« Un simple contact suffit »
S'il ne se passe rien la plupart du temps, certain.e.s patient.e.s développent parfois des condylomes. « Ils peuvent être totalement asymptomatiques et être découverts lors d’un examen proctologique de dépistage. Sinon ils peuvent être ressentis par le patient ou le partenaire comme une excroissance, causer des démangeaisons, ou des saignements », détaille la proctologue. Ils peuvent aussi bien se développer au niveau de l'anus, comme cela a été le cas pour Francis, qu'au niveau des parties génitales ou de la sphère oropharyngée. Les personnes les plus exposées au développement de condylomes sont celles qui vivent avec le VIH, celles qui ont des partenaires multiples et celles qui ont des rapports anaux. « Certains génotypes d’HPV dits à « haut risque » peuvent être responsables, à long terme, de l’apparition de lésions précancéreuses et de cancer de l’anus », prévient Dr Portal. Une « minorité » de cas, nuance la médecin, mais assez pour expliquer la colère de Francis envers l'État qui aurait, selon lui, manqué à son devoir de prévention. Le HPV, c'était pour lui comme pour beaucoup d'autres jeunes hommes, une infection contractée surtout par les femmes. « Beaucoup ne connaissent pas le virus HPV », confirme Dr Portal qui dit comprendre la colère de Francis. « Ils sont demandeurs d’informations sur son mode de transmission et sont surpris d’apprendre que même le préservatif ne les protège pas ».

Manque de prévention ?

« Il aurait fallu de la prévention au même titre que le VIH/sida à l’école. En parler tout simplement pour informer », insiste Francis. Peut-on vraiment parler d'un manque de prévention ? Impossible de trouver une campagne nationale d'incitation à la vaccination ciblée auprès des jeunes hommes, pourtant recommandée depuis deux ans aux HSH de moins de 26 ans par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP). Dans un rapport de 2016, l'instance explique que « le bénéfice de cette vaccination sera d’autant plus important que le début de l’activité sexuelle sera récent et que le nombre de partenaires passés sera faible » et « que cette possibilité d’accès soit relayée par des campagnes d’information adaptées ». La proctologue souligne toutefois que « cette vaccination protège des HPV responsables le plus souvent du cancer de l'anus », mais « pas du risque d'attraper des condylomes ». En guise d'information et de prévention auprès des jeunes gays et bis, le ministère de la Santé, contacté par Komitid, rétorque que « différents médias ont relayé cette information ». Certes, mais l'institution entend-elle lancer une campagne de prévention ? « La ministre a rappelé à plusieurs reprises l’importance de la vaccination contre les HPV et la trop faible couverture vaccinale actuelle », répond Virginie Saint-Marc, de la Mission information et communication à la Direction générale de la Santé. On apprend que la ministre souhaite « étudier son extension chez tous les garçons, plusieurs pays ayant fait ce choix. » Seule échéance à l'horizon ? Les conclusions la Haute Autorité de Santé (HAS), saisie sur la question de la vaccination de l’ensemble des garçons en février 2018, attendues pour 2019.
« En se protégeant soi, on protège l'autre »
Du côté de l'association Aides, on appelait dès 2014 à une meilleure couverture vaccinale, aussi bien auprès des jeunes filles que de tous les jeunes garçons. « Le dévoilement de son orientation sexuelle chez les jeunes auprès des soignants en capacité de vacciner ou de proposer la vaccination n'est pas évidente », souligne Franck Barbier, responsable Nouvelles stratégies de santé chez Aides, indiquant que la moitié des HSH, peu importe l'âge, ne le dit pas à son médecin « du fait de crainte de jugement et de discriminations dans la société notamment ». Pour l'associatif, l'incitation à la vaccination pour toutes et tous, hétéros et homos, contre le HPV « fait sens » également en raison du « côté couvrant de la vaccination » :  « En se protégeant soi, on protège l'autre, car la vaccination chez les jeunes filles reste très basse en France comparé à d'autres pays comme l'Australie, ou d'autres, et a peu progressé depuis 2014 », souligne-t-il. « Pour les parents, vacciner certaines catégories de jeunes pour une IST, donc liée à une sexualité future, peut être aussi inhibant. Vacciner toute une classe d'âge peut être plus acceptable. »

« Peu de vaccinations ont lieu »

