La GPA en France, on en parle ?

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Cette semaine, l'info LGBTI+ a été marquée par l'ouverture, en Israël, depuis le 11 janvier, de la gestation pour autrui (GPA) aux couples d’hommes, aux hommes célibataires et aux personnes trans.

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Un couple homoparental - Yuriy Golub / Shutterstock

Cette semaine, l’info LGBTI+ a été marquée par l’ouverture, en Israël, depuis le 11 janvier, de la gestation pour autrui (GPA) aux couples d’hommes, aux hommes célibataires et aux personnes trans.

Cette avancée ne s’est pas faite toute seule. Il a fallu l’engagement de la communauté LGBT et de nombreux juristes, pour que le pays mette fin à cette discrimination. La GPA était en effet jusque là réservé aux couples hétérosexuels, depuis une loi datant de 1996.

Le point intéressant dans la démarche israélienne, c’est que l’État prend en charge la plupart des frais liés à une GPA, en particulier une allocation à la mère porteuse pour interdire toute « marchandisation ».

On est donc loin des anathèmes lancés régulièrement par les politiques en France sur le sujet de la GPA. À chaque fois qu’une avancée des droits a eu lieu (mariage, adoption, PMA), la droite a brandi la menace d’une légalisation de la GPA.

Mais elle n’est pas la seule à s’y opposer. Le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon est contre la légalisation de la GPA, mais favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger. Le NPA est aussi opposé à la GPA « marchande en tant que marchandisation du corps des femmes ». Mais ne s’oppose pas non plus à la reconnaissance des enfants nés à l’étranger.

Du côté de Parti socialiste, à notre connaissance, la candidate Anne Hidalgo n’a pas varié dans son opposition à la GPA. Mais Olivier Faure se disait ouvert à la GPA sous conditions, dans une interview en 2019 sur France Info. Même son de cloche pour le candidat écologiste Yannick Jadot. Il expliquait ainsi sur Europe 1 en décembre 2021 : « Je lutterai toujours contre la marchandisation du corps des femmes. C’est un principe absolu. » Mais il se prononçait pour une « GPA éthique », précisant son propos : « Il y a parfois des situations. Vous avez deux sœurs. Il y en a une qui ne peut pas avoir d’enfants et l’autre peut prêter son ventre pour sa sœur. Ça existe ».

Cette GPA éthique, elle existe dans plusieurs pays européens. Rappelons en effet que loin d’être diabolisée comme en France, la GPA est possible, avec parfois une ouverture aux couples d’hommes (avec des conditions parfois différentes entre pays) en Belgique, au Royaume Uni, aux Pays-Bas, en Grèce,

Les associations LGBTI+ ne sont pas toutes sur la même longueur d’onde sur cette question. Pour pas mal de militant·es, « c’est un truc de riches ». Il faudra bien relancer le débat. Est-il acceptable que seuls les couples (hétéros et homos) riches puissent avoir accès à la GPA à l’étranger ? Peut-on encore se satisfaire du parcours du combattant des parents d’enfants nés par GPA pour faire reconnaître leurs droits en France ?

La droite a raison sur un point : la GPA sera légalisée en France dans le futur. Ne serait-il pas nécessaire de s’emparer de ce sujet pour faire en sorte que la loi permette enfin, à l’instar de ce qui vient de se passer en Israël, d’ouvrir cette technique de procréation à tous ?