mairies de province. À Tarnos, dans les Landes, on va faire des courts métrages avec les élèves d'une école pour la lutte contre les discriminations, dont la grossophobie. On va écrire un scénario et tourner ça. C'est vraiment très bien et j'en suis ravi !

Et l'expo dont vous avez évoqué la possibilité, ce serait aussi sur ce sujet de la grossophobie ?

Pas tout à fait. Mais on va faire quelque chose d'absolument monumental... Parfois, comme dirait ma tante très méchante, j'ai des fulgurances. Je me dis qu'il n'y a pas plus beau que les costumes d'opéra, notamment de l'Opéra Garnier. Et ces costumes, on n'en fait rien. Ils existent, ils sont dans des armoires à température constante, ils ont été portés par Nilda Fernandez, par Jessye Norman... et on ne les expose pas. C'est de la haute couture. Donc nous souhaiterions travailler avec Bastille-Garnier, pour sortir ces merveilles colossales de la naphtaline, où elles sont amidonnées. On va sortir toutes ces énormes robes de femmes à la face du monde. Je suis tellement fier de ce projet ! Ça va être complètement dingue et extraordinaire. De façon plus prosaïque, on ferait de ça une exposition. Mais je ne sais pas qui, quoi, comment encore... De façon à ce que ça puisse aller dans différentes mairies.

Vous êtes bouleversé par tout le travail qu'il reste à faire sur les discriminations, notamment la grossophobie. Mais on se dit quand même qu'en 2017, il y a eu « On ne nait pas grosse » de Gabrielle Deydier, qui a eu un énorme écho médiatique, puis la journée Grossophobie Stop à la Mairie de Paris, une première. En 2018 le mot « grossophobie » est rentré dans le dictionnaire, et les fondatrices de Gras Politique ont tout juste sorti le livre « Gros n'est pas un gros mot »... Vous avez la sensation qu'un changement se profile à l'horizon pour les personnes grosses malgré tout ?

Ah ben il était temps ! Oui, il y a une petite évolution. En revanche je ne suis pas trop pour les concours de beauté, type Miss Ronde, parce que ça me fait toujours penser à des concours d'oies apprivoisées... que ce soit pour les femmes ou les hommes, même si c'est charmant à regarder, ça me fait un peu peur. Mais à la limite, j'ai envie de vous dire, y'a certaines nanas qui n'osaient pas sortir de chez elles, et là, elles défilent. Si ça leur fait du bien, alors c'est formidable !

En 2011, vous avez tourné un programme de téléréalité qui s'appelait À plein régime ! Le Régime de Magloire sur NRJ12. On ne peut pas s'empêcher de se demander ce qui a changé depuis dans votre propre regard sur votre corps, dans votre perception de la grossophobie dans la société...

Une horreur ! Vous pouvez l'écrire, ça ne me dérange pas... mais j'avais faim. Il fallait que je bouffe, il fallait que je mange. En 2011, j'avais un réel besoin d'argent et vu le chèque qu'on m'a proposé pour perdre 40 kilos... D'ailleurs je les ai perdus. Mais je les ai mal perdus, dans des conditions assez lamentables pour ma santé, et avec un vrai manque de suivi dans l'émission. C'est quelque chose à ne pas faire, et que je ne referai pas. C'était assez mensonger, au final, bien que la productrice et le producteur, que j'aime énormément, aient tout fait pour que ça se passe bien. Ce n'est pas eux que j'incrimine, mais l'absence de suivi. C'était une jolie bêtise, mais ça m'a permis de rester chez moi pendant 2 ans, je l'admets. À l'époque, je n'ai eu aucun déclic. (Rires)

En parlant d'émissions problématiques en matière de grossophobie... on imagine que vous avez entendu parler de ce que préparent Karine Le Marchand et Cristina Cordula sur M6, Rennaissance, centrée sur la chirurgie bariatrique, puis correctrice, et le relooking ?

Je crois avoir entendu quelque chose, je crois m'être étonné de ce que j'ai entendu mais comme je n'en sais pas beaucoup plus, je ne ferai pas beaucoup de commentaires. Je souhaite seulement que cette émission se fasse dans le véritable respect de la personne humaine. Mais je sais, car j'ai travaillé et que je travaille encore avec ce groupe, qu'il n'est pas question que l'intégrité de la personne humaine ne soit pas respectée...

Tout à l'heure vous parliez de mode. Récemment, Karl Lagerfed a décidé de sortir une collection « plus size », du 46 au 56, disponible sur internet, mais pas en boutique. Ayant en tête toutes ses déclarations grossophobes, que vous inspire cette démarche ?

