Des bureaux de la taille « d’un grand appartement parisien »

Anaïs (le prénom a été changé à sa demande) et sa compagne, deux Françaises trentenaires, étaient séduites par Cryos, dont des amies avaient utilisé les services, mais hésitaient avant de se lancer et de commander en ligne, comme on le ferait sur Amazon ou Darty. Elles ont donc décidé de se rendre sur place :

« On a voulu voir ce qu’il y avait derrière la façade angoissante du site internet : bleu pâle, un bébé joufflu Photoshoppé, avec une poussette pour remplacer le caddie d’Amazon ou autre site de vente en ligne. Pour avoir un contact humain, voir la ville où les gens font leurs dons, le quartier.

Aarhus est une ville danoise bourgeoise, un peu ennuyeuse. Le bâtiment qui héberge Cryos est un immeuble de centre ville avec une société à chaque étage. On grimpe dans un ascenseur et hop quand il s’ouvre au bon étage il y a un grand mur et un comptoir devant soi « Cryos, world bigger sperm bank » ou quelque chose du genre. Cela fait bizarre car on est directement dans l’entrée et tous ceux qui sont dans l’ascenseur savent clairement où on va. On avait pris rendez vous quelques semaines avant avec une jeune femme francophone là bas. Ils parlent toutes les langues et je ne doute pas que ce soit possible d’où qu’on vienne de trouver un interlocuteur.

« L’endroit est très petit, très propre. La taille d’un grand appartement parisien »

Elle nous a donné RDV à une heure où les donneurs ne viennent pas, évidemment. Mais on nous a tout fait visiter après une demi heure environ de discussions et de questions. L’endroit est très petit, très propre. La taille d’un grand appartement parisien. Une petite cabine de don, une salle de machines avec des laborantin.e.s qui s’activent. Centrifugeuses à gamète, machine pour sécher... les congélateurs doivent être ailleurs... quelques bureaux vitrés. Un canapé près du comptoir d’accueil et tout cela vitré ou visible de ce canapé. Ils ont été très accueillants. Peu de gens viennent semble-t- il. Notre curiosité n’était pas aussi évidente que nous le pensions. »

Cryos se vante d’être répertorié par le  Livre Guinness des records

Sur son site, Cryos se vante d’être répertorié par le  Livre Guinness des records et souligne que l’entreprise, basée à Aarhus au Danemark et fondée en 1987, « coopère avec un réseau étendu de cliniques et d’hôpitaux partout dans le monde et a, au fil des ans, obtenu le plus haut nombre de grossesses issues de dons déclarés au monde ».

Que risquent les patientes en France et les médecins qui les aident ?

En France, la loi interdit la PMA pour les femmes seules et les lesbiennes. Elle interdit également tout achat et importation de gamètes. L’article 511-9 du code pénal prévoit une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende pour les contrevenants. Les mêmes peines sont applicables à toutes celles et ceux qui serviraient d’intermédiaires.

Mais en parallèle, en 2012, le gouvernement a retiré un courrier rappelant aux médecins l’interdiction d’aider des patientes à avoir recours à une PMA si la loi le leur interdisait. Cela signifie concrètement que les médecins ne sont pas poursuivis quand ils aident des femmes dans le suivi d’une grossesse même si elle est survenue de façon jugée illégale.

Mais pour ce qui concerne la pratique d’une FIV ou d’une insémination par un médecin français sur une femme ne remplissant pas les critères fixés par la loi, les articles 511-24 et 511-27 du code pénal sont très clairs : 5 ans de prison, 75 000 euros d’amende et l’interdiction d’exercer la médecine pendant 10 ans au plus. Le site de l’agence de la biomédecine, qui relève du ministère de la Santé, liste l’achat de sperme à l’étranger parmi les « pratiques à risque »,  rappelle qu’il s’agit d’une « pratique illégale » et tente de dissuader en soulignant « toutes les difficultés que vous pouvez anticiper ».

La liste des seules personnes habilitées à les recevoir, certaines spécialités n’ont rien à voir avec la gynécologie ou l’obstétrique

Pour compliquer encore les choses, la loi danoise a changé le 1er juillet 2018: il est désormais interdit à Cryos d’envoyer du sperme ou des ovocytes au domicile de patientes résidant en Europe. La liste des seules personnes habilitées à les recevoir, selon la nouvelle législation danoise, a quelque chose d’absurde tant les spécialités décrites n’ont parfois rien à voir avec la gynécologie ou l’obstétrique : dentistes, chiropracteurs.trices, infirmier.e.s, sages-femmes, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, biologistes, diététicien.ne.s, radiologues, ophtalmologues, pédiatres, travailleurs et travailleuses sociales dans le domaine de la santé.

Les modalités pratiques

Dans ces conditions, qui donc commande en France du sperme danois ? Et comment ces PMA se déroulent-elle? En somme, quelles sont les conséquences pratiques de la loi française qui interdit l’accès à une technique déjà en vigueur, en fonction du statut marital et de l’orientation sexuelle ?

