Au Japon, des écoles passent à l'uniforme non-genré en soutien aux élèves LGBT+

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Exit le modèle jupes pour les filles et pantalons pour les garçons.

Des élèves dans une école japonaise (illustration) - KPG_Payless / Shutterstock
Des élèves dans une école japonaise (illustration) - KPG_Payless / Shutterstock

L’école japonaise se met à l’heure non-genrée. Selon plusieurs médias de l’île, dont The Japan Times, de plus en plus d’écoles nipponnes proposent à leurs élèves des uniformes unisexes. Le journal nous explique que cette mesure pourrait aider à soulager les angoisses des écoliers et écolières « jusqu’alors tenus de porter des uniformes rigides, comme une veste avec un col droit et un pantalon pour les garçons et une tenue de type marin avec une jupe pour les filles ».

D’autres écoles vont même plus loin en laissant libres les élèves de porter une jupe, un pantalon ou une cravate et ce peu importe leur sexe. C’est le cas, par exemple, au lycée Kashiwanoha, situé à Kashiwa dans la préfecture de Chiba. Selon The Japan Times, l’établissement ne comptait pas rendre obligatoire le port de l’uniforme, mais a dû se plier à la volonté des parents qui, interrogés dans le cadre d’une enquête d’opinion, ont été 90 % à plébisciter son port obligatoire.

Protection de la jeunesse LGBT+

Ce sont directement les professeur.e.s, en collaboration avec les parents, quelques étudiant.e.s et des membres du conseil d’éducation, qui se sont rassemblé.e.s pour élaborer ensemble le design des uniformes. Une attention particulière a été prêtée au besoin pour les élèves LGBT+ d’être pris.es en compte. Et que les filles n’aient plus l’obligation de porter des jupes mais bien des pantalons, surtout en hiver lorsqu’il fait plus froid. « Nous avons pensé qu’il serait préférable de laisser les élèves porter quelque chose dans lequel ils se sentent à l’aise s’ils rencontrent des difficultés pour se rendre à l’école à cause des uniformes », a souligné le directeur adjoint de Kashiwanoha. « Nous avons choisi une couleur discrète et vérifions les motifs afin que l’uniforme convienne à tous les élèves. », a-t-il poursuivi.

« Je redoutais chaque jour d’école parce que cela signifiait que je devrais mettre la jupe. »

Selon Human Rights Watch, le gouvernement conservateur japonais a pris de nombreux engagements pour la protection de la jeunesse LGBT+ ces dernières années. L’ONG a rapporté les propos d’un étudiant trans qui a expliqué combien il était angoissé à cause de son uniforme féminin. « Quand j’ai commencé le lycée, je n’ai pas remis en question l’uniforme initialement », a-t-il expliqué. « J’ai progressivement commencé à le remettre en question et lors de la troisième année, je redoutais chaque jour d’école parce que cela signifiait que je devrais mettre la jupe. »