Adoptée en 2001, la Charte est alors apparue comme une révolution, avant de devenir juridiquement contraignante en 2007. Cela grâce notamment à son article 21, qui interdit toute discrimination liée à l’orientation sexuelle, dans les 28 États membres de l’UE. Il s’agit pour l'instant du seul traité international qui mentionne nommément les personnes LGBT+.
« Même si la Grande-Bretagne est très en pointe sur les questions LGBT en ce moment, il reste beaucoup de travail à faire »
Ce texte a permis des avancées dans de nombreux pays européens, comme en Italie : le pays a été forcé à autoriser les unions civiles pour les couples de même sexe en 2015. Anticipant le Brexit, le Parlement britannique a décidé de sortir de la Charte. En réalité, le texte est assez peu ambitieux : il garantit surtout des protections minimales. « D’une certaine façon, les lois britanniques d’égalité vont plus loin, mais la Charte [qui s’applique à toutes les lois européennes, ndlr]  est plus large », nous explique Jonathan Cooper. En faisant sauter la Charte, le législateur britannique fait donc en sorte qu’en cas de loi discriminante, les personnes LGBT+ n’aient pas de recours en dehors des instances juridiques du pays. Ce qui revient, explique l’avocat, à mettre « les droits LGBT+ entre les seules mains des politiques ». « Même si la Grande-Bretagne est très en pointe sur les questions LGBT en ce moment, il reste beaucoup de travail à faire », explique Steve Taylor, le porte-parole de l'ILGA, à Komitid. « Mon inquiétude est que ces avancées se ralentissent, maintenant qu’il n’y a plus d’incitations européennes. »

U(E) loves U

« Incitations européennes » ? Oui, vous avez bien lu. « L’UE (...) en plus d’être une union économique, existe pour protéger les droits des Européens et a toujours fait beaucoup pour remettre en cause les discriminations là ou elles existent », juge Steve Taylor. À l'intérieur de l'Union, c'est la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) qui se charge de faire respecter les droits des minorités. Elle a d'ailleurs récemment condamné la Roumanie pour ne pas avoir reconnu le mariage de deux hommes, contracté en Belgique. Les pays membres doivent désormais reconnaître ces mariages. S'ajoutent les efforts de la Commission européenne. Celle-ci est à l'origine d'une directive portant sur des lois anti-discriminations au travail. Les 28 pays membres ont été forcés de l'adopter. N’en jetez plus : « Bien que la plupart des institutions internationales travaillent avec la communauté LGBT+, c’est vraiment l’UE qui a le plus à dire sur ce sujet », nous résume Philip Ayoub, un professeur de l’université de Druxel. Et même si les institutions européennes ne peuvent imposer à leurs membres le mariage pour toutes et tous, elles ont toujours su tendre une oreille ouverte aux demandes des populations LGBT+. Pourquoi ? L’explication est évidente selon Philip Ayoub : « Les mouvements LGBT+ se sont organisés de façon transnationale pour la plus grande partie de leur histoire. Quand ils n’étaient pas entendus par leurs gouvernements, les activistes ont vu dans les organisations internationales et dans l’UE, des mécanismes pouvant passer outre l’État-nation.  » Toutes ces avancées ne reposent pas uniquement sur le bon vouloir de l'Union européenne. Prenons la Cour Européenne des droits de l’homme (CEDH) . Mille-feuille institutionnel européen oblige, celle-ci ne dépend pas de l’UE mais de la Convention européenne des droits de l’homme qui réunit 47 pays. Pas forcé d'appartenir à l'UE, donc. La CEDH est une habituée des décisions LGBT friendly :  elle a condamné la Russie en 2017 pour ses lois « anti propagande gay ».
« Les mouvements LGBT+ se sont organisés de façon transnationale pour la plus grande partie de leur histoire. »
Cette instance est pourtant particulièrement décriée au Royaume-Uni. Il faut dire que le pays a un passif. En 1981, alors que l’Irlande du Nord criminalise encore l’homosexualité, l'activiste Jeff Dudgeon a traîné la Grande-Bretagne devant la CEDH. Après des débats passionnés, celle-ci a statué en sa faveur et condamné le pays à changer ses lois.

