Une version confirmée par Catherine Michaud, présidente de Gaylib qui avait quitté l’UMP en janvier 2013 : « Derrière la défaite de 2012, l'UMP n'a pas fait son autocritique, loin de là. Ça a même été la surenchère de qui serait le plus à droite. Il n'y a eu aucune notion de pourquoi il y a eu défaite. On a entretenu les militants avec l'idée que Sarkozy était une grande personne de la droite, presqu'un sauveur. On s'est bien rendu compte que ce n'était pas le cas. »
« Derrière la défaite de 2012, l'UMP n'a pas fait son autocritique, loin de là »
Ce qui caractérise ce prisme idéologique est connu : la défense d’un modèle familial (un papa, une maman) décrit comme traditionnel, voire symbole d'un ordre naturel, et un conservatisme total en matière d’avancée des droits des minorités et de ce qui est tout simplement autre. Toutefois, si la ligne de pensée est claire, l’identité des partisans de la Manif pour tous l’est moins. Longtemps présentée comme la marche de tous les catholiques, elle était en fait celle d’une partie des catholiques français, explique Josselin Tricou, sociologue à l'université Paris-8, spécialiste des questions de genre dans la religion catholique : « Attention, le catholicisme contemporain est fragmenté. Là, on a eu un effet de trompe-l'œil, notamment avec des journalistes qui ont parfois cru et fait croire que tous les catholiques étaient dans la rue. Et même ceux qui étaient dans la rue, les moins motivés, une fois que les évêques ont dit "on rentre à la maison", ils l'ont fait. » Mais le cadre idéologique, lui, est resté. Et la Manif pour tous est aussi venue apporter ses troupes les plus motivées, notamment via son émanation politique, le micro parti Sens Commun, créé en novembre 2013. Car si les cadres de la droite ont fini par se rallier aux nombreuses marches des anti, c’est réellement cette organisation qui a fait infuser les idées chez Les Républicains.

Émanation politique

Il est vrai que Sens commun, qui se décrit comme « défenseur des familles », a su s’immiscer dans l’appareil du parti, notamment au niveau local. De « l’entrisme » pour Josselin Tricou : « Au niveau local, on le voit très bien, notamment à la région Île de France, Valérie Pécresse a des membres issus du collectif Manif pour tous dans son cabinet. Un effet très immédiat, c'est qu'elle a arrêté de financer la recherche sur le genre. » « La stratégie de Sens commun était justement de ne pas rester dans l'association, mais de la quitter pour pénétrer LR, sachant que le parti LR avait besoin d'adhérents et que Sens Commun avait besoin d'une organisation partisane puissante », poursuit le chercheur. « Néanmoins, ils ont diffusé leurs idées et il y a maintenant une crainte chez les politiques de rouvrir les questions liées à la démocratie sexuelle. » Valérie Pécresse, la présidente francilienne n’est d’ailleurs pas la seule à avoir installé des partisans de Sens commun dans l'organigramme de sa région. Même histoire chez le patron des Républicains Laurent Wauquiez, à la tête de la région Rhône-Alpes, qui a intégré Anne Lorne ancien pilier de la Manif pour tous à Lyon et déléguée régionale de Sens commun dans son équipe. 