Oh ben notre Kaiser, comme l'appelait Inès de la Fressange, a toujours su surfer sur la bonne vague ! Il a cette faculté à s'adapter et à susciter les choses en faisant croire que c'est lui qui les a inventées. Karl Lagerfeld est un génie : il n'a rien inventé, mais il a le talent de réinterpréter à l'infini. En l'occurrence, ça fait depuis 1983 qu'il nous rejoue constamment cette pauvre vieille Chanel, et en a fait ce que la marque est aujourd'hui. Un petit tailleur, trois robes et un col blanc et ça fait 40 ans qu'on nous bassine avec la même chose, et il le fait très bien. C'est ce génie là qu'on doit lui reconnaître avant qu'il ne nous quitte, papy.

On est au mois de juillet. Les kiosques à journaux sont recouverts d'injonctions pour avoir « le corps de plage parfait pour l'été »... Quel(s) conseil(s) vous aimeriez donner aux personnes en dehors de ces étroites normes ?

Trouvez-vous de jolies p'tites tenues de plage, le costume de bain, ou pas d'ailleurs, qui vous ira à vous avant tout. Et surtout, ne regardez ni Marie Claire, ni Elle, ni les autres. Ne les laissez pas vous déprimer, surtout pas. Là, j'ai commandé de petites chemises faites dans des draps anciens à ma couturière, entièrement brodées à la main, ça va être sublime ! Et je serai le plus beau pour aller à la plage. MERDE !

Vous qui parlez si bien d'être soi-même, on a l'impression de vous avoir toujours connu comme une icône gay, mais sans passer par la case « coming out », même si certain.e.s disent que ça s'est fait par le biais de votre participation à l'émission Follement gay...

Ah ben si c'était pas perçu avant franchement, les gens, faut mettre des lunettes ! Moi, à 18 ans, j'ai convoqué tous mes amis. Ça m'a coûté un dîner à la pizzeria de Cahors, où j'ai invité 12 copains. J'y ai mis tout mon argent de poche. Je leur ai dit : « Bon écoutez on va arrêter de jouer maintenant, je suis gay ». Leur réponse ? « Tu nous as invité au resto pour nous dire ça ? Mais on l'savait ! ». Et ils ont tous commandé une deuxième pizza, cette bande de salopards... Mon coming out a été totalement raté, il était hors de question que j'en fasse d'autres, c'est clair ! Ça a toujours été une évidence. On va pas s'cacher sous une couverture...
Je leur ai dit : "Bon écoutez on va arrêter de jouer maintenant, je suis gay". Leur réponse ? "Tu nous as invité au resto pour nous dire ça ? Mais on l'savait !" »

Comment vit-on aujourd'hui, en tant que personnalité publique de la contre-allée en France ?

Je suis très très étonné de voir encore, surtout chez les hommes, des collègues comédiens, animateurs télé, mentir à la planète entière, se mentir à eux mêmes. Quand j'ai commencé ce métier, vous n'étiez pas née, mais mon boss, créateur chez Dior puis Lanvin, Dominique Morlotti qui est un homme absolument formidable, parlait de ce qu'il voyait aux États-Unis. Notamment tous ces hommes, toutes ces stars, qui se mariaient avec des bombes atomiques pour bien se dédouaner d'être gay.
« Dans la France de 2018, on n'accepte pas qu'un homosexuel puisse jouer les princes charmants au cinéma. »
Et ça se fait encore en France, aujourd'hui, en 2018. Pas plus tard qu'hier soir je demandais à l'un d'entre eux s'il ne se perdait pas un peu, car aujourd'hui on a quand même 67 millions de paparazzis en France, le moindre téléphone portable et c'est une révélation dans Voici ou Closer... Mais c'est toujours pareil. Dans la France de 2018, on n'accepte pas qu'un homosexuel puisse jouer les princes charmants au cinéma. Entre nous, on le sait. Mais après, c'est gênant car on ne sait pas sur quel pied danser, c'est très compliqué d'être en face de quelqu'un dont on sait que, derrière la façade...

Si on vous proposait de (re)faire un Queer Eye à la française, vous seriez partant ?

Avec une version bien d'chez nous, enfin pas avec le béret et la baguette sous l'bras, pourquoi pas oui !

Vous pensez que c'est possible aujourd'hui une émission comme ça, en France ?

Pas si simple. Vous vous rendez compte que des gens ont attendu d'être malades du sida, vieux, en fin de vie, pour dire enfin « effectivement, j'ai peut-être été un peu homosexuel une ou deux fois ». Non mais ! Et en France, c'est pareil. Il a fallu que Bruno Mazure ne soit plus à l'antenne pour qu'il en parle. Et ceux qui le sont ouvertement, comme Mika par exemple, ne le mettent pas en bandoulière et font des choses ambigües dans leurs clips... Oh mais chaton, bichounette ? Oh oh ?!

