À Londres, la jeune génération queer s'empare de « Lesbians and Gays Support the Miners » après le film « Pride »

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Depuis la sortie du film « Pride », en 2014, le Royaume-Uni a vu un nouveau groupe d'activistes queer fier.e.s et solidaires s'approprier les quatre lettres de LGSM : Lesbians and Gays Support the Migrants. Reportage en immersion avec la nouvelle génération... Et l'ancienne.

« Pride » : de Lesbians and Gays Support the Miners à Lesbians and Gays Support the Migrants
« Pride » : de Lesbians and Gays Support the Miners à Lesbians and Gays Support the Migrants - Gay's the Word/Facebook - Pathé Distribution/Allociné - Lesbians and Gays Support the Migrants/Facebook
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Vendredi 27 avril 2018, 18h30, Londres. Au croisement de la Old Compton Street et de la Frith Street dans le quartier de Soho, une joyeuse bande d’activistes queers s’affaire sous une fine pluie. Ils, elles et iels font valser des parapluies, des tracts, des pots de paillettes et seaux en plastique. Pas de doute, ce sont bien les membres de Lesbians and Gays Support the Migrants qui se rassemblent avant une action dans cette partie de la capitale britannique où sont implantés de nombreux lieux de fêtes et commerces arc-en-ciel.

Si le nom de ce mouvement fait écho, quelque part au creux de votre mémoire, c’est sans doute parce que vous avez vu le film Pride, du réalisateur Matthew Warchus, sorti en 2014. Cette œuvre raconte la manière dont l’association Lesbians and Gays Support the Miners a soutenu toute une communauté de mineurs dans le sud du Pays de Galles lors d’un immense bras de fer face à Margaret Thatcher entre 1984 et 1985. Ce passage de l’histoire LGBT+ du pays est devenu une référence pour aborder la question de solidarité entre différentes communautés. Et c’est précisément cette représentation d'intersectionnalité qui a motivé une poignée de jeunes militant.e.s à reprendre ces quatre lettres depuis la sortie du film, pour leur insuffler une nouvelle dynamique.

« C’est en parlant de « Pride » et de la manière dont le film nous a marqué.e.s que l’idée de monter Lesbians and Gays Support the Migrants nous est venue, lors d’une soirée où nous, fondateurs et fondatrices, nous sommes pour la plupart rencontré.e.s pour la première fois », raconte Ida, qui fait partie du cercle à l’origine de ce vibrant revival, les yeux pétillants d’enthousiasme.

Collecte de fonds de Lesbians and Gays Support the Migrants le 27 avril 2018 à Soho

Collecte de fonds de Lesbians and Gays Support the Migrants le 27 avril 2018 à Soho - Olga Volfson

Soutenir tou.te.s les migrant.e.s

Ce nouveau groupe d’activistes, formé en 2015 , ne s’inspire pas que du nom de l’association originelle. Il a aussi décidé de faire ses récoltes de fonds de la même manière que ses prédécesseur.e.s : seau à la main ! Ce soir, le bucket shake sera dédié au Meena Center de Birmingham, qui accueille et aide de nombreux.ses rescapé.e.s de Calais, principalement des femmes et des enfants, qui ont finalement pu traverser la Manche, à s’installer au Royaume-Uni. « Nous soutenons toutes les personnes migrantes, pas seulement LGBT+ », précise Molly, une des membres, alors que les présent.e.s se répartissent les tâches.

À l’étage d’un pub à une centaine de mètres de là, le Duke of Wellington, une table a été réservée à Lesbians and Gays Support the Migrants : durant toute la soirée, celle et ceux qui le souhaitent pourront venir boire un verre, se réchauffer ou aller aux toilettes dans ce QG éphémère… avant de s’y réunir pour un moment de partage et de fête une fois les seaux bien remplis. Là, Ida garde les affaires de celles et ceux qui collectent les fonds dehors, ainsi que les tee-shirts « Not gay as in happy, queer as in fuck your borders » (« Pas gay comme gai, queer comme nique tes frontières »), que le groupe porte et vend à ses soutiens. C’est une manière pour elle, et quelques autres personnes, de prendre part à l’action du jour malgré une grande anxiété sociale qui les empêche de parler à des inconnu.e.s. Toutes les volontés sont les bienvenues, ce que chacun.e peut apporter est valorisé avec bienveillance.

« Les paillettes sont fournies, les looks sont encouragés », précisait l’évènement Facebook qui invitait tout le monde à se joindre à la soirée de récolte de fonds. Le moins que l’on puisse dire, au vu du niveau de flamboyance général, c’est que les nouvelles recrues comme les anciennes, n’ont pas pris cette ligne à la légère. L’un des membres du groupe, Lewis, a débarqué dans une robe de tulle mauve surplombée d’un haut blanc cousu de fleurs et de poupées, en référence à Miss Vanjie. Il paillette avec enthousiasme

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