« les LGBTphobies sont enracinées bien plus profondément dans la société » et que « les élites ont seulement mis un accent dessus ».
« Les LGBTphobies sont enracinées bien plus profondément dans la société »
Pendant qu'Hanouna fait des canulars téléphoniques homophobes à la télé française, les mêmes méthodes sont employées par des milices fascisantes russes afin de piéger des personnes homosexuelles sur les applis de rencontre. « Et pas qu’en Tchétchénie ! », insiste Inna au sujet des violences et humiliations que subissent ses frères et sœurs LGBT+ en Russie. « Même si les médias n’en parlent que très rarement ».

Élections présidentielles 2018 : pas de révolution à l’horizon

« On peut difficilement parler d’élections, alors que dans les faits, on n’a aucun choix. On vit une répression de masse de l’opposition », déplore Aleksei Nazarov. Cet activiste à l’origine de plusieurs collectifs militants et organisateur de la pride de Saint Pétersbourg continue : « Beaucoup d’opposant.e.s ont été intimidé.e.s. Ces derniers temps, on a vu encore plus d’agressions d’activistes. Ça ne concerne pas que les militant.e.s LGBT+, mais n’importe quelles personnes engagées qui se positionnent contre le régime en place ». Le ton est donné. Forel confirme que la persécution des individus sur la simple base de leurs opinions continue et s’intensifie dans le pays « en particulier à l’approche des élections ». Et ajoute avec amertume : « Cela a été le cas très récemment pour mes camarades anarchistes et antifa de Saint-Pétersbourg et de Penza. Sur la base de fausses accusations de terrorisme, ils et elles ont dû signer des confessions extorquées sous la torture. C’est monstrueux ».

Quel.le allié.e pour les personnes LGBT+ face à Poutine ?

D'un côté, Aleksei Navalny, un solide mais très controversé opposant écarté de l’élection. De l'autre, Ksenia Sobtchak, une candidate inattendue, sympathique mais qui suscite bien des doutes. Entre les deux, peu d’espoirs s’annoncent dans les isoloirs pour les LGBT+ russes.
« J’ai la sensation que les gens se jettent sur la première personne qui s’oppose à Poutine, sans même se soucier du reste. »
« Pour moi Navalny reste un mystère », poursuit Forel. « Comment peut-on espérer quoi que ce soit d’un populiste libéral de droite ? J’ai la sensation que les gens se jettent sur la première personne qui s’oppose à Poutine, sans même se soucier du reste. En l’occurrence, de ses positions racistes sur les questions des personnes migrantes ». La proximité de ce politique avec l’extrême droite russe, en particulier du nationaliste Dimitri Demushkin, est ce qui semble faire douter une bonne partie de l’électorat LGBT+ russe.

Une publication partagée par Алексей Навальный (@navalny) le

« Personnellement, je n’ai jamais soutenu Navalny. J’ai un doute sur sa sincérité », assure Aleksei Nazarov. « Mais j’aurais été pour qu’il puisse être candidat.  Le fait qu’il ne l’ait pas été est tout simplement anticonstitutionnel. Et cette manipulation a privé énormément de gens de leur choix ». Quant à Ksenia Sobtchak, candidate « contre tous » qui se positionne comme opposante à la politique de Poutine depuis 2006, difficile de dire si elle suscite plus de sympathie que de méfiance. Et ce, bien qu’elle soit considérée comme gay friendly. « Nous nous souvenons tous et toutes de sa participation à l’émission de téléréalité Dom-2 (l’équivalent du Loft, ndlr) où les blagues oppressives et les violences physiques contre les femmes et les LGBTQI sont constamment diffusées et même encouragées », lâche Inna, peu convaincue. « Sans oublier qu’elle reste la filleule de Poutine, et que son père, Anatoli Sobtchak, était son ami très proche. Voilà qui lui donne concrètement l’air d’une marionnette du Kremlin de plus… ».