Seriez-vous en train de nous préparer un grand retour ?

Comme dirait Danièle Gilbert, je ne suis jamais parti. (Rires) Oui. J'ai de nouveau envie. J'ai de nouveau envie de vivre. Et j'ai de nouveau envie de faire des choses, donc ça passera par le spectacle, et mon agence de communication. Cet hiver, j'ai eu une expérience intéressante, bien que déroutante, à la télévision. Mais c'est encore à l'état de projet... J'ai de nouveau envie de travailler, même si c'était un luxe, je le reconnais, de ne pas avoir cette envie passé un temps. Là le luxe s'est tari, maintenant y'a une petit urgence. (Rires) Et ça passera sans doute aussi par la scène. D'ailleurs là aussi, j'ai une amie bienveillante qui m'a dit « Ohlala formidable ! Mais tu vas pas monter sur scène comme ça... Parce que sur scène, tu vois, trop de kilos... »… Ah ben si ma chérie, mais tu viendras pas ! " ["post_title"]=> string(77) "Magloire : « C'est plus insidieux, la grossophobie dans les cercles LGBT »" ["post_excerpt"]=> string(170) "Noir, homo et gros, Magloire nous raconte son combat contre la grossophobie, qui lui bouffe encore plus la vie que le racisme et l'homophobie... dont il nous parle aussi." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(66) "magloire-cest-plus-insidieux-la-grossophobie-dans-les-cercles-lgbt" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-01-02 12:07:10" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-01-02 11:07:10" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=10882" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15261 (24) { ["ID"]=> int(17093) ["post_author"]=> string(1) "4" ["post_date"]=> string(19) "2018-10-10 14:48:23" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-10-10 12:48:23" ["post_content"]=> string(7588) "« PMA : c'est la Manif qui redémarre ».  Mardi 9 octobre, le quotidien Libération choisi de faire sa une sur « le retour de La Manif pour tous » en vue des débats sur l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. À l'intérieur du journal, quatre pages d'un dossier sont dédiées aux « réacs qui fourbissent leurs armes ». Intéressant ? Oui. Mais sur les réseaux sociaux, de nombreux et nombreuses militant.e.s ont critiqué les choix éditoriaux du journal. En cause, la volonté de mettre en avant La Manif pour tous plutôt que les femmes bies et lesbiennes, alors que les militant.e.s pointent depuis des mois l'absence des concernées dans le débat. C'est le coup de gueule qu'Alice Coffin, la dykerectrice media de la Conférence européenne lesbienne, a confié à Komitid. J’ai été choquée de découvrir cette Une de Libération. Visuellement, elle est un souvenir très fort de toutes les unes auxquelles nous avons eu le droit en 2012 et 2013, lors des débats sur le mariage pour tous et toutes. Avec cette Une là, on a l'impression de revoir les dossiers faits par certains médias à l'époque, comme Paris Match. Sauf qu’aujourd’hui, c’est quand même Libération qui décide de faire sa couverture sur La Manif pour tous. Ma première réaction a été celle de la colère, puis de l'abattement et la volonté de savoir comment réagir. Sur cette Une, on trouve le sous-titre « Les réacs' fourbissent leurs armes en vue du débat sur la PMA pour toutes ». Le premier problème est d'ordre journalistique. On est dans la désinformation et c'est très grave parce que l'on raconte une fable sur La Manif pour tous. Ça n'est pas vrai que l'organisation est sur le retour, c'est d'ailleurs très peu étayé dans le dossier. Pire, l'actualité ne justifie pas cette une. À l’inverse, ce week-end a eu lieu une énorme rencontre LGBT organisée par SOS homophobie dans laquelle il y avait un panel sur la PMA et une action de menée par des militantes pro-PMA. On peut aussi parler du hashtag #CeQuiEstBrutal qui a explosé sur Twitter et qui répondait aux propos d'Emmanuel Macron sur la PMA. Et la semaine dernière il y a eu de nombreuses réactions après la décision du conseil d'État sur le sujet.
« On choisit de laisser dans l'obscurité de l'information les militantes lesbiennes et bies »
Du côté de la Manif pour tous, par contre, il ne s'est rien passé. Cette Une et ce dossier sont donc des choix éditoriaux. Jamais il n’y a eu, dans ces dernières années, des unes sur les militantes pro-PMA chez Libération. Le message est simple : on choisit de laisser dans l'obscurité de l'information les militantes lesbiennes et bies. Et pourtant, une telle Une se justifiait absolument en terme d'actualité.