Si le vaccin est accessible gratuitement pour les HSH de moins de 26 ans qui se rendent dans des CeGIDD (Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic), « peu de vaccinations ont lieu », explique Franck Barbier. « Son coût d'achat, très au dessus de celui pour l'hépatite A ou B par exemple, et l'ensemble des missions à réaliser par les centres amènent à des arbitrages moins en faveur de cette proposition de vaccin HPV partout. Il faudrait en effet que les jeunes HSH soient davantage informés, et se voient proposer le vaccin mais plus généralement l'ensemble des jeunes, compte tenu de l'efficacité, tolérance et intérêt de ce vaccin. Nous intégrons l'information dans nos publications ou dans l'accompagnement à la santé sexuelle des personnes, mais ce n'est pas suffisant ».
« Les populations les plus précaires peuvent reporter voire renoncer à la vaccination contre le HPV pour des raisons financières »
Pas suffisant en terme d'information mais aussi d'accès : hors CeGIDD et centres de vaccination, le prix du Gardasil 9 est à 135,68 euros, remboursé à 65% par la Sécu. « Ce reste à charge conséquent peut avoir un effet dissuasif : les populations les plus précaires peuvent reporter voire renoncer à la vaccination contre le HPV pour des raisons financières. C'est pourquoi Aides plaide en faveur d'une prise en charge à 100% du vaccin », fait savoir le responsable associatif. « Nous allons d'ailleurs proposer aux députés de soutenir un amendement en ce sens dans le cadre du projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale pour l'année 2019 ».  " ["post_title"]=> string(145) "« Je n’avais aucune idée que ça existait chez les mecs » : mal informés et invisibles dans la prévention, les gays face au papillomavirus" ["post_excerpt"]=> string(184) "Très exposés aux HPV, les hommes gays et bis sont pourtant loin d'être les mieux informés. La faute à qui ? Éclairages sur « l'infection sexuelle la plus transmise au monde »." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(72) "mal-informes-et-absents-de-la-prevention-les-gays-face-au-papillomavirus" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2019-02-04 10:59:11" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2019-02-04 09:59:11" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=16061" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15264 (24) { ["ID"]=> int(11393) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-07-11 19:03:21" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-07-11 17:03:21" ["post_content"]=> string(27385) "Le défi est de taille : aucune nouvelle contamination au VIH d'ici à 2030 à Paris. Échéance encore plus proche, l'année 2020 qui doit être celle où la capitale atteindra l'objectif des 3-90, à savoir 90% des personnes vivant avec le VIH dépistées, 90% des personnes vivant avec le VIH sous traitements, 90% des personnes vivant avec le VIH en charge virale indétectable. Ces objectifs sont ceux qu'essaient d'atteindre Paris sans sida, une association fondée à l'initiative de la Mairie de Paris il y a un peu plus de deux ans. C'est Eve Plenel qui en est la directrice générale depuis le printemps 2016. Passée par Act Up-Paris au début des années 2000, cette trentenaire engagée a déjà passé une bonne partie de sa vie à combattre l'épidémie du VIH/sida. Pourquoi ? « C'est un effet de génération », rétorque-t-elle. « Je suis née en 1982, c'est assez logique, je suis arrivée dans l'adolescence pendant les années noires, avant l'arrivée des traitements. Des proches de la famille, des proches de mes parents... », glisse-t-elle pour égrainer les personnes qu'elle a connu et qui ont été victimes de la maladie. Mais ce n'est pas que pour ça qu'elle a choisi de construire sa carrière - outre quelques années dans le monde culturel passées au Centquatre - autour de la lutte contre le VIH. « La lutte contre le sida, et notamment dans la façon dont la traitait Act Up-Paris, offrait ce prisme global de toutes les questions de société, de comment à travers ce sujet et cette maladie on pouvait questionner une société et la façon dont la majorité traite la minorité. » Nous avons rencontré Eve Plenel dans les locaux de Paris sans sida, autrefois à l'Hôtel de Ville et désormais situés dans le XIXè arrondissement de Paris. « Ça a plus de sens d'être ici, c'est peut être un peu plus loin des lieux de pouvoirs, mais c'est plus près des gens dont on parle. », nous a-t-elle confié. Un espace de co-working installé aux côtés d'autres entreprises spécialisées dans l'économie sociale et solidaire. Une heure d'entretien durant laquelle nous avons pu notamment évoquer avec Eve Plenel la saturation dans les centres de dépistages, la méconnaissance autour de l'indétectabilité, la PrEP qui peine à décoller ou encore la loi asile-immigration qui suscite de grandes inquiétudes quant aux personnes migrantes qui vivent avec le VIH. Une sorte de bilan d'étape avec celle qui dirige ce programme dans une ville qui concentre encore aujourd'hui près de 20 % de l'épidémie nationale (Guyane comprise) et où le taux de découverte de séropositivité est huit fois supérieur au taux national. Interview.

Komitid : Avant de rentrer dans le vif du sujet, arrêtons-nous un moment sur le nom de l'association « Paris sans sida ». Certaines personnes vivant avec le VIH ont pointé sa dimension excluante. Comprenez-vous ces critiques ?