Fillon, meilleur candidat de la Manif pour tous

Rétrospectivement, il est même logique que François Fillon, lui aussi proche des idées des partisans de la Manif pour tous, ait fini par gagner la primaire de la droite en 2016. Dans un article de 2017, Challenges racontait d’ailleurs comment la campagne de l’ancien Premier ministre avait été gangrenée par des cadres de Sens commun. « Finalement, cette frange conservatrice, a trouvé des relais, comme Fillon », raconte Catherine Michaud. « Et Sens Commun a fait un travail de fond dans les territoires. Ce sont des choses que personne n'a anticipé, et que l'on a vu monter trois semaines avant le premier tour de la primaire. »
« Les dirigeants des Républicains se sont recroquevillés sur une ligne identitaire »
Mais la ligne politique adoptée par Fillon, puis Wauquiez, est loin d'avoir plu à tout le monde. Si la famille des Républicains affiche, avec plus ou moins de succès, son soutien à François Fillon pendant la campagne présidentielle, une partie le lâche complètement après la victoire d’Emmanuel Macron lors des législatives. D’un coup, le parti est déserté par certain.e.s de ces représentant.e.s centristes, comme Alain Juppé, tandis que d’autres se mettent en retrait, comme Xavier Bertrand. Ils sont nombreux à quitter le parti, comme Franck Riester, qui a créé son propre parti de centre droit, Agir. Il expliquait son départ dans les colonnes du Figaro en septembre 2017 : « Les dirigeants des Républicains se sont recroquevillés sur une ligne identitaire, autoritaire, eurosceptique et ultra-conservatrice. Une ligne qui les condamne à l'échec. Ils piétinent les valeurs fondatrices de l'UMP. Ainsi, certains d'entre eux ont été incapables d'appeler à voter Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. Laurent Wauquiez nous dit qu'il ne fera pas d'alliance avec le Front national mais il tient le même discours. » « La présence de Sens commun, dans la campagne de Fillon, a plus été un prétexte qu’une raison pour les membres de LR de quitter le parti dans un contexte de crise » nuance Josselin Tricou. Reste que ce positionnement, combiné à l’arrivée de Macron sur la scène politique avec une offre pouvant satisfaire les personnes de centre droit, a fait exploser la droite.

« Wauquiez se plantera »

Qui aurait pu imaginer, il y a deux ans, que le candidat de la droite et du centre droit finirait par être éliminé dès le premier tour, en récoltant seulement 20,01 % des suffrages ? Certes, l’affaire du Penelopegate, qui a vu l’ancien Premier ministre être accusé de détournement de fonds, ainsi que la montée d’Emmanuel Macron, ont participé à cette déroute. Mais les idées portées par François Fillon n’ont pas fait recette dans l’opinion. Les électeurs et électrices préférant, au choix, la copie à l’original avec Marine Le Pen, ou un point de vue plus modéré sur les questions sociétales avec En Marche. Les indicateurs ne sont pas non plus très bons pour Laurent Wauquiez. Un récent sondage, réalisé par l’Ifop pour Paris Match, indique même que si la présidentielle se déroulait aujourd’hui, le patron des Républicains ne récolterait que 8 % des suffrages. Un camouflet. Auprès de Komitid, Catherine Michaud confie d’ailleurs que, selon elle, « Wauquiez se plantera ». Tout se passe comme si, avec son positionnement dur sur les questions de société, sur la nationalité et sur les réfugié.e.s, LR s’était enfermé dans un espace politique de plus en plus restreint. L’essayiste Gaël Brustier souligne la naissance d’un nouveau pôle : « La ligne politique défendue actuellement, conservatrice-sécuritaire, se rapproche de celle du Front National. On va avoir un pôle conservateur, nationaliste, souverainiste. Là-dedans, un papa-une maman, ça compte. »