Avec un taux de 15% de réussite pour les femmes de moins de 30 ans sans problèmes de fertilité (et sans stimulation) à 5% environ passé 35 ans, on pourrait se demander ce qui pousse des femmes à payer si cher tout en se mettant hors la loi. Pourtant, les Françaises n’ont jamais été aussi nombreuses à commander du sperme chez Cryos.

Certaines veulent aussi avoir recours un donneur non anonyme pour permettre au futur enfant l’accès à ses origines.

Parmi elles, 40 % environ, selon la banque de sperme, sont des femmes seules et des lesbiennes qui se voient refuser l’accès légal à la PMA en France, mais souhaitent que leur grossesse débute en France. Certaines veulent aussi avoir recours à un donneur non anonyme pour permettre au futur enfant l’accès à ses origines, un droit défendu par la Cour européenne des droits de l’homme mais auquel s’oppose la France.

A partir du moment où la décision de commander du sperme au Danemark a été prise, se pose la question de la méthode : insémination à domicile ou traitement dans un cabinet, deux options illégales mais courantes. Sur le site de la banque, il faut choisir avant même d’accéder à la liste de donneurs car les modalités sont très différentes. Dans tous les cas, la facture est lourde : un peu plus de 2000 euros pour deux paillettes de sperme. Chaque paillette d’un donneur non anonyme coûte entre 500 et 800 euros, et deux sont nécessaires. La bonbonne d’azote ou le pack de glace sèche sont facturés environ 200 euros. A ces montants, s’ajoute une TVA à 19% soit entre 300 et 400 euros.

« Vous avez reçu un colis » : la livraison de sperme à domicile

Pour une insémination à domicile, Cryos fournit un kit explicatif en français qui renvoie vers des vidéos en ligne.  Le colis, qu’il est interdit à Cryos d’envoyer à des particuliers en France et qu’il est interdit à des particuliers en France de recevoir, est expédié via un transporteur international. Dessus sont apposés des autocollants « Alerte de service – Biens dangereux – Accepté » et le non équivoque « Tissus et cellules – Ne pas irradier – Manipuler avec soin ». Les services français de douane ne trouvent visiblement rien à redire.

[caption id="attachment_13637" align="aligncenter" width="452"]Enquête Danemark Paillettes Le colis de paillettes, après la grande traversée - I. T. pour Komitid[/caption]

A l’ouverture du carton, qui continent les paillettes conservées au frais, un kit d’insémination ainsi que le manuel, on découvre la facture enveloppée dans un plastique sur lequel figure un poupon blond aux yeux bleus qui tend la main, le même poupon qui apparaît sur le site de Cryos et sur la plupart de ses brochures…

[caption id="attachment_13638" align="aligncenter" width="453"]enquête danemark paillettes 2 - Ingrid.T Le colis est soigneusement empaquetté - I. T. pour Komitid[/caption]

Le commerce très mondialisé des gamètes

Les obstacles juridiques créent en réalité une multitude de stratégies de contournement, et le simple examen de la facture et du bordereau de livraison du colis par un transporteur international permet d’entrevoir à quel point la PMA est une affaire mondialisée. La facture mentionne, sur son en-tête, la branche américaine de Cryos, basée à Orlando, une adresse de livraison en France et un virement effectué à la Danske Bank, une banque danoise privée où Cryos sur un compte domicilié à Hambourg en Allemagne. Quant au colis, il transite de Nicosie, à Chypre, via Athènes en Grèce puis Bergame en Italie jusqu’à Paris en France. [caption id="attachment_13640" align="aligncenter" width="453"]Enquête danemark paillettes 3 - Ingrid t Tracking du colis à travers l'Europe - I.T. pour Komitid[/caption]

Mais pourquoi Chypre ? Parce que la législation chypriote est plus souple. Pour anticiper la loi danoise du 1er juillet 2018, Cryos a donc ouvert une succursale à Nicosie, enregistrée à l’équivalent de la préfecture locale le 27 mars 2018, y a transféré tous les échantillons de donneurs susceptibles d’être exportés vers les « pays interdits » et a lancé le recrutement d’un embryologue et d’un « coordinateur de donneurs » pour ensuite pouvoir recruter des donneurs sur place. Cette succursale est dirigée dans les faits par Claus Zinck, un expatrié danois qui travaille pour Cryos depuis 2010 et qui est présenté, dans les annonces de recrutement, comme le supérieur hiérarchique des futurs salariés.

Le commerce de gamètes en Europe suit les mêmes routes que certains produits bancaires et les flux d’optimisation voire d’évasion fiscale

Mais cette succursale est légalement dirigée par Phileservus via un directeur et un secrétaire général, Dimitriadis Panayiotis et Christos Panayotis. Phileservus offre des services de domiciliation pour l’optimisation fiscale… Le commerce de gamètes en Europe suit donc les mêmes logiques, les mêmes routes et les mêmes détours que certains produits bancaires et les flux d’optimisation voire d’évasion fiscale.

