« les LGBTphobies sont enracinées bien plus profondément dans la société » et que « les élites ont seulement mis un accent dessus ».
« Les LGBTphobies sont enracinées bien plus profondément dans la société »
Pendant qu'Hanouna fait des canulars téléphoniques homophobes à la télé française, les mêmes méthodes sont employées par des milices fascisantes russes afin de piéger des personnes homosexuelles sur les applis de rencontre. « Et pas qu’en Tchétchénie ! », insiste Inna au sujet des violences et humiliations que subissent ses frères et sœurs LGBT+ en Russie. « Même si les médias n’en parlent que très rarement ».

Élections présidentielles 2018 : pas de révolution à l’horizon

« On peut difficilement parler d’élections, alors que dans les faits, on n’a aucun choix. On vit une répression de masse de l’opposition », déplore Aleksei Nazarov. Cet activiste à l’origine de plusieurs collectifs militants et organisateur de la pride de Saint Pétersbourg continue : « Beaucoup d’opposant.e.s ont été intimidé.e.s. Ces derniers temps, on a vu encore plus d’agressions d’activistes. Ça ne concerne pas que les militant.e.s LGBT+, mais n’importe quelles personnes engagées qui se positionnent contre le régime en place ». Le ton est donné. Forel confirme que la persécution des individus sur la simple base de leurs opinions continue et s’intensifie dans le pays « en particulier à l’approche des élections ». Et ajoute avec amertume : « Cela a été le cas très récemment pour mes camarades anarchistes et antifa de Saint-Pétersbourg et de Penza. Sur la base de fausses accusations de terrorisme, ils et elles ont dû signer des confessions extorquées sous la torture. C’est monstrueux ».

Quel.le allié.e pour les personnes LGBT+ face à Poutine ?

D'un côté, Aleksei Navalny, un solide mais très controversé opposant écarté de l’élection. De l'autre, Ksenia Sobtchak, une candidate inattendue, sympathique mais qui suscite bien des doutes. Entre les deux, peu d’espoirs s’annoncent dans les isoloirs pour les LGBT+ russes.
« J’ai la sensation que les gens se jettent sur la première personne qui s’oppose à Poutine, sans même se soucier du reste. »
« Pour moi Navalny reste un mystère », poursuit Forel. « Comment peut-on espérer quoi que ce soit d’un populiste libéral de droite ? J’ai la sensation que les gens se jettent sur la première personne qui s’oppose à Poutine, sans même se soucier du reste. En l’occurrence, de ses positions racistes sur les questions des personnes migrantes ». La proximité de ce politique avec l’extrême droite russe, en particulier du nationaliste Dimitri Demushkin, est ce qui semble faire douter une bonne partie de l’électorat LGBT+ russe.

Une publication partagée par Алексей Навальный (@navalny) le

« Personnellement, je n’ai jamais soutenu Navalny. J’ai un doute sur sa sincérité », assure Aleksei Nazarov. « Mais j’aurais été pour qu’il puisse être candidat.  Le fait qu’il ne l’ait pas été est tout simplement anticonstitutionnel. Et cette manipulation a privé énormément de gens de leur choix ». Quant à Ksenia Sobtchak, candidate « contre tous » qui se positionne comme opposante à la politique de Poutine depuis 2006, difficile de dire si elle suscite plus de sympathie que de méfiance. Et ce, bien qu’elle soit considérée comme gay friendly. « Nous nous souvenons tous et toutes de sa participation à l’émission de téléréalité Dom-2 (l’équivalent du Loft, ndlr) où les blagues oppressives et les violences physiques contre les femmes et les LGBTQI sont constamment diffusées et même encouragées », lâche Inna, peu convaincue. « Sans oublier qu’elle reste la filleule de Poutine, et que son père, Anatoli Sobtchak, était son ami très proche. Voilà qui lui donne concrètement l’air d’une marionnette du Kremlin de plus… ».

