Et étant donné que le sperme n'est pas analysé en amont, mieux vaut faire un test sanguin en laboratoire ou centre de santé sexuelle pour s'éviter une potentielle infection sexuellement transmissible lors de la manip'.
Pas de panique, il existe des tutos en ligne.
Si la méthode artisanale ne fonctionne pas, c'est peut-être parce qu'il s'agit du mauvais donneur. Celui-ci peut avoir des problèmes de fertilité, ou bien ne pas être compatible avec la personne qui souhaite tomber enceinte. Il faut tenter plusieurs auto-inséminations - dans l'idéal à mi-cycle - soit 14 jours après l'arrivée des règles. Au delà, il convient, après examens médicaux, de penser à la procédure médicale de Fécondation in vitro (FIV).

Pour celles et ceux qui doivent avoir recours à un don de gamètes : la Procréation médicalement assistée (PMA) 

- Par Insémination avec donneur (IAD)

L'insémination avec donneur implique une prise en charge médicale et un don de gamètes. Pour ce faire, les Français.es se rendent principalement en Espagne ou en Belgique. D'autres poussent jusqu'au Danemark, aux Pays-Bas, aux États-Unis. Chaque pays a une politique différente concernant le choix du donneur ou l'accès aux données personnelles. C'est une procédure médicalement simple, mais les couples doivent auparavant être suivis par un ou une gynécologue LGBT+ friendly, qui accompagnera la démarche en amont et en aval (pour la prescription, par exemple, d'un arrêt de travail). Après avoir choisi la clinique, par exemple sur des listes mises à disposition sur internet, et après un premier rendez-vous, le couple surveille les périodes d'ovulation et peut commencer la procédure. Le jour idoine, les paillettes de spermatozoïdes sont transférées dans l'utérus. Au delà de six IAD, il faut se résoudre à procéder à une Fécondation in vitro. Combien ça coûte ? Les fameux bébés Thalys représentent un investissement de temps, d'argent et de nerfs relativement élevés. Que l'on vienne de Paris ou de Bourg-en-Bresse, que l'on possède une voiture ou non, six tentatives c'est six allers-retours sur place. Chaque acte d'insémination coûte entre 350 et 400 euros.

- La FIV

La FIV nécessite une plus lourde prise en charge médicale, mais du courage, vous en avez à revendre. La personne qui souhaite porter le bébé doit d'abord subir un bilan hormonal pour vérifier sa réserve ovarienne, ainsi qu'une batterie d'examens pour vérifier si tout est okay. Ensuite elle suit une stimulation hormonale et une ponction pour prélever les ovules. Les embryons sont ensuite préparés en laboratoire. Certaines cliniques, en Espagne surtout, pratiquent l'ICSI (la micro injection des spermatozoïdes dans les ovules), pour favoriser la réussite de la procédure. Dans les 2 à 3 jours qui suivent, les embryons (un ou deux) sont transférés dans l'utérus receveur. Combien ça coûte ? Un traitement coûte environ 5 000 euros (suivant les cliniques) auxquels s'ajoutent les frais sur place (trajets, logement) et les coûts liés à la disponibilité nécessaires (RTT, congés) qui sont multipliés par le nombre de tentatives (cinq maximum).

- Par méthode de Réception d'Ovules par Partenaire (ROPA)

Cette méthode permet au couple de « partager » une grossesse : l'ovule fécondé d'une personne est implanté dans l'utérus de l'autre. Seuls l'Espagne et les États-Unis proposent cette option aux couples. Cela implique par contre que les deux partenaires suivent un traitement parallèle. La personne qui donne l'ovule doit suivre un traitement pour le prélèvement des ovules (type FIV). L'autre, un traitement hormonal pour préparer l'endomètre à accueillir l'embryon. Combien ça coûte ? Entre 5000 et 8000 euros selon les cliniques pour la méthode ROPA, auxquels doivent s'ajouter les trajets et les frais sur place.