[caption id="attachment_13641" align="aligncenter" width="453"]Carte enquête danemark - ingrid t Le trajet du sperme et de l'argent - I.T. pour Komitid[/caption]

La PMA est légale pour les lesbiennes dans seulement 12 pays du monde et Cryos livre dans plus de 100 pays… La firme n’en fournit pas la liste exhaustive, mais permet de consulter la liste des destinations où le sperme peut être livré avec un pack de glace sèche et non une bonbonne d’azote.

Dans 72% des destinations de Cryos, les clientes se mettent donc hors la loi.

Il s’agit nécessairement de pays proches car la glace sèche ne permet de conserver les paillettes qu’à -79° C au lieu de -196° C et nécessite un temps de transport puis un délai d’insémination ou de FIV plus court. Ces 25 pays sont en Europe. Parmi eux, seuls 7 autorisent la PMA aux lesbiennes et aux femmes seules. Dans 18 des destinations proches de Cryos, soit dans 72% des destinations, les clientes se mettent donc hors la loi.

[caption id="attachment_13642" align="aligncenter" width="453"]carte 2 enquête danemark ingrid t Carte PMA Européenne et Danemark - I. T. pour Komitid[/caption]

Cette disparité et l’examen attentif de la facture et du bordereau de livraison montrent bien que la récurrence de règles nationales restrictives ne serait-ce qu’au sein de l’Union européenne est absurde et ne peut qu’encourager des stratégies de contournement coûteuses, peu transparentes et peu égalitaires.

Se faire aider par un médecin en France

Mais, tous les couples lesbiens ou les célibataires qui ont recours à une PMA et aux services de Cryos ne choisissent pas l’envoi à domicile. En effet, il peut être rassurant voire nécessaire pour certain.e.s d’avoir recours aux services d’un médecin, dans le cas d’une FIV bien sûr, mais aussi pour une insémination intra-utérine. Pour Anaïs et sa compagne, c’est le changement législatif du 1er juillet au Danemark qui a changé les choses :

« C’est là bas qu’on a appris ce changement, quelques mois avant notre venue. Elle nous a dit : dépêchez vous, commandez maintenant. Mais on n’était pas prêtes à tout tenter avant le premier juillet. Alors on s’est dit que ce serait plus galère et qu’il faudrait trouver la personne dont le titre permettrait de recevoir les gamètes pour nous.

Ça a tout compliqué. Car demander de prendre ce risque n’est pas évident. Dans nos milieux, peu de gens dans le médical ou paramédical. Pas envie que quelqu’un de proche se mette en danger judiciairement. Pas envie de « devoir » un service énorme à quelqu’un et que cela puisse nous être reproché plus tard. Difficulté à trouver quelqu’un qui pourrait le faire tous les mois. Des propositions d’amis qui disent « je connais quelqu’un tu le payes combien ? ». Tout ça pour une affaire de boîte aux lettres. »

Finalement, les deux jeunes femmes ont contacté un gynécologue parisien conseillé par Cryos. D’ailleurs, en appelant Cryos depuis un téléphone français, une interlocutrice parfaitement francophone répond immanquablement. Rapidement, et à plusieurs reprises, elle évoque l’existence de médecins « de confiance » qui aident les Françaises à faire une PMA et peuvent se faire livrer les paillettes. Les clientes doivent passer la commande à leur nom mais le colis arrive chez le médecin. Cryos fournit trois noms. Parmi eux, deux ont accepté de témoigner: le Dr B et le Dr G. Nous ne publions pas leur véritables identités afain de les protéger de poursuites éventuelles.

« Petit à petit, mon nom a traîné, s’est transmis, et j’ai des centaines d’enfants qui sont nés comme ça. »

Le Dr B. pratique des FIV depuis les années 1980 et a été le premier médecin français à travailler avec Cryos. Il a commencé à inséminer des femmes qui s’étaient fait livrer du sperme et/ou des ovocytes il y a 30 ans, c’est-à-dire dès les tous débuts de la banque danoise. Il dit qu’il agit « en [son] âme et conscience » parce qu’il « trouvait que c’était mieux de proposer un acte encadré, plus productif, plus efficace ». « Petit à petit, mon nom a traîné, s’est transmis, raconte-t-il, et j’ai des centaines d’enfants qui sont nés comme ça. » Le Dr B. facture à ses patientes la consultation et ne déclare rien à la sécurité sociale (aucun remboursement n’est donc possible) « pour ne pas faire payer la sécu ».  Il explique :

« Je reste dans la légalité comme ça. Ce qui est illégal, c’est le geste, mais j’estime que c’est juste. On l’a fait beaucoup avant aussi avec la FIV et la conservation d’ovocytes. C’est un combat qui doit être mené par les femmes. Les femmes doivent parler, témoigner. »

Quant au Dr G, gynécologue obstétricienne dans le centre de Paris, elle travaille en binôme avec une sage-femme homme et suit également de nombreuses patientes en parcours de « PMA officieuse » via Cryos. Elle fait partie, à sa demande, de la liste de praticiens recommandés par Cryos depuis le changement législatif au Danemark du 1er juillet 2018.