Une publication partagée par Собчак против всех (@kandidatprotivvseh) le

« Je ne place aucun espoir en Ksenia Sobtchak, car elle est juste utile à l’autorité en place pour mobiliser la population à l'occasion du vote, et donner de la visibilité à la notion de concurrence dans cette élection », ajoute Igor Iasine, activiste LGBT+ et anti-raciste. Ce journaliste moscovite syndiqué et militant précise néanmoins : « D’un autre côté, je considère que c’est positif de voir les thématiques LGBT abordées avant le vote, ne serait-ce que de cette manière-là ».

Et les droits des femmes ?

Elena Smirnova est une militante féministe et LGBT+ originaire de Saint-Pétersbourg. Désormais chercheuse en histoire à l’Université Paris 7 et membre active de l’association Urgence Homophobie (anciennement Urgence Tchétchénie), elle dit que Ksenia Sobtchak semble déterminée à « abolir les lois discriminatoires ».
« La situation pour les droits des femmes dans la Russie de 2018 est bien amère »
Mais l'activiste russe déplore que ce soit fait « par des mots tendres et un peu voilés, afin de conquérir le public visé, mais sans faire peur au reste de l’auditoire ». Elle y voit tout de même, presque résignée, une petite lueur d’espoir. « Malgré tout, je ne peux que me réjouir de voir une femme candidate à cette élection. C’est une première depuis Irina Khakamad, qui a rassemblé un peu moins de 4% des voix en 2004, alors que la situation pour les droits des femmes dans la Russie de 2018 est bien amère ». Il faut dire qu’en 2017, une loi dépénalisant les violences familiales a été votée par la Douma, chambre basse du Parlement russe, afin de « protéger » la sacro-sainte famille traditionnelle. Sous-titre : conserver l’ordre patriarcal en évitant la prison aux hommes qui violentent leurs compagnes, voire leurs enfants, parce que « un papa, une maman ».

Voter ou ne pas voter : est-ce vraiment une question ?

Lorsque l’on parle des élections en Russie sous Poutine, ce sont les mots « farce », « cirque » ou encore « mascarade » qui reviennent dans la bouche des opposant.e.s au leader autocrate. En conséquence, il n’est pas surprenant que peu d’entre elles et eux semblent décidés à aller voter le dimanche 18 mars. Après l’éviction d’Aleksei Navalny de la campagne présidentielle en décembre 2017, il y a eu un appel au boycott des urnes, mais aussi d'assez navrantes vidéos virales appelant la population à voter en réaction. Pour autant, Forel considère que choisir de ne pas aller voter et boycotter l’élection, ce n’est pas tout à fait pareil. « Je me trouve actuellement forcée de devenir migrante politique. Dans les faits, je n’ai plus la possibilité de voter, mais si je l'avais eue, je ne l’aurais pas fait. Et puisque le concept de boycotter les élections a été récupéré, je préfère dire que je les ignore ». Pour Elena, qui n’est pas plus optimiste que ses camarades, prendre une décision catégorique n’est pas si simple : « J’ai l’impression que ma vision de la politique en Russie est biaisée et incomplète depuis que je n’habite plus là-bas. J’ai peur de faire un geste maladroit, mais j’ai aussi peur de ne rien faire. De par mon engagement associatif, je contribue à aider les personnes qui souhaitent ou sont contraintes de quitter le territoire de la Russie. Mais que faire pour celles qui restent sur place ? »

