Exclu Yagg: Bientôt une plaque à Paris en hommage à l’artiste trans Coccinelle
Suite à la sollicitation de Marie-Pierre Pruvot, alias Bambi, sur Yagg, les élu.e.s du groupe communiste-Front de Gauche expliquent vouloir honorer la mémoire de cette artiste trans de renommée mondiale.
Dans Paris, une plaque pourrait bientôt honorer la mémoire de l’artiste Coccinelle. C’est en tout cas le vœu formulé par les élu.es communistes et Front de Gauche et qui a été déposé lundi 9 mai. Yagg a pu le consulter.
Le vœu, présenté par Vœu Raphaelle Primet, Ian Brossat, Hélène Bidard, Nicolas Bonnet-Oulaldj et les élu.e.s du groupe communiste-Front de Gauche revient sur la vie de Jacqueline, Charlotte Dufresnoy, alias Coccinelle, née à Paris en 1931 et qui a fait l’essentiel de sa carrière d’abord chez Madame Arthur, puis au Carrousel.
« ELLE A TOUT INVENTÉ »
Tout est parti de la journée particulière du mercredi 4 mai durant laquelle Marie-Pierre Pruvot, alias Bambi, était présente dans les locaux de Yagg en tant que rédactrice en chef d’un jour. Dans l’entretien qu’elle nous avait accordée et durant la conférence de rédaction du matin (à 14’30 » dans la vidéo), elle avait émis le souhait qu’on rende hommage à Coccinelle, qui a joué un rôle très important dans la visibilité des trans dès les années 50. Dans l’entretien, Marie-Pierre déclarait: «Je voudrais qu’on mette une plaque dans sa rue pour honorer sa mémoire, là où elle est née. C’est quelqu’un de très important. Gallia dit: « Elle a tout inventé ». Et c’est vrai. Ce qui l’a précédé a toujours voulu se dire exceptionnel. Mais elle n’était pas du tout comme ça. Elle aidait les autres.»
Aujourd’hui, Bambi se dit globalement satisfaite en réaction au vœu formulé par les élu.es communistes et Front de Gauche, sans manquer de rappeler que jusqu’à une date récente, l’attitude du Parti Communiste Français était très hostile aux LGBT. C’est d’après elle une reconnaissance légitime parce que Coccinelle a été une première et une figure marquante dans le monde entier.
Dans le vœu tel qu’il a été déposé, il est fait mention de l’état civil de naissance de Coccinelle, mais cela ne choque pas Marie-Pierre. «Je ne suis pas choquée parce que Coccinelle ne l’aurait pas été. Elle en parlait, mais elle répliquait: « Je suis une femme ». Je ne dirais pas la même chose pour d’autres femmes qui n’ont jamais voulu que ça se sache et c’est leur droit».
D’après le vœu, la plaque permettra de célébrer le talent de Coccinelle, mais aussi «de rappeler le combat de la Ville de Paris contre toutes les formes de discriminations touchant les personnes LGBT ». Ce vœu sera voté en Conseil de Paris la semaine prochaine, ce qui n’est pas tout à fait un hasard, puisqu’on célèbre le 17 mai la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.
PRÉCÉDENT
Pour mémoire, il y a déjà eu un précédent sur ce genre d’initiative. Interpellé en mars 2011 sur Yagg lors d’un chat avec les internautes sur la pose d’une plaque en mémoire des deux derniers homosexuels brûlés à Paris au XVIIIe siècle, Ian Brossat avait répondu positivement et c’est la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui l’avait dévoilée trois ans plus tard, rue Montorgueil, dans le IIe arrondissement, à l’endroit même où en janvier 1750, Bruno Lenoir et Jean Diot avaient été arrêtés avant de subir le martyre que l’on sait.
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