Invisibilisation des femmes lesbiennes et bies

Pourquoi n'a-t-on pas, en Une, une photo avec des militantes lesbiennes, LGBT+ et féministes ? On aurait pu imaginer le même titre « Les militantes fourbissent leurs armes en vue du débat sur la PMA » et quatre pages sur ces mêmes militantes et les différents groupes. Encore une fois, on invisibilise les principales concernées, c'est à dire les femmes bies et lesbiennes. D'autant que les deux seuls pro-PMA cités dans le dossier sont deux hommes : Erwann Binet et Joël Deumier. C'est un problème qui a pourtant été largement critiqué depuis la rentrée grâce notamment une communication de l'AJL. Libération n'a aucune excuse, ils savent très bien qu'il existe un énorme dysfonctionnement médiatique sur le traitement de la PMA. Et pourtant, ils en rajoutent une couche. C'est un problème journalistique mais qui à des conséquences graves, puisqu'il oriente le débat. Le Monde a fait exactement la même chose il y a dix jours. Dans dossier sur la PMA, tout était était axé sur La Manif pour Tous. C’est d’ailleurs la meilleure préparation de La Manif pour tous. Ils n'ont même pas à lever le petit doigt.

À nous d'envahir les plateaux télé

Je ne suis pas certaine qu'au delà des journaux communautaires il y ait des médias alliés sur la question de la PMA. Il faudrait comprendre pourquoi il y a une fascination sur la Manif pour tous. Un allié c'est aussi quelqu'un qui a conscience du pouvoir de la presse et qui souhaite mettre sur la place publique les concernées et leurs propos. Or, dans ce cas précis, Libé aide à mettre sur la place publique des gens qui luttent contre la PMA. Le journal parle dans son dossier du fait que « La Manif pour tous a envahi les plateaux télé », sauf que ce n'est pas le cas, ils sont invités ! Ils n'ont pas envahi les locaux de Libé, par contre nous devrions le faire. Si on veut se faire entendre, il va falloir que nous allions devant les rédactions dans les prochaines semaines, sinon le message ne passera pas.

Propos recueillis et édités par Fabien Jannic-Cherbonnel.

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La chanteuse Mary Lambert interpelle ses fans anti-mariage pour tous

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Lesbienne, grosse, militante et terriblement talentueuse, la chanteuse américaine Mary Lambert affirme que sa vie personnelle et son art ne sont pas dissociables.

chanteuse americaine lesbienne Mary Lambert interview Autostraddle interpelle ses fans homophobles lesbophobes anti mariage pour tous
Mary Lambert interpelle ses fans anti-mariage pour tous - Debby Wong / Shutterstock

Depuis le buzz généré par son duo avec le rappeur Macklemore et son acolyte Ryan Lewis, l’hymne au mariage pour tou.te.s Same Love, Mary Lambert continue de chanter, de militer et d’écrire.

La chanteuse américaine, ouvertement lesbienne et activiste body positive contre la grossophobie, est sur le point de publier son second recueil de poèmes, Shame Is An Ocean I Swim Across. À cette occasion, Mary Lambert a accordé une longue interview au site lesbien Autostraddle. Dans cet entretien, l’auteure explique que sa vie personnelle et son art ne sont pas dissociables.

« L’identité des gens est intrinsèquement liée à ce qu’ils créent »

L’artiste raconte raconte notamment qu’elle a, à plusieurs reprises, eu à faire à des « fans » qui lui disaient ne pas être pour l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, mais beaucoup aimer ce qu’elle fait. Sa réponse ? « J’ai vraiment un problème avec les personnes qui essaient de séparer l’art de l’artiste. Je ne pense pas qu’on puisse le faire, et je ne pense pas non plus qu’on devrait. Je pense que l’identité des gens est intrinsèquement liée à ce qu’ils créent et on reçoit un morceau de leur âme lorsque l’on consomme quelque chose qui vient de leur cerveau. Et si vous dites « oh je suis un fan de ce travail mais pas de la personne  », certaines personnes le font, ce n’est pas mon cas et je ne souhaite pas que ce le soit. Je me rappelle d’une fois où, après avoir chanté mes chansons, des gens sont venus me dire « on ne croit pas au mariage gay mais on adore ce que vous faites » et je leur ai dit que non, dans ce cas là ils n’aimaient pas mon travail ! Vous ne comprenez pas, c’est intimement lié ! ». Un témoignage qui a valu à Vanessa Pamela, la journaliste d’Autostraddle, un sacré fou rire.

Perçue comme douce  – comme le veut le cliché qui entoure les femmes grosses – et plutôt discrète, Mary Lambert nous prouve qu’il n’y a pas besoin d’être la plus extravagante des divas pour remettre les pendules à l’heure avec pertinence et panache.