Une publication partagée par Собчак против всех (@kandidatprotivvseh) le

« Je ne place aucun espoir en Ksenia Sobtchak, car elle est juste utile à l’autorité en place pour mobiliser la population à l'occasion du vote, et donner de la visibilité à la notion de concurrence dans cette élection », ajoute Igor Iasine, activiste LGBT+ et anti-raciste. Ce journaliste moscovite syndiqué et militant précise néanmoins : « D’un autre côté, je considère que c’est positif de voir les thématiques LGBT abordées avant le vote, ne serait-ce que de cette manière-là ».

Et les droits des femmes ?

Elena Smirnova est une militante féministe et LGBT+ originaire de Saint-Pétersbourg. Désormais chercheuse en histoire à l’Université Paris 7 et membre active de l’association Urgence Homophobie (anciennement Urgence Tchétchénie), elle dit que Ksenia Sobtchak semble déterminée à « abolir les lois discriminatoires ».
« La situation pour les droits des femmes dans la Russie de 2018 est bien amère »
Mais l'activiste russe déplore que ce soit fait « par des mots tendres et un peu voilés, afin de conquérir le public visé, mais sans faire peur au reste de l’auditoire ». Elle y voit tout de même, presque résignée, une petite lueur d’espoir. « Malgré tout, je ne peux que me réjouir de voir une femme candidate à cette élection. C’est une première depuis Irina Khakamad, qui a rassemblé un peu moins de 4% des voix en 2004, alors que la situation pour les droits des femmes dans la Russie de 2018 est bien amère ». Il faut dire qu’en 2017, une loi dépénalisant les violences familiales a été votée par la Douma, chambre basse du Parlement russe, afin de « protéger » la sacro-sainte famille traditionnelle. Sous-titre : conserver l’ordre patriarcal en évitant la prison aux hommes qui violentent leurs compagnes, voire leurs enfants, parce que « un papa, une maman ».

Voter ou ne pas voter : est-ce vraiment une question ?

Lorsque l’on parle des élections en Russie sous Poutine, ce sont les mots « farce », « cirque » ou encore « mascarade » qui reviennent dans la bouche des opposant.e.s au leader autocrate. En conséquence, il n’est pas surprenant que peu d’entre elles et eux semblent décidés à aller voter le dimanche 18 mars. Après l’éviction d’Aleksei Navalny de la campagne présidentielle en décembre 2017, il y a eu un appel au boycott des urnes, mais aussi d'assez navrantes vidéos virales appelant la population à voter en réaction. Pour autant, Forel considère que choisir de ne pas aller voter et boycotter l’élection, ce n’est pas tout à fait pareil. « Je me trouve actuellement forcée de devenir migrante politique. Dans les faits, je n’ai plus la possibilité de voter, mais si je l'avais eue, je ne l’aurais pas fait. Et puisque le concept de boycotter les élections a été récupéré, je préfère dire que je les ignore ». Pour Elena, qui n’est pas plus optimiste que ses camarades, prendre une décision catégorique n’est pas si simple : « J’ai l’impression que ma vision de la politique en Russie est biaisée et incomplète depuis que je n’habite plus là-bas. J’ai peur de faire un geste maladroit, mais j’ai aussi peur de ne rien faire. De par mon engagement associatif, je contribue à aider les personnes qui souhaitent ou sont contraintes de quitter le territoire de la Russie. Mais que faire pour celles qui restent sur place ? »

