Des victimes de thérapies de conversion demandent l'interdiction de ces pratiques « mortifères »

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Dans un tribune publiée dans « Le Monde » mercredi 25 novembre, des victimes de thérapies de conversion appellent le gouvernement à interdire ces pratiques dangereuses.

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La marche des fiertés de Londres - Ink Drop / Shutterstock

Des victimes de thérapies de conversion poussent un « cri d’alerte » dans une tribune publiée mercredi 25 novembre par Le Monde et appellent le gouvernement à interdire ces pratiques « mortifères » qui visent à changer l’orientation sexuelle ou la l’identité de genre des personnes LGBT+.

« “ Infestés par des démons ”, “ affectivement immatures ”, “ contre nature ”, “ pervertis ”.. Voilà comment nous sommes considérés par ceux qui ont voulu “ guérir ” notre homosexualité ou notre transidentité, encouragés par une vision obscurantiste de la religion ou par une pratique datée de la psychologie », démarrent les auteur.e.s de la tribune, rassemblé.e.s au sein du collectif « Rien à guérir ».

Ils et elles décrivent des pratiques « dévastatrices », à travers « des sessions spirituelles, des accompagnements thérapeutiques ou spirituels, des exorcismes, des rassemblements de prière, des jeûnes ou tout autre type de pressions  ».

Mais, soulignent-ils et elles, ces thérapies de conversion, qui sont selon eux en progression, ne sont pas interdites par la loi en France. « Il est temps d’agir fermement et intelligemment  », plaide la vingtaine de signataires.

En juin, la députée LREM Laurence Vanceunebrock avait déposé une proposition de loi pour l’interdiction de ces pratiques. Mais une autre option est privilégiée par le gouvernement, celle d’amendements lors de l’examen du projet de loi sur les principes républicains.

« Le choix a été fait que des parlementaires, s’ils le souhaitent, déposent des amendements, sur le sujet des thérapies de conversion au moment de l’examen du projet de loi « confortant les principes républicains ». Le gouvernement aura une position favorable, car la position du gouvernement est de les interdire  », a rappelé le cabinet de Marlène Schiappa à l’AFP.

« Il est dommage que le gouvernement ne s’appuie pas sur la proposition de loi existante, qui est le fruit de trois ans de travail, d’auditions, de discussions avec certains d’entre nous, victimes de ces pratiques », regrettent les auteur.e.s de la tribune.

Ils et elles appellent le gouvernement à « soutenir » et « accélérer » l’examen de la proposition de loi de Laurence Vanceunebrock, un « texte très complet », au lieu de miser sur « un texte au rabais ». « Mettons fin, une fois pour toutes, à ces pratiques mortifères !  », concluent-ils et elles.

Mi-octobre, dans Têtu, la députée avait vivement critiqué le choix du gouvernement. « Globalement, j’ai l’impression qu’on va disloquer le texte, en prendre de petites parties qui intéressent la communication de Marlène Schiappa et le reste va disparaître », avait-elle dit.

Le 14 octobre dernier, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, Élisabeth Moreno, a dévoilé son plan contre les LGBTphobies 2020-2023. Dans le texte, elle appelle à lutter contre les thérapies de conversion, « des pratiques abjectes et moyenâgeuses » selon la ministre. « Nous souhaitons les interdire purement et simplement  », explique Élisabeth Moreno.

Avec l’AFP