Laurence Vanceunebrock-Mialon : « J'invite mes collègues parlementaires à sortir du placard »

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Pour Komitid, la députée de l'Allier ouvertement lesbienne se livre sur son « non coming out », son combat pour la PMA et ses envies de réformer la filiation. Elle invite pour l'occasion ses collègues député.e.s à sortir du placard.

Laurence Vanceunebrock-Mialon
Laurence Vanceunebrock-Mialon - Komitid/Maëlle Le Corre
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 « Un non coming out ». C'est de cette façon que Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée La République En Marche ! de la deuxième circonscription de l'Allier (03) commente l'annonce publique de son homosexualité, réalisée au cours d'une conférence de presse. Pourtant, la nouvelle a fait bien des vagues. À 47 ans, elle est seulement la deuxième députée ouvertement lesbienne (après Françoise Gaspard entre 1981 et 1988).

Néo-députée issue de la société civile, l'ex-policière s'est immédiatement engagée pour l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, promesse de campagne du candidat Macron. Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, il se murmure même qu'elle pourrait être celle qui porte le futur projet de loi. Rencontrée dans son bureau du 101, rue de l'Université à Paris, Laurence Vanceunebrock-Mialon revient pour Komitid sur son parcours, ses envies de réformes et son travail avec le député Olivier Serva, connu pour ses propos homophobes.

Vous avez récemment annoncé la préparation d'une loi visant à interdire les thérapies de conversion. Quelle forme prendra-t-elle ?

Laurence Vanceunebrock-Mialon : Pour être honnête, j'ai découvert le concept il y a quelques mois, en décembre, via un utilisateur de Twitter. J'ai été très choquée, même si bien évidemment, c'est plus répandu aux États-Unis qu'ici.

L'idée de la loi est très simple, il s'agit tout simplement d'interdire les thérapies de conversion et de les définir, pour que l'on sache précisément comment les qualifier. Il faut que l'on voit comment pénaliser ces délits. L'adoption de la loi va être un processus long, mais l'écriture a été relativement rapide.

Vous le dites vous-même, les thérapies de conversions sont très minoritaires en France. Cette loi est-elle une priorité ?

À mon sens, une seule thérapie de conversion suffit à donner de la légitimité à ce sujet.En plus, on voit que cela se fait parfois grâce aux médias religieux. Nous avons d'ailleurs recueilli des témoignages glaçants. Ce que propose ces illuminés est inacceptable. D'ailleurs le Conseil européen a invité les pays membres à légiférer sur le sujet. C'est l'occasion de le faire, pour que nous ne soyons pas à la traîne.

Quel regard portez-vous sur les États généraux de la bioéthique ? Plusieurs articles sur le sujet font état de débats sur la PMA pour toutes phagocytés par les opposant.e.s et d’une grande violence dans les propos. Êtes-vous surprise ?

Cela ne me surprend pas. Je m’attendais à ce que les partisans de la Manif pour tous se manifestent en grand nombre. Je le regrette. Le problème vient du manque de mobilisation de l’autre partie, de notre partie, nous qui sommes concernées par la PMA pour toutes. Le problème, c’est que chez la Manif pour tous, ils se sentent tous concernés par le sujet, alors que les couples de femmes qui ont déjà eu accès à une PMA se sentent un peu désengagées.

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