« Un homme pressé », « Sale temps à l'hôtel El Royale » et « Un amour impossible » : notre critique ciné de la semaine

Publié le

Cette semaine, deux films français, une comédie et un drame, ainsi qu'un thriller américain sont au menu de cette chronique cinéma.

Leila Bekhti, Fabrice Luchini, Un homme pressé
Leila Bekhti et Fabrice Luchini, dans « Un homme pressé » de Hervé Mimran - photo Gaumont

Un homme pressé

Réalisation : Hervé Mimran
Comédie dramatique – France – 2018
Distribution : Fabrice Luchini (Alain), Leïla Bekhti (Jeanne), Rebecca Marder (Julia), Igor Gotesman (Vincent), Clémence Massart (Violette), Micha Lescot (Igor), Yves Jacques (Eric)

Alain est un brillant homme d’affaire qui ne pense qu’au travail. Jusqu’au jour où un AVC l’envoie à l’hôpital et affecte ses facultés de parole et de mémoire.

Note : 3,5/5

Un homme pressé s’inspire du livre de Christian Streiff, ancien patron de PSA Peugeot Citroën, victime d’un AVC en 2008. Sans surprise, Fabrice Luchini l’incarne avec la maestria qu’on lui connait. Voir cet amoureux du verbe déclamer des propos décousus et incompréhensibles n’en est que plus jubilatoire ! Cependant, ce dispositif a ses limites et fini par tourner un peu en rond. La rédemption d’Alain après sa chute parait aussi quelque peu factice et convenue. Sa co-vedette Leila Bekhti, pétrie d’empathie, apporte un supplément bienvenu d’émotion et de fraicheur. Bien que prévisible, cette leçon de vie est somme toute sympathique.

Sale temps à l’hôtel El Royale

Réalisation : Drew Goddard
Thriller – Etats-Unis – 2018
Distribution : Jeff Bridges (Père Flynn), Cynthia Erivo (Darlene Sweet), Dakota Johnson (Emily Summerspring), Lewis Pullman (Miles Miller), Jon Hamm (Laramie Seymour Sullivan), Cailee Spaeny (Rose Summerspring), Chris Hemsworth (Billy Lee)

En 1969, dans un hôtel construit à cheval sur la frontière de la Californie et du Nevada, une poignée d’étrangers vont se croiser le temps d’une soirée. Chacun d’entre eux a quelque chose à cacher…

Note : 3,5/5

« Bienvenue à l’Hôtel El Royale ! » : avec ces mots, le réceptionniste accueille ses quelques clients mystérieux. Cet établissement autrefois prisé des célébrités et des puissants a désormais perdu de sa superbe. Toutefois, en ces années Nixon, il ne manque pas d’intérêt pour certains… Mais que se passe-t-il derrière ses murs et ses portes ? Ce brillant film noir, dans l’esprit du cinéma de Tarantino et des frères Coen, instaure un suspense dense et réserve surprises et rebondissements. On ne voit pas passer les 2h21 que dure ce jeu de massacre réjouissant. C’est seulement le deuxième long-métrage du réalisateur après le malin La Cabane dans les bois (2012) avec, déjà, le sexy en diable Chris Hemsworth.

Un amour impossible

Réalisation : Catherine Corsini
Drame – France – 2018
Distribution : Virginie Efira (Rachel), Niels Schneider (Philippe), Estelle Lescure (Chantal adolescente), Camille Berthomier (Chantal adulte), Iliana Zabeth (Gaby), Coralie Russier (Nicole)

Châteauroux, fin des années 50. Rachel, modeste employée à la sécurité sociale, rencontre Philippe, fils de bourgeois. Ils entament une relation amoureuse passionnée. Quand Rachel tombe enceinte, il refuse de l’épouser et de reconnaitre la petite.

Note : 4/5

Catherine Corsini porte à l’écran le roman réputé inadaptable de Christine Angot. Soit la vie de l’écrivaine, de la rencontre de ses parents au décès de son père. Elle le fait avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, tout en apportant grand soin à la reconstitution des différentes époques traversées. Le rendu de ce drame poignant est, il est vrai, classique, mais il restera inexorablement ancré dans la mémoire du public. Et la raison s’appelle Virginie Efira. Celle qui est surtout connue pour ses rôles légers et romantiques s’est muée en véritable tragédienne. À la fois femme meurtrie et mère courage, elle est bouleversante. Ce personnage tout en contradictions la fait officiellement entrer dans la cour des grandes. Niels Schneider, son compagnon dans la vraie vie, et césarisé l’année dernière, est également admirable. Un immense couple de cinéma est né.

Lire aussi l’interview que la réalisatrice a accordée à Komitid : Catherine Corsini : pour « La Belle Saison », on m’a dit, « Le public a vu son film lesbien avec « La Vie d’Adèle », pas besoin d’un deuxième »

Également à l’affiche cette semaine :

« Crazy Rich Asians » (réalisé par Jon Chu) : Rachel accompagne son petit ami Nick à Singapour pour le mariage du meilleur ami de ce dernier. À l’occasion de ce voyage, elle découvre que son amoureux est l’héritier d’une famille extrêmement fortunée. Une comédie romantique sans originalité mais plaisante, dont le casting 100 % asiatique inclus Constance Wu (la mère de la série Bienvenue chez les Huang), Michelle Yeoh et le canonissime Henry Golding (mari de Blake Lively dans le récent L’Ombre d’Emily).