L'ex-président du Refuge accusé de viol par un ancien jeune hébergé

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Selon Têtu, qui a recueilli le témoignage de la victime accusant de viol Nicolas Noguier, une plainte a été déposée. Le parquet de Montpellier a ouvert une enquête préliminaire.

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Le logo de l'association Le Refuge - Le Refuge

Nicolas Noguier, fondateur et ancien président du Refuge, est accusé de viol par un jeune homme qui a été hébergé alors qu’il avait 16 ans. Têtu a recueilli en exclusivité le témoignage de Pierre*. Ce dernier a déposé une plainte le 16 mars dernier auprès du procureur de république de Montpellier contre l’ancien président de l’association et son compagnon, l’ex-directeur général du Refuge, Frédéric Gal.

Nicolas Noguier et Frédéric Gal avaient dû démissionner en février 2021, suite à une série d’enquêtes (sur Mediapart et Libération) accablantes sur la direction de l’association. Sa gestion, ses méthodes de management, les relations avec les bénévoles, le comportement de ses dirigeants vis-à-vis des jeunes hébergé.e.s, sa trésorerie très confortable (un excédent de plus de 800 000 euros et une trésorerie de près de deux millions d’euros en 2019), tout était passé au crible.

C’est d’ailleurs l’enquête de Mediapart qui a déclenché chez Pierre le besoin de faire entendre son témoignage et de porter plainte. Il explique à Nicolas Scheffer de Têtu : « Au début, je ne voulais pas participer, c’était trop difficile. Mais finalement, il faut le faire pour que les victimes soient entendues. Je ne voudrais pas que leurs témoignages soient un coup d’épée dans l’eau »,. « Ce qui me soulagerait, c’est que Nicolas reconnaisse qu’il m’a détruit. Je ne veux surtout pas d’argent et je ne souhaite pas qu’il aille en prison », ajoute Pierre.

Les faits se seraient déroulés en 2013, alors que Pierre est mineur et qu’il est hébergé par Le Refuge à Montpellier. Trois ou quatre mois après le viol, il est « jeté dehors ». Il confie à Têtu : « Me mettre dehors, c’était pour le couple (Nicolas Noguier de Frédéric Gal, ndr) une façon de se protéger », analyse-t-il. « Ils me mettaient dehors pour ne pas que je parle. Et si je le faisais, ils auraient pu décrédibiliser mon témoignage… »

La démarche de Pierre s’est faite dans le cadre d’une plainte collective, déposée par l’’Association de Défense des Ancien.ne.s du Refuge. D’après Têtu, qui l’a consultée,  – l’ADAR dénonce des faits de « harcèlement moral », de « travail dissimulé », de « harcèlement sexuel », de « délaissement », de « corruption de mineur », « d’abus de faiblesse » et de « non assistance à personne en danger ». Mais aussi d’« agression sexuelle » et de « viol ».

Suite aux enquêtes de Mediapart et de Libération, le Conseil d’administration avait commandé une enquête au cabinet Boston Consutling Group. Dans son rapport, celui-ci révélait qu’on leur a fait part d’un « certain nombre de faits graves » et qu’un signalement a été effectué au Procureur de la République de Montpellier. Le BCG avait relevé une situation « alarmante », qui « ne correspond pas à une situation normale dans une structure associative ».

Ni Nicolas Noguier, ni Fréderic Gall n’ont réagi aux accusations très précises de Pierre, ce jeune hébergé qui avait placé en eux toute sa confiance.

*le prénom a été modifié

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Droit de réponse

A la suite de l’article «  L’ex-président du Refuge accusé de viol par un ancien jeune hébergé, » (Komitid du 2 avril), nous avons reçu, au titre du droit de réponse, le courrier suivant de M. Noguier :

Tout d’abord, je tiens à adresser toutes mes pensées au jeune garçon et à lui dire combien sa souffrance me touche.
La fondation Le Refuge – que j’ai fondée – a accompagné des milliers de jeunes confrontés, comme lui, au rejet familial et au harcèlement en milieu scolaire.
Malgré ces accusations que je conteste fermement, il n’en demeure pas moins que je reste très sensible à sa fragilité.

Il s’agit d’un témoignage « idéal » envers un homme à abattre dans cette période troublée. Au travers de plusieurs propos incohérents, on trouve l’homophobie familiale, l’homophobie en milieu scolaire, le parcours d’aide sociale à l’enfance, le lycée qui convoque ses parents alors qu’il avait 13 ans, des faits incriminés sans témoin, un achat de médicaments spécifiques à la pharmacie, une « mise à la porte » du Refuge… Les éléments très précis que je détiens font état d’antécédents familiaux divergents, dont le décès de sa maman alors qu’il avait 9 ans, d’une grande fragilité psychologique et « d’une nécessité de prise en charge médicale importante » selon le travailleur social ayant réalisé l’entretien préliminaire le 09 mars 2013. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’a été hébergé qu’une nuit au sein du Refuge du 12 au 13 avril 2013 avec les autorisations adéquates. Il a par la suite fréquenté le local d’accueil de jour par intermittence jusqu’à son exclusion le 25 août 2014 suite à des propos en mémoire au maréchal Pétain tenus en plein permanence. Puis il a fait un don à l’association qui a été refusé par le conseil d’administration suite à ses propos et à la publication d’une photo troublante sur les réseaux sociaux toujours en mémoire au maréchal Pétain. À ce propos, un communiqué de presse « UDI Jeunes 34 » du 16 novembre 2015 condamne les positions d’extrême droite du jeune garçon qui revendiquait en faire partie et l’usurpation du titre de porte-parole du mouvement alors qu’il en avait été exclu plus d’un an auparavant.
Du 7 août 2015 au 16 mars 2021, le jeune garçon m’a fait vivre un cauchemar en m’envoyant plus de 1000 SMS. Lors de ces échanges, qui ont été constatés par huissier, il m’a même proposé à plusieurs reprises (et encore très récemment) des fellations, et ce malgré mes refus successifs.

Aujourd’hui, la publication de ce témoignage me délivre car je vais pouvoir m’exprimer. Je souhaite me défendre car je dois me reconstruire dans cette période difficile et ces accusations calomnieuses, que je réfute intégralement, seront l’occasion de sortir de cette pression.
Aussi, j’envisage de déposer plainte pour diffamation contre chaque média ayant relayé ce témoignage portant atteinte à ma dignité.

Cette triste affaire pointe à nouveau la difficulté d’aider des personnes en souffrance. Nous devons tout faire pour accompagner au mieux les aidants qui sont confrontés chaque jour à la misère sociale, psychologique et aux difficultés de l’accompagnement social. Aider autrui est une cause à laquelle je me suis dévoué pendant 18 années. Aujourd’hui je mesure pleinement combien il est aussi important de protéger les travailleurs sociaux accompagnants. De les protéger de toute cette violence et parfois même des accusations mensongères pouvant devenir dévastatrices et ainsi créer de nouvelles victimes.

Avec de nombreux aidants et professionnels de l’accompagnement social nous réfléchissons pour mettre en place des cadres et process qui protègent tous les acteurs, tout en gardant la souplesse et l’adaptation nécessaire dans des situations parfois si difficiles.

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