Mediapart publie une enquête accablante sur Le Refuge

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Pour cette enquête de Mediapart qui a duré plusieurs mois, les deux journalistes David Perrotin et Youen Tanguy ont recueilli les témoignages de près de cinquante personnes passées par Le Refuge.

L'enquête de Mediapart sur Le Refuge a nécessité huit mois de travail - DR

Ce n’est pas la première fois que l’association qui vient en aide aux jeunes LGBT+ en rupture familiale est sous le feu des critiques.

Sa gestion, ses méthodes de management, les relations avec les bénévoles, le comportement de ses dirigeants vis-à-vis des jeunes hébergé.e.s, sa trésorerie très confortable (un excédent de plus de 800 000 euros et une trésorerie de près de deux millions d’euros en 2019), tout a été passé au crible dans cet article très fouillé écrit par David Perrotin et Youen Tanguy suite à une enquête de plusieurs mois et publié mercredi 16 décembre sur Mediapart.

Témoignages d’une cinquantaine de personnes

Les deux journalistes ont recueilli les témoignages de près de cinquante personnes passées par Le Refuge, dont 16 salarié.e.s, délégué.e.s et travailleurs sociaux, 23 bénévoles et huit jeunes hébergé.e.s. Comme le révèle Mediapart, ils et elles se disent« broyés », « usés » ou « humiliés » par la direction du Refuge. Ces derniers mois, les démissions de salarié.e.s et les départs de bénévoles se seraient accélérés. Mais on y trouve aussi des interviews d’élu.e.s comme l’adjointe à la maire de Paris Hélène Bidard ou des membres d’autres associations comme Acceptess-T.

Mediapart explique que les événements détaillés dans cette enquête sont jugés suffisamment graves « pour qu’un salarié décide d’alerter la Direction générale du travail le 6 août dernier. »

Dans un mail que Mediapart s’est procuré, ce salarié écrit au sujet de la Fondation Le Refuge : « Cette fondation a des pratiques particulièrement douteuses et parfois clairement illégales. Mais la pression interne, le sens de nos missions ainsi que les manipulations et menaces que nous subissons toutes et tous de la part du Directeur Général et du Président font que personne ne semble oser s’exprimer depuis plusieurs années sur ces dysfonctionnements qui portent régulièrement atteinte à la dignité des personnes. » 

S’ensuit une longue description des évènements survenus ces dernières années et qui ont parfois donné lieu à des procès.

Auprès de Mediapart, Nicolas Noguier, le Président et fondateur du Refuge, dément tout dysfonctionnement majeur et affirme, malgré les chiffres compilés par les journalistes, qu’une « quinzaine de démissions seulement sont à déplorer cette année ». Le directeur général Frédéric Gal a quant à lui refusé de répondre à l’intégralité des questions des journalistes de Mediapart et a envoyé un long mail expliquant notamment : « Quelles que soient mes réponses, quelles que pourront être mes explications, et quelle qu’en soit la véracité, la sincérité ou ne serait-ce que l’aspect factuel de mes propos, nul doute que votre objectif, vu la teneur orientée des questions, n’est pas de nous être favorable, ni de relater l’entièreté de ce qu’est le Refuge et donc d’être parfaitement objectif. »

Durant leur enquête, un des interlocuteurs de Mediapart a lancé aux journalistes : « Vous avez déjà enquêté sur une secte ? Le Refuge fonctionne de la même manière ».

  • sanzio

    A propos de « l’enquête » de Mediapart sur Le Refuge, il serait judicieux que Komitid fasse une contre enquête, si vous en avez les moyens ? A tout le moins donne la parole au Refuge. Je n’ai aucune confiance dans Mediapart mais il me parait très dangereux de laisser ces accusations sans réponse. Alain Lecoultre