Inde : un prince gay victime d'une thérapie de conversion appelle à l'interdiction de ces pratiques

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Manvendra Singh Gohil, le premier prince ouvertement gay d'Inde, a révélé qu'il a été soumis à une thérapie de conversion. Il appelle désormais à l'interdiction de ces pratiques.

Manvendra Singh Gohil Inde
Le prince indien Manvendra Singh Gohil - Hemant Bhavsar / Commons

Le prince Manvendra Singh Gohil se joint aux appels mondiaux pour mettre fin à la thérapie de conversion après avoir révélé qu’il a été victime de cette pratique, encore largement utilisée en Inde.

Manvendra Singh Gohil est le premier prince ouvertement gay d’Inde et dirige l’association LGBT+ Lakshya Trust. Son coming out en 2006 a entraîné un scandale national.

Lorsqu’il a fait son coming out à ses parents, ils ne l’ont pas soutenu. « La première chose qu’ils ont essayé de faire a été de me convertir », déclare-t-il à Forbes. « Ils ne m’accepteraient pas en tant qu’enfant gay ».

Contraint de suivre une thérapie de conversion en Inde

Il a ensuite été contraint de suivre une thérapie de conversion en Inde, une pratique visant à modifier l’identité de genre ou la sexualité d’une personne. Le prince a été soumis à des traitements par électrochocs pour le « guérir ». Il appelle désormais à l’interdiction des thérapies de conversion dans le pays et à travers le monde.

« Ils ont essayé de demander aux médecins de m’opérer », affirme-t-il. « Ils m’ont emmené voir des chefs religieux pour leur demander de me guérir. »

Pour Manvendra Singh Gohil, une partie du problème est que de nombreux parents en Inde considèrent les enfants LGBT+ comme une honte pour la société indienne.

« Les parents indiens ont peur des [gens dans] la société, des parents, des voisins », explique le prince. « Je dis toujours que c’est plus facile pour [les personnes LGBT+] de faire leur coming out à leurs parents que les parents de dire qu’ils ont [des enfants LGBT+]. »

À la demande de ses parents, Manvendra Singh Gohil a été contraint de se marier avec une femme en 1991. Il a divorcé un an plus tard. Il concentre désormais ses efforts sur les problèmes qui touchent la communauté LGBT+ en Inde.

Sa fondation fournit des programmes d’éducation et de prévention sur le VIH aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, ainsi qu’aux femmes qui leur sont mariées.

Bien que les expériences du prince soient traumatisantes, il affirme que la situation pour les femmes est encore pire en Inde.

« Les lesbiennes sont si mal traitées », déplore-t-il. « J’ai connu des cas où un membre de la famille [va] violer une enfant pour prouver qu’elle peut avoir des relations sexuelles avec un homme. “ Cela prouve que vous êtes hétérosexuelle » ».