Être trans au Liban : entre violences transphobes et renouveau militant

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Brutalité policière, vidéos virales d’humiliations publiques et culture de haine : la communauté trans du Liban souffre, mais ses militant.e.s refusent de rester des victimes aux yeux de la société.

Naya Raghab, une activiste trans originaire de Homs en Syrie, passe la moitié de sa semaine dans les locaux de Helem, depuis qu’elle a découvert l’association en 2016 - Yohan Poncet
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Suzie, une femme trans mendiante à Beyrouth apparaît régulièrement sur les petits écrans libanais. Dans le quartier commerçant d’Hamra au nord-ouest de la capitale, elle est humiliée, battue et filmée par ses agresseurs. Une histoire qui se répète tous les mois à travers le pays. « Notre résilience s’est construite sur les corps assassinés et battus de nos frères et sœurs », affirme Norma, une activiste trans. « On est un divertissement, déshumanisé et dépouillé de notre humanité. »

Malgré l’annulation de la dernière Pride par le gouvernement, le militantisme et les voix des lesbiennes, gays et bisexuel.le.s se font une place au Liban, à tel point que certain.e.s activistes présentent Beyrouth comme la « capitale gay du Moyen-Orient ». Le mois dernier, la cour d’appel de la région du Mont-Liban a acquitté deux personnes accusées d’homosexualité. Le vague et célèbre article 534 du code pénal interdit les relations sexuelles « contre nature », sous peine de plusieurs mois de prison et d’une amende. Depuis des années, des juges le contournent en jouant sur sa liberté d’interprétation.

La communauté trans ne profite pas de ces progrès. Discriminé.e.s et haï.e.s, impossible pour eux et elles de décrocher un emploi dans l’une des villes les plus chères de la région, où une chambre coûte entre 400 et 500 euros par mois. Le dernier recours, pour certain.e.s est alors le travail sexuel, synonyme d’exploitation et de discrimination.

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