Avant de sauter le pas, n'hésitez pas à consulter :

Les enfants d'Arc en ciel et l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) organise des réunions régulières dans la France entière" ["post_title"]=> string(18) "PMA, mode d'emploi" ["post_excerpt"]=> string(195) "Comment fait-on un bébé dans un pays qui n'autorise l'accès à la procédure qu'aux seuls couples hétérosexuels ? PMA, IAD, ROPA, les solutions ne manquent pas, mais sont souvent coûteuses." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(15) "pma-mode-emploi" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(74) " http://92.243.1.111/infogay/2018/02/20/pma-en-europe-la-grande-disparite/" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-24 14:56:32" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-24 12:56:32" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(34) "http://92.243.1.111/infogay/?p=771" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [3]=> object(WP_Post)#15258 (24) { ["ID"]=> int(1287) ["post_author"]=> string(1) "4" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-14 14:26:57" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-14 12:26:57" ["post_content"]=> string(16177) "« L’ouverture de la PMA, d’accord, mais on fait quoi avec le risque de pénurie de sperme ? ». Vous avez forcément déjà entendu cet argument, il revient très fréquemment dans les débats sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à tout.e.s. Ici, ce sont des inquiétudes de couples qui attendent déjà une PMA, c’est le doute d’un professionnel quant à la capacité pour le système de dons à répondre à la demande. L’argument de la pénurie des gamètes (spermatozoïdes et ovocytes), semble parfois être utilisé comme argument contre l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires. Mais sorti des invectives et débarrassé des postures, où en est-on ? Pour comprendre les enjeux du don de gamètes, encore faut-il être clair sur ce dont on parle. Par gamètes, on entend soit spermatozoïdes, soit ovocytes. La PMA étant, pour l’instant, réservée aux couples hétérosexuels ayant des problèmes de fertilité, le sperme d’un donneur est dans certains cas utilisé pour remplacer le sperme du père, tandis que les ovocytes (ou ovules), viennent remplacer les ovules de la mère. Dans un cas comme dans l’autre, les gamètes recueillis le sont sur une base de dons gratuits (donc non rémunérés) et complètement anonymes. Attention cependant, la PMA, qui inclut une insémination artificielle, mais aussi parfois une fécondation in vitro, est dans la grande majorité des situations (97% en 2015) réalisée avec les ovules et spermatozoïdes du couple, le don ne concernant donc qu’une petite partie des procédures. D’après l’Agence de la biomédecine, en 2015, 540 femmes ont donné des ovocytes et 255 hommes des spermatozoïdes. Un chiffre à mettre en rapport avec les 3 500 couples qui s’inscrivent chaque année pour bénéficier d’un don. 

Pénurie d'ovocytes mais pas de spermatozoïdes

Alors, pénurie ? Oui, pour les ovocytes, explique à Komitid Françoise Merlet, en charge de la PMA à l’Agence de la biomédecine : « Bien qu’on observe une augmentation croissante du don depuis 2008, on est encore en situation de pénurie puisque on a 2 500 couples qui attendent chaque année un don. Les délais d’attente vont de un à trois ans, ce qui est beaucoup trop long ». Au niveau du don de sperme, on se trouve « en flux tendu ». « On est plutôt en insuffisance de donneurs, parce qu’on a des difficultés à diversifier les profils », ajoute la responsable.
« On a 2 500 couples qui attendent chaque année un don. Les délais d’attente vont de un à trois ans, ce qui est beaucoup trop long »
Ce niveau de don, trop faible, induit des délais d’attente parfois interminables pour des couples. « C’est long quand vous avez derrière vous trois ou quatre ans de PMA et plusieurs années de tentative de conception », note Virginie Rio, la co-fondatrice de l'association Collectif Bamp. Pourtant, les objectifs mis en place par les autorités ne semblent pas impossible à atteindre :  « Notre objectif, ce sont 300 dons de sperme et 1 400 dons d’ovocytes par an », explique Françoise Merlet. « Aujourd’hui, on estime qu’avec ce chiffre, on pourrait répondre à la demande actuelle. C’est quelque chose qui paraît à la fois énorme et en même temps, ramené au nombre de femmes, ce n’est rien. » Les objectifs, ramenés à la taille de la population française, ne semblent effectivement pas inatteignables. Comment, alors, expliquer le manque criant de sperme et d’ovocytes dans les Centres d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) ? En premier lieu, par un manque d’information de la population sur les modalités et l’utilité du don. L’Agence de la biomédecine fait bien des campagnes annuelles sur le sujet. Elle a notamment lancé deux sites d’informations sur le don en novembre 2017. Mais il faut reconnaître que le message ne passe pas. Un constat que partage Françoise Merlet : « Quand on a fait nos premières enquêtes en 2006, la plupart des personnes ne connaissait pas le don d’ovocytes, un peu plus le don de sperme et certain.e.s pensaient même que c’était illégal. Ce don est mal connu… et la demande spécifique est encore moins connue. » [embed]https://www.youtube.com/watch?v=fwws_1j07I0[/embed]
« Il faudrait une vraie prise de conscience de la société. Et pour l’instant, on n'est pas dans la prise de conscience, on est dans le conflit idéologique. »
Reste à savoir comment améliorer cette communication, alors même que certain.e.s donneurs et donneuses n’en ont « jamais entendu parler », selon Cynthia Frapsauce, praticienne et biologiste au CECOS du CHU de Tours. Si les acteurs et actrices du secteur notent qu’il faudrait plus de moyens, Virgine Rio juge que la société devrait avoir un débat plus large sur l’infertilité : « Il faut de la communication, informer les gens, notamment les jeunes, et les sensibiliser sur le fait que la fertilité humaine est fragile, que le contexte environnemental impacte la fertilité. Il faudrait une vraie prise de conscience de la société. Et pour l’instant, on n'est pas dans la prise de conscience, on est dans le conflit idéologique. »

