LGBTphobies : À l’est, du nouveau qui fait froid dans le dos

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Les nouvelles en provenance de Russie et de Pologne sont tout sauf rassurantes.

C’est l’été, la canicule a frappé deux fois la France et les médias en ont très largement parlé. On aimerait que cette période, propice au repos et au divertissement (pour celles et ceux qui ont les moyens de partir en vacances) marque une trêve dans les nouvelles sur le front des LGBTphobies.
Pourtant, ce n’est pas le cas.

Cette semaine, c’est de l’est de l’Europe que nous sont parvenues deux informations particulièrement alarmantes.

Mardi 23 juillet, on apprenait le décès de l’activiste LGBT russe Yelena Grogoryeva. La police de Saint Pétersbourg a retrouvé son corps dans un buisson près de son domicile, et la victime avait été frappée de plusieurs coups de couteau.

Selon l’AFP, Yelena Grigorieva était une activiste très engagée en faveur des droits LGBT+, mais aussi des prisonnier.ère.s politiques. Elle militait également contre l’annexion de la Crimée par la Russie et pour d’autres causes, participant à de nombreuses manifestations.
Sur Facebook, un activiste nommé Dinar Idrisov a écrit qu’elle avait été victime de violence et qu’elle « recevait régulièrement des menaces de mort ». On a pu voir, à l’occasion de l’annonce de sa mort, circuler une photo la montrant arrêtée par la police russe en avril dernier, lors d’une manifestation interdite.

Autre pays, autre nouvelle effrayante. La Pologne ultra conservatrice du parti Droit et Justice affiche clairement son opposition aux droits LGBT+. Récemment, nous vous en parlions sur Komitid, la justice avait donné raison à un commerçant qui refusait ses services à une association LGBT. Au nom de la « liberté de conscience », cette mesure a été applaudie des deux mains par le gouvernement.

Mais ce sont aussi les médias qui semblent s’en donner à cœur joie. Le magazine Gazeta Polska, proche du pouvoir, a distribué avec son dernier numéro un autocollant représentant un rainbow flag barré d’une croix noire et mentionnant : Zone sans LGBT ».

L’autocollant LGBTphobe distribué dans un magazine polonais – DR

Dans la ville de Bialystok, bastion des ultra nationalistes, une marche LGBT+ de 800 personnes a été attaquée par des groupes scandant des slogans hostiles comme « Pas de sodomie à Bialystok ». D’autres marches des fiertés sont régulièrement perturbées, comme celle de Poznan, le 6 juillet dernier (photo de couverture).

Plusieurs associations se sont émues de ce crime odieux en Russie et de ces atteintes aux droits des personnes LGBT+ en Pologne, notamment le SNEG & CO. Le syndicat des entreprises gaies a adressé une lettre au gouvernement polonais et à l’ambassade de Pologne en France pour condamner ces positions.

Mais du côté des autorités françaises, le silence est assourdissant.