Marseille: Prison ferme pour des agresseurs homophobes
Deux jeunes gens avaient été violemment agressés début septembre à Marseille.
L’agression par cinq personnes de deux jeunes gens qui sortaient d’un club gay en septembre dernier avait poussé les associations LGBT à lancer l’alerte (lire LGBT-phobies à Marseille: 33 associations LGBT lancent l’alerte).
Seuls deux des agresseurs ont pu être identifiés. Âgés de 18 et 19 ans, ils ont comparu mardi 20 octobre devant le tribunal correctionnel de Marseille, qui les a condamnés à trois ans et demi de prison ferme. Le caractère homophobe de l’agression a été reconnu. À cette peine de prison ferme s’ajoutent 18 mois avec sursis.
«Ces violences touchent à la dignité humaine, au droit d’être ce que l’on est, a affirmé la procureure, citée par l’AFP. Ce sont des violences gratuites, juste pour le plaisir de faire mal.» La défense, elle, a tenté de minimiser la gravité des faits: «C’est une bêtise extraordinaire mais c’est tout», a expliqué l’un des avocats.
Paul, 26 ans, et Tony, 25 ans, s’étaient fait attaquer en sortant d’un club gay, dans la nuit du 5 au 6 septembre. Leurs agresseurs les avaient copieusement insultés et les avaient passés à tabac. Paul – qui a hésité à porter plainte parce qu’il est policier et qu’il n’était pas out sur son lieu de travail – s’en était sorti avec une fracture du poignet, une entorse à la cheville, un hématome au cerveau; Tony avec une fracture du nez.
«Cette agression s’inscrit dans une atmosphère délétère sur notre territoire, marquée par un certain nombre d’événements alarmants et répétitifs, s’étaient inquiétées les associations LGBT. (…) «Malgré des lois volontaristes d’égalité et de lutte contre les discriminations, de toute part, il existe encore, ici et maintenant, un climat LGBT-phobe consternant qui nous alerte: la rue, les établissements scolaires, l’administration (une mairie), les réseaux sociaux sont et restent des lieux, des espaces publics insécurisants où peuvent s’exercer le préjugé, les injures, le harcèlement, la violence physique en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre.»
Un rassemblement avait été organisé le 17 septembre, devant l’Hôtel de Ville de Marseille, en soutien aux victimes de LGBT-phobies.
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