Comment soutenir nos frères et nos sœurs « de l’arc-en-ciel » russes

À lire tous ces témoignages, il y a de quoi être démoralisé.e.s. Néanmoins, les militants et militantes russes ne baissent pas les bras, et comptent sur nous.
« Nous attendons un soutien qui vienne d’organisations non gouvernementales et d'individus, plus que de l’establishment et des gouvernements. »
Pour Igor, notre rôle de l’autre côté des frontières, est clair : « De la communauté internationale, nous attendons un soutien qui vienne d’organisations non gouvernementales et d'individus, plus que de l’establishment et des gouvernements. Les menaces et les sanctions ne marchent pas. Envers la Russie, encore moins. Il faut soutenir les personnes qui défendent les droits humains et les activistes de Russie qui sont menacé.e.s, mais aussi les aider par le biais de formations. La solidarité des associations et ONG, leurs expériences, sont très importantes. Le plus gros du travail, c’est nous qui devons le fournir, c’est nous qui devons parvenir à changer la donne ».
« Les violences LGBTphobes en Russie contemporaine résultent d’une homophobie d’État »
Quant à Elena, elle aimerait voir des réactions plus pertinentes de notre part en ce qui concerne l'actualité russe des personnes LGBT+ : « S’il vous plaît, quand vous entendez parler des persécutions des homosexuel.le.s en Tchétchénie, prenez un petit peu de votre temps pour faire une réflexion politique. Il ne sert pas à grande chose de dire "Oh merde ! Ces sauvages tuent les pédés ! Ils ont créé les prisons secrètes au XXe siècle, quelle barbarie !" ou, pire encore, "C’est de la faute de l’islam" ! », demande-t-elle, « Ces exactions résultent d’une politique de longue date qui est mise en place par l’appareil étatique de Ramzan Kadyrov, et qui est pleinement tolérée par le pouvoir fédéral russe. D’une manière générale, les violences LGBTphobes en Russie contemporaine résultent d’une homophobie d’État, comme c’est le cas dans plusieurs pays du monde. Y compris les pays du Nord, qui ne sont pas immunisés, comme le démontrent les dynamiques depuis l'élection de Donald Trump aux États-Unis. C’est pourquoi il me semble important de dénoncer ces faits de manière politique, il n'y a que ça qui permettra de vrais changements ».   * Le prénom a été changé et pour des raisons de sécurité, Komitid ne peut révéler le nom du pays d'accueil de Forel.  

Propos recueillis et traduits du russe par Olga Volfson

" ["post_title"]=> string(77) "Élections présidentielles en Russie : colères et espoirs des LGBT+ russes" ["post_excerpt"]=> string(140) "À l'approche des élections présidentielles, la communauté LGBT+ russe partage ses inquiétudes. Des témoignages recueillis par Komitid." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(45) "elections-presidentielles-russie-lgbt-poutine" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(296) "http://www.komitid.fr/2018/02/22/loi-asile-immigartion-la-federation-lgbti-salarme-du-sort-des-refugie-e-s/ http://www.komitid.fr/2018/02/21/lhilarant-trolling-des-gays-pour-poutine/ http://www.komitid.fr/2018/02/21/3-questions-a-sasha-dvanova-refugiee-russe-et-militante-chez-urgence-homophobie/" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-25 16:55:23" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-25 14:55:23" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(29) "http://www.komitid.fr/?p=1093" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15256 (24) { ["ID"]=> int(5824) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-07 12:14:38" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-07 10:14:38" ["post_content"]=> string(6083) "« Tchétchénie, le come back : maintenant à Oufa ». Voici le glaçant intitulé d'un appel à la violence posté en avril sur internet à l'encontre des hommes gays, dans la ville d'Oufa, située au sud-est de la Russie. Plus terrifiant encore ? La chose est ouvertement présentée comme un jeu homophobe. Cette chasse à l'homme à l'encontre des gays est censée avoir lieu du 1er au 31 mai 2018 et s'intitule « pila », qui veut dire scie. C'est, comme le visuel de marionnette l'indique, une référence à la franchise de films d'horreur Saw, dont l'intrigue se déroule autour de tortures et de meurtres basés sur une certaine idée de la morale.

