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Écoutez le teaser de la (géniale) série documentaire de France Culture consacrée à la transidentité

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LSD diffusera quatre épisodes consacré au sujet à partir du 27 août. Et pour une fois, seules des personnes concernées y sont interviewé.e.s.

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Perrine Kervran, journaliste derrière LSD, La Série Documentaire - Radio France

Faire parler, pour une fois, les personnes trans sur leur transidentité. C’est tout le sujet des quatre épisodes de LSD, La Série Documentaire intitulés Les Transidentités, pour une fois, racontées par les trans et diffusés à partir du lundi 27 août sur France Culture. Produite par Perrine Kervran et réalisée par Annabelle Brouard, la série documentaire réunira notamment Océan qui y lira des textes, mais aussi l’activiste Hélène Hazera, le YouTubeur Adrian De La Vega et le chercheur Sam Bourcier.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, Komitid a la chance de vous présenter en exclusivité le teaser de la série documentaire, diffusée tous les soirs de la semaine prochaine de 17h à 18h sur la chaîne de radio publique.

Quatre épisodes, donc, pour parler de la mobilisation associative des organisations trans, de l’invention d’un symptôme médical, de la transphobie, mais aussi de l’explosion du traitement médiatique des questions liées à la transidenté. Pour ces enquêtes, passionnantes, les journalistes de la radio publique ont fait le choix de ne parler qu’à des concerné.e.s, une rareté bienvenue sur un tel sujet. Komitid à eu l’occasion d’interviewer Perrine Kervran, qui chapeaute LSD.

Komitid : Pourquoi avoir choisi de parler de la transidentité pour cette série ?

Perrine Kervran : J’ai choisi de traiter ce sujet car il y a quelques années, au cours d’une conversation avec Hélène Hazera (qui travaillait à France culture), on a évoqué la question de la transidentité. J’ai appris alors qu’en France à l’époque (c’était avant 2016), pour demander de changer son genre à l’état civil, il fallait subir une stérilisation. À ma grande honte, je ne le savais pas. Elle insistait beaucoup sur la question de la difficulté de s’intégrer socialement pour les personnes trans et que c’est une lecture sociale qu’il fallait avoir de ces questions. Elle m’avait parlé des ravages du sida parmi les trans racisé.e.s et là aussi, je débarquais. Je me suis dit qu’il faudrait un jour consacrer une série à la vie et aux contraintes des personnes trans en France.  Et je me suis dit l’an dernier que LSD était le bon endroit pour ça.

Vous n’avez interviewé que des personnes concerné.e.s. Est-ce un choix qui s’est imposé naturellement ?

P. K. : En préparant le sujet, j’ai rencontré beaucoup de personnes trans. J’avais envisagé au départ une approche biographique. J’avais envie d’évoquer des parcours de vie. Et c’est en discutant avec les trans militant.e.s, artistes, chercheur.se.s (ou pas), que j’ai réalisé que l’expertise des trans sur leurs parcours était peu, voire pas du tout reconnue. J’ai compris aussi par la lecture, que la question trans était passée en partie sous la coupe des médecins, psys, etc… Il m’a donc semblé important de redonner cette parole à qui de droit et de reconnaître enfin cette expertise.

Que retenez-vous de ces quatre reportages ?

P. K. : Ce qui m’a marquée c’est à quel point les personnes trans n’ont toujours pas les mêmes droits que les autres citoyens et de réaliser que peu de gens le savent. C’est aussi de prendre conscience que l’université n’avait pas écrit l’histoire des mobilisations transgenres. Notamment sur les questions liées au sida. Et puis je me suis rendue compte à quel point les travaux et le vécu des personnes trans pouvaient nous aider à penser la question de la construction sociale et culturelle du genre. Et évidemment, ce qui m’a marquée reste surtout les rencontres avec des personnes qui ont eu l’obligation de regarder et d’analyser avec acuité la société, qui ne sait pas les inclure et dans laquelle iels vivent.