Infusions sociétales

Complètement défaites, alors, les idées de la Manif pour tous ? Non pas vraiment, au vu des bons scores du FN. Mais la grande victoire de l’organisation anti mariage pour tous, c’est qu’elle a réussi à installer ses idées et ses codes dans l’opinion française. Certes, les Français.e.s sont désormais majoritairement pour le mariage pour tous, et il n’y avait d’ailleurs plus que Marine Le Pen pour encore réclamer son abrogation dans son programme de 2017.  Dès 2012, le sujet du « genre » est devenu tabou, même à gauche. « À l'époque de Vincent Peillon, il avait dit "on enseigne pas la théorie du genre à l'école", ce qu'il a fait, c'est qu'il a repris sans le savoir le vocabulaire [de la Manif pour tous, ndlr]» explique Josselin Tricou. « C'est ça la grande victoire de la Manif pour tous : ils ont fait en sorte que tout le monde en parle et, surtout, avec leurs mots. » Un constat partagé par Gaël Brustier « la conversation conservatrice de la droite en 2012 a inhibé la gauche. On le voit bien avec Macron. Il ne va rien faire bouger sur les questions LGBT+, à part la PMA ». La récente sortie du président de la République, promettant de réparer les liens « entre l’Église et l’État » abonde dans ce sens. Hormis la PMA, Macron ne promet rien sur la fin de vie et d’autres avancées sociétales.
« La Manif pour tous a ébranlé le monde catholique de droite »
Reste que les opinions ont évolué, y compris dans la population catholique. « La Manif pour tous a ébranlé le monde catholique de droite », souligne Gaël Brustier. « Si vous prenez les familles qui ont défilé, avec sept ou huit gosses, il y en a souvent un ou deux qui sont LGBT+. Ça a fait exploser les familles et ça leur a fait prendre conscience que tout d'un coup, elles n'avaient pas juste une position "pour" la famille ou la filiation, mais homophobe. » À cela s’ajoute l’effet Pape François, qui, sans être particulièrement progressiste, a laissé la porte ouverte sur les questions liées à l’homosexualité. Les prochaines échéances électorales (les élections européennes en 2019), ainsi que les débats parlementaires entourant l’ouverture de la PMA à tout.e.s permettront de juger de la force de frappe de la Manif pour tous, d’abord dans l’opinion, et ensuite dans le monde politique. Si la tenue des États généraux de la bioéthique est un indice, les anti-égalité ont encore de beaux jours devant eux. " ["post_title"]=> string(63) "Comment la Manif pour tous a fait exploser la droite française" ["post_excerpt"]=> string(308) "En drainant des milliers de personnes dans la rue, la Manif pour tous puis Sens commun, ont donné à la droite un champ idéologique clef en main. Mais ce conservatisme débridé risque de réduire encore plus la place des Républicains, pris en tenaille entre le Front National et la République En Marche." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(32) "manif-pour-tous-droite-explosion" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-02-27 10:19:40" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-02-27 09:19:40" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=4613" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [1]=> object(WP_Post)#15269 (24) { ["ID"]=> int(2602) ["post_author"]=> string(1) "2" ["post_date"]=> string(19) "2018-04-30 14:45:18" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-04-30 12:45:18" ["post_content"]=> string(15037) "Sur le plateau de L’Émission politique le 25 janvier 2018, Amélie Georgin est face à Laurent Wauquiez. Cette femme a, avec son épouse, eu recours à la procréation médicalement assistée (PMA) pour donner naissance à leur fille, Garance. La séquence est forte (à partir de 1'21) : Amélie Georgin tient tête au président de Les Républicains, parvient à ne pas le faire dévier sur le sujet de la gestation pour autrui (GPA), rappelle habilement que malgré la devise républicaine de la France, si Laurent Wauquiez revient sur l’adoption plénière en rétablissant l’adoption simple, l’égalité entre toutes les familles ne sera pas garantie. https://youtu.be/Z0aFemnhBG8 La séquence est forte, elle est aussi peu habituelle. En effet, la présence de personnes ayant eu recours à une PMA se fait rare dans les médias. Pour aborder le thème de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, on a vu s’exprimer beaucoup d’opposant.e.s : des représentant.e.s de La Manif pour tous, mais aussi des essayistes, des philosophes, des médecins… De Jacques Testart sur Europe 1 à Eric Naulleau sur Arte à l’automne dernier, en passant par Marianne Durano dans Salut les Terriens le 3 février, les anti-PMA pour toutes et tous se font entendre avec force, d’où qu’ils et elles viennent. Peut-on en dire autant des partisan.e.s de cette avancée sociale, et surtout des principales concernées, les couples de lesbiennes et les femmes célibataires ? Komitid s’est penché sur la question.