Elle raconte :

« Je dis à mes patientes : « En France, c’est simple en réalité. Il suffit de commander. Vous faites un test d’ovulation et vous venez au cabinet ». Elles pensent que je me moque d’elles. Finalement quand elles tombent sur cette culture bienveillante, elles se détendent et arrêtent de penser qu’elles sont obligées d’aller à l’étranger.

Ca fait 10 ans que j’aide des patientes, parfois elles vont à l’étranger et on fait le monitorage en France. Elles me posent la question du prix. Une insem, c’est 90 euros. Je ne déclare qu’un acte d’échographie à la sécurité sociale. Ca coûte 80 euros, dont 50 euros environ sont pris en charge par la sécu. Le reste, les mutuelles le prennent si on est bien assuré. Donc finalement, c’est la commande de sperme qui coûte cher, c’est tout.

On me dit que je prends des risques mais les patientes que j’aide ne porteront pas plainte. » 

Pour cette praticienne, la démarche est avant tout humaine et politique :

« J’ai la certitude que le schéma traditionnel familial est une construction et n’est pas la vérité. Il faut réinventer les familles. On sort d’une société traditionnelle patriarcale depuis des milliers d’années, on se bat pour nos libertés et quand on les a, il faut s’en servir et se réinventer. Je dis à mes patientes de se faire confiance. J’ai un rôle politique dans l’accompagnement des femmes pour leur dire arrêtez d’être victimes de préjugés sur la maternité et l’éducation.

« J’ai des anciennes internes qui travaillent à Barcelone. Pourquoi est-ce qu’elles ne rentrent pas en France pour faire bouger les choses ? »
J’ai des anciennes internes qui travaillent maintenant chez Eugin, à Barcelone. Mais pourquoi est-ce qu’elles ne rentrent pas en France pour faire bouger les choses ?

Ça va mettre du temps à changer quand la PMA sera légale en France. Les médecins qui n’acceptent pas de le faire ne vont pas massivement changer d’avis. C’est comme l’IVG, ça va mettre du temps. Tout ne va pas se débloquer du jour au lendemain ».

Cryos n’a pas souhaité s’étendre sur l’envoi de sperme en France, sur les médecins avec qui la banque travaille ou sur les changements législatifs et leurs conséquences pratiques. La réserve est de mise. En France, les informations s’échangent de façon discrète, sous le manteau. Les femmes comparent les expériences, se transmettent les adresses. De plus en plus de patientes et de médecins acceptent heureusement de parler. Il n’y a aucune honte, mais un peu d’appréhension encore parfois.

« J’hallucine qu’on soit un des pays d’Europe les plus coincés sur la question de la PMA », s’impatiente le Dr G. Anaïs et sa compagne, comme des milliers de femmes discriminées par la législation actuelle, ne veulent pas attendre qu’une loi ouvrant la PMA à toutes les femmes soit enfin, et selon des modalités encore inconnues, votée en 2019. « On veut juste que cela fonctionne ! », explique la jeune femme. Et pour y parvenir, Anaïs comme tant d’autres continueront à écumer le catalogue de Cryos à la recherche du Bjorn ou du Peter idéal, qui leur permettra d’accéder à une maternité que leur propre pays leur refuse.

 

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Komitid : D'aucun.e.s considèrent que l'exclusion partielle du don de sang des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) est discriminatoire. Qu’en pensez-vous ?

Coline Mey : Nous ne pouvons pas, chez AIDES, ne pas prendre en compte le contexte épidémiologique du VIH qui augmente considérablement le risque de contamination pour les HSH. Cette évolution des critères permet notamment aux HSH de faire un don de plasma sécurisé suivant des critères d'inclusion équivalents pour les diverses pratiques sexuelles entre hommes ou non. Elle maintient par ailleurs un ajournement de 12 mois après la dernière relation sexuelle entre hommes pour le don de sang total, au lieu de l’ajournement permanent en vigueur auparavant. Nous considérons comme relevant de notre responsabilité, à AIDES et pour toutes les organisations LGBT et de lutte contre l’homophobie, d'expliquer pourquoi ces critères d'inclusion sont mis en place, suivant quelles logiques, et pourquoi il est important de les respecter par égard pour les bénéficiaires du don du sang qui restent les premières personnes concernées par ce dispositif. Quand nous rappelons que donner son sang n'est pas un droit, c'est simplement pour dire que cela ne soulève aucun enjeu pour quiconque ni d'accès aux droits élémentaires, ni d'accès à la santé, ni d'accès aux ressources, ni d'accès au travail, ni d'accès au logement... Si nous voulons que les critères d'inclusion dans le don du sang évoluent pour les HSH, concentrons nous d'abord sur l'objectif qui nous mobilise à AIDES : travaillons à faire reculer l'épidémie de VIH, et la concentration de 40% des nouvelles contaminations chez les HSH, par tous les moyens dont nous disposons.

