La PrEP n'est toujours pas accessible en ville : mais qu'attend Olivier Véran ?

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Autorisée en France début 2016, la PrEP a permis d'éviter des milliers de contaminations. Mais les pouvoirs publics traînent encore à faciliter la prescription de ce traitement préventif hautement efficace.

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La PrEP, traitement de prévention contre le VIH - Alim Yakubov / Shutterstock

Dans la crise sanitaire que nous traversons, les décisions des pouvoirs publics sont parfois prises « du jour au lendemain » et il a fallu s’y habituer. Mais dans d’autres domaines de la santé, en particulier la lutte contre le VIH/sida, la Direction générale de la santé suit son « train de sénateurs », bref prend son temps.

La PrEP, abréviation anglophone pour désigner le traitement préventif contre le VIH (et l’accompagnement qui va avec), devait pouvoir être prescrite par les médecins de ville et aussi les gynécologues, à compter de ce début d’année.

Mais, et l’association Aides s’en est inquiétée, le décret d’application de cette mesure a été retoquée par le Conseil d’État pour des problèmes de forme. Il va falloir que la DGS revoit sa copie afin de présenter un décret en bonne et due forme et permettre ainsi une avancée majeure dans la prévention du VIH.

Quel temps perdu ! La PrEP, ça marche. Autorisée en France début 2016, elle aurait, selon les estimations, de cette même DGS, permis d’éviter des milliers de contaminations (entre 1000 et 2400 par an). De plus, aujourd’hui, on dispose de médicaments génériques qui réduisent très fortement le coût du traitement.

Prescrire le médicament en ville, c’est faciliter son accès alors qu’aujourd’hui, seuls les médecins hospitaliers peuvent lancer une PrEP.

Prescrire le médicament en ville, c’est faciliter son accès alors qu’aujourd’hui, seuls les médecins hospitaliers peuvent lancer une PrEP. Depuis le mois de mars, et les périodes de confinement s’ajoutant à la déprogrammation des consultations dans les hôpitaux, on a pu constater, comme l’enquête de Xavier Héraud pour Komitid l’avait montré, une baisse très significative des prescriptions de PrEP. Ce qui fait craindre une augmentation des contaminations par le VIH.

Il est donc plus que temps de faciliter l’accès à la PrEP partout où c’est possible. Les médecins sont prêts, les personnes séropositives aussi.

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