Coming-out du prêtre polonais: «Un signal fort», pour David & Jonathan
Le coming-out du prêtre polonais Krzysztof Charamsa a créé une mini-onde de choc dans l'Eglise catholique.
Le coming-out retentissant du prêtre polonais Krzysztof Charamsa dans les colonnes du Corriere della Sera, à la veille du synode sur la famille de l’Église catholique, a marqué les esprits.
Du côté du synode, qui se tient jusqu’au 25 octobre, on essaie de minimiser. Selon un journaliste de la Croix, le cardinal français André Vingt-Trois, très opposé au mariage pour tous, considère que son confrère polonais « déraille »:
« SIGNAL D’ESPOIR »
Pour David & Jonathan, l’association LGBT chrétienne, ce coming-out n’est pas vraiment une surprise. « On sait qu’en proportion, il y a plus d’homosexuels chez les prêtres que dans la population générale », affirme à Yagg sa coprésidente Elisabeth Saint-Guily. « Ce qui est nouveau, poursuit-elle, c’est qu’il soit si haut placé. » Pour elle Charamsa « a dû sentir que le synode sur la famille n’aborderait pas la question gay et il a voulu créer le débat. »
David & Jonathan compte d’ailleurs dans ses rangs un groupe de prêtres gays, qui se réunit périodiquement. « Entre 15 et 30 personnes », précise Elisabeth Saint-Guily, qui fustige le durcissement du ton de l’Eglise vis à vis de la formation des prêtres. Un changement initié par Jean-Paul II et renforcé par Benoît XVI en 2005 (Lire sur Golias Les homos indésirables). Les candidats à la prêtrise ne doivent pas « militer en faveur de la culture gay ». « Cela a créé une fermeture chez les prêtres », regrette la coprésidente de David & Jonathan.
C’est pour cela que la démarche du prêtre polonais est pour elle est un « signal d’espoir pour de nombreuses personnes dans le monde ». Car, « C’est Jésus qui a dit « la vérité vous rendra libre » », ajoute-t-elle.
Par rapport au synode, David & Jonathan veut y croire, sans trop se faire d’illusions: « On espère tout, on n’attend rien », résume Elisabeth Saint-Guily. L’association aimerait tout de même « une condamnation des actes homophobes dans le monde ».
« MERCI A LUI »
Krzysztof Charamsa peut également compter sur le soutien des catholiques progressistes, à l’image du magazine Témoignage Chrétien, qui publie un communiqué de soutien à la démarche du prêtre polonais, un « très gros pavé dans la mare »: « Il [Krzysztof Charamsa] rappelle par exemple que l’on peut être un expert de la foi et des mœurs et n’avoir pas «compris» le sublime enseignement de l’Église sur le caractère «désordonné» de l’homosexualité. Il rappelle aussi que dans les affaires de mariage, de couple, de famille, il y a aussi du sexe, du plaisir, du désir, de la volupté, toutes choses dont on ne parle pas en régime catholique, toutes choses dont le synode ne parlera pas. Bref, à travers [Krzysztof] Charamsa, malgré tous les étouffoirs, «ça» parle dans l’Église catholique. Et «ça» dérange. Merci à lui. »
RÉDUCTION A L’ÉTAT LAÏC
Si son coming-out lui a coûté son poste à la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome, Krzysztof Charamsa pourrait être « réduit à l’état laïc », c’est à dire être révoqué de la prêtrise, comme cela est arrivé à de nombreux « prêtres défroqués », hétéros ou homos. Pour l’instant, son supérieur polonais l’a publiquement enjoint à « rejoindre le chemin du Christ », en clair à quitter son compagnon. Ce qui a peu de chances d’advenir, Charamsa ayant affiché le bonheur d’être avec son compagnon…
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