« Le nationalisme n'a jamais été favorable aux LGBT+ »

« Incertitude » semble être le mot qui revient à la bouche des spécialistes des droits humains britanniques. Il reste difficile d’imaginer le gouvernement de la Première ministre Theresa May revenir sur les avancées des droits, comme l’ouverture du mariage aux couples de même sexe ou les droits des personnes trans.
« Le Brexit est la victoire du nationalisme »
Mais le diable se cache dans les détails : il y a quelques semaines, Boris Johnson, le ministre des Affaires étrangères du pays, a approuvé la décision du gouvernement des Bermudes (dont la Grande-Bretagne est responsable) annulant la loi autorisant le mariage des couples de même sexe. Une première mondiale et un rappel que les droits des minorités ne sont jamais vraiment acquis. Pourquoi ne pas imaginer, dès lors, que le gouvernement autorise ensuite des gérants d'hôtels à refuser d'héberger des couples homos ? « Le Brexit est la victoire du nationalisme », souligne Philip Ayoub.« Cela n’a jamais été bon pour les LGBT+ ». Et n'oublions pas non plus « que le royaume a été le champion de la criminalisation de l'homosexualité par le passé », rappelle Jonathan Cooper. « Brexit means Brexit »  disait Theresa May ? Pour l'instant, le Brexit semble surtout signifier la perte d’un filet de sécurité pour les minorités du pays. Une perspective qui ne semble pas émouvoir beaucoup Outre-manche." 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Au Royaume-Uni, Munroe Bergdorf devient conseillère LGBT+ pour le parti de Corbyn

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Le mannequin ouvertement trans a annoncé qu'elle rejoindra le parti travailliste en tant que conseillère LGBT +, lundi 26 février.

Munroe Bergdorf / Twitter
Munroe Bergdorf / Twitter

Munroe Bergdorf a annoncé qu’elle allait devenir conseillère sur les questions LGBT+ auprès du parti travailliste britannique. Elle fera partie de l’équipe de personnalités LGBT+ qui va aider la secrétaire d’État chargées des Femmes et de l’Égalité au sein du parti travailliste à créer une politique inclusive.

La nouvelle a été annoncée lors d’une réception organisée par le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, lundi 26 février. « Ravie d’annoncer qu’on m’a demandé de faire partie d’un conseil consultatif LGBT + pour le parti travailliste », a déclaré Munroe Bergdorf. « Nous conseillerons (…) sur les questions concernant la communauté LGBT + pour aider à former et promouvoir un changement politique plus juste et plus efficace. », a-t-elle ajouté dans un message publié sur Twitter, s’affichant aux côtés de Jeremy Corbyn.

« Dawn Butler est fière de faire face à ces discriminations difficiles », a déclaré un porte-parole de la secrétaire d’État au sein parti travailliste à la BBC. « Elle consultera le groupe consultatif LGBT sur un large éventail de questions les concernant. »

Première mannequin ouvertement trans de L’Oréal

Munroe Bergdorf avait fait beaucoup parler d’elle en étant le premier mannequin ouvertement trans à rejoindre la marque L’Oréal l’an dernier. Elle est devenue encore plus connue lorsqu’elle a été lâchée publiquement par la marque, après sa prise de position assumée contre le rassemblement de suprématiste blanc de Charlottesville aux États-Unis. L’Oréal a rompu tout lien avec le mannequin au mois de septembre 2017, insistant sur le fait que ses prises de position étaient contraires aux valeurs de la marque. Très mobilisée sur les questions de racisme et d’intersectionnalité, Munroe Bergdorf n’hésite pas à mettre sa notoriété de top modèle au service de ses convictions.