Pas prises au sérieux

Les associations homoparentales seraient-elles ignorées par les médias ? Pour Céline Cester, présidente des Enfants d’Arc-en-Ciel, c’est un oui net et franc : « Il faut le dire : on n'est pas sollicités du tout, résume-t-elle auprès de Komitid. Par contre, il y a une facilité à se tourner vers la personne qui crie le plus fort, ce qui ne signifie pas forcément qu'elle dit les choses les plus intéressantes. C'est ceux qui font le plus de bruit qu'on va re-solliciter plus facilement. » Derrière ces bruyantes personnalités, la militante vise des représentant.e.s d’organisations conservatrices comme Ludovine de la Rochère (La Manif pour tous), ou Tugdual Derville (Alliance Vita). Sollicité.e.s parfois sans contradicteur, ces personnalités ont tout le loisir de dérouler un argumentaire bien rodé basé sur des éléments de langage abusifs comme les termes de « PMA sans père ».
« Pour parler d'homoparentalité, on entend souvent des intellectuels, des médecins qui parlent au nom des familles homoparentales »
Même constat du côté de Marie-Claude Picardat, co-présidente de l’Association des parents gays et lesbiens (APGL) : « Effectivement, on a l'impression que c'est toujours les mêmes que l'on voit. » La représentante associative va plus loin en reconnaissant une « faiblesse » dans son propre camp : « On n’est pas suffisamment entendu.e.s. Pour parler d'homoparentalité, on entend souvent des intellectuels, des médecins qui parlent au nom des familles homoparentales, et dont la connaissance est justement issue de nos associations et de nos familles. On ne nous donne pas la parole, on préfère la donner à des gens qui ont construit un savoir sur notre dos. On ne nous prend pas toujours au sérieux, sauf quand on veut une petite vignette, quand on veut illustrer un discours savant. C'est un peu agaçant. »