Un choix purement altruiste ?

Reste aussi que faire un don n’est pas donné à tout le monde. Les critères d’âge (jusqu'à 37 ans pour les femmes) et de santé ainsi que son caractère purement altruiste limitent la base des donneurs et donneuses. Si un don de spermatozoïdes est relativement simple à effectuer, un don d’ovules est beaucoup plus lourd, puisqu'il implique une opération chirurgicale. En Espagne, les donneuses d’ovocytes sont défrayées autour de 1 000 euros, ce qui, selon la docteure Frapsauce, veut dire que « les profils des donneuses sont largement différents des nôtres. Elles sont plus jeunes. Nos donneuses sont plus altruistes et plus âgées ». « Il faut réfléchir à un nouveau système » tranche Virginie Rio. C’est justement l’une des missions des États généraux de la bioéthique. Doit-on faire évoluer le cadre légal, très restrictif, encadrant le don de gamètes ? Pour le moment, celui-ci est anonyme, avec un nombre de naissances limité par don, et gratuit. Faudrait-il aller vers ce que fait le Danemark, où les donneurs sont défrayés près de 1 000 euros par don ?  La question touche à un sujet sensible, à savoir la marchandisation du corps. Pourrait-on alors imaginer copier la Belgique, qui a quasiment les mêmes lois qu’en France, hormis qu’il est possible pour certains couples d’importer du sperme de l’étranger pour accélérer la procédure. Faut-il revoir la condition d’anonymat, comme en Suède ? La levée de celle-ci ne semble pas avoir eu d'impact sur le niveau de don dans le pays. Les systèmes mis en place par nos voisins européens sont aussi divers que variés et ne garantissent pas forcément un envol du nombres de dons, le choix restant intimement personnel. La Belgique connaît elle aussi des situations de pénurie depuis quelques années. La question n'a pas l'air d'intéresser le gouvernement français, qui ne semble pas pressé d’ouvrir ce dossier jugé comme sensible.

« Il ne faut pas non plus imaginer qu’il va y avoir un déferlement de femmes »