Le site dédié à ce « jeu homophobe » n'est plus en ligne, mais le mal est déjà fait

Les captures d'écran circulent sur les sites d'info LGBT+, principalement anglophones, mais ne sont pas sourcées. Et le site d'origine, qui semble diffuser photos, adresses et informations personnelles d'hommes présentés comme homosexuels, accessibles pour 200 roubles (2,66 euros, et environ 20 euros, 1500 roubles, pour faire retirer ces infos), est introuvable. « Le site source a déjà été fermé, visiblement, pour extrémisme », raconte Christina Abramicheva, qui gère l'antenne d’Alliance hétéro et LGBT pour l’égalité (Альянс гетеросексуалов и ЛГБТ за равноправие) dans la région de Bachkirie, à Komitid. « Tout a commencé il y a environ un mois, lorsque des affiches pour ce jeu homophobe ont commencé à apparaître sur internet. D’abord, on a cru que c’était un fake, donc on ne s’est pas plus inquiété.e.s que ça », poursuit la militante. « C’est tout récemment que nous avons commencé à recevoir des demandes pour des avocats et des psychologues pour les victimes. Nous avons des informations comme quoi la communauté LGBT a réagi : un homme gay s’est rendu directement chez ces "chasseurs", suivi de près par plusieurs des siens. Il y a eu un affrontement et plusieurs personnes se sont retrouvées à l'hôpital. Là, nous avons reçu de nouvelles plaintes. Des hommes gays se font suivre, tabasser et reçoivent des lettres de menaces par mail. »

Une pratique qui ne date pas d'hier, légitimée par l'homophobie d'État

Interrogée par Pink News, une lesbienne russe raconte, sous couvert de l'anonymat, qu'elle connait ce « jeu » depuis longtemps. « C'est un jeu très populaire parmi les hommes russes hétéros. Il circule depuis 2007-2008, mais jusqu'ici c'était quelque chose qui se faisait plutôt en groupes fermés », un témoignage qui corrobore les retours alarmants d'associations et individus LGBT+ de Russie, qui dénoncent la manière dont sont piégés les hommes homosexuels sur internet et les applis, par des milices homophobes. Avec la loi sur la propagande homosexuelle de 2013 et la normalisation des LGBTphobies dans le pays, il n'y a « plus de protection », continue la jeune femme, « tout ça peut arriver en plein jour ». Sous un article russe faisant état de la situation à Oufa publié sur le site Idel.Реалии le 1er mai, un internaute commente : « Hier, sur un site d'annonces gay, des inconnus ont publié les données de mon passeport, mon adresse et mon numéro de téléphone ». Il raconte que « littéralement deux heures plus tard », trois hommes ont essayé de pénétrer dans son appartement avec des « intentions malveillantes ». Un an après les révélations sur les purges homophobes en Tchétchénie, ce qu'il se passe actuellement à Oufa a un écho terrible pour les asso LGBT+ locales et leurs soutiens. « Nous essayons par tous les moyens de rendre cette affaire publique, malgré une résistance de tous les côtés, y compris des victimes qui ne veulent pas en parler et ne veulent de l’aide que par l’intermédiaire de tierces personnes », déplore Christina Abramicheva. « Les gays de Tchétchénie sont aidés par le réseau LGBT russe, mais pour cette situation aussi, il faudra mettre en place l’asile politique si les choses empirent »." ["post_title"]=> string(87) "Jeu homophobe inspiré de « Saw » en Russie : « on a cru que c'était un fake »" ["post_excerpt"]=> string(386) "Voilà plusieurs semaines qu'un appel aux actes homophobes, sous forme d'un jeu inspiré des films d'horreur de la franchise « Saw », a été lancé sur internet. Un an après les révélations sur les purges homophobes en Tchétchénie. Les victimes seraient déjà nombreuses mais refuseraient de témoigner. Komitid a contacté une association LGBT sur place pour en savoir plus." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(29) "jeu-homophobe-saw-russie-fake" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-07 13:35:55" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-07 11:35:55" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=5824" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "1" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15262 (24) { ["ID"]=> int(345) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-02-16 13:30:25" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-02-16 12:30:25" ["post_content"]=> string(2977) "Il était détenu en Russie dans un centre d'immigration depuis le mois d'août 2017. Le journaliste et militant LGBT+ Ali Feruz est arrivé le vendredi 16 février dans la matinée sur le sol allemand, à Francfort, où il a obtenu l'asile politique, aux côtés de son partenaire. Le jeudi 15 février, le journal indépendant russe Novaïa Gazeta avait indiqué qu'Ali Feruz avait réussi à passer le contrôle aux frontières dans un aéroport de Moscou. Sans révéler sa destination précise, l'avocat du journaliste avait précisé qu'il avait des billets pour l'Allemagne. De nationalité ouzbèke depuis ses 17 ans, Ali Feruz avait fui l'Ouzbékistan pour la Russie en 2008, affirmant avoir été détenu et torturé par les forces de sécurité du pays. L'asile politique lui avait été refusé par les autorités de l'immigration en Russie sous prétexte qu'il n'était pas en mesure de prouver le danger qu'il courrait en Ouzbékistan. Décision confirmée au mois d'octobre 2017 par le tribunal du district de Basmanny, dans le centre de Moscou.