Cette exclusion partielle vise une population au nom de son orientation sexuelle, ne faudrait-il pas plutôt se concentrer sur les personnes qui ont des comportements à risques ?

C.M. : La forte prévalence du VIH chez les hommes bisexuels et homosexuels, associée aux différences entre risques réels et risques perçus, implique une augmentation statistique du risque de contamination des HSH. Et donc du risque résiduel de transmission pour les personnes bénéficiaires du don du sang. La seule notion de « comportement à risque » n'est pas si simple à interpréter dans le cadre d'un entretien préalable au don du sang. Elle ne permet pas une sélection des donneurs de sang efficace et répondant strictement aux impératifs de sécurité transfusionnelle pour les personnes donneuses issues des communautés les plus exposées au risque de contamination au VIH.

Israël a récemment ouvert le don du sang aux HSH sans délai d'abstinence. Au Royaume-Uni, le délai va passer à 12 semaines. Pourquoi un an en France ? Pourra-t-on aller également aller dans ce sens ?

C.M. : AIDES, avec d’autres partenaires consultés à ce sujet, a insisté sur la nécessité d'inscrire officiellement dans un calendrier le recueil de données et les recherches à mener pour permettre et sécuriser l'évolution possible des critères d'inclusion. Le tout, en s’assurant d'un maintien au même niveau optimal de la sécurité transfusionnelle actuelle. Nous ne disposons actuellement pas de projection statistique qui confirme le niveau de sécurité transfusionnelle pour un délai inférieur à 12 mois après le dernier rapport HSH. C'est pour cette raison en particulier que des données sont recueillies depuis l'évolution des critères en 2016, par le biais notamment de la filière spécifique de don de plasma sécurisée ouverte aux HSH. Ce recueil de données pourrait permettre dans les prochaines années de faire évoluer les critères d'inclusion et d'élargir le nombre de donneurs potentiels sans affaiblir la sécurité transfusionnelle pour les bénéficiaires. La dramatique expérience du sang contaminé, à l'origine de la contamination en France de près de 2 000 personnes, nous oblige à avancer avec une prudence particulière. Et ce, pour éviter toute contamination au VIH via une transfusion sanguine due à un allègement des différentes mesures mises en place pour assurer la sécurité transfusionnelle." ["post_title"]=> string(53) "3 questions à Coline Mey de AIDES sur le don du sang" ["post_excerpt"]=> string(311) "Depuis 2015, les hommes bisexuels ou homosexuels doivent justifier d'une abstinence de douze mois pour pouvoir donner leur sang. Une avancée disent certains, une discrimination qui persiste pour d'autres. Qu'en est-il dans les faits ? On fait le point en trois questions avec Coline Mey de l'association AIDES." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(23) "coline-mey-don-sang-hsh" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-06-14 10:40:19" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-06-14 08:40:19" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(29) "http://www.komitid.fr/?p=1627" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15268 (24) { ["ID"]=> int(371) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-02-16 17:10:27" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-02-16 16:10:27" ["post_content"]=> string(8006) "Pour afficher son soutien aux droits des personnes LGBT+, la marque Lush ne manque pas d'imagination. Dans le cadre du Lush Summit 2018, un événement organisé à Londres les 14 et 15 février, la marque de cosmétiques a réalisé une oeuvre qui a de quoi marquer les esprits : une baignoire remplie de faux sang. Une façon pour l'entreprise de dénoncer l'interdiction pour les hommes gays de donner leur sang au Royaume-Uni. Jusqu'à récemment, la législation britannique exigeait des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH) une abstinence de douze mois avant de pouvoir donner leur sang (interdiction toujours en vigueur en France actuellement). Si cette période a été raccourcie à douze semaines par le gouvernement britannique, Lush a tout de même tenu à dénoncer cette exigence en exposant cette baignoire remplie de sang, accompagnée d'un écriteau sur lequel est inscrit : « This is the amount of blood a healthy gay man could donate in a lifetime. It would be enough to save 53 lives. #FreedomToDonate » (Voici la quantité de sang qu'un homme homosexuel en bonne santé pourrait donner en une vie. Cela serait assez pour sauver 53 vies. #LibertéDeDonner).