Un système à flux tendu donc. L’ouverture de la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires viendra-t-elle le dynamiter ? Pour le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), des interrogations demeurent, explique Slate : « Cette demande d’ouverture doit être confrontée à la rareté actuelle des gamètes qui risque de provoquer un allongement des délais d’attente ou une rupture du principe de gratuité des dons. Cela pourrait ouvrir des perspectives de marchandisation des produits du corps humain et remettre en cause le système de santé français fondé sur des principes altruistes. » On est en droit de douter qu'une vague de couples lesbiens et de femmes célibataires viennent assécher les banques de sperme françaises. D’autant que les dons de spermes qui sont réalisés actuellement seront uniquement destinés aux couples hétérosexuels. Pour l’instant, les donneurs et donneuses signent un consentement qui dépend de la loi actuelle. Ce n’est qu’une fois une nouvelle loi d’encadrement votée par le parlement, que l’Agence de la biomédecine ajustera ses règles et informera les donneurs et donneuses que leurs gamètes pourront être utilisés pour des couples de même sexe et des femmes célibataires. L’ouverture de la PMA ne devrait donc pas avoir d’impact sur l’attente des personnes déjà engagées dans une procédure.
« Je me dis que les couples en attente arrivent à motiver les gens autour d’eux, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas le cas pour les nouveaux »
Pour les autres, l’attente pourrait effectivement s’allonger un peu, du moins au début. « Il ne faut pas non plus imaginer qu’il va y avoir un déferlement de femmes », souligne Virginie Rio : « On en parle beaucoup, mais la PMA ne concerne pas beaucoup de monde, encore moins de couples de femmes ». D’ailleurs en Belgique, où la PMA est ouverte à toutes depuis des années, son ouverture n’a pas entraîné une pénurie de spermatozoïdes. « Je suis plutôt optimiste » nuance Cynthia Frapsauce. « Ça sera [aux couples de femmes et aux femmes célibataires] de communiquer sur le sujet et d’en parler autour d’elles. Ça nous amènera peut être des donneurs et des donneuses qu’on n'a pas aujourd’hui. Peut-être que ça augmentera même nos banques de sperme ».  Parce que oui, à l’heure actuelle, la grande majorité des donneurs et donneuses sont sensibilisé.e.s par des proches qui ont recours à une PMA. « Je me dis que les couples en attente arrivent à motiver les gens autour d’eux, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas le cas pour les nouveaux », conclut la docteure Frapsauce. À bon entendeur." ["post_title"]=> string(84) "La PMA pour toutes va-t-elle entraîner une pénurie de spermatozoïdes en France ?" ["post_excerpt"]=> string(228) "L'argument est repris par de nombreuses organisations anti-PMA pour toutes, mais n'a pas forcément de fondement. Pour les professionnel.le.s, la problématique est surtout de mieux parler du don aux Français.e.s. Explications." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(33) "pma-penurie-don-de-gametes-france" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(46) " https://www.komitid.fr/2018/05/09/pma-europe/" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-14 14:25:01" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-14 12:25:01" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(29) "http://www.komitid.fr/?p=1287" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [4]=> object(WP_Post)#15259 (24) { ["ID"]=> int(435) ["post_author"]=> string(1) "3" ["post_date"]=> string(19) "2018-05-09 10:47:20" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-05-09 08:47:20" ["post_content"]=> string(6812) "En France, les couples de femmes qui ont un désir d'enfant sont priées d'aller voir ailleurs. Direction la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas ou encore le Danemark. Dans l’Hexagone, la procréation médicalement assistée (PMA) n'est - à ce jour - réservée qu'aux couples hétérosexuels infertiles ou atteints d'une pathologie grave transmissible. Pour encore combien de temps ? La question de l’ouverture de la PMA pour tous et toutes a été débattue dans le cadre des États généraux de la bioéthique entre mi-janvier et mi-avril. Et d’ici à la fin de l’année 2018, le gouvernement devrait proposer une loi pour autoriser cette méthode de procréation à toutes les femmes. Du Danemark à la Belgique en passant par l’Espagne, le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande ou encore plus récemment le Portugal et l’Autriche, nombreux sont nos voisins européens à avoir ouvert la PMA à tous les couples (voir carte interactive en fin d'article). Et si l'on regarde en terme d'accès aux femmes seules, la France a de quoi se sentir isolée : l'Estonie, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, la Lettonie, la Hongrie et la Pologne l'autorisent, sans aller jusqu'à l'ouvrir aux couples de lesbiennes. Comment expliquer ces disparités européennes et ce que beaucoup qualifient de retard français ? Elles tiennent pour beaucoup aux histoires et cultures locales. C'est ce qu'explique Daniel Borrillo, professeur en droit privé et spécialiste en droit de la famille, associé au Centre de recherche sur les sciences administratives et politiques (CNRS), qui a répondu à nos questions.
En Espagne, la PMA est accessible aux femmes seules depuis 1988
Comment explique-t-on que la PMA est toujours interdite aujourd’hui en France pour les femmes seules ou les couples lesbiens alors que beaucoup de nos voisins européens l'ont déjà autorisée ? Daniel Borrillo : La France apparaît un peu comme un pays étrange sur cette question. Nous ne sommes pas un pays aussi catholique que l’Italie où l’influence du Vatican est très forte. La France a décidé d’organiser la PMA à partir du critère de stérilité. Ce n’est pas un droit à avoir un enfant, mais un palliatif que le droit met en place dès lors qu’un couple montre soit un dysfonctionnement soit la transmission d’une maladie grave. Vous parlez d’une forte présence catholique en Italie, mais l’Espagne par exemple n’est pas en reste... D.B. : En Espagne, il y a eu une rupture avec le franquisme [régime dictatorial fondé par le dictateur Francisco Franco de 1939 à 1975, ndlr]. À l’époque de la transition et de la nouvelle démocratie espagnole, tout ce qui concernait l’ingérence de l’Église dans les affaires sociétales était très mal vu. Mais l’Italie n’a pas opéré cette rupture de façon aussi forte qu’en Espagne. La démocratie chrétienne n’y gouverne plus, mais les partis de gauche et les partis plus libéraux demeurent encore très attentifs à ce que dit l’Église catholique. Dans les pays qui l’ont autorisée, la PMA pour toutes est-elle arrivée juste après le mariage pour toutes et tous ? D.B. : Cela s’est souvent passé comme cela surtout dans les pays où il y avait un lien entre couple et filiation. Notez qu’en Espagne, la PMA est accessible aux femmes seules depuis 1988. C’est un des premiers pays, au même titre que la Belgique, où l’on a donné à la femme seule la possibilité d’avoir un enfant. Cela a été pensé comme un dispositif libéral considérant que si la femme a droit à l’IVG, elle devrait avoir le droit à un enfant par un donneur anonyme.
Si la France a beaucoup de retard, c’est justement parce que la gauche a tenu un discours en la matière d’ordre très symbolique
Dans chaque pays européen, la PMA pour toutes a-t-elle été majoritairement portée par la gauche ou la droite ? D.B. : Ce n’est pas tout le temps la gauche, loin de là. Au Royaume-Uni par exemple, c’est la droite. En Pologne, en Hongrie et en Bulgarie [qui ne l’autorisent qu’aux femmes seules, ndlr], c’est la droite libérale. Et si la France a beaucoup de retard, c’est justement parce que la gauche a tenu un discours en la matière d’ordre très symbolique, invoquant un droit de l’enfant d’avoir un père et une mère. Le clivage s’opère moins entre la droite et la gauche, mais plutôt entre les libéraux et les conservateurs. Au regard de la situation chez nos voisins européens, vous semblez confirmer que les craintes des opposant.e.s à la PMA sont injustifiées… D.B. : Tous les travaux scientifiques montrent, en ce qui concerne la question de l’enfant, qu’il n’y a pas de problèmes particuliers. Il n’y a pas de différences entre les enfants qui sont issus d’une PMA d’un couple de lesbiennes, d’une femme célibataire ou d’un couple hétérosexuel. Et si l’on regarde les travaux de l’Institut national des études démographiques (Ined) sur le sujet, il n’y aura pas d’explosion de la demande, car les couples de lesbiennes représentent une minorité. Ça ne va pas bouleverser quoi que ce soit.
Si les Danois ont ouvert la PMA aux couples de lesbiennes, elles doivent être impérativement mariées  

