Philippe de Villiers, l'homophobe qui murmure à l'oreille de Macron

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Le Journal du Dimanche a rapporté dans son édition du 20 mai que le président de la République et le fondateur du Mouvement pour la France, connu pour ses multiples prises de positions ultra conservatrices, entretiennent des relations très étroites.

Emmanuel Macron et Philippe de Villiers au Puy du Fou en août 2016 - Capture d'écran / iTélé
Emmanuel Macron et Philippe de Villiers au Puy du Fou en août 2016 - Capture d'écran / iTélé

Il en vient même à se féliciter de son « influence » inédite sur la politique française. Dans les colonnes du Journal du Dimanche (JDD), dimanche 20 mai, les lecteurs et lectrices ont été mis.es au courant d’une information quelque peu surprenante. Le président de la République Emmanuel Macron entretient de très bonnes relations avec Philippe de Villiers, ex-ministre, ex-parlementaire et fondateur du Mouvement pour la France (MPF). « J’aime beaucoup ce type », avait confié à ses proches celui qui n’était alors que ministre de l’Économie de François Hollande après leur rencontre lors d’une visite au Puy du Fou en août 2016, rapporte le journal. « Le Président nous parle beaucoup de vous… », a confirmé Benjamin Griveaux au principal intéressé, invité à assister au match entre le PSG et Les Herbiers en loge présidentielle le 8 mai dernier.

Au fil de l’enquête publiée par le journal dominical, nous apprenons combien Philippe de Villiers s’inscrit comme un conseiller de l’ombre du président de la République. Qu’il s’agisse de conseils pendant la course à l’Élysée ou plus récemment sur l’épineux dossier de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes : « J’ai plus d’influence aujourd’hui sur la vie politique française que lorsque j’étais en pleine activité. », s’est félicité celui qui a été le président du Conseil général de Vendée.

Cette capacité d’influence a de quoi inquiéter quand on connaît les positions assumées de Philippe de Villiers. Sans rentrer dans le détail concernant sa vision de l’islam – il prône une « France sans islam » – ou son discours sur l’immigration massive et le Grand remplacement, Komitid a mis son nez dans les archives concernant ses prises de position sur l’égalité des droits pour les personnes LGBT+.

La Pride ? « une mascarade »

Le mariage pour toutes et tous ? « Un projet absurde qui déstructure le mariage, qui supprime ce qui fait la transmission, la généalogie et finalement la stabilité de la société (…) Ce projet n’est pas à la bonne hauteur, un projet qui divise durablement et qui nous fait descendre le long d’une spirale qui est une spirale de nos valeurs fondamentales », avait-il déclaré au micro de BFMTV en 2013. La Marche des fiertés ? « une mascarade ! Il est incroyable que l’UMP ait demandé à défiler dans le char de queue. », affirmait-il déjà en 2004.

Sans oublier ce reportage toujours sur BFM dans lequel la présidente de la Manif pour tous en personne, Ludovine de la Rochère, atteste de rencontres avec Mr. de Villiers. « Où le positionner politiquement ? », questionne le journaliste. « Entre Les Républicains et le FN (Front national, ndlr) », a-t-elle répondu.

Plus récemment, c’est lors d’un rassemblement dit « marche pour la vie » (contre l’avortement) que Philippe de Villiers s’est illustré en qualifiant cette pratique de « crime ».

« Il faut oser dire que l’avortement est un crime, oser s’élever contre le mariage homosexuel », avait-il lancé en décembre 2015 au Salon du livre de « Renaissance catholique ».

Enfin, très soutenu par Civitas, association de catholiques intégristes, Philippe de Villiers est très régulièrement cité sur le site du mouvement. On note particulièrement cette revue éditée par Civitas qui en 2006 vendait en couverture « Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers répondent aux questions de Civitas ».

Ce positionnement ultra conservateur et ouvertement homophobe a de quoi interroger et inquiéter lorsque les Français.es apprennent qu’il s’infiltre dans les plus hautes sphères du pouvoir. Dans quelle mesure l’influence de Philippe de Villiers va-t-elle avoir une incidence sur les droits des personnes LGBT+ en France ? La question mérite d’être posée.