Rendez-vous en terres hétéros #4 : le salon de l'érotisme et du bien-être

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Pas besoin de vaccin pour ce voyage, l'hétérosexualité ne s'attrape pas. Venez, on visite l'étrange monde de l'hétérosexualisme ensemble, le temps d'une chronique un peu sassy... Le thé est servi !

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Rendez-vous en terres hétéros #4 : le salon de l'érotisme et du bien-être - Olga Volfson / Marie Boiseau
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Après ma visite au Salon de l'agriculture le mois dernier, je m'interrogeais sérieusement sur ma capacité à aller plus loin dans mon exploration de l'hétérosexualisme. Mais lorsque mon collègue Philippe m'a demandé si j'avais vu les immenses affiches annonçant le Salon de l'érotisme, j'ai tout de suite su que ma chronique serait sauvée pour le mois d'avril ! Une rapide visite sur le site officiel de l'événement m'a confirmé l'impression que ce serait un véritable festival de l'hétérosexualité...

Site officiel du salon de l'érotisme et du bien être : www.paris-erotique.fr, capture d'écran

« Scènes hétéros » et « scènes lesbiennes » sont au programme et il est question d'un « espace femmes » sans plus de précisions. Aucun moyen de connaître le détail du programme ni de vérifier qui sont les stars du X censées nous en mettre plein les yeux avec des « spectacles ultra hot » et impossible d'en savoir plus sur une quelconque page Facebook ou Twitter, car elles n'existent pas. Quand je vous dis que l'hétérosexualisme est un mystère...

Première observation : sur les photos, les invité.e.s sont minces, musclé.e.s et blanc.he.s. Je constate aussi que les photos d'hommes ont quand même un joli relent d'esthétique homo-érotique, et même si l'on n'annonce rien de gay au programme, je me dis qu'un petit coin sombre leur sera bien dédié quelque part dans ce salon... Non ? Et puis, dans le flot de ces images dégoulinantes de sexyness standardisée, je repère une fabuleuse drag queen, je me dis que tout espoir n'est peut-être pas perdu (spoiler : je me trompe lourdement).

« Flagrante hétérosexualité »

C'est donc avec l'angoisse de voir mes a priori à nouveau confirmés que je me suis rendue, ce samedi 30 mars, au parc des expositions du Bourget. Près de deux heures de trajet (perturbé) plus tard, mon amoureuxe et moi (hors de question d'y aller seule, je l'ai mobilisée pour me soutenir… et attester que je ne suis pas si hétérophobe que ça) arrivons devant le hall 5, auprès duquel une petite foule fait patiemment la queue pour pénétrer en ce fameux salon de l'érotisme et du bien-être.

Dans la file d'attente, je remarque que le public est — outre sa flagrante hétérosexualité — très divers : il n'y a pas que des personnes blanches, on y voit des gens de tout âge, des personnes en situation de handicap, et beaucoup de couples. On voit aussi quelques bandes de copains qui rigolent fort. L'un de ces groupes, qui a déjà terminé sa visite, profite du soleil devant l'immense hangar. La raison de leurs éclats de rires ? Un homme mime une sodomie sur son comparse, provoquant l'hilarité générale de leurs copines et de leurs potes. Ma complice, qui venait dans de meilleures dispositions que moi, certaine qu'il y aurait deux ou trois trucs chouettes à voir malgré tout, commence à se dire que j'ai peut-être vraiment raison de me méfier comme de la peste de cet endroit. Juste au niveau de la porte, des performeuses juchées sur de vertigineux talons font leur pause clope en peignoir et subissent la tentative d'approche d'un énième Jean-Michel Hétéro. L'après-midi s'annonce interminable.

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