Une arrivée émouvante, à Francfort

Un mois plus tard, en novembre 2017, le tribunal avait jugé qu'Ali Feruz travaillait illégalement en Russie comme correspondant de Novaïa Gazeta, (journal qui a notamment révélé la torture subie par les homosexuels en Tchétchénie) puis ordonné son expulsion vers l'Ouzbékistan. Une décision qui a provoqué un tollé international. C'est finalement au mois de février que les tribunaux russes ont ouvert la voie à Ali Feruz afin qu'il puisse quitter la Russie pour un autre pays que l'Ouzbékistan. À son arrivée à l'aéroport de Francfort, le groupe russe Alliance hétéro et LGBT pour l'égalité (Альянс гетеросексуалов и ЛГБТ за равноправие) a posté une photo très touchante du journaliste affichant un sourire de soulagement.   " ["post_title"]=> string(96) "Le journaliste Ali Feruz est enfin arrivé en Allemagne, après six mois de détention en Russie" ["post_excerpt"]=> string(238) "Le journaliste de Novaïa Gazeta, détenu par les services de l'immigration en Russie depuis le mois d'août 2017, a été autorisé à quitter le territoire. Lui et son compagnon sont arrivés sur le sol allemand le vendredi 16 février." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(27) "ali-feruz-refugie-allemagne" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-10 15:42:04" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-10 13:42:04" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(34) "http://92.243.1.111/infogay/?p=345" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [4]=> object(WP_Post)#15255 (24) { ["ID"]=> int(6644) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-16 18:41:25" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-16 16:41:25" ["post_content"]=> string(2205) "Alexandre Konovalov, ministre de la justice de la fédération de Russie, a pris la parole, lundi 14 mai, au micro du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. S'exprimant sur les droits humains en Russie, la situation en Crimée ainsi que la question des purges homophobes en Tchétchénie, il s'est montré particulièrement méprisant. Avec un aplomb qui forcerait presque une forme d'admiration, il a nié en bloc toutes accusations faites au régime de Vladimir Poutine, assurant que l'opposition pouvait tout à fait s'y exprimer et réduisant au passage les nombreux témoignages attestant du contraire à de simples bruits de couloirs. Il a également affirmé qu'il n'a été trouvé aucune « preuve » des purges homophobes en Russie. Pire encore, il a déclaré que les personnes en charge de l'enquête sur place n'avaient tout simplement « pas trouvé de représentant.e.s de la communauté LGBT » à qui s'adresser. Une sortie qui n'a pas manqué de nous rappeler les propos de Ramzan Kadyrov en 2017, le président tchétchène avait alors déclaré qu'il n'y avait tout simplement « pas de gays en Tchétchénie ». Si certain.e.s avaient encore besoin d'une piqûre de rappel quant à la géographie de la Russie, et ses implications coloniales... cette déclaration du ministre de la Justice russe aura de quoi dissiper quelques doutes sur l'homophobie d'État émanant du Kremlin que les militant.e.s sur place n'ont de cesse de dénoncer, sur tout le territoire de la fédération.
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Mécanisme de Vienne