Eve Plenel : Ce sont des critiques qu'il y a eu au tout début, je n'étais même pas encore là, et qui ont été assez vite je pense battue en brèche. Au tout début, il me semble que le projet de la Mairie de Paris s'appelait le Comité 3-90 : 90% des personnes vivant avec le VIH sont dépistées, 90% sont sous traitements, 90% en charge virale indétectable. Ensuite quand France Lert a rendu à la Maire de Paris le rapport fondateur du projet, il a été décidé de l'appeler Vers Paris sans sida. À un moment quand on parle au grand public, on sait qu'il faudrait parler de VIH mais on continue d'utiliser le mot sida car il faut que les gens comprennent. C'est pour ça que Sidaction et plein d'autres projets s'appellent comme ça.
Une stratégie pour zéro nouvelle contamination
Deuxièmement parce que la stratégie qu'on porte, c'est à la fois une stratégie pour zéro nouvelle contamination, mais c'est aussi pour que aucune des personnes séropositives ne développent un sida. Si on y arrive, si tout le monde a une charge virale contrôlée, si toutes les personnes vivant avec le VIH ont une bonne qualité de vie, une bonne inclusion dans la société, une bonne insertion sociale, des traitements efficaces et une charge virale indétectable, c'est Paris sans sida. C'est Paris avec des personnes vivant avec le VIH, mais sans la maladie.

Paris sans sida, c'est un défi : celui de vivre dans un Paris avec zéro nouvelle contamination d'ici à 2030 et celui des 3-90 d'ici à 2020. Ces objectifs sont-ils atteignables ? Comment travaillez-vous pour ?

Si je n'y croyais pas, j'aurais rendu mon tablier, je ne fais pas ça pour la gloire, je fais ça pour que ça marche. Et si dans les années qui viennent, je m'aperçois que ça ne marche pas, j'arrêterai. Aujourd'hui nous sommes déjà sur les 3-90, on est à 86-94-96. Les deuxièmes et troisièmes sont atteints et je crois qu'ils l'étaient avant même que l'on commence à travailler. Le système de santé français est très efficace une fois que les gens arrivent au dépistage. La chaîne de prise en charge, l'accès aux traitements... Les gens ne sont pas toujours bien reçus, ils peuvent être un peu bousculés par l'institution, mais quand même la prise en charge est bonne. Donc notre challenge, c'est l'amont des 3-90, c'est à dire la prévention : éviter que les gens s'infectent, et le dépistage. De ce point de vue on a quand même progressé déjà, on est passé de 82 à 86 en trois ans, donc oui je crois que nous pouvons y arriver.
Pour l'instant, le nombre de personnes sous PrEP augmente partout en France et pas mal à Paris, mais ça reste très insuffisant par rapport à ce qu'il faudrait atteindre
Je pense que tout le travail aujourd'hui est vraiment dans une logique de plan d'urgence du dépistage, de démultiplier les solutions de dépistage, pas seulement en s'appuyant sur les associations, pas seulement avec les centres de dépistage anonymes et gratuits, mais aussi avec l'auto test, avec la mobilisation des médecins généralistes dans certains quartiers, j'espère à terme avec la mobilisation des laboratoires de biologie médicales pour du test facile et remboursé même sans ordonnance. C'est tout ça qu'on met en place. Ensuite il y a la deuxième étape : comment une fois qu'on a atteint cette première étape, on arrive à zéro nouvelle contamination. Il faudrait pour cela qu'il y ait un vrai regain d'intérêt pour le préservatif et un décollage de la PrEP dans des proportions vraiment conséquentes. Pour l'instant, le nombre de personnes sous PrEP augmente partout en France et pas mal à Paris, mais ça reste très insuffisant par rapport à ce qu'il faudrait atteindre, à la fois dans l'intérêt des personnes et de manière collective pour vraiment construire une barrière communautaire au VIH.

Dans une vidéo publiée le 28 mars, Act Up-Paris a dénoncé « l'incapacité du système à répondre à l'affluence » dans les Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). Horaires dissuasifs, prise de rendez-vous compliquée... Quelle est votre position à ce sujet ?

