Le président polonais Andrzej Duda verrait d'un bon œil une loi interdisant la « propagande homosexuelle »
Le président polonais Andrzej Duda marche dans les pas de son homologue Vladimir Poutine puisqu'une telle loi anti-LGBT+ existe en Russie depuis 2013.
Dans une interview au média conservateur Nasz Dziennik et rapportée par le portail LGBT Queer PL, le président polonais Andrzej Duda a expliqué qu’il approuverait une loi interdisant la « propagande homosexuelle » dans les écoles et les organisations de scoutisme. La Pologne suivrait ainsi l’exemple de la Russie, où une telle loi est en vigueur depuis 2013.
« Je pense que ce genre de propagande ne devrait pas avoir lieu dans les écoles, il faut s’y opposer avec calme et constance », a déclaré le président polonais avant d’ajouter: « Si une telle loi était créée et était bien écrite, je n’exclue pas que je la considérerais sérieusement ».
Les propos d’Andrzej Duda interviennent suite à deux événements qui ont fait la Une des médias ces dernières semaines. Il y a d’abord eu le « Rainbow Friday », une journée durant laquelle les écoles étaient invitées à promouvoir l’acceptation des personnes LGBT+. Le gouvernement n’avait pas tardé à réagir et à menacer les établissements, dont la plupart avaient finalement annulé le programme prévu. En août dernier, l’élection de Mister Gay Europe avait eu lieu dans la ville polonaise de Poznan, et quelques centaines d’opposants aux droits LGBT+ avaient manifesté ce jour-là. Et nouvelle preuve que la société civile est en mouvement. L’Association polonaise de Scoutisme vient de publier un communiqué affirmant son soutien à la communauté LGBT+.
Vers une réaction de l’Union européenne ?
Le 11 octobre, la Pologne avait voulu bloquer l’adoption par le Conseil de l’Union européenne d’un texte dénonçant la persistance des actes LGBTphobes en Europe.
Si une telle loi LGBTphobe devait être envisagée, il faudra surveiller de près la réaction de l’Union européenne, dont la Pologne fait partie. Le 2 juillet dernier, la Commission européenne avait lancé une « procédure d’infraction » à l’encontre de la Pologne, estimant que certaines mesures prises enfreignaient le principe d’indépendance de la justice.
Plus généralement, la Pologne ne remplit pas ses obligations à l’égard des traités européens et de la Charte européenne des droits fondamentaux. Une procédure toujours en cours. Mais visiblement le président polonais n’en a cure et le bras de fer se poursuit, à quelques mois des élections européennes prévues en mai 2019.
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