Concernées… mais pas objectives

Ce manque de visibilité des associations homoparentales dans un débat public et médiatique qui les touche en premier lieu est symptomatique d’une tendance très française à ne pas tendre les micros vers les personnes concernées : « On considère que les premiers concernés ne sont pas objectifs et qu'il faut donc donner la parole à des sachants qui seront soi-disant plus objectifs, démontre Marie-Claude Picardat. Par ailleurs, dans la tête des journalistes, les détracteurs n'ont pas besoin d'être des gens savants puisque c'est juste une question d'opinion. Ils peuvent se permettre d'être de simples avis. On fait donc appel à des gens qui sont juste “pas d'accord” et pas forcément à des gens qui auraient construit un discours compétent dans le domaine. »
« Dans les médias, on parle de migrations sans migrants, on discute de racisme entre blancs, etc. Pourtant, les premiers concernés sont les plus à même d’en parler ».
Dans une tribune publiée sur Streetvox fin septembre 2017, la journaliste et militante lesbienne et féministe Alice Coffin appelait les médias à améliorer leur traitement de la question de la PMA notamment en « donnant la parole aux concernées » : « Dans les médias, on parle de migrations sans migrants, on discute de racisme entre blancs, etc. Pourtant, les premiers concernés sont les plus à même d’en parler. Ils, elles, ne livrent pas seulement un vécu ou un témoignage, mais une expertise. Pour la PMA, nous lesbiennes connaissons les enjeux du débat et avons expérimenté les limites de la loi actuelle. Nous avons donc légitimité à en parler. » Plusieurs mois après cet appel, les médias ne semblent pas avoir pris la mesure de cette recommandation et continuent à mettre de côté les paroles des couples de lesbiennes et des femmes célibataires. Depuis l’annonce de Marlène Schiappa en septembre 2017, Céline Cester affirme ne pas avoir été invitée une seule fois pour s’exprimer face à des opposant.e.s à l’ouverture de la PMA, à la télévision. « C’est arrivé par le passé, pendant les débats sur le mariage pour tous », souligne-t-elle avant de constater : « Ça fait plus d’un an que je suis présidente des Enfants d'Arc-en-Ciel : je n’ai jamais eu ce type de sollicitation. » Il suffit d’une simple recherche sur Google pour trouver les noms et les coordonnées des porte-parole des associations homoparentales en France. « Je pense qu'on n’a pas forcément très envie de nous donner la parole, analyse Céline Cester. Il y a des débats sur lesquels on préfère peut-être entendre des personnalités politiques. » En témoigne cette séquence de C L’Hebdo où dans un débat face à Ludovine de la Rochère, l’émission a placé… Christophe Castaner, à l'époque porte-parole du gouvernement : https://www.youtube.com/watch?v=oa2szOf9iBs « Ce qui va nous mettre en colère, c'est que notre association a pu être reconnue à un certain moment pour la qualité de ces témoignages, reprend Céline Cester. Une majorité de personnes sait que Les Enfants d'Arc-en-Ciel, c'est essentiellement des couples de femmes qui sont dans des démarches de projets de parentalité. Ça veut dire que quand on veut donner la parole aux personnes concernées et en l'occurrence sur la PMA, nous sommes les mieux placées, ce serait logique de nous donner la parole. » Elle déplore aussi une monopolisation quasi totale de la parole par les hommes : « Quand on entend parler des hommes, tout de suite ressort l'amalgame PMA-GPA, c'est systématique. Il est déjà bien entretenu dans le traitement médiatique, mais si en plus on entend des hommes, ça renforce ce côté-là. Je ne dis pas que certains hommes ne sont pas compétents pour en parler, mais je pense que dans l'image de l'opinion publique, entendre une femme, ça fait la différence. »
« Des familles nous disent aujourd’hui qu'elles en ont marre de devoir prouver qu'elles sont comme les autres »
Au-delà du discours militant et du débat en plateau, l’association des Enfants d’Arc-en-Ciel n’hésite pas à mettre en contact journalistes et familles homoparentales pour montrer leur réalité. Une visibilité qui entraîne parfois une certaine lassitude : « Des familles nous disent aujourd’hui qu'elles en ont marre de devoir prouver qu'elles sont comme les autres, elles n'ont plus envie de se justifier. » Céline Cester souhaiterait que les médias mettent l’accent sur ce qui va bien : « Il y a plein de choses positives dont on ne parle jamais, des expériences qui peuvent se passer dans les écoles, avec le personnel soignant, dans l'entourage. On ne le relaie jamais et on préfère se concentrer sur les difficultés. Je trouve ça dommage. » Si elle reconnait que montrer les problèmes rencontrés par les familles homoparentales permet de porter des revendications, un discours plus positif permettrait de « montrer que la société est prête, que nos familles ont leur place à part entière. »

Les États généraux, une solution pour se faire entendre ?