C'est certainement ce qui a poussé les quinze pays à signer un document demandant des réponses à la Russie pour « son refus apparent d'adresser ces sérieuses violations des droits humains ». En signant cette lettre, le Canada, le Danemark, l'Estonie, la France, la Finlande, l'Allemagne, l'Islande, l'Irlande, la Lettonie, la Lituanie, les Pays Bas, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont activé le « Mécanisme de Vienne ». L'outil, rarement utilisé, force la Russie à donner une réponse au conseil de l'OSCE sous dix jours. La lettre explique que les gouvernements « ont observé des violations des droits humains en Tchétchénie » et note que « durant les 20 derniers mois, la Fédération de Russie n'a pas donné de réponse substantielle ». Pire, la Russie « a nié les rapports crédibles d'organisations internationales, de journalistes et de la société civile, demandant aux délégations de l'OSCE de "nous informer correctement" et nous accusant de répandre des fake news provenant d'Internet. » Si la Russie décide de ne pas répondre aux questions des gouvernements internationaux, ceux-ci pourront alors invoquer le « Mécanisme de Moscou », explique Human Rights Watch. Seulement utilisé à deux autres occasion depuis la création de l'OSCE, l'outil permettra à l'organisation internationale de réaliser une enquête sur la situation tchétchène. Mais pas d'y mettre fin." ["post_title"]=> string(94) "OSCE : 15 pays demandent (enfin) à la Russie de s'expliquer sur la situation en Tchétchénie" ["post_excerpt"]=> string(124) "Le pays a toujours nié le kidnapping et la torture dont sont victimes les personnnes LGBT+ de la république semi-autonome." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(86) "osce-15-pays-demandent-enfin-a-la-russie-de-sexpliquer-sur-la-situation-en-tchetchenie" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-09-02 10:43:29" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-09-02 08:43:29" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(31) "https://www.komitid.fr/?p=15208" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [6]=> object(WP_Post)#15258 (24) { ["ID"]=> int(3251) ["post_author"]=> string(1) "5" ["post_date"]=> string(19) "2018-04-05 14:08:16" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-04-05 12:08:16" ["post_content"]=> string(4256) "C'était il y a un an : le 5 avril 2017, le quotidien indépendant russe Novaya Gazeta révélait dans une enquête glaçante l'existence en Tchétchénie d'une « purge homosexuelle », menée par le pouvoir du président Ramzan Kadyrov. « On les emmène dans ces prisons pour les torturer, pour les humilier, pour les violer, pour les forcer à dénoncer d’autres homosexuels », s'était indigné à l'époque Guillaume Mélanie, co-fondateur d’Urgence Homophobie. « Camps de concentration », incitations aux familles à « laver leur honneur » par le sang...  les expressions utilisées pour décrire la situation sur place rappelaient les heures les plus noires de l'histoire européenne. Les témoignages des survivants ont pétrifié le monde alors que le Président tchétchène niait les révélations d'un revers de main, « nous n'avons pas ce genre de personnes chez nous. Nous n'avons aucun gay ». https://twitter.com/SOSTCHETCHENIE/status/886337456227975168 D'Amnesty International à la comédienne Camille Cottin, la communauté internationale s'était rapidement emparée de la question.  Des milliers de personnes ont pris des selfies de baisers, agrémentés du #Kiss4LGBTQrights en géolocalisant le Krémlin. En France, grâce entre autres à l'association Urgence Tchétchénie (devenue entre temps Urgence Homophobie), montée du jour au lendemain par un jeune comédien et des militantes russes, un concert avait été organisé afin de lever des fonds pour les survivants. Alors que les gouvernements américains et européens demandaient à la Russie de lancer une enquête sur ces crimes perpétrés au sein de sa fédération, des personnes étaient extradées en urgence. En France, le premier réfugié, âgé de 26 ans, a été accueilli le 29 mai 2017, via un « visa humanitaire d'urgence ». Le même jour, Poutine effectuait une visite d'État à Versailles. Emmanuel Macron lui indiquait alors qu'il resterait « constamment vigilant » sur le sujet des droits humains, en Russie et en Tchétchénie. Le président-oligarque lui promettait que toute la vérité serait faite, après enquête.