Comment soutenir nos frères et nos sœurs « de l’arc-en-ciel » russes

À lire tous ces témoignages, il y a de quoi être démoralisé.e.s. Néanmoins, les militants et militantes russes ne baissent pas les bras, et comptent sur nous.
« Nous attendons un soutien qui vienne d’organisations non gouvernementales et d'individus, plus que de l’establishment et des gouvernements. »
Pour Igor, notre rôle de l’autre côté des frontières, est clair : « De la communauté internationale, nous attendons un soutien qui vienne d’organisations non gouvernementales et d'individus, plus que de l’establishment et des gouvernements. Les menaces et les sanctions ne marchent pas. Envers la Russie, encore moins. Il faut soutenir les personnes qui défendent les droits humains et les activistes de Russie qui sont menacé.e.s, mais aussi les aider par le biais de formations. La solidarité des associations et ONG, leurs expériences, sont très importantes. Le plus gros du travail, c’est nous qui devons le fournir, c’est nous qui devons parvenir à changer la donne ».
« Les violences LGBTphobes en Russie contemporaine résultent d’une homophobie d’État »
Quant à Elena, elle aimerait voir des réactions plus pertinentes de notre part en ce qui concerne l'actualité russe des personnes LGBT+ : « S’il vous plaît, quand vous entendez parler des persécutions des homosexuel.le.s en Tchétchénie, prenez un petit peu de votre temps pour faire une réflexion politique. Il ne sert pas à grande chose de dire "Oh merde ! Ces sauvages tuent les pédés ! Ils ont créé les prisons secrètes au XXe siècle, quelle barbarie !" ou, pire encore, "C’est de la faute de l’islam" ! », demande-t-elle, « Ces exactions résultent d’une politique de longue date qui est mise en place par l’appareil étatique de Ramzan Kadyrov, et qui est pleinement tolérée par le pouvoir fédéral russe. D’une manière générale, les violences LGBTphobes en Russie contemporaine résultent d’une homophobie d’État, comme c’est le cas dans plusieurs pays du monde. Y compris les pays du Nord, qui ne sont pas immunisés, comme le démontrent les dynamiques depuis l'élection de Donald Trump aux États-Unis. C’est pourquoi il me semble important de dénoncer ces faits de manière politique, il n'y a que ça qui permettra de vrais changements ».   * Le prénom a été changé et pour des raisons de sécurité, Komitid ne peut révéler le nom du pays d'accueil de Forel.  