Comment être visible quand les médias ne vous accordent pas de place ? Alors que les débats ont eu lieu en région, Céline Cester a exhorté les adhérentes des Enfants d’Arc-en-Ciel d’aller assister aux tables rondes : « On essaie d'encourager les familles à se mobiliser pour ne pas laisser toute la place à La Manif pour tous, parce que, on le sait, elle est là et elle ne va pas se taire. On essaie que les gens se rendent compte qu'il y a une carte à jouer, même pour les gens qui ne sont pas militants. On n'a pas besoin d'être militant pour être légitimes. » Pourtant plusieurs associations ont rapporté un climat d’agressivité et une impossibilité à débattre tant le fossé entre les participant.e.s est important. Le collectif BAMP, qui rassemble des patient.e.s de l’aide médicale à la procréation (AMP) et des personnes infertiles, évoque ainsi un débat à Angers qui s’est tenu en janvier : « C’est donc une salle comble, de 200 personnes dont les 3/4 venus non pas pour s’informer, débattre, mais bien pour déverser leurs approximations sur ce qu’est l’AMP, pour ne pas écouter ce qui était présenté par les intervenants, impatients qu’ils étaient de déverser leurs haines (car à ce niveau c’est de la haine), de répondre à côté des thèmes présentés. »
« Cette consultation citoyenne n'est pas assez médiatisée. Les anti, eux sont organisés. »
Même son de cloche à Lyon avec le compte-rendu d’une blogueuse qui conclut avec beaucoup d’amertume : « Cette consultation citoyenne n'est pas assez médiatisée. Les anti, eux sont organisés. C'est ce qui m'a frappée, mercredi. J'arrivais comme une fleur. Ils avaient des dossiers. Je venais pour écouter les autres mais derrière moi, un homme, dès qu'il n'aimait pas ce qui se disait, mimait un violon en imitant bruyamment une trompette. Sur les réseaux sociaux, […], ils sont partout. Ils composaient 90% de l'assistance. Et c'est tout cela qui va remonter comme représentatif de la population, à la fin des consultations. Si on abandonne, si on meurt - comme moi ce soir là - de trouille et qu'on ne veut plus y mettre les pieds, il n'y aura plus que leur parole. » Komitid s'était rendu le 11 avril dernier, à une « rencontre de « contre-expertises » » organisée dans le Marais, à Paris, par l'Espace éthique Île-de-France, dans le contexte des Etats Généraux. Le premier intervenant pour donner « son opinion sur la PMA » ? Baptiste Laroche, le responsable jeunes du PCD, Parti Chrétien Démocrate fondé par une certaine Christine Boutin. Ensuite, c'est Virginie Tellenne, alias Frigide Barjot, qui avait donné son avis sur « les différences éthiques entre PMA homologues et hétérologue ». De façon surprenante, elle avait proposé « une solution » aux couples de mêmes sexes pour faire des enfants : « l'amitié procréative ». Un hétérosplaining qui avait soulevé l'indignation de l'auditoire majoritairement composé de personnes pro Manif pour tous. Ce phagocytage du débat par les opposant.e.s n’inquiète pas Marie-Claude Picardat. Elle estime que le déroulement des débats est bien loin de celui de 2013 : « C'est quelque chose qui est beaucoup moins agressif pour nous dans les modalités, tempère-t-elle. Sur le fond du discours, il y a toujours des choses difficiles à entendre, mais il faut aller les chercher. Ce n'est pas comme il y a quelques années où les informations venaient par les médias et étaient répétées de manière insistante. »

Prochaine étape ?