Surprise

Malheureusement,  - et ce n'est pas une surprise - aucune enquête n'a encore eu lieu un an après. De nombreuses personnes sont encore portées disparues. « Il y a un an, le gouvernement russe a tourné en dérision et balayé d'un revers de main ces informations choquantes émanant de Tchétchénie. Depuis, nous avons assisté à un déploiement de déni, de dérobade et d'inaction de la part des autorités, qui ont à maintes reprises refusé de diligenter une enquête officielle sur les crimes odieux signalés et ont ignoré les éléments crédibles dévoilés entre autres par Novaya Gazeta », a déclaré Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l'Europe de l'Est et l'Asie centrale à Amnesty International. Sur le terrain, l’ONG Réseau LGBT russe continue de se battre. Elle a permis de mettre en sécurité 116 personnes. 98 ont quitté la Russie. Pour les aider c'est ici. https://twitter.com/SOShomophobie/status/981523677777924097" ["post_title"]=> string(91) "Un an après les révélations sur la "purge homosexuelle", n'oublions pas la Tchétchénie" ["post_excerpt"]=> string(191) "Le quotidien indépendant Novaya Gazeta a révélé l'existence d'une répression ultra violente des homosexuels en Tchétchénie il y a un an jour pour jour. Et l'enquête est au point mort." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(23) "tchetchenie-un-an-apres" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-13 11:16:06" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-13 09:16:06" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=3251" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } ["partenaire_name"]=> string(0) "" ["partenaire_logo"]=> bool(false) ["partenaire_url_article"]=> string(0) "" } -->

Lesbiennes et personnes trans : grandes oubliées de l'indignation quant aux purges LGBTphobes en Tchétchénie

Publié le

De rares témoignages de lesbiennes ou femmes trans finissent par nous parvenir de Tchétchénie. Une militante russe qui aide des réfugié.e.s LGBT+ à s'installer en France nous explique l'invisibilisation de ces cas... pas si rares.

Lesbiennes et personnes trans : grandes oubliées de l'indignation sur les purges LGBTphobes en Tchétchénie
« C'est moi que l'on torture, c'est moi que l'on tue, c'est moi qui soit disant n'existe pas », pancarte vue au rassemblement de soutien aux LGBT+ de Tchétchénie et de Russie devant l'hôtel de ville de Paris, avril 2017 - Olga Volfson
Article Prémium

C'est en avril 2017 que nous découvrions l'horreur subie par les hommes gays et bis, ou suspectés de l'être, en Tchétchénie. Depuis, les enquêtes peinent à avancer, face aux officiels russes qui refusent d'adresser la question à coup de « il n'y a pas de gays en Tchétchénie ». Presque un an et demi plus tard, ce qui est presque encore plus frappant c'est que l'indignation collective militante et médiatique à ce sujet ait tendance à ne se focaliser que sur le sort des gays. Quid des lesbiennes, des bisexuelles, des personnes trans et non-binaires ? Le reste du drapeau arc-en-ciel lui aussi, est cible de persécutions en Tchétchénie, tout comme dans les autres régions de Russie.

LBT en Tchétchénie : des lettres pas assez vendeuses pour faire scandale ?

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