Troll Patrol, le projet qui met enfin Twitter face à son inaction contre les messages lgbtphobes, racistes et misogynes

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Amnesty International a dénoncé lundi 17 décembre le manque criant de régulation sur Twitter où les messages « problématiques ou abusifs » prospèrent « sans contrôle ».

Benjamin Dada / Unsplash
Benjamin Dada / Unsplash

C’est certainement l’un des plus gros défis pour Twitter : contrôler la haine véhiculée par de nombreux messages publié sur le réseau social. Amnesty International s’est employée à le dénoncer avec force lundi 17 décembre. À partir des résultats d’une étude menée avec Element AI, entreprise mondiale de logiciels d’intelligence artificielle, l’ONG a pointé le manque de régulation de Twitter, lieu où « le racisme, la misogynie et l’homophobie » peuvent évoluer « sans contrôle ». Selon l’organisation, un tweet sur 10 mentionnant des femmes politiques et des journalistes noires est « injurieux ou problématique. »

Pour mener à bien l’étude, 6 500 personnes se sont portées volontaires à travers 150 pays pour vérifier le contenu de 228 000 tweets envoyés à 778 femmes noires, politiciennes ou journalistes au Royaume-Uni et aux États-Unis en 2017. Amnesty a nommé ce projet Troll Patrol et le définit comme « un projet unique à caractère participatif destiné à traiter un très grand nombre de données sur les violences en ligne. » Les données recueillies ont ensuite fait l’objet de techniques approfondies « afin d’extrapoler les données sur l’ampleur des violences dont les femmes sont victimes sur Twitter. »

« Étayer ce que les femmes nous disent depuis longtemps »

« Grâce à Troll Patrol, nous disposons de données permettant d’étayer ce que les femmes nous disent depuis longtemps – que Twitter est un espace où on laisse le racisme, la misogynie et l’homophobie prospérer quasiment sans contrôle », a déclaré Milena Marin, conseillère principale sur les recherches tactiques à Amnesty International. Ce serait donc 1,1 million de tweets « violents, injurieux ou problématiques » envoyés aux femmes sur la période de l’étude, soit un toutes les 30 secondes.

Probléma-quoi ?

Milena Marin a précisé que « si les violences ciblent des femmes de tous bords politiques, les femmes de couleur sont beaucoup plus susceptibles d’être touchées et les femmes noires sont ciblées de manière disproportionnée. » L’immobilisme de Twitter est largement pointé du doigt : « En se montrant incapable de sévir contre ce fléau, Twitter contribue à faire taire des voix déjà marginalisées. » Sans contraindre le réseau social à supprimer du contenu, Amnesty appelle à plus de transparence et dit avoir fait part de ses conclusions à l’entreprise concernée. Ce à quoi il a été demandé de préciser la définition de « problématique ».

Les principales conclusions du projet Troll Patrol mené par Amnesty International et Element AI pour mesurer l'ampleur des messages de haine sur Twitter.

Les principales conclusions du projet Troll Patrol mené par Amnesty International et Element AI pour mesurer l’ampleur des messages de haine sur Twitter.

  • phil86

    Les LGBT devraient laisser tomber ces réseaux néfastes que sont Facebook et Twitter. Ce ne sont pas des espaces sécurisants pour les minorités sexuelles et de genre.