Depuis la fin de la période consultative des États généraux de la bioéthique, qui a permis la tenue de 280 débats, le Conseil d'État a remis un rapport au gouvernement, indiquant ne voir « aucun obstacle juridique » à l'extension de la PMA à toutes. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), à l'origine de ces États généraux, devait rendre un rapport aux parlementaire début juin mais il a été retardé pour être rendu à la rentrée de septembre. « Il faudra que nous présentions, et nous nous étions engagés, un projet de loi qui sera présenté en conseil des ministres avant la fin de l'année, pour un examen (au) début du premier trimestre de l'année prochaine », a indiqué Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement mercredi 18 juillet. Entre temps, le député de la majorité Guillaume Chiche a déposé jeudi 19 juillet une proposition de loi. La machine semble se mettre en route, mais sans que les associations de concernées soient invitées autour de la table. 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Issu de la vieille aristocratie de campagne, à Caen, il a puisé la force de son engagement lors des manifs de La Manif pour tous, face à une famille qui en était. D’abord très actif sur le Twitter queer et féministe, il est à présent engagé au Planning Familial du Calvados et au Centre LGBTI de Normandie. Il est aussi co-organisateur de soirées « Drama Queer » dans sa ville. Ce jeune militant tout-terrain nous raconte son parcours, et son quotidien militant, non loin de la Manche. J'ai commencé à militer au moment du mouvement réactionnaire de La Manif pour tous, fin 2012. Je ne supportais plus d'avoir à esquiver les questions de ma famille qui ne comprenait pas pourquoi ces manifs auxquelles elle participait me blessaient autant. J'ai pris la colère que j'avais en moi et me suis engagé dans l'asso LGBT étudiante de ma fac. Puis il y a eu Twitter, qui a été pour moi un lieu de ressources et d'informations formidable. J'ai eu le sentiment d’y gagner des années d'apprentissage, de réflexions militantes. Les manifs, elles, m'ont apporté une concrétisation physique et collective de mes objectifs militants. Je suis passé d'un militantisme solitaire à un militantisme collectif, où la charge mentale et morale de la lutte était partagée. Aujourd’hui, je suis aussi bénévole au Centre LGBTI de Normandie et au Planning Familial, qui m'emploie par intermittence. Avec le CLGBTI, je participe à la représentativité des personnes LGBTI dans l'espace public, j'aide à l'organisation de manifs, comme la Marche des Fiertés de Caen. Je prends aussi part à des débats publics autours de films, pour porter dans les médias nos revendications de justice sociale. Je m'associe également à la lutte contre l'isolement et à l'accompagnement des personnes queer, sur des questions tant sociales que juridiques ou de santé. Au Planning, j’anime aussi des formations pour apprendre à reconnaître, décortiquer, répondre et lutter contre les discriminations liées aux genre, à la sexualité, ou les deux. J'analyse, avec des pros de l'éducation ou du monde médico-social, l'impact de la masculinité hégémonique, de l'hétérosexisme dans la vie de leurs publics, notamment dans leur sexualité. Il m'arrive d'animer des formations en établissements scolaires, par exemple, ou des accueils et de suivi sur les questions de contraception, d’accès à l'IVG, de rapport au corps, au couple… Je participe aussi à un programme d'accompagnement social et de prévention en santé sexuelle des travailleuses et travailleurs du sexe.
Comme pour les femmes et les personnes racisé.e.s, nos luttes sont perçues comme un combat de second plan
Ayant quasi exclusivement vécu en dehors de Paris je ne peux que comparer ce que je vois quand je m'y rends avec ce que je vis à Caen, qui n'est pas un territoire plus représentatif que Paris de ce qu'il se passe partout en France. Sans pour autant dire que tout va bien en région parisienne, l'existence de lieux pour se retrouver diminue vraiment le sentiment de solitude. Là où j'ai le sentiment de pouvoir disparaître dans la foule à Paris, j'ai l'impression de m'exposer, d'être vulnérable et stigmatisé sur Caen. À chaque fois que je me rends sur Paris, je prends conscience de m'être habitué à avoir peur et honte d'occuper l'espace public. J’ai toujours ce fort sentiment de ne pas y être à ma place. En gros, j'ai l'impression qu'on me dit « C’est pas un problème que tu sois queer en province, tant que ça ne se voit pas ! ». De plus, ma ville a été un bastion de La Manif pour tous, ce qui a créé pour nous, un climat de méfiance par rapport au reste de la société. Mais il n'y a pas que les mouvements réactionnaires, affiliés ou proches de la droite parlementaire qui nous renvoient cette impression pesante. Il y a celles et ceux qu'on dérange en silence et qui se joignent aux réacs' quand on est trop visibles ou qu'on demande à être pris.e.s en compte dans les débats. Comme pour les femmes et les personnes racisé.e.s, nos luttes sont perçues comme un combat de second plan, dont on s'occupe après, et ça, quand on est tout bonnement pas considéré.e.s comme une diversion des « vrais combats ».
Les Prides locales représentent (...) le seul temps d'occupation de zones qui nous sont encore globalement hostiles
Nos grands enjeux sociaux et politiques se jouent pas ailleurs qu'à Paris, ce qui nourrit un sentiment d'impuissance face à nos difficultés. Les grandes questions nationales dépassent nos moyens et revendications locales et semblent de toute façon être décidées sans nous. Là où sont souvent défendues des questions assez poussées sur la scène parisienne, nous en sommes encore à lutter pour plus de visibilité dans l'espace public. C'est pour ça que nos Prides locales sont importantes : elles représentent pour beaucoup le seul temps d'occupation de zones qui nous sont encore globalement hostiles. Les difficultés qu'on ressent à exister ne tiennent pas tant aux propos LGBTIphobes, qu’à un refus global de prise en compte de notre existence. Les soirées « Drama Queer » organisées avec les potes et camarades sont une des réponses à tout ça. C'est à la fois un moyen de se réapproprier des espaces qui ne nous sont pas destinés, une façon de se détendre et de lutter contre l'isolement sur la place caennaise, dans un climat de lutte constante. On avait surtout envie de faire la fête, et tant qu'à faire, la faire sans se faire emmerder. Avec les autres co-orgas, on ne savait pas où ni quand, puisqu'il n'y avait rien pour nous, alors on a décidé d’organiser nous-mêmes ces soirées queer qui nous manquaient.
Nous n'avons pas à justifier notre droit d'exister !
Militer, disons-le franchement, c'est chronophage et énergivore, mais ça vaut vraiment le coup. Mon conseil à celles et ceux qui voudraient mettre les mains à la pâte ? Ne restez pas seul.e.s. Essayez de trouver des personnes avec qui vous pouvez verbaliser vos craintes, vos peurs, vos joies. Vous allez être confronté.e.s à autant de propos et des situations angoissantes et violentes qu'à des moments intenses de pur bonheur. Et probablement un paquet d’autres moments improbables qui vous donneront envie de rire. Et n'oubliez pas : nous n'avons pas à justifier notre droit d'exister ! Pour autant, prenez garde à ne pas vous oublier. C’est vraiment important de se ressourcer, car nos combats sont de plus en plus longs et éreintants. Si on veut pouvoir tenir en continuant de lutter, il faut savoir prendre soin de soi. Et ce, que ce soit par le biais de temps festifs, ou de repos. Trouver son processus de self-care est très important : personnellement, je lâche prise en jouant à Donjons & Dragons avec mon coloc’ et mes potes. D’ailleurs je crois fermement que le care peut, et devrait, aussi être collectif. En prenant soin des autres, en allant chercher chez elles et eux ce que l’on n’arrive pas à se donner soi-même ou en leur donnant ce qu'ils et elles ne se donnent pas.