Des conditions d'accès différentes selon les pays

Que l'on soit un couple hétérosexuel ou homosexuel, la PMA, dans les pays qui l'ont autorisé à toutes et tous, n'est accessible que sous certaines conditions. Par exemple, si les Danois.e.s ont ouvert la PMA aux couples de lesbiennes, elles doivent néanmoins être impérativement mariées. Les règles sont variées : âge maximal, anonymisation des dons de gamètes, statut marital, insémination post-mortem…  Un point sur ce qui est autorisé et les conditions d’accès à cette méthode de procréation chez nos voisins européens s’impose. Et rien de mieux qu’une carte interactive pour bien s’y retrouver : " ["post_title"]=> string(35) "PMA en Europe, la grande disparité" ["post_excerpt"]=> string(288) "Alors que la France accuse toujours un sérieux retard sur la question de l'ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes et tous, de nombreux pays européens ont déjà légiféré à ce sujet. On fait le point avec Daniel Borrillo, spécialiste en droit de la famille. " ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(10) "pma-europe" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(103) " http://92.243.1.111/infogay/2018/02/20/debat-sur-la-pma-des-derives-reactionnaires-denoncees-a-nantes/" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-09 10:51:45" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-09 08:51:45" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(34) "http://92.243.1.111/infogay/?p=435" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "2" ["filter"]=> string(3) "raw" } } ["carousel"]=> bool(false) ["author_2"]=> array(11) { ["ID"]=> int(2) ["user_firstname"]=> string(6) "Maelle" ["user_lastname"]=> string(8) "Le Corre" ["nickname"]=> string(8) "mlecorre" ["user_nicename"]=> string(8) "mlecorre" ["display_name"]=> string(15) "Maelle Le Corre" ["user_email"]=> string(22) "mlecorre@connection.fr" ["user_url"]=> string(0) "" ["user_registered"]=> string(19) "2018-02-05 09:17:53" ["user_description"]=> string(775) "Devenue journaliste un peu par hasard et parce que c’était là un bon moyen de réunir son envie d’écrire et son intérêt pour tout ce qui concerne les questions LGBT, Maëlle a fait ses armes à Yagg avant de participer à la création de Komitid. Comme on n’est jamais trop dans le lobby de la LGBT du Gender, on la retrouve aussi dans les rangs de l’Association des Journalistes LGBT. La trentaine approchant, elle a découvert la gouine Quechua qui sommeillait en elle, et elle le vit plutôt très bien. En bonne nostalgique des années 90, elle voue un culte à Courtney Love et n’est toujours pas remise du split d’Oasis en 2009. Sa passion pour les imprimés léopard n’a d’égale que son addiction au fromage. Et sachez qu’elles sont colossales." ["user_avatar"]=> string(271) "" } } -->

