En marge du synode sur la famille, un prêtre italien dit «comprendre» la pédophilie
Interviewé à l'occasion du synode sur la famille au Vatican, le prêtre affirme aussi que l'homosexualité est une maladie.
La deuxième session du synode sur la famille a débuté au Vatican dimanche 4 octobre, réunissant pendant trois semaines d’assemblée 270 membres du clergé.
L’an dernier, les évêques n’étaient pas parvenus à s’accorder sur un message d’ouverture en direction des couples de même sexe. Le travail devrait donc reprendre là où il avait été laissé, comme l’a annoncé Federico Lombardi. Alors que les conclusions de ce nouveau synode ne seront connues que le 25 octobre, plusieurs prises de paroles montrent que l’homosexualité est toujours un sujet brûlant au Vatican, plus particulièrement alors qu’un prêtre polonais vient tout juste de faire son coming-out, s’attirant les foudres du Saint-Siège.
«LA PÉDOPHILIE, JE PEUX COMPRENDRE»
Don Gino Flaim, prêtre de la ville de Trente en Italie, a réagi à l’annonce du polonais Krzysztof Olaf Charamsa, devant une caméra de télévision de la chaîne La7, faisant de lui-même un parallèle des plus déplaisants: «La pédophilie, je peux comprendre, a-t-il affirmé. L’homosexualité, je ne sais pas. Je suis beaucoup allé dans les écoles, les enfants je les connais, et malheureusement il y a des enfants qui cherchent de l’affection parce qu’ils n’en reçoivent pas chez eux. Ils peuvent parfois tomber sur un prêtre qui cède, et ça je peux le comprendre.»
Désignant donc les enfants victimes d’attouchements de la part de certains membres du clergé comme responsables de ces agressions, il a terminé cet échange avec une journaliste en affirmant que l’homosexualité est une maladie. Le Vatican a promptement réagi à ses propos, le relevant immédiatement de ses fonctions.
DAVANTAGE D’INCLUSION
Plaidant pendant ce synode pour davantage d’inclusion envers les gays et les lesbiennes, le prêtre canadien Thomas Rosica a fait connaître ses positions progressistes: «Nous ne prenons pas en pitié les personnes homos, mais nous les reconnaissons pour ce qu’elles sont. Elles sont nos fils et nos filles, et nos frères et nos sœurs et nos voisin.e.s et collègues.»
Mais face à ce type de déclarations, les évêques de la frange la plus conservatrice sont en ordre de bataille. Dès lundi 5 octobre, le cardinal hongrois Peter Erdö a déclaré qu’«il n’existait pas de point de comparaison ou d’analogie, même lointaine, entre les unions homosexuelles et le plan de Dieu pour le mariage et la famille.» Alors que l’acceptation des couples des personnes divorcées et remariées est elle aussi en débat lors de ce synode, ce même cardinal a par ailleurs affirmé: «Entre le vrai et le faux, le bien et le mal, il n’y a pas de gradualité, même si certaines formes de cohabitations civiles portent en elles des aspects positifs, ce qui n’implique pas qu’elles puissent être présentées comme bonnes.»
Le synode sur la famille se tient à Rome jusqu’au 19 octobre prochain.
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