Brésil : vague d'indignation après le meurtre de Marielle Franco, militante noire ouvertement bisexuelle

Publié le

Des milliers de personnes ont manifesté à Rio de Janeiro dimanche 18 mars, dans les rues de la favela où était née cette conseillère municipale noire ouvertement bisexuelle assassinée mercredi 14 mars.

Marielle Franco
Marielle Franco un micro à la main - Mídia NINJA / Flickr

Justice pour Marielle Franco. Tel était le message de la marche organisée dimanche 18 mars à Rio de Janeiro à laquelle ont participé 2 000 personnes pour manifester leur indignation après l’assassinat de Marielle Franco, dans la soirée du mercredi 14 mars. « La voix de Marielle ne restera pas silencieuse », a scandé une meneuse de cette marche qui s’est tenue dans les rues de la favela où était née la militante, a rapporté l’Agence France Presse (AFP). Samedi 17 mars, un rassemblement a également été organisé à Paris en face de l’Opéra Garnier.

Noire, bisexuelle, née dans une favela de Rio

Élue au conseil municipal de Rio pour le Parti socialisme et liberté (PSOL), cette femme noire de 38 ans ouvertement bisexuelle, née dans les favelas de Rio a été tuée de quatre balles dans la tête alors qu’elle rentrait d’un rassemblement pour la promotion des femmes noires. Son chauffeur a également été tué sur le coup et son assistante a été blessée.

Engagée pour les droits humains, contre le racisme et les violences policières, Marielle Franco s’employait à dénoncer avec virulence l’action des forces de l’ordre. Elle avait visé particulièrement celle menée par les Unités de police pacificatrice (UPP), mises en place en 2008 pour tenter d’apaiser en vain les favelas de Rio de Janeiro.

« Marielle présente, aujourd’hui et toujours » -Crédit : Senado Federal via Flickr

Vengeance policière ?

Le mobile du crime reste à élucider, mais pour beaucoup de Brésiliens et Brésiliennes, aucun doute qu’il s’agit d’une vengeance de la part des forces de police, souligne Le Monde. Selon la chaîne de télévision brésilienne TV Globo, les balles dont l’activiste a été victime venait d’un lot vendu à la police fédérale en 2006, rapporte Franceinfo« Marielle n’a pas été prise par hasard. Les positions qu’elle prenait ont à voir avec son exécution. C’était une femme, noire, lesbienne, de la favela, de gauche et du PSOL », a lancé Jean Wyllys, député du PSOL. Il compte faire du meurtre de Marielle Franco l’« emblème de la lutte de ce qu’il reste de démocratie au Brésil. »

Cette militante représentait à elle seule un espoir pour les droits des communautés LGBT+ et noires du Brésil. Elle en est malheureusement devenue le symbole. Si son assassinat a été très médiatisé dans le monde entier, son orientation sexuelle a trop souvent été occultée, symptôme de l’invisibilisation régulière dont sont victimes les lesbiennes et les femmes bisexuelles dans les médias.

L’universitaire brésilienne Silvia Brandao Souza a réagi sur Facebook pour rappeler que « cette invisibilisation de l’identité lesbienne n’est pas un oubli, mais une intention réelle d’invisibiliser les lesbiennes » :

En France, l’Association des journalistes LGBT (AJL) a appelé les journalistes à ne pas gommer cette dimension de la vie et de l’engagement de Marielle Franco :