Propos recueillis et traduits du russe par Olga Volfson

" ["post_title"]=> string(77) "Élections présidentielles en Russie : colères et espoirs des LGBT+ russes" ["post_excerpt"]=> string(140) "À l'approche des élections présidentielles, la communauté LGBT+ russe partage ses inquiétudes. Des témoignages recueillis par Komitid." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(45) "elections-presidentielles-russie-lgbt-poutine" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(296) "http://www.komitid.fr/2018/02/22/loi-asile-immigartion-la-federation-lgbti-salarme-du-sort-des-refugie-e-s/ http://www.komitid.fr/2018/02/21/lhilarant-trolling-des-gays-pour-poutine/ http://www.komitid.fr/2018/02/21/3-questions-a-sasha-dvanova-refugiee-russe-et-militante-chez-urgence-homophobie/" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-25 16:55:23" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-25 14:55:23" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(29) "http://www.komitid.fr/?p=1093" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15279 (24) { ["ID"]=> int(1737) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-03-08 07:40:18" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-03-08 06:40:18" ["post_content"]=> string(3041) "L'homophobie en Russie n'a décidément aucune limite. L'oligarque russe German Sterligov, propriétaire de nombreux magasins de produits frais dans le pays, n'a pas trouvé mieux comme idée que de faire poser des panneaux tels que « entrée interdite aux sodomites » ou « entrée interdite aux pédérastes » en vitrine de ses magasins. Lunaire. Ces ignobles panneaux sont d'ailleurs en vente dans sa boutique de Rostov-sur-le-Don, à 2 000 roubles pièce (une petite trentaine d'euros). Dans certaines villes de Russie, les magasins ont fermé, et à certains endroits, des activistes ont réussi à faire enlever le panneau, comme à Voronej par exemple : C'est sur un groupe d'échanges entre personnes LGBT+ russes qu'un individu a posté les photos du magasin Pain et Sel (Хлеб и Соль), sur l'avenue Tverskaïa, grande artère située en plein cœur de Moscou. « Voilà, Moscou, 21e siècle », a écrit l'internaute, soulignant la « violation des droits humains » et utilisant le terme de « génocide ». Difficile d'employer d'autres mots tant l'ambiance dégagée par ce panneau rappelle les heures les plus sombres du passé. Dans la vidéo ci-dessous, German Sterligov apparaît pour prendre la parole lors de l'ouverture d'un de ces magasins à Krasnodar, une ville du sud de la Russie : Ce visage vous dit-il quelque chose ? On l'a déjà vu lors d'une terrifiante interview par la journaliste Stacey Dooley pour la BBC, en février 2018. Une vidéo dans laquelle il justifie les violences domestiques, dépénalisées depuis 2017 en Russie. On y voit aussi son épouse, Alena Sterligov, qui a récemment écrit et publié le livre Beaten by Husband (comprenez Battue par le Mari). German Sterligov se positionne depuis des années comme un défenseur des « valeurs traditionnelles russes », en accord avec la religion orthodoxe, dont il se réclame avec ferveur. Ses grands chevaux de bataille ? Combattre l'avortement, le féminisme et bien sûr, suite logique, les LGBT+." ["post_title"]=> string(78) "Des magasins interdits aux « sodomites » et aux « pédérastes » en Russie" ["post_excerpt"]=> string(205) "À la tête des boutiques en question, un homme d'affaires et politique richissime qui prône les « valeurs de l'orthodoxie russe ». Il est connu pour ses opinions violentes sur les LGBT+, et les femmes." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(26) "magasins-russie-homophobie" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-07-30 10:08:26" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-07-30 08:08:26" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(29) "http://www.komitid.fr/?p=1737" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15288 (24) { ["ID"]=> int(5310) ["post_author"]=> string(1) "6" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-02 12:46:42" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-02 10:46:42" ["post_content"]=> string(4435) "Privé.e.s de pride et de rassemblements, à cause de la loi sur la « propagande homosexuelle », les personnes LGBT+ en Russie ont de moins en moins l'occasion d'être visibles dans l'espace public. De revendiquer leurs droits encore moins. Aussi, lors des manifestations du 1er mai, nombreux et nombreuses ont été les activistes arc-en-ciel à sortir leurs drapeaux dans les marches dédiées aux travailleurs et travailleuses. Ils et elles ont dénoncé les LGBTphobies d'État, ainsi que les passages à tabac et la torture subie par les militants queer, mais aussi les opposant.e.s au régime de Vladimir Poutine. Notamment les anarchistes et antifa. Aussi, les quelques drapeaux arc-en-ciels visibles dans les cortèges n'étaient pas très éloignés des bannières noires et rouges et des pancartes féministes. Les slogans LGBT+ étaient scandés avec ferveur, entre deux messages anti-sexistes et anti-fascistes. Pour certain.e.s, c'était « comme une mini pride ». Naturellement, les festivités ont vite été interrompues par la police qui n'a pas été avare en brutalité, comme en ont témoigné quelques un.e.s des militant.e.s arrêté.e.s hier dans différentes villes de Russie, notamment Saint Pétersbourg. L'une de ces activistes a d'ailleurs pris en photo le moment où, dans le fourgon de la police, on lui a demandé de déployer le drapeau rainbow afin qu'il soit... mesuré. Une répression démesurée pour une fierté sans mesure. " ["post_title"]=> string(83) "En Russie, les activistes profitent du 1er mai pour sortir les drapeaux arc-en-ciel" ["post_excerpt"]=> string(180) "Même si la police russe n'a pas tardé à les évacuer manu militari des cortèges, les militant.e.s LGBT+ se félicitent pour ces précaires moments de visibilité et de fierté." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(31) "russie-1er-mai-drapeaux-rainbow" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-02 12:46:42" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-02 10:46:42" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=5310" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [4]=> object(WP_Post)#15278 (24) { ["ID"]=> int(3404) ["post_author"]=> string(1) "2" ["post_date"]=> string(19) "2018-04-09 12:04:43" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-04-09 10:04:43" ["post_content"]=> string(1736) "Avec le projet Billboards Beyond Borders, l'antenne suédoise de Reporters sans frontières a décidé de frapper fort… et virtuellement. Afin de protester contre la censure et rappeler la nécessité de protéger la liberté d'informer, l'ONG s'est servie de Google Street View pour afficher d'immenses panneaux sur des lieux touristiques dans des pays qui emprisonnent des journalistes. Un moyen audacieux de contourner la censure en passant par le web. Sur la place Rouge à Moscou, c'est la phrase « Being gay is normal » (« Être gay est normal ») que Reporters sans frontières a affiché juste à côté de la majestueuse cathédrale Basile le Bienheureux, et surtout, face au Kremlin. Une courte phrase qui rappelle la loi pénalisant la soi-disant « propagande gay » condamnant toute forme de visibilité des personnes LGBT+ en Russie, mais aussi la terrible répression que subissent les LGBT+ tchétchènes depuis plus d'un an dans une indifférence glaçante. D'autres affiches ont été mises en ligne sur Google Street View selon le même procédé à Istanbul en Turquie avec (« Erdogan est le plus mégalo dictateur depuis la naissance de la république en 1923 »), à Times Square à New York (« La Russie a gagné la Maison-Blanche pour toi, Donald Trump »), ou à Bangalore en Inde (« Les femmes ne devraient pas être traitées comme des créatures de seconde classe »). Voir toutes les affiches du projet Billboards Beyond Borders de Reporters sans frontières - Suède : https://youtu.be/0lNfonyuSE0" ["post_title"]=> string(83) "« Being gay is normal » : Reporters sans frontières s'affiche sur la Place Rouge" ["post_excerpt"]=> string(165) "L'antenne suédoise de l'ONG Reporters sans frontières a collé d'immenses messages virtuels sur Google Street View pour lutter contre la censure et la répression." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(51) "gay-reporters-sans-frontieres-google-moscou-censure" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-16 12:10:54" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-16 10:10:54" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=3404" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [5]=> object(WP_Post)#15287 (24) { ["ID"]=> int(4375) ["post_author"]=> string(1) "2" ["post_date"]=> string(19) "2018-04-20 17:27:28" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-04-20 15:27:28" ["post_content"]=> string(1309) "Après le premier chapitre de ses aventures, Hurricane Bianca, Bianca Del Rio est de retour ! Dans Hurricane Bianca: From Russia With Hate, notre professeure de SVT préférée devra à nouveau en découdre avec l'horrible Debbie qui a concocté un plan machiavélique pour l'envoyer au pays de Vladimir Poutine. À Moscou, elle devra affronter une terrible milice qui traque les homosexuels et expérimente des traitements de choc pour les rendre hétéros… Mais croyez-vous que cela effraierait l'une des plus marquantes candidates de RuPaul's Drag Race ? Au programme, une nouvelle fournée de guest stars hautes en couleurs avec les drag queens Shangela, Darienne Lake, Mrs. Kasha Davis, sans oublier l'humoriste Wanda Sykes ou l'acteur Cheyenne Jackson, mais surtout une intrigue bien loin du Texas profond… Bianca Del Rio va faire des siennes en Russie, et ça promet d'être explosif ! https://youtu.be/Yg83DR3qIPM" ["post_title"]=> string(79) "« Hurricane Bianca : From Russia With Hate » : Bianca Del Rio enflamme Moscou" ["post_excerpt"]=> string(105) "L'inénarrable Bianca Del Rio revient. Et elle est bien décidée à en découdre avec Vladimir Poutine !" ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(46) "hurricane-bianca-del-rio-from-russia-with-hate" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-20 17:47:50" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-20 15:47:50" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=4375" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } } -->

