« Ni plus ni moins que de la censure » : comment la guerre de Tumblr contre la nudité impacte les bloggers LGBT+

Publié le

À partir du 17 décembre, sur Tumblr, les contenus sexuels et la nudité sont interdits. Le réseau social bannit ainsi une large partie du contenu publié par ses utilisateurs et utilisatrices. Parmi eux, des artistes LGBT+ qui risquent de perdre leur public. Komitid leur a donné la parole.

Capture d'écran - Tumblr
Capture d'écran - Tumblr
Article Prémium

C'est la guerre sur Tumblr, la guerre à la nudité. Ce lundi 17 décembre, de nouvelles conditions d'utilisation du réseau social entrent en vigueur. Elles bannissent « les parties génitales de vraies personnes ou les tétons qui se présentent comme féminins – ceci inclut le contenu photo-réaliste ». Elles ajoutent que « certains types de contenus artistiques, éducatifs, relevant de l'information ou politiques qui représentent la nudité sont permis. Ne postez pas de contenu – y compris des images, vidéos, gifs, illustrations – qui représentent des actes sexuels ». Vous pouvez donc dire adieu aux fanarts de Venom et Eddie en pleine fellation mais vous devriez pouvoir trouver des graphiques sur la santé vaginale. En théorie du moins.

Pour riposter, les utilisateurs et utilisatrices sortent leurs tétons les plus drôles. La plateforme de micro-blogging créée en 2007 regroupe artistes, fans, et des membres de la communauté LGBT+, tous et toutes protégées par des pseudos qui leur garantissent l'anonymat. Sur Tumblr, on peut poster une blague en quelques mots, un gif patiemment monté, des mèmes, des fanarts, des fanfictions. Comme sur Twitter, on s'abonne à des comptes (des blogs), et on peut faire des recherches par termes. On y trouve aussi des blogs de contenus pornographiques ou érotiques, parfois tenus par des travailleurs et travailleuses du sexe mais pas seulement. Ces contenus sont en danger. Komitid donne la parole à celles et ceux qui ont beaucoup à perdre dans cette censure.

« Ça m'a permis de me connecter à beaucoup de gens. »

Clem, 23 ans, asexuelle, non-binaire et français-e, dessine des fanarts érotiques sur cleme-s-art depuis environ trois ans. « Un des premiers que j'ai fait était sur la série Hannibal, où la luxure (tant au sens sexuel qu'au sens onéreux) est un thème super présent, et qui du coup m'avait inspiré. J'aime beaucoup voir des fanarts érotiques qui arrivent à raconter une histoire complète : les positions expliquent si c'est un acte passionné ou plus lascif, et à quel moment de l'action on en est. Une empreinte de morsure sur la hanche, des traces de rouge à lèvres sur les seins, ça suffit à raconter une histoire entière », explique Clem. Et d'ajouter : « Ça m'a permis de me connecter à beaucoup de gens. »

Beaucoup utilisent les réseaux sociaux pour se retrouver entre personnes LGBT+. Des forums de lesbiennes bricoleuses, des chatrooms de gays fans de drag queens et des pages pour l'art érotique queer ? Tumblr réunit tout cela au même endroit. Mais les nouvelles règles risquent 

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.
Pour continuer la lecture, veuillez vous identifier ou abonnez-vous à partir de 1€.
  • phil86

    J’inclus bien sûr les applis de rencontre Grindr Hornet et compagnie qui ne font qu’isoler les gays et les éloigner les uns des autres au lieu de les rapprocher ce qui était quand même leur but au départ mais l’incompétence de leurs administrateurs a tué ces sites de rencontre.

  • phil86

    Correction car on peut pas éditer : « tous ces resocios »

  • phil86

    Sinon tumblr c’est que des [gros mots et injures] j’espère qu’ils vont disparaître. De toute façon il faut fuir tous des rezosocio qui sont tous plus NÉFASTES les uns que les autres. De bons outils sabordés par l’incompétence et la bêtise de leurs administrateurs. J’avais supprimé Facebook et Twitter je supprime Tumblr et basta. On vit mieux sans ces machins qui véhiculent toutes les haines. Les LGBT devraient cesser d’être des moutons et quitter tous ces réseaux qui leur causent plus de torts que de bien.

  • phil86

    On vit une période réactionnaire de grande régression des moeurs y compris dans le milieu gay de plus en plus puritain. Et donc très hypocrite comme l’est toujours le puritanisme.