Entre émotion, engagement et célébration, les OUT d'or ont fait fort pour leur deuxième édition

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Les OUT d'or 2018 c'est terminé. Komitid y était et vous raconte la soirée qui a réunit de nombreuses personnalités, notamment Camille Cottin, Jonas Ben Ahmed et Amandine Gay.

Les lauréats et lauréates de la 2ème édition des Out d'Or / JB Richard
Les lauréats et lauréates de la 2ème édition des Out d'Or / Jean-Benoît Richard - Komitid

« Ce soir on est fier.e.s et on pavoise ! ». Il faisait chaud dans cette salle de la Maison des métallos dans le 11e à Paris, où étaient réuni.e.s ceux et celles qui oeuvrent à rendre visibles les personnes LGBT+ pour la deuxième édition des OUT d’or. Organisée par l’Association des journalistes LGBTI (AJL) mardi 19 juin à Paris, la cérémonie récompense la visibilité LGBT+ dans l’espace public et médiatique.

Virevoltante, engagée, drôle et aussi touchante, la cérémonie était animée, comme l’année dernière, par la journaliste Marie Labory, cette fois épaulée par la metteuse en scène et performeuse Rébecca Chaillon. Au programme de la soirée, de la diversité, le rappel que « quand on se montre on est parfois vu.e.s et entendu.e.s », mais aussi de l’orangeade, offerte à ceux et celles qui parleraient pendant trop longtemps.

Ému, Jonas Ben Ahmed l’était lorsqu’il a reçu le prix de la personnalité de l’année, décerné par le public, des mains d’Amandine Gay, récompensée l’année dernière pour son documentaire Ouvrir la voix. « Nous le méritons tous », a expliqué l’acteur ouvertement trans, révélé par la série Plus Belle la Vie sur France 3, qui nous a confié « ne pas y croire ». Il y avait aussi Élodie Font, doublement récompensée pour sa série documentaire sur la PMA sur Cheek Magazine et son podcast Coming in, qui a souligné avoir été surprise « qu’en 2017 il y ait encore besoin de ça, parce c’est encore compliqué de s’assumer aujourd’hui ».

Célébration, mais pas d’auto-célébration

En s’enchainant, les discours ont montré une belle diversité de têtes, de genres et de propos. Un passage de l’équipe d’El País, récompensée pour une vidéo sur la journée de la visibilité lesbienne, a été l’occasion d’appeler les femmes à se faire entendre dans les rédactions. Et la victoire de l’enquête de franceinfo sur le malaise des personnes LGBT+ chez le médecin, a permis à Louise Hemmerlé, l’une des deux auteures du papier, de rappeler que « le temps d’investigation » est « un luxe indispensable » pour produire des papiers de qualité.

Célébration, oui. Mais pas d’auto-célébration. Celles et ceux qui auraient pu craindre d’assister à un entre-soi parisiano-centré n’auront pu que constater une réelle diversité dans les personnalités invité.e.s et les discours prononcés. Comme celui des membres du Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrant.e.s (BAAM), monté.e.s sur scène pour rappeler le triste sort des migrant.e.s LGBT+ et de décerner le prix « Faites ce que je dis mais pas ce que je fais » à Anne Hidalgo pour son «  non accueil des mineurs isolés ». Ou ce moment solennel pendant lequel l’activiste Giovanna Rincon d’Acceptess-T, récompensée pour son coup de gueule sur l’insécurité des femmes trans, a pris le temps de parler de l’impact de la loi de la pénalisation des clients sur les travailleurs et travailleuses du sexe. Un message que n’aura pas entendu la ministre des Sports Laura Flessel, partie immédiatement après avoir remis un prix.

« Fierté hétéro »

Et puis il y a aussi eu beaucoup d’éclats de rires. Des rires francs pendant les blagues de Marie Labory (« Je suis lesbienne mais j’ai quand même le droit d’être une mauvaise mère ») et de Rébecca Chaillon. Des rires jaunes lors de la présentation d’un montage réalisé par l’INA, montrant l’évolution du traitement consacré à l’homosexualité à la télévision. 40 ans plus tard, l’expression « dévirilisation massive » fait toujours son effet.

Des rires gênés, aussi, lors du discours d’Antoine Daccord qui s’est dit « très fier d’être un garçon hétéro ». Le directeur de la rédaction de RTL.fr était venu chercher le prix de la rédaction engagée pour RTL Girls à la place d’Arièle Bonte. Marie Labory n’a d’ailleurs pas manqué de lui envoyer un « y’a pas d’quoi » pas piqué des hannetons.

« Il y a dix ans elle serait morte au bout du deuxième épisode écrasée par un Motobécane. »

On n’oubliera pas non plus Marianne James, venue remettre le prix du dessin engagé, qui s’est amusée à chanter le nom des OUT d’Or, Nadia Daam, heureuse d’être dans un endroit safe et Camille Cottin, qui ont été accueillies avec enthousiasme. « Mon personnage sera de retour dans la saison 3 », a souligné l’actrice qui incarne Andréa Martel, son personnage ouvertement lesbien dans la série Dix pour cent sur France 2. « Il y a dix ans elle serait morte au bout du deuxième épisode écrasée par un Motobécane ». Drôle ? Oui, mais aussi l’occasion de mesurer l’avancée en terme de visibilité LGBT+.

Les lumières se rallument, les regards se croisent et les sourires sont sur toutes les lèvres. L’essai est transformé, alors on va boire un verre (puis deux, puis trois) pour célébrer cette belle réussite ? « L’année prochaine au Zenith », entend-on entre deux coupes de soupe angevine. Chiche ?

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