Burlesque queer (5/5) - Rubyyy Jones, The Queen of Queerlesque

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Comme iel le décrit, son « Save Rubyyy Jones Review » est l’un des cabarets le plus « queer, anarchiste, dérangeant et sexuel en Europe ».

Rubyyy Jones - Illustration Marie Casaÿs pour Komitid
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Contrairement à une image hétéronormée, basée sur l’excitation entre l’homme et la femme, le burlesque est en réalité un art queer. Après un renouveau aux États-Unis dans les années 1990, le « new burlesque » est revenu animer les scènes européennes grâce à un merveilleux mélange d’effeuilleuses et d’effeuilleurs de tous horizons. Pour Komitid, une série d’artistes racontent comment iels jouent avec les codes du tease et de la satire.

Après les épisodes consacrés à Jeez Loueez,  Peekaboo Pointe, La Big Bertha, et la SCEP, nous achevons cette tournée du burlesque queer avec la reine, Rubyyy Jones.

 

Dernier épisode de cette série d'été : Rubyyy Jones, The Queen of Queerlesque

 

La scène burlesque est multiple et colorée. En Europe, la vague du néo-burlesque est arrivée dans les années 2000. En France, grâce à Kitty Hartl et le Cabaret New Burlesque (qui a inspiré le film Tournée de Mathieu Amalric), au Royaume-Uni avec Mat Fraser et son show Sleaze. Il allumera l’étincelle du mouvement queerlesque à Londres, avec au premier rang Rubyyy Jones, devenu.e depuis « reine du Queerlesque ». 

Rubyyy Jones a quitté sa petite ville du Canada pour emménager à Londres en 2008. Formé.e au théâtre et à la danse, iel a alors l’espoir de monter sur les planches de West End, quartier qui regroupe la majorité des grands théâtres de la capitale anglaise. Mais plus son rêve se rapproche, plus iel se rend compte qu’iel n’en veut plus. Rubyyy aspire à autre chose mais ne sait pas encore mettre le doigt dessus. 

Pendant un an, iel s’écarte du monde des comédies musicales et se fait embaucher pour faire de la doublure voix pour des dessins animés ou des jeux vidéo. Iel arrête les auditions, quitte son agent et commence à écrire de la littérature érotique. « Pendant un an c’est devenu mon principal intérêt », raconte Rubyyy à Komitid. « Et puis un jour, j’ai eu une nouvelle colocataire qui faisait du burlesque. Elle n’avait aucune formation en danse et était surtout attirée par le côté vintage. J’avais de l’expérience, je lui ai proposé de l’aider dans sa chorégraphie. »

Il ne faudra pas longtemps à Rubyyy avant de ressentir l’envie de remonter sur scène. L’occasion est toute trouvée avec « The Tournament of Tease » en 2010 organisé au Bethnal Green Working Men’s Club par l’unique légende (officiellement) du burlesque au Royaume-Uni, Goodtime Mama Jojo. « On pouvait entrer dans la compétition, qu’on soit amateur.trice ou non. Je me suis dit, allons-y ! Dirty Martini était à l’affiche ce soir-là. Je n’ai rien gagné, mais j’ai été invité.e à venir faire un show burlesque dans le West End. »

Les dés étaient à nouveau jetés. 

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