Je pense que leur vidéo est très bonne. C'est aussi le résultat d'échanges que nous avons eu pendant des mois et nous sommes absolument d'accord sur le constat. Travaillant pour un projet de la Mairie de Paris, je n'ai pas les même modes d'expressions qu'Act Up aujourd'hui, mais ça rejoint totalement ce que nous disons à l'Agence régionale de santé et à la Caisse primaire d'assurance maladie depuis le début du projet. Il ne s'agit pas juste de faire des fusions administratives, il faut penser l'offre territoriale pleinement et élargir. J'irai même plus loin que ce qui est dans la vidéo en disant qu'aujourd'hui à Paris, il y a environ chaque année, en tout cas en 2017, plus de 300 000 sérologies VIH réalisées, principalement prescrite par des médecins et faites dans les laboratoires. On a calculé avec France Lert que si on voulait vraiment réduire significativement le nombre de personnes qui vivent avec le VIH à Paris et qui ne le savent pas encore - je fais cette périphrase parce que je n'aime pas le terme d'épidémie cachée - il faudrait faire 50 000 tests de plus par an rien que chez les gays et 50 000 tests de plus par an rien que chez les personnes migrantes originaires d'Afrique subsaharienne. Ça veut dire 100 000 tests de plus, soit 33% de plus ciblés dans les populations les plus exposées. Ce sont des modèles mais c'est juste pour illustrer le fait que oui, la marche est très haute pour réduire l'épidémie non diagnostiquée, pour réduire cette proportion de personnes qui vit avec le VIH et vont l'apprendre, mais vont l'apprendre trop tard parce qu'ils ont eu le temps de transmettre entre temps. Aujourd'hui, parce que nous répétons ça avec Act Up et d'autres depuis des mois, je pense qu'il y a une prise de conscience de l'Agence régionale de santé, de la Mairie de Paris bien sûr, des partenaires... Mais je pense qu'on ne peut pas faire reposer notre stratégie sur ce que j'appelle l'offre publique et gratuite, CeGIDD et associations, qui ne représentent que 10% de l'offre totale. Il faut travailler sur les 90 % restant, c'est à dire l'offre en médecine générale, la systématisation des tests en médecine générale et la possibilité d'aller dans n'importe quel labo autour de chez vous et d'avoir un test VIH gratuitement.

Il y a l'accès au dépistage mais aussi le problème que certaines personnes ne se font pas dépister. Comment peut-on aller chercher ces personnes ?

Il y a évidemment des gens qui ne se sont jamais fait dépister, on le voit dans les données de Santé publique France, mais le problème de l'épidémie parisienne, et notamment de l'épidémie chez les gays à Paris, ce n'est pas qu'ils ne se font pas dépister, c'est qu'ils n'y vont pas assez souvent. C'est plus un problème de fréquence, de simplicité du test, comme un réflexe trimestriel. Je pense que déjà que si ceux qui se dépistent au lieu de le faire tous les deux ans le faisaient tous les trois mois, on progresserait beaucoup. Après il reste effectivement des personnes très difficiles à atteindre, on s'est beaucoup focalisés sur elles depuis l'arrivée des tests rapides en 2011. Beaucoup d'associations se sont mis à déployer des stratégies efficaces pour aller sur des lieux de rencontre très éloignés de la communauté, dans des forêts, des lieux extérieurs, des lieux de drague, c'est évidemment très important d'aller atteindre ces populations là, mais à Paris, le gros de l'épidémie, c'est des garçons gays, communautaires, présents dans les lieux, dans les bars, dans le Marais, mais qui ne se testent pas assez souvent.

Comment l'explique-t-on ?

La peur du résultat et la sérophobie qui va avec, deux faces de la même médaille. La peur d'être soi même concerné, la peur d'en parler puisque de toute façon personne n'en parle, même sur la terrasse du Cox c'est un tabou, ça n'existe pas, c'est un non sujet ! On continue à tolérer des « t'es clean ? » sur les réseaux sociaux ou les applis de drague donc le tabou et la sérophobie sont évidemment un des facteurs.
On continue à tolérer des « t'es clean ? » sur les réseaux sociaux ou les applis de drague donc le tabou et la sérophobie sont évidemment un des facteurs
Le deuxième facteur, et c'est ce que montre Act Up, c'est que c'est compliqué d'aller se faire dépister. Même un homme gay qui a bien compris, qui est totalement conscient de son exposition et qui vraiment est dans une démarche de dépistage, le faire trois ou quatre fois par an, honnêtement c'est la croix et la bannière. Je fais souvent le parallèle en renvoyant à la population générale : est-ce que vous faites votre bilan dentaire ou ophtalmique annuel ? Est-ce que les filles vont faire leur frottis tous les deux ans ? Franchement, dans nos modes de vies, pas forcément ! À moins d'avoir une urgence. Pourquoi on attendrait des hommes homosexuels une aisance dans la gestion de leur santé et de leur rendez-vous médicaux, que la plupart des gens n'ont pas ? Gérer sa santé c'est de toute façon une aptitude sociale, ça demande d'être relativement bien dans sa peau, d'être conscient qu'on en a besoin et ensuite de la facilité. Là où le travail d'Act Up et cette discussion sur l'offre m'intéresse et doit faire bouger les pouvoirs publics, c'est que si on veut que ça soit tous les trois mois, il faut que ça soit hyper facile. Pouvoir prendre le rendez-vous avec son smartphone, avoir un rappel le matin même, arriver sans avoir à passer par la salle d'attente, ressortir avec son résultat et avoir un rappel trois mois après.
Pourquoi on attendrait des hommes homosexuels une aisance dans la gestion de leur santé et de leur rendez-vous médicaux, que la plupart des gens n'ont pas ?
Enfin, il y a un troisième facteur sur le fait que les gens se détectent pas, c'est qu'ils ne savent pas que U=U. Cela fait dix ans déjà que des chercheurs suisses ont publié les premiers résultats montrant qu'une personne avec une charge virale indétectable depuis plus de six mois ne transmet pas le VIH…

« Dix ans déjà », dites-vous. Pourquoi le message ne s'imprime-t-il pas ?