Propos recueillis par Olga Volfson.

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Entre « absence de dialogue » et « climat de peur » : la dure vie des associations LGBT+ au royaume de Laurent Wauquiez

Publié le

Élu à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes en 2016, l'actuel président du parti Les Républicains a très rapidement coupé des subventions pour des festivals LGBT+ et des associations de lutte contre les discriminations. Deux ans après, qu'en est-il ? Komitid a enquêté.

Laurent Wauquiez lors d'un colloque sur l'Europe en 2010 - Fondapol - Fondation pour l'innovation politique Suivre / Flickr
Laurent Wauquiez lors d'un colloque sur l'Europe en 2010 - Fondapol - Fondation pour l'innovation politique Suivre / Flickr
Article Prémium

Quelle place pour la lutte contre les discriminations dans la région présidée par l’actuel président du parti Les Républicains Laurent Wauquiez ? Peu de temps après son élection à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes, début 2016, de nombreuses associations et festivals LGBT+ ont alerté sur une situation de plus en plus intenable. Coupes de subvention, absence d’interlocuteurs au conseil régional… : l’année s’est ouverte sur de très mauvaises perspectives. Les informations à ce sujet ont connu un fort écho dans la presse tant elles concernaient des structures emblématiques de la vie associative et culturelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes : on parlait aussi bien de festivals de cinéma LGBT+ tels qu’Écrans Mixtes à Lyon, Vues d’en face à Grenoble ou encore Face à Face à Saint-Étienne, que du Planning familial régional, de la Lesbian and Gay Pride de Lyon (LGP) ou encore des interventions en milieu scolaire du Défenseur des droits pour lutter contre les discriminations. De…

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