Laurence Vanceunebrock-Mialon : « J'invite mes collègues parlementaires à sortir du placard »

Publié le

Pour Komitid, la députée de l'Allier ouvertement lesbienne se livre sur son « non coming out », son combat pour la PMA et ses envies de réformer la filiation. Elle invite pour l'occasion ses collègues député.e.s à sortir du placard.

Laurence Vanceunebrock-Mialon
Laurence Vanceunebrock-Mialon - Komitid / Maëlle Le Corre
Article Prémium

 « Un non coming out ». C'est de cette façon que Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée La République En Marche ! de la deuxième circonscription de l'Allier (03) commente l'annonce publique de son homosexualité, réalisée au cours d'une conférence de presse. Pourtant, la nouvelle a fait bien des vagues. À 47 ans, elle est seulement la deuxième députée ouvertement lesbienne (après Françoise Gaspard entre 1981 et 1988).

Néo-députée issue de la société civile, l'ex-policière s'est immédiatement engagée pour l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, promesse de campagne du candidat Macron. Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, il se murmure même qu'elle pourrait être celle qui porte le futur projet de loi. Rencontrée dans son bureau du 101, rue de l'Université à Paris, Laurence Vanceunebrock-Mialon revient pour Komitid sur son parcours, ses envies de réformes et son travail avec le député Olivier Serva, connu pour ses propos homophobes.

Vous avez récemment annoncé la préparation d'une loi visant à interdire les thérapies de conversion. Quelle forme prendra-t-elle ?

Laurence Vanceunebrock-Mialon : Pour être honnête, j'ai découvert le concept il y a quelques mois, en décembre, via un utilisateur de Twitter. J'ai été très choquée, même si bien évidemment, c'est plus répandu aux États-Unis qu'ici.

L'idée de la loi est très simple, il s'agit tout simplement d'interdire les thérapies de conversion et de les définir, pour que l'on sache précisément comment les qualifier. Il faut que l'on voit comment pénaliser ces délits. L'adoption de la loi va être un processus long, mais l'écriture a été relativement rapide.

Vous le dites vous-même, les thérapies de conversions sont très minoritaires en France. Cette loi est-elle une priorité ?

À mon sens, une seule thérapie de conversion suffit à donner de la légitimité à ce sujet.En plus, on voit que cela se fait parfois grâce aux médias religieux. Nous avons d'ailleurs recueilli des témoignages glaçants. Ce que propose ces illuminés est inacceptable. D'ailleurs le Conseil européen a invité les pays membres à légiférer sur le sujet. C'est l'occasion de le faire, pour que nous ne soyons pas à la traîne.

Quel regard portez-vous sur les États généraux de la bioéthique ? Plusieurs articles sur le sujet font état de débats sur la PMA pour toutes phagocytés par les opposant.e.s et d’une grande violence dans les propos. Êtes-vous surprise ?

Cela ne me surprend pas. Je m’attendais à ce que les partisans de la Manif pour tous se manifestent en grand nombre. Je le regrette. Le problème vient du manque de mobilisation de l’autre partie, de notre partie, nous qui sommes concernées par la PMA pour toutes. Le problème, c’est que chez la Manif pour tous, ils se sentent tous concernés par le sujet, alors que les couples de femmes qui ont déjà eu accès à une PMA se sentent un peu désengagées.

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