Il faut comprendre comment fonctionnent les médecins, les chercheurs et la santé publique. Ces institutions ne communiquent pas sur une avancée tant qu'il n'y a pas un consensus scientifique validé et re-validé par des résultats, surtout sur un sujet aussi sensible qui peut amener à un recul des modes de protection. En 2008, on n'avait pas la PrEP, on avait que la capote donc il a fallu en France cinq ans pour que ça soit inscrit dans les recommandations de prise en charge, en 2013. Et encore c'était avec beaucoup de prudence et de précaution : les couples hétérosexuels, charge indétectable depuis plus de six mois, pas d'autres IST, etc. Ensuite, les gens se sont détendus à l'international quand en 2016, assez récemment finalement, sont sortis les résultats de l'étude Partner, la grande étude qui montre que sur 56 000 rapports sexuels sans préservatifs dans des couples sérodifférents, il y a eu zéro transmission. 56 000 couples, 0 transmission, 9 pays différents... À partir de ce moment-là, les gens ont pu se détendre. Les Américains à New York ont lancé le slogan U=U, pendant un an ils font signer leur déclaration de consensus par toutes les grandes institutions internationale type ONU, OMS... Tant que ces institutions là ne disaient pas une bonne fois pour toute « oui oui oui, nous sommes sûrs, que l'on soit hétéro ou homo c'est pareil » c'était difficile d'être audible. [caption id="attachment_11469" align="alignnone" width="1024"]campagne hornet vih u equals u Xavier Héraud pour Paris sans sida[/caption]

Vous diriez que l'on a perdu du temps ?

Oui je pense que l'on a quand même un peu perdu du temps notamment en France où ça ne faisait pas tellement débat, comme ça pouvait être le cas aux États-Unis, pour des raisons liées à la qualité du système de prise en charge. En France les médecins voyaient bien que les gens étaient indétectables au bout de trois mois donc je blâmerais un peu les prudences de chat d'un certain nombre de nos institutions qui n'osaient pas le dire alors que les associations poussaient. Ça n'a jamais été dit par le ministère de la Santé au sens vraiment exprimé explicitement. Il y a eu vraiment trop de prudence. Deuxièmement je blâme un peu les infectiologues qui encore aujourd'hui pour certains, face à un patient, continuent à mettre plein de bémols, plein de prévention et de prudence. Ils ont trop peur de se sentir responsables d'une transmission secondaire. À un moment il faut y aller !
L'annonce d'une charge virale indétectable, c'est une bonne nouvelle qui doit se célébrer
J'avais demandé à un groupe de militants de Aides ce que leur avait dit leur médecin la première fois que leur charge virale était indétectable. Beaucoup ne se souvenaient pas et ceux qui se souvenaient le médecin disait « ah oui c'est bien, vos résultats sont bons. ». Et si c'était des femmes, ils disaient « c'est bien, vous avez un projet de bébé ? ». L'annonce d'une charge virale indétectable, c'est une bonne nouvelle qui doit se célébrer. Et ça doit se célébrer aussi comme libération de la sexualité, ça j'y crois beaucoup. Ça doit être célébré comme une bonne nouvelle pour la communauté.

Concernant la PrEP, on a le sentiment, et les données chiffrées sont là pour le prouver, qu'elle décolle dans beaucoup de grandes villes (San Francisco, Londres, Sydney, etc), mais en France, seulement 7000 prepeurs dont 50% en Île-de-France. C'est quoi notre problème avec la PrEP ?