Featured in the Queer Cafe at the #LushSummit is an installation to highlight the ban on a gay man donating blood. A healthy person could donate this is amount in a lifetime. ? by @lushoxfordstreet

Une publication partagée par LUSH UK (@lush) le

Que ce soit en France, aux États-Unis ou encore au Royaume-Uni, les hommes gays et bisexuels qui ont une vie sexuelle active sont écartés du don du sang. Cette restriction a été mise en place dans l'idée de prévenir toute contamination par le VIH. Selon le Conseil national du sida et des hépatites virales, les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes représentent encore aujourd'hui près de la moitié des nouveaux cas d'infection en France.

Des vitrines dédiées aux droits des personnes trans

En plus de la baignoire de sang exposée à Londres, la marque mène une campagne en faveur des droits des personnes trans en Amérique du Nord à travers le mot-dièse #TransRightsAreHumanRights, des affiches dans toutes les vitrines des magasins présents dans cette partie du globe ou encore un petit fascicule intitulé Comment être un allié des personnes trans disponible en boutique. Une manière pour la marque de montrer sa solidarité envers les personnes trans, dans un pays où leurs droits sont de plus en plus remis en question par l'administration Trump.

#TransRightsAreHumanRights. We're partnering with the National Center for Transgender Equality and the Canadian Centre for Gender & Sexual Diversity to take a deep dive into the discrimination faced by transgender people in North America and discuss how cisgender people can be good allies. For the next two weeks, we're stripping all product from our shop windows to let quotes from transgender and non-binary Lush staff members be the key focus. Use the hashtag #TransRightsAreHumanRights if you stand with us and tap the link in bio to hear from transgender and non-binary Lush staff members on what they'd like people to know about their identities.

Une publication partagée par Lush Cosmetics North America (@lushcosmetics) le

Lush espère également recueillir 450 000 dollars en faveur des associations de personnes trans grâce à la vente de sa nouvelle bombe de bain en forme de cœur rose et bleu. Cette édition limitée intitulée Inner Truth Bath Melt sera vendue au prix de 5,95 dollars l'unité dans les boutiques nord-américaines de la marque." ["post_title"]=> string(80) "Bain de sang, vitrines militantes : Lush affiche son soutien aux personnes LGBT+" ["post_excerpt"]=> string(155) "La marque de cosmétiques a notamment exposé une baignoire remplie de sang à Londres et dédié ses vitrines américaines aux droits des personnes trans." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(76) "bain-de-sang-vitrines-militantes-lush-affiche-son-soutien-aux-personnes-lgbt" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-10 16:04:11" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-10 14:04:11" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(34) "http://92.243.1.111/infogay/?p=371" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15267 (24) { ["ID"]=> int(1287) ["post_author"]=> string(1) "4" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-14 14:26:57" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-14 12:26:57" ["post_content"]=> string(16177) "« L’ouverture de la PMA, d’accord, mais on fait quoi avec le risque de pénurie de sperme ? ». Vous avez forcément déjà entendu cet argument, il revient très fréquemment dans les débats sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à tout.e.s. Ici, ce sont des inquiétudes de couples qui attendent déjà une PMA, c’est le doute d’un professionnel quant à la capacité pour le système de dons à répondre à la demande. L’argument de la pénurie des gamètes (spermatozoïdes et ovocytes), semble parfois être utilisé comme argument contre l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires. Mais sorti des invectives et débarrassé des postures, où en est-on ? Pour comprendre les enjeux du don de gamètes, encore faut-il être clair sur ce dont on parle. Par gamètes, on entend soit spermatozoïdes, soit ovocytes. La PMA étant, pour l’instant, réservée aux couples hétérosexuels ayant des problèmes de fertilité, le sperme d’un donneur est dans certains cas utilisé pour remplacer le sperme du père, tandis que les ovocytes (ou ovules), viennent remplacer les ovules de la mère. Dans un cas comme dans l’autre, les gamètes recueillis le sont sur une base de dons gratuits (donc non rémunérés) et complètement anonymes. Attention cependant, la PMA, qui inclut une insémination artificielle, mais aussi parfois une fécondation in vitro, est dans la grande majorité des situations (97% en 2015) réalisée avec les ovules et spermatozoïdes du couple, le don ne concernant donc qu’une petite partie des procédures. D’après l’Agence de la biomédecine, en 2015, 540 femmes ont donné des ovocytes et 255 hommes des spermatozoïdes. Un chiffre à mettre en rapport avec les 3 500 couples qui s’inscrivent chaque année pour bénéficier d’un don. 

