La Slovénie rejette la nouvelle définition de la famille
Les Slovènes étaient appelés aux urnes hier pour un référendum sur le nouveau Code de la famille, qui aurait notamment ouvert le droit à l'adoption de l'enfant du conjoint dans les couples de même sexe.
Après avoir accordé une quasi égalité des droits aux couples de même sexe, la Slovénie a tenté de faire un pas supplémentaire vers l’adoption. Dimanche 25 mars, les Slovènes étaient appelé-e-s aux urnes pour un référendum, afin de se prononcer sur la modification du Code de la famille, en vigueur depuis 1976, à l’époque où la Slovénie faisait encore partie de la Yougoslavie. Cette modification aurait notamment permis l’adoption de l’enfant biologique du conjoint par le parent social dans les couples de même sexe. Malgré des sondages très favorables, les Slovènes ont voté à près de 55% contre cette mesure.
UNE REDÉFINITION DE LA FAMILLE
Au lendemain du vote, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce résultat: une faible participation d’une part, estimée à environ 30%, mais aussi une forte mobilisation des partis conservateurs et de l’Église catholique. Concrètement, la loi visait à redéfinir la famille comme étant non pas formée d’un père, d’une mère et de l’enfant, mais comme «un groupe comprenant un ou plusieurs enfants avec un ou deux parents, ou un autre adulte, si cela est dans l’intérêt de l’enfant». Un élargissement loin de la vision traditionnelle de la famille à laquelle une partie de la population semble encore profondément attachée.
UN RÉFÉRENDUM SOUTENU PAR LES CONSERVATEURS
En février, l’Initiative civique pour les droits de la famille et de l’enfant, un groupe opposé au nouveau Code de la famille et soutenu par l’Église catholique, avait récolté 42000 signatures, afin de mettre en place une consultation nationale. «Cette loi ne reconnaît pas l’importance exceptionnelle des femmes et des hommes dans l’acte de donner naissance, d’élever et d’éduquer un enfant», avait déclaré à Reuters Ales Prims, le porte-parole du groupe, quelques jours avant le référendum.
UNE LOI POUR LES DROITS DE L’ENFANT
Elle aussi interrogée par Reuters, Zdenka Cebasek Travnik, la médiatrice slovène pour les droits humains, avait insisté sur le fait que la loi, au-delà de l’adoption au sein des familles homoparentales, contient «beaucoup d’éléments qui sont clairement en faveur de l’enfant». Le texte prévoyait en effet aussi une meilleure protection de l’enfance avec par exemple l’accélération des procédures judiciaires concernant les droits de l’enfant.
C’est la cinquième fois qu’une telle loi est rejetée au cours des 16 derniers mois. Malgré le soutien de la gauche et des écologistes, la loi ne fait pas l’unanimité dans la majorité de centre-droit actuellement au pouvoir. Le chef du gouvernement, Janez Jansa, y est par exemple opposé. Le président slovène Danilo Turk a quant à lui remis en cause la légitimité des référendums. Aujourd’hui rejetée, la loi ne sera de nouveau débattue au parlement slovène que dans 12 mois.
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