Se soigner à la campagne : la débrouille des personnes LGBT+ en milieu rural

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Grand.e.s oublié.e.s des campagnes de prévention, premier.e.s touché.e.s par les déserts médicaux, les LGBT ruraux peinent à trouver des professionnel.le.s de santé qui les respectent.

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Campagne suisse - Rocardo Angel Gomez / Unsplash
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En juin dernier, les OUT d’or récompensaient l’enquête de franceinfo « Le malaise des patients LGBTI chez le médecin », par les journalistes Marie-Violette Bernard et Louise Hemmerlé. Elle pointait les violences médicales envers les personnes LGBTI prêtes à « traverser la ville pour aller voir un.e généraliste [trans]friendly, même pour un rhume ». Une alternative pourtant loin des contraintes géographiques et matérielles supplémentaires que connaissent les LGBT ruraux.

Difficile pour Camille* de demander de l’aide aux habitant.e.s de son village du sud-ouest pour se rendre chez un médecin: « Pour moi, la ruralité queer, c'est le royaume du placard. Je vis dans un patelin tellement arriéré que les voisins jasent sur mes fréquents changements de couleur de cheveux comme si j'étais le diable, et peuvent menacer de tuer les animaux de ma famille en toute impunité. Alors s'ils savaient que je suis queer, ou s’ils me voyaient avec ma copine trans... Je me suis toujours renseignée exclusivement sur Internet, je ne me vois absolument pas intégrer mon médecin local ou qui que ce soit d'autre à mon parcours. La différence fait bien trop peur dans ces petits microcosmes. Je ne suis pas out, donc pour le moment je ne fais aucune transition, et je n'ai donc pas besoin de recevoir de soins spécifiques. »

« Pour moi, la ruralité queer, c'est le royaume du placard. »

Mêmes obstacles pour Antoine* : vivre dans la campagne du Pas-de-Calais ne l’a pas protégé de l’homophobie. Il utilise sa voiture pour pouvoir se rendre à Lens afin de renouveler son ordonnance de PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) chez un généraliste: « Chez mon médecin de famille, c’est moins facile. »

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