Pénurie d'ovocytes mais pas de spermatozoïdes

Alors, pénurie ? Oui, pour les ovocytes, explique à Komitid Françoise Merlet, en charge de la PMA à l’Agence de la biomédecine : « Bien qu’on observe une augmentation croissante du don depuis 2008, on est encore en situation de pénurie puisque on a 2 500 couples qui attendent chaque année un don. Les délais d’attente vont de un à trois ans, ce qui est beaucoup trop long ». Au niveau du don de sperme, on se trouve « en flux tendu ». « On est plutôt en insuffisance de donneurs, parce qu’on a des difficultés à diversifier les profils », ajoute la responsable.
« On a 2 500 couples qui attendent chaque année un don. Les délais d’attente vont de un à trois ans, ce qui est beaucoup trop long »
Ce niveau de don, trop faible, induit des délais d’attente parfois interminables pour des couples. « C’est long quand vous avez derrière vous trois ou quatre ans de PMA et plusieurs années de tentative de conception », note Virginie Rio, la co-fondatrice de l'association Collectif Bamp. Pourtant, les objectifs mis en place par les autorités ne semblent pas impossible à atteindre :  « Notre objectif, ce sont 300 dons de sperme et 1 400 dons d’ovocytes par an », explique Françoise Merlet. « Aujourd’hui, on estime qu’avec ce chiffre, on pourrait répondre à la demande actuelle. C’est quelque chose qui paraît à la fois énorme et en même temps, ramené au nombre de femmes, ce n’est rien. » Les objectifs, ramenés à la taille de la population française, ne semblent effectivement pas inatteignables. Comment, alors, expliquer le manque criant de sperme et d’ovocytes dans les Centres d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) ? En premier lieu, par un manque d’information de la population sur les modalités et l’utilité du don. L’Agence de la biomédecine fait bien des campagnes annuelles sur le sujet. Elle a notamment lancé deux sites d’informations sur le don en novembre 2017. Mais il faut reconnaître que le message ne passe pas. Un constat que partage Françoise Merlet : « Quand on a fait nos premières enquêtes en 2006, la plupart des personnes ne connaissait pas le don d’ovocytes, un peu plus le don de sperme et certain.e.s pensaient même que c’était illégal. Ce don est mal connu… et la demande spécifique est encore moins connue. » [embed]https://www.youtube.com/watch?v=fwws_1j07I0[/embed]
« Il faudrait une vraie prise de conscience de la société. Et pour l’instant, on n'est pas dans la prise de conscience, on est dans le conflit idéologique. »
Reste à savoir comment améliorer cette communication, alors même que certain.e.s donneurs et donneuses n’en ont « jamais entendu parler », selon Cynthia Frapsauce, praticienne et biologiste au CECOS du CHU de Tours. Si les acteurs et actrices du secteur notent qu’il faudrait plus de moyens, Virgine Rio juge que la société devrait avoir un débat plus large sur l’infertilité : « Il faut de la communication, informer les gens, notamment les jeunes, et les sensibiliser sur le fait que la fertilité humaine est fragile, que le contexte environnemental impacte la fertilité. Il faudrait une vraie prise de conscience de la société. Et pour l’instant, on n'est pas dans la prise de conscience, on est dans le conflit idéologique. »

Un choix purement altruiste ?

Reste aussi que faire un don n’est pas donné à tout le monde. Les critères d’âge (jusqu'à 37 ans pour les femmes) et de santé ainsi que son caractère purement altruiste limitent la base des donneurs et donneuses. Si un don de spermatozoïdes est relativement simple à effectuer, un don d’ovules est beaucoup plus lourd, puisqu'il implique une opération chirurgicale. En Espagne, les donneuses d’ovocytes sont défrayées autour de 1 000 euros, ce qui, selon la docteure Frapsauce, veut dire que « les profils des donneuses sont largement différents des nôtres. Elles sont plus jeunes. Nos donneuses sont plus altruistes et plus âgées ». « Il faut réfléchir à un nouveau système » tranche Virginie Rio. C’est justement l’une des missions des États généraux de la bioéthique. Doit-on faire évoluer le cadre légal, très restrictif, encadrant le don de gamètes ? Pour le moment, celui-ci est anonyme, avec un nombre de naissances limité par don, et gratuit. Faudrait-il aller vers ce que fait le Danemark, où les donneurs sont défrayés près de 1 000 euros par don ?  La question touche à un sujet sensible, à savoir la marchandisation du corps. Pourrait-on alors imaginer copier la Belgique, qui a quasiment les mêmes lois qu’en France, hormis qu’il est possible pour certains couples d’importer du sperme de l’étranger pour accélérer la procédure. Faut-il revoir la condition d’anonymat, comme en Suède ? La levée de celle-ci ne semble pas avoir eu d'impact sur le niveau de don dans le pays. Les systèmes mis en place par nos voisins européens sont aussi divers que variés et ne garantissent pas forcément un envol du nombres de dons, le choix restant intimement personnel. La Belgique connaît elle aussi des situations de pénurie depuis quelques années. La question n'a pas l'air d'intéresser le gouvernement français, qui ne semble pas pressé d’ouvrir ce dossier jugé comme sensible.

