Fusillade mortelle à la Pride d'Oslo en 2022 : le suspect jugé pour « acte terroriste »

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Norvégien d'origine iranienne, aujourd'hui âgé de 44 ans, le prévenu est accusé d'avoir ouvert le feu contre deux bars gays, dans la nuit du 25 juin, date où devait se tenir la Marche des fiertés LGBT+.

Rassemblement sur les lieux de l'attaque, le 25 juin, à Oslo
Rassemblement sur les lieux de l'attaque terroriste, le 25 juin 2022, à Oslo - Capture d'écran Twitter

Le suspect de la fusillade mortelle qui avait endeuillé la Marche des fiertés à Oslo en 2022 a plaidé non coupable à l’ouverture de son procès pour « acte terroriste », mardi, dans la capitale norvégienne.

Norvégien d’origine iranienne, Zaniar Matapour, aujourd’hui âgé de 44 ans, est accusé d’avoir ouvert le feu contre deux bars, dont le London Pub, haut lieu de la communauté gay, dans la nuit du 25 juin, date où devait se tenir la Marche des fiertés LGBT+.

La fusillade avait fait deux morts, deux hommes de 54 et 60 ans, et neuf blessés par balle. Matapour avait été maîtrisé par des passants alors qu’il prenait la fuite.

Epaisse barbe grise et chechia – couvre chef porté par de nombreux musulmans – blanche, il est jugé pour « acte terroriste » sous forme d’homicides et tentatives d’homicides « visant à semer la terreur dans la population ».

« L’acte terroriste est grave dans la mesure où il a entraîné la perte de plusieurs vies humaines et a gravement mis en danger d’autres vies humaines », a dit le procureur Sturla Henriksbø mardi en lisant l’acte d’accusation devant le tribunal d’Oslo.

Interrogé pour savoir s’il reconnaissait les charges retenues contre lui, Matapour a répondu par la négative. Il a aussi protesté contre la tenue de son procès pendant le ramadan.

L’accusé, qui a refusé de répondre aux questions des enquêteurs, ne s’est jamais exprimé sur ses motifs.

Selon une des principales théories de la police norvégienne, il a délibérément visé la communauté homosexuelle, motivé par un extrémisme religieux.

Un enregistrement sonore diffusé par le parquet montre que Matapour avait prêté allégeance au groupe Etat islamique juste avant la fusillade.

Mais des doutes planent aussi sur sa santé mentale.

En août dernier, deux experts psychiatres avaient conclu qu’il était pénalement responsable au moment des faits tandis qu’un troisième était arrivé à la conclusion inverse.

Dans le premier cas, il est passible de 30 ans de prison avec possibilité d’extension. Dans le second cas, un internement psychiatrique dans un établissement sécurisé serait prononcé.

Le procès, qui pourrait de nouveau mettre en lumière certains manquements des services de sécurité norvégiens, doit durer jusqu’au 16 mai.

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