Qu'est-ce que tu fais dimanche ? Je Marche Lesbienne !

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Dimanche, à Paris, Collages Lesbiens organise, avec d'autres associations, la Marche lesbienne. Le mot d'ordre porte sur la PMA pour tou·tes.

Ma première Marche des fiertés, à Paris en 2018 - Philippe Peyre/Komitid
Le char char gouine-trans, à Paris en 2018 - Philippe Peyre/Komitid

Dimanche, à Paris, Collages Lesbiens organise, avec d’autres associations, la Marche lesbienne. Le mot d’ordre porte sur la PMA pour tou·tes. Mais au delà de l’urgence de cette mesure de justice et d’égalité, cette marche lesbienne se veut aussi un moment fort d’affirmation et de visibilité pour toutes les femmes lesbiennes.

C’est à ce titre qu’en tête de cette manifestation pour toutes et tous se tiendra un cortège en non-mixité lesbienne (ainsi qu’un « Bloc transfem » et un cortège « Lesbiennes racisées »).

Les femmes lesbiennes sont de tous les combats depuis si longtemps dans l’histoire des luttes d’émancipation : droit de vote, droit à la libre disposition de son corps, droit à la liberté sexuelle, droit des personnes séropositives. Elles ont été sur tous ces fronts mais souvent invisibilisées. Par les gays, par les femmes hétérosexuelles. Par les historiens aussi.

On a souvent tendance à valoriser les mouvements activistes généralistes, mais il faut se souvenir que dans les années 70, les Gouines Rouges ont marqué le mouvement. Tout comme plus près de nous les Lesbians Avengers (je vous recommande cet article), qui en France ont inspiré notamment La Barbe.

Si le projet de loi sur l’ouverture de la PMA met si longtemps à devenir réalité, c’est aussi parce que les lesbiennes n’ont pas le même poids dans la communauté LGBTI+. De plus, ce gouvernement est plus prompt à concevoir des lois « contre » (les libertés, les séparatismes, les chômeurs) que pour ».  (pour l’euthanasie, la PMA).

Dans la série d’articles qu’elle a consacrée au « génie lesbien », Clémence Allezard consacre aussi un épisode passionnant aux Goudou·es sur roues, antiracistes, transféministes, apparues à la Marche des fiertés 2019. Elles avaient spectaculairement repris la rue le 26 juin dernier.

De son côté, Les Dégommeuses organisait le 27 juin 2020, en pleine pandémie, « La Pride ne tombera pas à l’eau » et Veronica Noseda affirmait à cette occasion sur Komitid : « Le racisme, l’exotisation à outrance, la négrophobie, l’islamophobie guettent nos mouvements LGBT, et ce n’est pas la bonne conscience qu’on tire de notre position de dominé.e.s qui y changera quelque chose. »

Alors, dimanche matin, souvenons-nous de cette affirmation d’Audrey Lorde, poétesse afro-américaine et féministe lesbienne : « Nous devons nous réveiller en sachant que nous avons du travail à faire et nous coucher en sachant que nous l’avons fait. »

P.S. : le 26 avril, l’Autre Cercle organise une conférence qui s’annonce passionnante : « L’Invisibilité des Lesbiennes dans les organisations professionnelles et LGBT+ : une fatalité ou… ? »

  • phil86

    Je ne suis pas contre l’ouverture de la PMA aux lesbiennes mais j’ai quand même fortement l’impression que les associations LGBT ont enfermé les gays et les lesbiennes dans le double modèle hétéro patriarcale du mariage et de la maternité. Les femmes sont de nouveau assignées à la maternité, ce qui est en totale opposition avec le combat féministe. Je ne suis pas contre le fait que les femmes qui le souhaitent puisse avoir accès à la PMA mais là les revendications sont devenues tellement prégnantes, pour ne pas dire plus, qu’elles sont arrivées à être pratiquement *prescriptives* et je trouve ça totalement non épanouissant car tout le monde n’est pas fait pour se marier ou pour avoir des enfants mais le seul horizon que les revendications LGBT proposent c’est le mariage et les enfants. L’exact contraire de l’émancipation. Sans compter que cette crispation sur ces deux revendications n’a eu pour effet que de crisper les homophobes et nous en sommes arrivés à une course à l’échalote stérile. Au final les associations LGBT et les associations homophobes sont devenues les deux faces d’une même médaille. Je ne vois pas ce qui peut en sortir de bon pour les LGBT.

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