César 2018 : discours engagé de Robin Campillo et tentative de récup' par Valérie Pécresse

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Le réalisateur de « 120 Battements par minute » a profité de son temps de parole pour parler de la prévention auprès des usager.e.s de drogue, des travailleurs et travailleuses du sexe ainsi que des personnes migrantes.

Robin Campillo César 2018 FB - Canal Plus
Le réalisateur de « 120 BPM », Robin Campillo - Capture d'écran Canal +

Meilleur Espoir masculin pour Nahuel Pérez Biscayart, Meilleur Acteur secondaire pour Antoine Reinartz, Meilleur Scénario original, Meilleure Musique originale, Meilleur Montage et bien sûr Meilleur Film 2018… 120 Battements par Minute a raflé six prix lors de la 43ème cérémonie des César ! Le réalisateur du film, Robin Campillo, a profité de son temps de parole pour délivrer un discours politique très « actupien ». Il a notamment fait une piqûre de rappel sur la situation difficile des usagères et usagers de drogues, celle des travailleuses et travailleurs du sexe, ainsi que celle des personnes migrantes en matière de prévention.

L’ancien militant d’Act Up n’a d’ailleurs pas hésité à épingler directement la loi de 1970 sur l’usage de drogue, la loi de pénalisation des client.e.s de prostitué.e.s ainsi que le projet de loi asile-immigration.

La conclusion qui s’impose en constatant que 25 ans plus tard, ces problématiques sont toujours aussi préoccupantes ?

« Il est temps d’écouter les associations »

Autre temps fort, la présence et les quelques mots de Rémy Hamai, l’actuel président d’Act up-Paris, sur scène avec la production du film pour recevoir le César du Meilleur film. Une belle manière de clore la cérémonie.

Un palmarès engagé

Si Au Revoir Là-Haut a été vivement critiqué pour avoir invisibilisé l’homosexualité de son personnage principal (campé par Nahuel Pérez Biscayart) il a tout de même raflé cinq César. Un de moins que 120 BPM.

Petit Paysan, désigné par les Cahiers du Cinéma comme un « cri d’adieu, sombre et sanglant, à la campagne française », a remporté trois prix. Côté Meilleur Film étranger, c’est le portrait glaçant de la Russie de Poutine par le réalisateur Andreï Zviaguintse, Faute d’amour, qui récolte les lauriers. Quant au César du Meilleur film documentaire, c’est I Am Not Your Negro de Raoul Peck, qui a obtenu le César. Le film dresse le portrait de l’écrivain James Baldwin, et retrace la lutte pour les droits civiques des Noir.e.s aux États-Unis.

Le biopic Barbara n’est pas en reste, avec deux récompenses à son actif. La chanteuse avait joué un rôle très particulier dans la lutte contre l’épidémie de sida dans les années 90.

Et le César de la meilleure récup’ est attribué à… Valérie Pécresse !

Après le triomphe de 120 Battements par minute, la présidente de la région Île-de-France s’est empressée de s’auto-congratuler d’avoir soutenu le film sur Twitter :

Une réaction qui fait grincer des dents, lorsqu’on prend le temps de se souvenir de la proximité entre Valérie Pécresse et La Manif Pour Tous. Les internautes n’ont pas perdu un instant pour souligner l’hypocrisie de sa démarche, entre humour et colère.

Corinne Rufet, conseillère régionale écolo d’Île-de-France, a remis les points sur les i en rappelant que Valérie Pécresse n’avait à aucun moment soutenu, ni même eu l’occasion de le faire, le film de Robin Campillo.

Le pinkwashing ne passera pas.

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