Mobilisation après les propos sérophobes et homophobes du rappeur DaBaby en concert

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Lors de son concert au festival Rolling Loud samedi 24 juillet, le rappeur états-unien DaBaby a tenu des propos sérophobes et homophobes. De nombreux artistes, dont Dua Lipa ou Elton John, ont condamné cette tirade haineuse.

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Le rappeur DaBaby en 2019 - Azhern123 / Commons

Samedi 24 juillet, lors de son concert au festival Rolling Loud à Miami (Floride), le rappeur états-unien DaBaby a lancé une tirade sérophobe et homophobe. Entre deux chansons, il a demandé aux membres de son public d’allumer la torche de leur téléphone s’ils respectent certaines « normes ». « Si vous n’êtes pas venus aujourd’hui avec le VIH, le sida ou l’une des autres maladies sexuellement transmissibles mortelles qui vous feront mourir dans deux à trois semaines, alors allumez votre téléphone portable », déclare DaBaby. « Les mecs, si vous ne sucez pas de bite dans le parking, mettez votre torche de téléphone en l’air !  » 

Le lendemain, le rappeur en a rajouté une couche. Dans une story Instagram, il précisé : « Toutes les lumières se sont allumées, gay ou hétéro, vous savez pourquoi ? Parce que même mes fans gays n’ont pas le putain de sida… mes fans gays, ils prennent soin d’eux-mêmes, ce ne sont pas des sales n****s. Ce ne sont pas des drogués  ».

Les propos de DaBaby, en plus d’être discriminatoires, sont erronés. D’après l’Organisation mondiale de la santé, « Pour les personnes vivant avec le VIH qui ne reçoivent pas de diagnostic ou qui ne suivent pas un traitement antirétroviral, des signes de maladie liée au VIH peuvent se développer dans un délai de 5 à 10 ans, même s’ils peuvent apparaître plus tôt  ». Avec les différents traitements utilisés de nos jours, le VIH n’est plus une condamnation à mort. De plus, la charge virale chez une personne séropositive sous traitement est indétectable, donc il n’y a plus de risque de transmission du VIH.

« Horrifiée » des propos de DaBaby

De nombreuses personnalités ont critiqué le rappeur américain pour ses propos haineux. L’une des premières à le faire a été la chanteuse britannique Dua Lipa, qui a été en duo avec DaBaby sur le remix de son tube de 2020 « Levitating », qui occupe actuellement la 3ème place du classement Billboard Hot 100. « Je suis surprise et horrifiée par les commentaires de DaBaby. Je ne reconnais vraiment pas cela comme la personne avec qui j’ai travaillé. Je sais que mes fans savent où mon cœur se positionne et que je me tiens à 100 % avec la communauté LGBTQ. Nous devons nous rassembler pour lutter contre la stigmatisation et l’ignorance autour du VIH/sida », a-t-elle écrit dans une story sur son compte Instagram mardi 27 juillet.

Mercredi, Sir Elton John a publié un communiqué de sa fondation, la Elton John Aids Foundation, sur son compte Instagram. Sur la publication, il est écrit : « La désinformation sur le VIH et l’homophobie n’ont pas leur place dans l’industrie de la musique. Nous devons briser la stigmatisation entourant le VIH et non la propager. En tant que musiciens, c’est notre travail de rassembler les gens ». 

En légende, le chanteur rappelle : « Le VIH a touché plus de 70 millions de personnes dans le monde : hommes, femmes, enfants et les personnes les plus vulnérables de nos communautés ». « En Amérique, un homme noir gay a 50 % de risque de contracter le VIH. La stigmatisation et la honte autour du VIH et de l’homosexualité sont un énorme moteur de cette vulnérabilité. Nous devons briser les mythes et les jugements et ne pas les alimenter  ».

« Vous pouvez vivre longtemps et en bonne santé avec le VIH. Le traitement est si avancé qu’avec une pilule par jour, le VIH peut devenir indétectable dans votre corps et vous ne pouvez donc pas le transmettre à d’autres personnes », ajoute-t-il.

 

Suite à ses propos haineux, la marque de vêtements boohooMAN a rompu son contrat avec DaBaby. « boohooMAN condamne l’utilisation d’un langage homophobe et confirme que nous ne travaillerons plus avec DaBaby. La diversité et l’inclusion font partie de l’ADN de boohoo Groups et nous sommes fiers de représenter les divers clients que nous servons à travers le monde. Nous soutenons la communauté LGBTQ+, et ne tolérons aucun discours de haine ou discrimination sous quelque forme que ce soit  », écrit l’entreprise britannique dans un tweet.

Après cette décision, le rappeur s’est publiquement excusé pour ses propos. « Quiconque a déjà été atteint du sida/VIH, vous avez tous le droit d’être contrarié, ce que j’ai dit était insensible même si je n’ai aucune intention d’offenser qui que ce soit. Donc, excusez-moi », a-t-il tweeté mardi. 

Pas sûr que cela soit suffisant.