Je vais faire une réponse un peu comme sur le dépistage, c'est l'offre et la demande. Du côté de la demande de PrEP, elle fait l'objet de polémiques, de controverses, peut être un peu plus en France qu'ailleurs. Cela dit elle a aussi fait l'objet de polémiques aux États-Unis, il ne faut pas se leurrer. Effectivement les débats, la récurrence des débats, le fait que revienne systématiquement une remise en cause de l'efficacité de la PrEP dans les discussions, ça distille du doute, qui plus est dans un contexte très français de défiance vis-à-vis du médicament de manière générale et de l'institution médicale en particulier. La défiance vis-à-vis du soin est grande en France. En plus, des agents communautaires continuent de mettre en doute l'efficacité de la PrEP alors évidemment ça prend sur un terreau favorable. Oui il y a une responsabilité de la communauté qui ne se saisit pas de cet outil, aussi une responsabilité - qu'on ne porte plus j'espère - des pouvoirs publics au début qui ont à la fois autorisé et remboursé la PrEP mais sans en faire une communication très forte. La PrEP était mentionnée sur une campagne du ministère de la Santé mais n'a pas fait l'objet d'une campagne spécifique. Je peux retourner cette critique vers nous aussi à la mairie de Paris : on a fait une campagne dans laquelle on a parlé de la PrEP, mais on ne l'a pas mis au centre. Pour que les communautés à qui elle est en priorité destinée s'approprient la PrEP, il faut que ça soit acceptable socialement par tout le monde. Pour que le préservatif s'installe comme une norme sociale, il a fallu que tout le monde se sente concerné même si en fait tout le monde n'était pas concerné par le VIH de la même manière. La PrEP c'est pareil, le jour où tout le monde en aura entendu parler, ça sera plus facile pour un homme homosexuel de dire qu'il est sous PrEP. Il faut que ça soit moins associé à des pratiques dites excessives ou particulières, il faut banaliser le discours sur la PrEP. Plus on stigmatise la PrEP comme quelque chose d'associé à des pratiques sexuelles excessives, un nombre de partenaires excessif, des pratiques soit disant hors normes, plus on créé du mal être dans les communautés. Tout ce qui remet de la norme et de la hiérarchie dans les sexualités génère encore plus de tabou, de stigmates.
Plus on stigmatise la PrEP comme quelque chose d'associé à des pratiques sexuelles excessives, un nombre de partenaires excessif, des pratiques soit disant hors normes, plus on créé du mal être dans les communautés
Du côté de l'offre, si vous comptez combien il y a de consultations PrEP à Paris, il n'y en a pas assez. Il faut aussi que nous fassions l'effort de créer plus de créneaux. Paris sans sida y a beaucoup contribué l'année dernière, nous avons financé quinze consultations supplémentaires avant que l'État via l'Agence régionale de santé prenne le relais. Ou encore, ce qu'on peut être amené à financer pour augmenter la PrEP, c'est des consultations le soir ou le week-end. Aussi bien mieux former et informer la médecine générale pour que les hôpitaux puissent désengorger leur consultation pour tous les patients qui vont bien, qui prennent leur comprimé et qui veulent juste un bilan tous les trois mois qu'ils puissent faire ça chez leur médecin généraliste.

La capitale concentre à elle-seule 20% de l'épidémie nationale. Comment l'explique-t-on ?

Je ne suis pas sure d'avoir une réponse totale à cette question. Historiquement, dès le début de l'épidémie, Paris a été particulièrement touchée parce que c'était une des villes européennes les plus ouvertes sur le monde, à la fois par le lien entre la France et ses anciennes colonies, aussi sans doute par la présence d'une communauté gay plus importante. Les deux villes qui ont vraiment été touchées en Europe au tout début c'est Londres et Paris. C'est aussi pour ça que Paris a été particulièrement à la pointe du combat : c'est quand même à Paris que l'on a vu les premiers lieux de Aides, la création d'Act Up, la conférence dite Déclaration de Paris en 1994, la première grande déclaration des chefs d'état sur la place des personnes vivant avec le VIH dans la lutte contre l'épidémie. Il y a un deuil à Paris qui est plus lourd qu'ailleurs, il y a eu beaucoup de morts, c'est une ville qui une mémoire particulièrement aiguë de cette épidémie et de l'hécatombe, mais donc aussi beaucoup de survivants et donc une épidémie dynamique. Quant à aujourd'hui, ça reste une ville très attractive pour la jeunesse qui cherche l'anonymat, la rencontre, le commerce, la vie étudiante. Quand on travaille avec les « villes sans sida » (Fast track cities), à la fois sur certains aspects elles sont plus loin de nous, mais elles ont des petites épidémies. Amsterdam par exemple c'est moins de 100 nouveaux cas par an, Barcelone doit être autour de 300/350, Berlin 380. Paris c'est 1200, pour une ville beaucoup plus petite.

Il y a Paris sans sida, mais il y a aussi le même objectif dessiné au niveau régional avec Île-de-France sans sida… Est-ce vous travaillez ensemble ? Aucune mention de Paris sans sida sur la page dédiée sur l'Île de France, et inversement… Ça donne l'impression d'une bête à deux têtes pour le même objectif. Peut-on parler d'une division, symptôme de l'affrontement entre Anne Hidalgo et Valérie Pécresse ?

