Anne Hidalgo proposerait des travaux d'intérêt général auprès d'associations LGBT+ pour les auteurs de violences LGBTphobes

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La proposition de la maire de Paris a été révélée ce dimanche par le JDD, mais elle ne fait pas l'unanimité chez les activistes LGBT+.

Anne Hidalgo
Anne Hidalgo au dîner de la FIDH en 2016 - FIDH / Flickr

Voilà une proposition que l’on n’avait pas vue venir. D’après les informations du JDD, la maire de Paris Anne Hidalgo va proposer à la ministre de la Justice Nicole Belloubet et au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner que les auteur.e.s de violences LGBTphobes soient condamné.e.s à des travaux d’intérêt général dans des associations LGBT+.

Une réunion entre les associations LGBT+ et différents acteurs et actrices publics avait été organisée il y a quelques semaines par la Mairie de Paris. Le but ? Répondre à la vague d’agressions LGBTphobes par des mesures concrètes. L’annonce de celles-ci est attendue mi-novembre, même si des détails du plan de lutte contre les LGBTphobies commencent déjà à apparaitre.

Si du côté de la mairie de Paris on refuse pour l’instant de confirmer ou d’infirmer la proposition d’Anne Hidalgo, Guillaume Mélanie, le président d’Urgence Homophobie, a indiqué sur Twitter en avoir eu vent. « Je confirme, Anne Hidalgo m’a parlé de cette mesure », a écrit l’activiste. « Sa proposition est TRÈS intéressante. Il ne s’agit pas de punir bêtement. Pédagogie intelligence et éducation doivent être les alliées des condamnations et de l’application des lois », a-t-il poursuivi.

« Des moyens financiers devront accompagner cette mesure. »

Reste à voir si la proposition fera l’unanimité auprès des associations de lutte contre les LGBTphobies. Pour Joël Deumier, le président de SOS homophobie, la mesure est « excellente ». Mais,  souligne-t-il sur Twitter, « cela implique que les associations comme SOS homophobie soient dotées de permanents salariés pour être en capacité d’accueillir des personnes condamnées et monter en puissance sur la prévention. Des moyens financiers devront accompagner cette mesure. » 


D’autres internautes restent dubitatifs et dubitatives, jugeant notamment étrange l’idée selon laquelle des victimes d’agressions LGBTphobes pourraient être reçues par des auteur.e.s des mêmes violences.

  • phil86

    Je pense que pour certains ça pourrait avoir un effet bénéfique et de toute façon cette mesure devrait être appliquée avec discernement et pas dans tous les cas.

  • fredmaths

    Je suis extrêmement surpris que cette solution soit envisagée … Cela donnerait aux LGBT-phobes l’accès aux fichiers des associations (liste des adhérents et sympathisants, calendrier des réunions, etc …) ce qui est évidemment de la folie.
    Et ne répliquez pas que l’accès en serait interdit : il est si facile de fouiller quand les membres de l’association ont le dos tourné ! On ne va quand même pas fermer tous les tiroirs à clefs ou emporter les ordinateurs aux toilettes 😰😰😰

  • phil86

    L’activisme peut souvent rendre bête par absence de prise de distance et par excès de réactions épidermiques. Le militantisme a ses travers.