Jeu homophobe inspiré de « Saw » en Russie : « on a cru que c'était un fake »

Publié le

Voilà plusieurs semaines qu'un appel aux actes homophobes, sous forme d'un jeu inspiré des films d'horreur de la franchise « Saw », a été lancé sur internet. Un an après les révélations sur les purges homophobes en Tchétchénie. Les victimes seraient déjà nombreuses mais refuseraient de témoigner. Komitid a contacté une association LGBT sur place pour en savoir plus.

Affiche du jeu homophobe « pila » inspiré de Saw à Oufa, en Russie - capture d'écran du site Gay Star News

« Tchétchénie, le come back : maintenant à Oufa ». Voici le glaçant intitulé d’un appel à la violence posté en avril sur internet à l’encontre des hommes gays, dans la ville d’Oufa, située au sud-est de la Russie. Plus terrifiant encore ? La chose est ouvertement présentée comme un jeu homophobe. Cette chasse à l’homme à l’encontre des gays est censée avoir lieu du 1er au 31 mai 2018 et s’intitule « pila », qui veut dire scie. C’est, comme le visuel de marionnette l’indique, une référence à la franchise de films d’horreur Saw, dont l’intrigue se déroule autour de tortures et de meurtres basés sur une certaine idée de la morale.

Le site dédié à ce « jeu homophobe » n’est plus en ligne, mais le mal est déjà fait

Les captures d’écran circulent sur les sites d’info LGBT+, principalement anglophones, mais ne sont pas sourcées. Et le site d’origine, qui semble diffuser photos, adresses et informations personnelles d’hommes présentés comme homosexuels, accessibles pour 200 roubles (2,66 euros, et environ 20 euros, 1500 roubles, pour faire retirer ces infos), est introuvable. « Le site source a déjà été fermé, visiblement, pour extrémisme », raconte Christina Abramicheva, qui gère l’antenne d’Alliance hétéro et LGBT pour l’égalité (Альянс гетеросексуалов и ЛГБТ за равноправие) dans la région de Bachkirie, à Komitid.

« Tout a commencé il y a environ un mois, lorsque des affiches pour ce jeu homophobe ont commencé à apparaître sur internet. D’abord, on a cru que c’était un fake, donc on ne s’est pas plus inquiété.e.s que ça », poursuit la militante. « C’est tout récemment que nous avons commencé à recevoir des demandes pour des avocats et des psychologues pour les victimes. Nous avons des informations comme quoi la communauté LGBT a réagi : un homme gay s’est rendu directement chez ces « chasseurs », suivi de près par plusieurs des siens. Il y a eu un affrontement et plusieurs personnes se sont retrouvées à l’hôpital. Là, nous avons reçu de nouvelles plaintes. Des hommes gays se font suivre, tabasser et reçoivent des lettres de menaces par mail.  »

Une pratique qui ne date pas d’hier, légitimée par l’homophobie d’État

Interrogée par Pink News, une lesbienne russe raconte, sous couvert de l’anonymat, qu’elle connait ce « jeu » depuis longtemps. « C’est un jeu très populaire parmi les hommes russes hétéros. Il circule depuis 2007-2008, mais jusqu’ici c’était quelque chose qui se faisait plutôt en groupes fermés », un témoignage qui corrobore les retours alarmants d’associations et individus LGBT+ de Russie, qui dénoncent la manière dont sont piégés les hommes homosexuels sur internet et les applis, par des milices homophobes. Avec la loi sur la propagande homosexuelle de 2013 et la normalisation des LGBTphobies dans le pays, il n’y a « plus de protection », continue la jeune femme, « tout ça peut arriver en plein jour ».

Sous un article russe faisant état de la situation à Oufa publié sur le site Idel.Реалии le 1er mai, un internaute commente : « Hier, sur un site d’annonces gay, des inconnus ont publié les données de mon passeport, mon adresse et mon numéro de téléphone ». Il raconte que « littéralement deux heures plus tard », trois hommes ont essayé de pénétrer dans son appartement avec des «  intentions malveillantes ».

Un an après les révélations sur les purges homophobes en Tchétchénie, ce qu’il se passe actuellement à Oufa a un écho terrible pour les asso LGBT+ locales et leurs soutiens. « Nous essayons par tous les moyens de rendre cette affaire publique, malgré une résistance de tous les côtés, y compris des victimes qui ne veulent pas en parler et ne veulent de l’aide que par l’intermédiaire de tierces personnes  », déplore Christina Abramicheva. « Les gays de Tchétchénie sont aidés par le réseau LGBT russe, mais pour cette situation aussi, il faudra mettre en place l’asile politique si les choses empirent ».

  • expat

    Il serait temps que l’Europe accueille les LGBTI Russes…