Chronologiquement l'« Agenda pour une Île-de-France sans sida » a été adopté en juillet l'année dernière, ça faisait déjà deux ans que Paris sans sida était lancé donc ils ne sont pas cités bêtement parce qu'on n'a pas actualisé la page. Dans les attendus de la délibération au conseil régional, ils citent Paris sans sida, ils s'inspirent de cette démarche là. C'est Jean-Luc Romero et Jean Spiri qui ont porté ça auprès de Valérie Pécresse après avoir beaucoup échangé avec Bernard Jomier, le cabinet d'Anne Hidalgo et moi. Évidemment c'est une continuité, une extension du projet parisien au territoire francilien, et c'est totalement pertinent. La Seine-Saint-Denis a également, en tant que département le plus touché après Paris, commandé un rapport à France Lert pour une Seine-Saint-Denis sans sida. J'espère qu'en tant que département, sans attendre la Région, ils vont eux aussi lancer des choses en partenariat avec nous. Je pense que oui, nous travaillons tous dans le même sens.

La loi asile-immigration, adoptée en avril dernier, est très critiquée et inquiète les associations de lutte contre le VIH quant au respect des droits réservés aux étrangers et étrangères séropositifs.ves par le gouvernement. Quel est votre position ?

Je crois qu'on se fait totalement écho des critiques exprimées par les associations de lutte contre le sida, mais aussi celle de soutien et de défense de la santé des migrants. C'est une vraie inquiétude pour nous cette loi, mais d'autres aussi. Nous sommes engagés dans une course contre la montre, on sait qu'on pourra mettre fin à l'épidémie pour améliorer l'inclusion de ces populations, ce n'est pas juste une histoire de contrôle de la maladie, c'est construire des villes où l'on se sent mieux, où l'on peut être noir sans être agressé, où l'on peut être gay sans être agressé... Où il y a de l'espoir ! On mène ce combat là à contre courant clairement. Dans la lutte contre le sida, il y a toujours eu une grosse partie des personnes touchées vivant avec le VIH en France qui étaient originaires des Caraïbes et de l'Afrique subsaharienne. Pour beaucoup, ce sont des personnes qui étaient arrivées en France depuis longtemps par le regroupement familial, par voie aérienne avec un visa. Pour partie elles avaient acquis le VIH sur le territoire français mais c'était des histoires de migration dans lesquelles il y avait certes de la galère et de la précarité mais quand même un projet de vie, un projet d'installation qui avait fonctionné. L'État social français avait fonctionné. On voit dans l'étude de l'ANRS Parcours, la grande étude sur la santé des Africain.e.s et leur exposition au VIH et à l'hépatite B en Île-de-France, des parcours migratoires qui ont été difficiles mais avec au final quand même une stabilité et une bonne prise en charge. Ce qu'on voit depuis 2014-2015, c'est une autre forme de migration, par voie terrestre, plus féminine, avec beaucoup plus de parcours de violence, de traumatismes dans le pays d'origine, sur le parcours migratoire et à l'arrivée, et une situation d'accueil absolument catastrophique, violente, inadmissible en réalité. Précisément sur le VIH, je pense qu'il va y avoir un regain des contaminations dans ces communautés là alors que ça avait tendance à baisser." ["post_title"]=> string(142) "« L'annonce d'une charge virale indétectable est une bonne nouvelle qui doit se célébrer » : rencontre avec Eve Plenel de Paris sans sida" ["post_excerpt"]=> string(256) "Directrice générale de Paris sans sida, Eve Plenel a accordé un long entretien à Komitid pour parler de l'offre de dépistage, de la PrEP ou encore de la loi asile-immigration. Son mot d'ordre : « Il faut célébrer l'indétectabilité ». Rencontre. " ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(91) "si-je-ny-croyais-pas-jaurais-rendu-mon-tablier-rencontre-avec-eve-plenel-de-paris-sans-sida" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-11-30 16:50:25" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-11-30 15:50:25" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=11393" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [4]=> object(WP_Post)#15267 (24) { ["ID"]=> int(10987) ["post_author"]=> string(1) "4" ["post_date"]=> string(19) "2018-07-04 12:44:59" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-07-04 10:44:59" ["post_content"]=> string(3508) "« Élargir le public de la PrEP ». C'est tout le  sens de la nouvelle campagne, très réussie, de Aides. Nommée Prep 4 Love, celle-ci est la première campagne nationale d'information sur le traitement préventif contre le VIH. Avec trois images en noir et blanc, l'idée, selon l'association, est de « mieux informer les populations directement concernées » et sensibiliser « le grand public sur l'efficacité » de la PrEP. Trois posters seront donc affichés cet été dans toute la France. Ceux-ci présentent un couple gay mais aussi deux couples hétérosexuels, l'un composé d'un homme et d'une femme noires et l'autre d'un homme et d'une femme blanches. Les images sont accompagnées d'une simple mention : « Prep : un comprimé par jour vous protège du VIH  ». Elles renvoient vers le site de AIDES qui contient de nombreuses informations autour du traitement et rappelle que le préservatif reste le meilleur moyen de se protéger de la plupart des IST.

