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Un portrait de la princesse Diana dessiné avec du sang pour dénoncer la sérophobie

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L'artiste ouvertement gay Conor Collins a réalisé un portrait de la princesse anglaise disparue il y a plus de vingt ans pour dénoncer la stigmatisation dont sont encore victimes les personnes qui vivent avec le VIH.

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Le portrait de la princesse Diana réalisé à partir de sang porteur du VIH - @conartworks / Twitter

Conor Collins a frappé fort. L’artiste ouvertement gay originaire de Manchester a réalisé un portrait de la princesse Diana, décédée dans un accident de voiture à Paris le 31 août 1997, en utilisant de la poussière de diamant et du sang porteur du VIH. « Le monde a été choqué quand Diana a tenu la main d’un patient porteur du VIH. Des décennies plus tard, la stigmatisation du VIH sévit encore », a expliqué Collins dans un thread publié sur Twitter. C’est en 1987 que la princesse avait eu un geste fort en serrant la main d’une personne séropositive. « Quand la princesse Diana a tenu la main d’un homme mourant du sida, peu auraient imaginé qu’aujourd’hui un traitement existerait et permettrait aux personnes séropositives de vivre pleinement, sainement, aimant la vie. Diagnostiquée et traitée tôt, l’espérance de vie d’une personne séropositive est inchangée », a martelé Conor Collins.

« Indétectable signifie intransmissible »

« Nous devrions connaître les faits. Vous ne pouvez pas contracter le VIH à partir d’un baiser. Indétectable signifie intransmissible. La PrEP fonctionne », a souligné l’activiste. « Toutefois, la stigmatisation généralisée du VIH, l’homophobie, le racisme et la transphobie ne servent qu’à rendre les nouvelles infections au VIH plus probables. Les dernières données au Royaume-Uni, rapportées l’année dernière mais de 2016, montrent que 93 % des personnes diagnostiquées sont maintenant indétectables et ne présentent pas de risque de transmission aux partenaires sexuels. Malgré cela, les personnes séropositives sont deux fois plus susceptibles de se suicider, en particulier lors de leur première année de diagnostic. La honte doit s’arrêter. La stigmatisation doit cesser. Personne ne devrait être conduit à cela. »


La stigmatisation est un choix

Par son explication, l’artiste a rappelé combien les discriminations à l’encontre des personnes vivant avec le VIH favorisent l’épidémie. « Le VIH est un virus. Il n’a pas de conscience. Il est sans couleur, sans croyance, sans sexe ni sexualité. Il est incapable de jugement. La stigmatisation est cependant un choix. L’épidémie de VIH est alimentée par cette stigmatisation, cette honte et cette ignorance. La science peut traiter la maladie, mais c’est l’amour, la compassion, le respect et la compréhension qui vont enfin stopper l’épidémie. »

L’artiste mancunien s’est déjà illustré dans le cadre d’actions similaires. Il a, par exemple, réalisé un portait du mathématicien britannique Alan Turing avec le sang de médecins gays, un de Donald Trump à partir de ses messages sexistes et racistes ou encore un du plongeur britannique Tom Daley ouvertement gay à partir des messages de haine dont il a été victime.