« La fin du sida est-elle possible pour tou.te.s? »

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Les bonnes nouvelles s'accumulent et la baisse des contaminations est une réalité, en France et à l'étranger. Mais tous et toutes ne sont pas égaux et il faut combattre les discriminations de genre et envers les personnes racisées.

VIH/sida
Manifestation contre le VIH/sida, à Amsterdam, en 2018 - Shutterstock

Séropositif depuis 1985, ayant survécu aux années les plus sombres de l’épidémie, quand aucun traitement efficace n’était disponible, je me réjouis d’autant plus des bonnes nouvelles qui s’accumulent sur le front de la lutte contre l’épidémie.

L’année dernière, à Paris, de façon encore plus marqué à Nice et dans le reste de la France, ce qui paraissait si difficile à obtenir est arrivé : on assiste à une baisse des découvertes de nouveaux cas de séropositivité. Même s’il ne faut pas crier victoire trop vite, les mesures mises en place contre l’épidémie et principalement les outils que sont la PrEP et le traitement comme prévention (TasP) et l’accroissement du dépistage portent leurs fruits.

Très bonne nouvelle

C’est évidemment une très bonne nouvelle de penser que moins de personnes deviennent séropositives.

Hier, ce sont les autorités britanniques qui ont annoncé une baisse spectaculaire – et le mot n’est pas galvaudé – des contaminations chez les hommes gays et bis. La baisse de nouvelles infections est de 71 % parmi ces hommes. En chiffres absolus, cela donne ceci : chez les hommes gays et bis, les transmissions du VIH sont passées de 2800 en 2012 à 800 en 2018.

À quoi attribuer cette baisse au Royaume-Uni ? Pour les expert.e.s, c’est principalement l’augmentation de l’utilisation de la PrEp, le traitement préventif, qui est à l’origine de cette tendance. Le dépistage du VIH a aussi considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. Et toujours au Royaume-Uni, le nombre d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes vivant avec un VIH non diagnostiqué a diminué de moitié entre 2014 et 2018, à 3 600.

Cité par la BBC, le secrétaire à la Santé, Matt Hancock, a déclaré que le Royaume-Uni était en bonne voie pour atteindre son objectif de mettre fin à la transmission du VIH d’ici 2030. « Je suis convaincu que nous devons mettre fin à la transmission du VIH », a-t-il déclaré. Ces bons résultats sont constatés partout où des politiques volontaristes de mise sous traitement rapide et d’accès à la PrEp ont été mises en œuvre.

Mais dans le cas de la France, ces politiques risquent de montrer leurs limites si, comme souvent en matière de santé publique, les inégalités liées au genre ou à l’origine demeurent un vrai obstacle à l’efficacité de la politique de prévention.En effet, la baisse des contaminations n’est pas uniforme dans le pays Ainsi sur la période 2013-2018, le nombre de découvertes de séropositivité est resté stable chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger et ce nombre a augmenté pour les Hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) nés à l’étranger.

Si on veut mettre fin à l’épidémie en 2030, dans dix ans, il faut aussi s’attaquer aux racines des inégalités et en particulier au racisme et au sexisme, à la transphobie (et dans les pays à forte prévalence, aux LGBTphobies ambiantes). Cela signifie aussi qu’en France, dans les instances de décision des politiques de prévention, la place des personnes directement concernées, et notamment des populations afro-descendantes, doit être significativement renforcée.

 

 

  • arnosa

    Amusant de voir que les ayatollahs de la capote dont l’auteur ci-dessous et D. L’estrade, ceux qui ont pollués Distant et E. Remes se retrouvent aujourd’hui pour souligner qu’il y a bien des moyens de lutter contre la maladie….

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