Publics à risque

Une très bonne nouvelle, au vu des clichés entourant le traitement préventif. 7 000 personnes bénéficient actuellement de la PrEP, 97 % étant des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Les femmes ne comptent que pour 1 % des bénéficiaires de la pilule. L'objectif, selon le responsable presse d'Aides Antoine Henry, est donc de s'adresser aux autres populations à risque quant à la contamination VIH. L'association veut donc sensibiliser les populations d'origine subsaharienne, mais aussi les travailleurs et travailleuses du sexe et les femmes trans. « Un gay afro-descendant a trois fois plus de risque de contracter le VIH qu'un gay blanc » rappelle le militant. « Il faut sortir de l'idée que la PrEP est une mesure de prévention faite sur mesure pour les gays » explique Antoine Henry. Car oui, et il faut encore le rappeler, le traitement préventif s'adresse et fonctionne de la même façon pour tout le monde. Certain.e.s hétéros, notamment multi-partenaires, pourraient gagner à bénéficier de la PrEP. " ["post_title"]=> string(128) "Aides lance la première campagne nationale d'information sur la PrEP et rappelle que le traitement concerne aussi les hétéros" ["post_excerpt"]=> string(164) "Prep 4 Love inclut trois couples, dont deux hétéros. Un rappel que le traitement préventif contre le VIH concerne tout le monde et pas seulement les hommes gays." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(38) "aides-premiere-campagne-nationale-prep" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-07-04 15:05:25" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-07-04 13:05:25" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=10987" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Des préservatifs auto-lubrifiants bientôt commercialisés ?

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En voilà une excitante promesse ! Mais il nous faudra sans doute attendre encore un peu avant de pouvoir explorer cette nouvelle technologie en profondeur…

preservatif auto lubrifiant a l'etude aux etats unis prevention reduction des risques
Des préservatifs auto-lubrifiants bientôt commercialisés ? - Nopphon_1987 / Shutterstock

Oui oui, « préservatif auto-lubrifiant », vous avez bien lu. Une équipe de recherche de l’université de Boston planche en effet sur cette idée. Le principe ? Enduire le préservatif d’une nouvelle matière contenant un lubrifiant encapsulé qui se libère par le contact d’un fluide corporel, ou de l’eau. Une lubrification censée durer vraiment longtemps, annoncent les scientifiques : jusqu’à 1 000 allers-retours sans sécher, assure le Royal Society Open Science journal, qui précise qu’en moyenne, un rapport sexuel en comporte deux fois moins (de 100 à 500).

Selon la BBC, les préservatifs classiques utilisés avec des lubrifiants à base d’eau commencent à perdre de leur glissant après 600 allers-retours, pour comparaison.

D’après les 33 personnes de l’équipe qui se sont dévouées corps et âme pour tester cette capote glissante à souhaits, c’est un grand oui ! 73 % de ces cobayes (13 hommes et 20 femmes) auraient senti et surtout apprécié la différence. Une innovation scientifique qui pourrait bien être d’une grande aide aux questions de santé sexuelle. « Des personnes qui n’utilisent pas régulièrement de préservatifs pour cause d’inconfort ou parce qu’elles ne les aiment pas ont affirmé qu’elles pourraient bien utiliser un tel produit » a déclaré Mark Grinstaff, bio-ingénieur à l’université de Boston, auprès de NBC News. « Peut-être qu’ainsi nous donnerons une chance supplémentaire au préservatif et pourrons donc prévenir la propagation du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles  ».

Vers une prochaine mise sur le marché ?

Le test de cette capote révolutionnaire n’a été réalisé qu’à petite échelle pour l’instant et attend la validation de la Food and Drug Administration (organisme américain qui autorise la mise sur le marché des aliments et médicaments aux États-Unis), chose qui n’est pas encore à l’ordre du jour…

Il y a néanmoins fort à parier que si les tests à venir sont probants, nous en entendrons vite parler de nouveau, y compris de notre côté de l’Atlantique. En effet, l’équipe du laboratoire de Mark Grinstaff à l’université de Boston est soutenue par la Gates Foundation, à la suite d’un appel de l’organisation philanthropique à la communauté scientifique pour inventer le préservatif de demain.

Quoi qu’il en soit, rappelons tout de même que le niveau de lubrification idéal vous appartient, à vous, vos partenaires et vos sextoys et ce, que le préservatif en délivre déjà de lui-même ou non.