« Il ne faut pas non plus imaginer qu’il va y avoir un déferlement de femmes »

Un système à flux tendu donc. L’ouverture de la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires viendra-t-elle le dynamiter ? Pour le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), des interrogations demeurent, explique Slate : « Cette demande d’ouverture doit être confrontée à la rareté actuelle des gamètes qui risque de provoquer un allongement des délais d’attente ou une rupture du principe de gratuité des dons. Cela pourrait ouvrir des perspectives de marchandisation des produits du corps humain et remettre en cause le système de santé français fondé sur des principes altruistes. » On est en droit de douter qu'une vague de couples lesbiens et de femmes célibataires viennent assécher les banques de sperme françaises. D’autant que les dons de spermes qui sont réalisés actuellement seront uniquement destinés aux couples hétérosexuels. Pour l’instant, les donneurs et donneuses signent un consentement qui dépend de la loi actuelle. Ce n’est qu’une fois une nouvelle loi d’encadrement votée par le parlement, que l’Agence de la biomédecine ajustera ses règles et informera les donneurs et donneuses que leurs gamètes pourront être utilisés pour des couples de même sexe et des femmes célibataires. L’ouverture de la PMA ne devrait donc pas avoir d’impact sur l’attente des personnes déjà engagées dans une procédure.
« Je me dis que les couples en attente arrivent à motiver les gens autour d’eux, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas le cas pour les nouveaux »
Pour les autres, l’attente pourrait effectivement s’allonger un peu, du moins au début. « Il ne faut pas non plus imaginer qu’il va y avoir un déferlement de femmes », souligne Virginie Rio : « On en parle beaucoup, mais la PMA ne concerne pas beaucoup de monde, encore moins de couples de femmes ». D’ailleurs en Belgique, où la PMA est ouverte à toutes depuis des années, son ouverture n’a pas entraîné une pénurie de spermatozoïdes. « Je suis plutôt optimiste » nuance Cynthia Frapsauce. « Ça sera [aux couples de femmes et aux femmes célibataires] de communiquer sur le sujet et d’en parler autour d’elles. Ça nous amènera peut être des donneurs et des donneuses qu’on n'a pas aujourd’hui. Peut-être que ça augmentera même nos banques de sperme ».  Parce que oui, à l’heure actuelle, la grande majorité des donneurs et donneuses sont sensibilisé.e.s par des proches qui ont recours à une PMA. « Je me dis que les couples en attente arrivent à motiver les gens autour d’eux, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas le cas pour les nouveaux », conclut la docteure Frapsauce. À bon entendeur." ["post_title"]=> string(84) "La PMA pour toutes va-t-elle entraîner une pénurie de spermatozoïdes en France ?" ["post_excerpt"]=> string(228) "L'argument est repris par de nombreuses organisations anti-PMA pour toutes, mais n'a pas forcément de fondement. Pour les professionnel.le.s, la problématique est surtout de mieux parler du don aux Français.e.s. Explications." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(33) "pma-penurie-don-de-gametes-france" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(46) " https://www.komitid.fr/2018/05/09/pma-europe/" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-14 14:25:01" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-14 12:25:01" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(29) "http://www.komitid.fr/?p=1287" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Le Danemark autorise les gays à donner leur sang, mais l'égalité n'est pas encore là

Publié le

Le pays scandinave fait mieux que la France, qui demande aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes de s'abstenir un an.

Don du sang danemark
Serait-ce un Danois gay, qui se serait abstenu pendant 4 mois ou bien serait « dans une relation monogame », et aurait donc pu donner son sang ? - ESB Professional via Shutterstock

Le Danemark y est presque. Le pays vient d’annoncer que les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes ne seront plus exclus du don du sang, et ce dès 2019. D’après le média CPH Post, les hommes gays et bis pourront donc donner leur sang après une période d’abstinence de 4 mois, ou sans délais s’ils sont « dans une relation monogame ».

L’annonce a été faite la semaine dernière par Ellen Trane Nørby, la ministre de la Santé du pays. Le but ? Faire en sorte que le système de don du sang danois « prenne mieux en compte l’égalité ».

«  L’autorité [de la sécurité des patients] a trouvé un modèle qui est sécurisé et nous l’incorporerons au Danemark », a expliqué Ellen Trane Nørby. « Tous les mécanismes de sécurité de notre système sont construits sur la confiance et nous testons également le sang grâce à des tests avancés.  »

En France, le don du sang est autorisé pour les hommes homosexuels et bisexuels, mais après une période d’abstinence d’un an. Une situation décriée par les associations depuis de nombreuses années. Et si avec cette décision, le Danemark se rapproche un peu plus de l’égalité dans le don du sang entre les hétéros et les personnes LGBT+, celle-ci n’est pas parfaite.

Pour les personnes ayant des relations sexuelles avec des personnes du sexe opposé, le délais de carence de quatre mois n’existe que si il y a eu prise de risque. Une personne hétéro n’a donc pas d’obligation a être en couple, et d’être monogame pour faire un don.